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La médecine chez les Chinois

Les Chinois ont , comme on sait, depuis des siècles uombreuT , réuni dans une quantité considérable d'ouvrages le résultat de leurs observations sur les diverses sciences, et ont publié des encyclopédies scientifiques extrêmement étendues. Plusieurs de ees ouvrages ont été, nous ne dirons pas traduits, mais analysés par les divers missionnaires, et surtout par les K. P. jésuites, qui ont profité de leur séjour dans le Céleste Empire pour faire connaître aux Européens les particularités les plus curieuses de la littérature chinoise, et quelques-uns des faits scientifiques observés par les lettrés et savants de ce pays. Mais, jusqu’à présent, à peine quelques fragments de mé^lecine chinoise ont été portés à la connaissance des Occidentaux, et ils ne pouvaient sufGre à nous donner une idée assez complète de l'état de cette science Voulant mettre i proHt son séjour en Chine , pendant notre dernière glorieuse campagne, M. le capitaine Dabry, actuellement consul à Hiing-keou, a pensé à remplir cette lacune, et a traduit tous ceux des ouvrages de médecine chinoise qui font encore aujourd’hui autorité dans ce pays. C'est le résultat de ce travail qui se trouve contenu dans le volume que nous offrons au public, ün peut et on doit considérer le livre publié par M. Dabry comme une représentation fidèle des idées qui dirigent les médecins chinois dans 1e traitement des maladies, et comme le véritable compendium de la médecine du Céleste Empire. Les éludes de M. Dabry l'ayant entraîné dans une direction tout autre que celle que réclame l'art de guérir, il n’a aucunement la prétention de faire valoir la supériorité, si elle existe, des médecins chinois sur ceux de l’Europe : il laisse celte question à juger aux personnes compétentes; mais il a pensé qu'il pourrait être utile à nos confrères de trouver une expression exacte et Gdèle des con-

VI PRÉFACK.

naissances médicales chinoises, e( qu'ils trouveraient quelque intérêt et peut-être quelque profit à avoir entre les mains un traité écrit en français et débarrassé des voiles épais et impénétrables résultant de la difficulté même de la lanque si peu connue dans laquelle sont écrits les originaux. \ous avons pensé que la détermination de M. Dabry méritait tout encouragement , et nous croyons ferinemeut que le public reconnaîtra avec nous quel intérêt s’attache à une entreprise de ce genre.

IP J. Léon SOIBEIRAX,

Prt>rn»ear • rfUrolc de pberairie.

OUVRAGES DK MÉDECINE QU ONT SKRU A LA REDACTION DE LA MÉDECINE DES CHINOIS.

h’in-ijao-kieii-rhim , par Tclmng-kiai-ping (sons U- règne de Kang-lii}. V-ling-kai-tcho , par Oiiang-lsin f.«)iis le règne de Tao-h<iiiang ) . Tong-y-pao-tien , par Hiii-kiiin (sous le règne de Kien-long). Tsy-yn-kang-mou , par Chaug-sy (sons le règne de Kang-hi).

Otifti-y-lun , par ()u-yeou-ho (sous le règne de Tcliong-lcliiu). i'-triiong-kin-kieii , par nue as.seinblée de Tai-yuen, présidée par Kang-hi. l'en-tsao-ka)ig-mOH , par Ouang-joui-ngau (sous le règne de Kang-hi). Tchin-kirou-ta-tchou, par Tcliang-lchong-kiii (sous le règne de Kaiig-hi). Sieou-ma-to-king , par Ouang-leang (sous le règne de Kien-long). Houang-ty-nuei-king , atlribué à l'empereur Hoiiang-ly.

SLR LKS PLANTES MEDICINALES DE LA CHINE,

PAR U. P. UABRV.

En offranl à la Société «rarclimolation les minéraux cl les plantes médicinales que j'ai rapportés de Chine , et qui sont employés dans ce pays comme agents de guérison, mon but n’a pas été seulement de chercher à introduire en France <le nouveaux moyens thérapeutiques , mais surtout d’appeler l’attention des savants et des hommes dévoués qui composent cette Société sur l'utilité qu’il y aurait à sauver du naufrage les débris de l’antique civilisation chinoise, et à étudier les richesses et les ressources du nouveau territoire que la France vient de conquérir dans cette partie du globe.

Lorsque Ronapartc dut faire sa mémorable campagne d’Égypte , ce guerrier civilisateur comprit que sur la vieille terre des Pharaons, dans la patrie des Ptolémées , il y avait antre chose que des Turcs et des mameluks à combattre et à vaincre , et il emmena avec lui cette immortelle commission scienliliqiie dont les travaux devaient faire connaître une eontrée dont le nom n’est Jamais prononcé sans réveiller de grands souvenirs. Tout ce qui dans l’ordre d’utilité pratique ou d’activité intellectuelle put être exploré avec avantage fut l’objet de ses recherches et de ses méditations ; la science moderne put lutter ainsi de gloire avec l’héroïsme. Or, si ces illustres chercheurs ont pu faire tant de découvertes dans un pays conquis tant de fois et par tant d'épées, dans un pays qu’aucune barrière n'isolait du reste du monde, que ne trouverait-on pas dans cet extrême Orient, si riche et si peu connu?

J’ai vu la Oochinchine, j’ai chassé dans les grands bois du cap Saint- Jacques, j’ai remonté le magnifique fleuve qni arrose ces terres si fertiles, j’ai visité les environs de Saigon, je me suis longuement entretenu avec Mgr Gauthier et plusieurs missionnaires et officiers qui ont pénétré dans l’intérieur; eh bien, je suis heureux de pouvoir dire qu’il sera difficile de trouver une antre colonie où les trésors soient aussi abondants et qui offre plus d’avenir pour sa métropole. Admirablement situé entre la Chine, l’Inde et Siam; riche d’un sol presque encore vierge et facile k travailler; pourvu de productions de toutes sortes déjà exploitées par le commerce indo-chinois et dont plusieurs seront fort bien accueillies sur nos marchés; habité par une population très-douce, três-maniable et par-dessus tout agricole ; voisin de certaines provinces de lo Chine qui fournissent les meilleurs émigrants laboureurs; coupé par de nombreux cours d’eau qni servent d’excellentes voies de com-

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