CHAPITRE VI
DE l’aCUPOXCTHRK (tchi\-kieou).
Il existe (leux grands principes sur lesquels repose la théorie médicale chinoise. Ces principes sont ainsi formulés : 1“ le mécanisme du corps humain est tout hydraulique , c'est-it-dirc que la libre circulation du sang, des humeurs et dus esprits vitaux , et l'équilibre respectif qui modinc leur mouvement et leur action réciproque , étant tout à la fois le poids et les roues du corps humain , la santé ne subsiste que par cette circulation et cet équilibre, ou ne SC rétablit que par leur rétablissement; 2* l’air qui entre sans cesse dans le sang et les humeurs par les poumons étant comme le balancier qui tempère et entretient leur fluidité, celle-ci ne peut se rétablir ou subsister que par lui; d’où naît cette conséquence : que la circulation des liquides dans le corps humain ayant à vaincre les deux grands obstacles de la pesanteur et du frottement, que cette circulation pouvant en outre être génée par l’influence des causes extérieures, tout ce qui tend à diminuer ou à corriger ces obstacles peut aider à rétablir cette circulation lorsqu’elle est altérée. De là rutililé de l’acuponcture, qui, au moyen de la pénétration des aiguilles, uugmenic l'activité et le ressort de l’air nécessaire à la fluidité des liquides, et aide les humeurs et le sang à vaincre les engorgements qui gênent la circulation et engendrent la douleur.
Pour pratiquer l’opération de l’acuponcture, on se sert d’aiguilles fabriquées avec des métaux très-flexibles, très-durs, trèsductiles, et autant que possible inoxydables; l'or et l'argent doivent être employés de préférence. On fabrique également d'assez bons instruments avec l'acier bien trempé, recuit et parfaitement poli.
MKDECIME DES CHINOIS.
Fij. I.
Fig. G.
Fig. 1.
Ffg. 7.
On distingue neuf espèces d'aiguilles :
La première, appelée tsan-tchin (fig. 1), a la télé plus grosse que le corps de l'aiguille et ronde ; la pointe, de forme triangulaire , . est large à la base de O”, 01 ; la longueur totale de 0”,05. Elle sert à ouvrir la peau dans certaines maladies où la chaleur domine.
La deuxième, appelée ynen-tchin (aiguille ronde) (lig. 2), a une forme ovoïde; sa longueur est de 0",05. Elle sert à séparer les chairs.
La troisième, nommée che-tchin (fig. 3), ressemble à la paille du millet; sa longueur est de 0",1 1 ; la tète cannelée en spirale facilite la inaiHPuvre dans l'opération et empêche une trop grande pénétration dans le tissu des organes; l'e.xtrémité est extrêmement fine et acérée. Celte aiguille sert à piquer les vaisseaux dans lesquels l'air est raréfié, par suite d'épuisement, d’oppression, etc.
La quatrième, nommée fong-tche (fig. -4), est longue de 0“,05; la moitié de son corps est évidée et présente trois cavités, comme une épée triangulaire. On s’en sert pour saigner dans les maladies graves.
La cinquième, appelée j)y-ïcA/n (fig. 5), a une forme toute particulière; son extrémité res.scmblc h une épée à deux tranchants ; sa largeur est de 0“,02, et sa longueur de 0”,13. On s’en sert pour ouvrir les abcès.
La sixième, appelée yuen-lchin (fig. 6), est longue de 0",0r>, a le corps très-fin et l'extrémité très-acérée. On s’en sert pour guérir les douleurs produites par une inflammation. La tête est cannelée en spirale.
La septième, nommée hao-tchin, diffère de la précédente par sa longueur, qui est de0“,12.
DE L’ACUPOXCTl'RE. 4J3
On s’en sert dans les maladies causées par un refroidissement d'une partie du corps. (V. lig. G.)
La huitième, appelée tchang-iehin ou longue aiguille, a 0'*,22 de longueur, la pointe très-acérée, et le corps proportionné à la longueur. On s'en sert lorsque le mal a pénétré profondément. La tête est cannelée en spirale. (V. flg. 6.)
La neuvième, nommée ko-ukin (flg. 7), est longue de 0~,I2, le corps rond et proportionné à la longueur. On s'en sert dans les maladies provenant d'empoisonnements miasmatiques ou produites par rinCItration d'un virus dans les organes.
