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Cette évacuation se fait sur des relais fixes de brancardiers divisionnaires ou suivant les cas sur un poste de secours central de régiment établi à quelques centaines de mètres en arrière.
Le médecin de bataillon s'occupe uniquement de ses malades, de ses blessés, des évacuations et enfin de l'entretien du matériel sanitaire et anti-gaz con-
tenu dans le poste de secours.
Nous avons dit que le matériel sanitaire était pré-
levé dans la voiture médicale du bataillon au gré du médecin. \
Le matériel anti-gaz, matériel fixe de secteur comprend: un matériel de production individuelle et un matériel de production collective.
Le premier est constitué par une certaine réserve de masques individuels ordinaires modèle M’ et parfois A. R.S. quelques grands et petits appareils filtrants Tissot, des appareils respiratoires à oxygène type Drœger, le tout complété par des siphons d’oxygène de rechange et un siphon d’une capacité de cinq cents litres destiné à remplir des ballons caoutchouctés pour les suffoqués graves, enfin une réserve de médicaments usuels pour gazés : ipéca, éther, huile camphrée, chlorhydrate d’émétine, caféine et encore du sérum bicarbonaté pour les intoxiqués par l’Ypérite.
Le deuxième est constitué par des réserves de toile pour rideaux, par des appareils pulvérisateurs de liquide neutralisants (genre Vermorel), par des récipients contenant ces solutions et par une certaine
quantité de neutralisants divers : hyposulfite de soude carbonate de soude, hypochlorite de chaux.
Il existe parfois des appareils de prélèvement de gaz : ampoules vides d’air, appareils aspirateurs. Rarement le poste de secours est pourvu d’une
sape filtrante.
Primitivement le médecin de bataillon était personnellement chargé de la surveillance et de l’entretien du matériel anti-gaz dans le secteur ; cette tâche a été réservée par la suite à un officier gazier par régiment aidé de sous-officiers gaziers dans les bataillons, le médecin restant conseiller technique parfois écouté.
Les blessés sont peu nombreux dans les secteurs calmes ; si le bataillon est chargé d’exécuter des travaux et si le mauvais temps s'en mêle, il y a des malades. La visite se passe alors dans les mêmes conditions qu’au cantonnement. Le poste de secours est assez vaste pour qu'on puisse y conserver les hommes en traitement ou en observation mais ordinairement.il existe au poste de secours central uneinstallation suffisante, parfois même une infirmerie de secteur où il est possible -de traiter les malades récupérables en huit ou dix jours.
Si une attaque ennemie localisée se produit sur. un tel secteur et que le nombre des blessés est important, les musiciens (brancardiers auxiliaires) sont immédiatement mis à contribution et la relève des blessés se fait asséz rapidement, exception faite tou-
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tefois pour ceux qui sont restés en dehors des tranchées et qui ne peuvent être le plus souvent relevés que la nuit.
Lorsqu’au contraire le commandement y décide une action offensive tout se passe à peu près comme dans la guerre de mouvement avec objectif limité.
Il est dès lors possible de prévoir à l’avance un poste de secours de bataillon dans les premières lignes françaises et si l'unité doit progresser encore on recherchera dans les ouvrages ennemis un abri qui servira de poste de secours. Il est prudent cependant de ne point trop se hâter et d’attendre la contreattaque ennemie avant de se déplacer avec son matériel,
Les difficultés d'évacuation et de traitemeni sont énormes. Le terrain a été bouleversé par de longues préparations d'artillerie. L’artillerie ennemie a de son côté bouleversé nos lignes, pour peu que la pluie se mette à tomber, boyaux de oReon et tranchées deviennent impraticables et il faut aux brancardiers une résistance physique et une force de caractère énormes pour mener à bien leur tâche si pénible.
Nous dirons peu de chose sur le poste de secours en guerre de position dans ces secteurs conquis et reconquis comme ceux de Verdun par exemple.
On essaie autant que possible de conserver l’orga-
nisation de la guerre de mouvement et nous insis-
x tous surtout sur le chargement réduit du personnel. J.-A. Daoulas 4
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On tâche de ne pas perdre sa liaison avec le bataillon. Aucune règle absolue ne peut être observée. Ce sont les moments les plus durs de la guerre. On fait pour le mieux et on s’installe comme on peut.
Dans ces cas-là il faudrait au moins le double de brancardiérs pour évacuer un blessé dans de médiocres conditions.
Le terrain est bouleversé, il n'existe que de vagues pistes entre les trous d’obus, les voitures ne peuvent arriver que très loin en arrière d’un front qui varie à chaque instant. Les évacuations se font lentement, péniblement à certaines heures du point du jour et de la tombée de la nuit,quand cesse pour un moment le tir harcelant de l’artillerie ennemie. Peu de grands blessés résistent aux fatigues de ce douloureux voyage vers l'arrière.
Ce sont à notre avis les secteurs les plus durs, ceux dans lesquels on observe les plus grandes misères ; le rôle du médecin y est infiniment plus pénible que dans la guerre de mouvement proprement dite,
C’est encorelà qu'il faudrait au médecin quelques travailleurs, quelques pionniers capables de construire rapidement des abris ou de transformer et d'aménager les débris de ceux qui ont existé. Les blessés y gagneraient peut-être de meilleurs soins et l'évacuation se ferait dans de meilleures conditions. Les brancardiers n’ont pas reçu une instruction dans ce sens mais à certains corps plus favorisés on a donné des équipes sanitaires dont les éléments :
étaient à même de construire et d'aménager les abris (1).
En secteur calme, le travail du médecin de bataillon est peu absorbant ; il cherche les améliorations à apporter au poste de secours et veille à l’entretien du matériel qui lui est confié.
Néanmoins le service d'hygiène, de désinfection, des inhumations reste sous sa responsabilité en ce qui concerne son secteur. |
Son travail sera d'autant plus facilité qu’il aura mieux veillé à l'instruction de ses sous-ordres et qu’il aura un caporal brancardier plus apte à diriger ces travaux. <
Dans les secteurs calmes il est toujours possible de trouver des emplacements suffisants pour y établir des postes de secours à peu près parfaits, pour peu surtout que le commandement veuille bien s’v prêter. Ceux-ci ont été décrits plusieurs fois et nous ytrouvons toujours des salles de pansements, des services d'injection non seulement de sérum antitétanique, mais aussi de sérum physiologique; des tisanneries, des salles d'attente. On peut tout faire lorsque le terrain et l’ennemi s’y prêtent et qu'on a des hommes à sa disposition. Ailleurs, quoiqu'on en ait dit, il n’est guère possible de faire beaucoup
1. Cette mesure n'a pas été généralisée, les brancardiers pouvaient difficilement s’encombrer du matériel de terrassement nécessaire et le médecin de bataillon qui s’improvisait chef de travaux, travaillait avec son personnel ayant pour guide unique son bon sens et sa maigre expérience.
mieux que d’emballer des blessures et d'évacuer des blessés le plus rapidement possible. Avec beaucoup de nos camarades nous avons toujours pensé que notre devoir était là.