‹ La médecine dans l'histoireChapitre 5 sur 6 · DU PHÉNOMÈNE DE L’-EN TRAINEMENT · texte numérisé non relu

DU PHÉNOMÈNE DE L’-EN TRAINEMENT

Il est à désirer que nos jeunes générations ne perdent pas de vue tout ce qu’il y a de philosophique dans cette espèce de compromis entre les deux grandes branches des connaissances humaines. Mais de la pente à l’abus il n’y a pas loin, et la pente du siècle est aux spécialités. Tout y pousse : d’une part, les progrès des sciences, dont l’horizon, s’étendant de plus en plus, ne permet à l’intelligence la mieux douée de n’embrasser qu’une faible partie ; d’une autre, le besoin généralement manifeste d’arriver, par la voie la plus directe, au résultat le plus positif de l'éducation.

Certes, je n’ai pas la prétention de me mettre ici en travers des tendances de mon époque, et encore moins de celles de notre nature intellectuelle. Nous ne naissons pas propres à tout, et rien de plus rationnel assurément que de nous diriger vers la carrière à laquelle nous appellent notre vocation et nos aptitudes. Vouloir qu’on en agisse autrement, serait fermer la voie du succès au plus grand nombre, et celle du progrès aux sociétés. Mais enfin il y a là, en même temps qu’une voie à suivre, un écueil à éviter. A l’éducation philosophique qui tend à faire des hommes, dans la plus haute acception de ce mot, ne substituons pas un enseignement artificiel qui ne s’occuperait qu’à faire des ingénieurs, des industriels, des médecins, etc. Prenons garde qu’en tendant outre mesure les ressorts d’une ou de deux facultés, nous n’étouffions les autres, et que dans cet entraînement violent des aptitudes, dans le but de nous dresser à la profession que nous aurons à remplir, nous ne prenions trop peu de souci de ce qui ennoblit l’âme et élève la raison.

Je me résume.

Si, comme on ne saurait le contester, l’éducation a pour principe général le développement harmonique et libre de toutes les facultés, tout système d’éducation qui ne tend qu’au développement partiel et factice de l’intelligence, manque son but et abaisse le niveau général de l’humanité. Or tel est le résultat

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