‹ La Médecine dans Horace et dans VirgileChapitre 9 sur 18 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Que pense Horace des plaisirs de la table ? On ne peut vraiment se prononcer : Horace était un malade, un goutteux, et c’est à la bonne chère qu'il devait cette diathèse. Ne nous étonnons donc pas de le voir tantôt faire l'éloge de la bonne chère, tantôt vanter la frugalité de l'homme heureux vivant à la campagne des produits du sol légué par ses aïeux.

Mais lorsqu'il s'agit du vin et de l’usage qu'on doit en faire, l’auteur est catégorique.

Le vin esttonique, il faut en user, malheur aux secs!

« Siccis omnia nam dura Deus proposuit ».

Il faut boire dit Horace :

1° Pour noyer la tristesse

« Tristitiam vitæ que labores « Molli Planæ mero ».

2 Pendant l’hiver pour se réchauffer « Dissolve frigus ».

3 Pour se donner du courage

« Tu spem reducis mentibus auxiis « Viresque ».

Quand on traite une affaire avec un riche arrogant et qu’on est un pauvre timide car le vin donne

« Cornua pauperi ».

NO Le

k Quand on reçoit des amis (Mécène ou Virgile (Odes XX, 1).

Pour célébrer les fêtes religieuses ou un triomphe national,

« Nunc est bibendum ».

et dans toutes autres circonstances spéciales.

Meis il faut boire modérément ; assez pour-provoquer la gaîté et la légère ébriété qui permetde dire des bêtises qui délassent, sans prétendre à l'esprit.

« Misce stultitiam consiliis brevem

« Dulce est desipere in loco ». :

On ne poussera jamais l'ivresse jusqu'à perdre la À

raison, et surtout on évitera les rixes après boire

« Natis in usum lœtitiæ scyphis

« Pugnare Thracum est. Tollite barbarum « Morem, verecundum Bacchum

« Sanguineis prohibete rixis ».

Se battre avec les coupes nées pour la joie, mœurs de Thrace ! évitez ces coutumes barbares. Respectons Bacchus, abstenez-vous de rixe sanglante.

L'explication des contradictions apparentes d'Horace pour ce qui est dela nourriture doit être recherchée dans la maladie du poëte que nous avons signalée au début de cet articie.

Horace malade se remet au régime et maudit la cause de ses souffrances. Horace, débarrassé de ses douleurs, retourne à ses erreurs premières, à ce qu'il trouve bon. |

Que de malades agissent ainsi, abandonnant leur traitement dès que le mieux se manifeste, quitte à le reprendre un peu plus tard si le mal réapparaît.

Es.) qe

Pour ce qui est des plaisirs de l'amour, on trouve certes dans l'œuvre d'Horace d'assez brillants passages, mais peu de conseils pratiques. Il fixe assez vaguement l’âge d'aimer, il dit au jeune homme :

« Jeune homme, ne fais fi ni des douces amours ni « de la danse

« Donec virenti canities abest morosa » « tant que tu seras vigoureux et gai et que ta cheve- « lure sera exempte de poils blancs.

Mais, passé la cinquantaine ces plaisirs ne sont plus de saison: il faut alors résister à tout désir vénérien.

Il supplie Vénus de le laisser en paix

« Intermissa, Venus, diu « Rursus bella moves. Parce, precor, precor »

« Abi « Quo blandæ juvenum te revocant preces ».

Va:t-en 1à où t'appellent les caressantes prières des

jeunes.

Tous ces conseils d'hygiène, sont certes excellents.

Pratiquez des sports, vivez en plein air, évitez tout souci moral, ne vous souciez que du présent pour en jouir s’il est agréable, et d'autre part ayez assez de sang froid pour ne pas vous laisser abattre par un incident malheureux.

Joignez à cela une alimentation raisonnable, un usage judicieux du vin et de l'amour, voilà somme toute un plan de bonne vie et un gage d'excellente

santé.

Trouvons-nous chez notre poète les moyens de recouvrer cette santé qui peut nous être ravie ?

Y a-t-il une thérapeutique dans Horace ?

ES

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