SON HISTOIRI^ ET SES APPLICATIONS
bâtissent toutes les théories imaginables. Galieu, anatomiste habile, hérite de cette tendance aux hypothèses, mais il est tout naturellement conduit à localiser les affections; seulement les données lui manquent pour rattacher les symptômes aux lésions. Pour qu'on pût, en quelque sorte, mettre le doigt sur le mal, il fallut attendre près de quinze siècles qu'un pape levât rinterdit qui pesait sur les recherches anatomiques; il a fallu, de plus, passer par les autopsies timides, intelligentes et souvent fantastiques des premiers anatomistes de la Renaissance, Montagnana , Benivieni, Benedetti, et par bien d'autres essais isolés de Vésale, dé Plater, de Schenck, de Bonnet, etc., pour arriver à Morgagni, le véritable créateur de l'anatomie pathologique, médecin des plus illustres , qui joignait une science profonde à une vaste érudition, et dont la place est marquée parmi les réformateurs de la science. «Pour la première fois, dit M. Lebert, on voit un homme grave et sévère s'écarter des anatomo-pathologiques de son temps, toujours à la recherche du merveilleux, pour s'occuper des questions même les plus élémentaires. Ses descriptions sont faites avec une exactitude inconnue jusqu'à lui. Toutes les fois que les documents qu'il possède le lui permettent , il confronte les symptômes observés pendant la vie avec les résultats de l'autopsie, et sa tendance à pénétrer le mode de formation et la nature des maladies se fait jour à chaque page de ses Lettres sur le siège et les causes des maladies démontrées par fanatomie. »
Cependant, ni l'anatomie pathologique elle-même , ni l'observation clinique, ni le diagnostic cxpérimen<
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thentiques dont la science s'est enrichie, contrôler ces faits par ceux qui se produisent chaque jour ; recueillir par soi-même le plus d'observations possible ; se multiplier pour ainsi dire, afin de ne rien laisser échapper ; apporter dans ces recherches la bonne foi, la rigueur et la méthode que réclame toute science; unir la sûreté du coup d'œil, que donne une grande pratique, à un commerce assidu avec les livres de tout âge et presque de toute langue, il ne fallait rien moins pour surpasser et même pour égaler les savants traités déjà publiés sur la matière, tant en France qu'à l'étranger. Toutes ces conditions, M. Lebert les remplit; toutes ces garanties, il les offre à ses confrères.
M. Lebert cherche à exposer principalement dans son ouvrage ce que l'observation et l'expérimentation lui ont appris, et ne déduit les conclusions générales que de l'analyse et de la méditation des faits. Pénétré de cette conviction que nous vivons à une époque de transition et que nous assistons à une transformation des principes mêmes de la science médicale, l'auteur a voulu que ses successeurs pussent toujours profiter de ses investigations, lors même que les doctrines actuelles seraient remplacées par des vues plus conformes aux progrès ultérieurs de la science. — Arriver à des notions positives sur l'échange des matériaux de nutrition et d'absorption, sur les actes moléculaires qui dominent la physiologie pathologique aussi bien que la physiologie normale, c'est poser sans contredit une des premières et des plus solides assises de la thérapeutique ; mais les changements moléculaires des corps vivants sont trop en rapport avec le monde extérieur,
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source première de ce mystérieux échange, pour que les qualités de ces agents ne soient pas étudiées avec le plus grand soin dans leurs rapports avec la formation et jusqu'à un certain point avec la nature intime des maladies. Les aiïections miasmatiques, les épidémies, en sont un permanent témoignage; aussi Yétioloffie^ ou étude des causes, doit-elle devenir un auxiliaire important de cette anatomie pathologique délicate, qui s'arme du microscope et des réactifs, et qui, dépassant les grossières apparences, révèle tout ce que la nature, avare de ses secrets, nous laisse découvrir sur les éléments constitutifs des maladies. Elle met en une concordance directe et féconde Tétat pathologique avecj'état physiologique; de telle sorte que non-seulement après la mort nous pouvons reconnaître la nature des produits, mais que, même pendant la vie, nous assistons, pour ainsi dire, à tous les mouvements de la vie pathologique comme à tous les actes de la vie physiologique, et que dès lors la médecine rentre définitivement dans le cercle des sciences positives , et n'a plus d'autres limites que les imperfections naturelles de l'esprit humain et la dure nécessité de la mort.
L*0Qvrage de M. Lebert est du format grand in-folio ; le texte, impriméavec beaucoup de soin, jedevrais même dire avec luxe, sort des presses de M. Martinet, et les planches font l'admiration de tous les connaisseurs. Un traité d'anatomie pathologique sans ligures n'est à peu près d'aucune utilité; en effet, s'il est déjà presque impossible de donner une idée exacte de la configuration régulière ou de la structure normale des organes par une simple description, combien n'est-il pas plus difii-