Tout médecin qui veut pratiquer l'acuponcture doit préalablement étudier avec le plus grand soin la place d'élection pour les piqûres dans chaque affection ; il doit connaître la profondeur à laquelle il doit, dans chaque cas, enfoncer les aiguilles au-dessous de la peau, pour atteindre le siège du principe morbiflque et loi donner une issue convenable; et enfln il doit savoir combien de temps il est nécessaire de laisser les aiguilles en place , afin d'obtenir le meilleur résultat thérapeutique.
Four faire l’opération , on tend le plus possible la portion de peau que l'on veut perforer. Ceci étant fait, on saisit l'aiguille entre le pouce, l'index et le médius de la main droite, l'index appuyant sur la tète de l'aiguille. On avertit le malade de tousser, et aussitôt, posant la pointe de l’aiguille sur le lieu d'élection, on l'insinue insensiblement, au moyen de mouvements de rotation, à lu profondeur qu'on désire atteindre. Lorsque le pouls sera élevé, on fera pénétrer l’aiguille en l'inclinant légèrement à gauche-, si le pouls est faible, l'inclinaison sera donnée à droite; s'il y a douleur, l'aiguille devra être enfoncée verticalement. Dans le premier cas, le mouvement de rotation aura lieu de gauche à droite; dans le deuxième cas , de droite û gauche.
Si la profondeur à laquelle on veut atteindre est grande, on devra faire pénétrer l'aiguille peu à peu , au moyen de plusieurs mouvements de rotation. Supposons, par exemple, qu'il soit nécessaire d’enfoncer l'aiguille à une profondeur de 1 Itun ou 0",03 : le malade ayant toussé, on enfoncera l'aiguille de 0”,01, on répétera ensuite deux fuis cette même opération.
MÉDECIXE DES CHINOIS.
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Le temps pendant lequel on doit laisser l'aiguille dans les chairs est détermine pour chaque lieu d'élection, mais en général la durée de l'application doit être eu rapport avec le soulagement du malade et son étal de faibles.se. L'aiguille étant dans les chairs, il faut avoir bien soin de frapper légèrement la tête trois fois avec l'extrémité de l'ongle du médius, comme si on donnait une chiquenaude ; les médecins chinois disent que cela active la circulation de l'air. Ou devra de même, pour activer la circulation du sang, gratter avec l'ongle les spirales de la tête de l'aiguille, et répéter celte opération trois fois en remontant.
L'aiguille étant retirée, on cautérisera la place d'élection avec des feuilles d'armoise. On prendra une feuille d'armoise, que l'on roulera en spirale , de manière à en former un petit cône ; on placera ensuite une sapèque ou un corps plat en métal et percé d'un petit trou sur le lieu d'élection ; on posera le petit cône d'armoise sur le trou de la pièce de monnaie , et on mettra le feu à son extrémité; on retirera l'armoise dès que la peau sera Irèséchauflée. Cette opération se répétera suivant le nombre prescrit pour chaque affection. Dans les cas graves, lorsqu'il y aura furoncles , anthrax ou abcès , on remplacera la pièce de métal par des rondelles d'ail, que l'on percera de plusieurs trous, et sur lesquelles on mettra la feuille d'armoise. Quelquefois il n'est pas nécessaire, ou meme il y aurait danger à se servir des aiguilles; on a recours alors à la cautérisation.
\i)TA. t'hacpir place d'éleclinn est fixée par .sa ilislaiirc à une partie du corps IrèK-appareiilc et iiiesiirér sur une driiilc horixniilalc ou verticale, ou Lieu pur sa distance n deux points du corps connus, inestiréc sur deux lignes droites parlant de chacun de ces points. I.'nnilé de longueur dont on se sert pour mesurer les distances d’un lien d'électiou aux dirrércnlcs parties de la ti'le et an cou est représentée par la ligne de séparation dos deux coins de chacpie reil. L’unité de longueur qui sert à mesurer les distances d'un lieu d'clcclion aux parties du corps comprises entre le cou cl les cuisses est représentée par le hnilième de rhoriioulale menée entre les deux mamelons des seins. L'iinilé de longueur qui sert à mesurer la distance d'un litui d'élection aux cuisses, aux bras, aux pieds et aux mains, est représentée |>ar la ligne droite menée entre les extrémités des deux articidationa du médius gauche chez l'homme cl du médius droit chez la femme, le médius étant courbé. Chacimc de ces unités de longueur se nomme tsiin, que l'on évitera de confondre arec l’unité de longueur égale à 0"‘,ü314. Ohaqiic tsun est partagé en 10 /en.
DE L ACL'POXCTl’RE.
DESCRIPTION DES DIFFÉRENTS POINTS d'ÉI.ECTION EN l'SAGE DSNS c'aCU-