‹ La médecine de bataillon: Contribution à l'étude du rôle du médecin de bataillon d'infanterie pendant la guerre 1914-1918Chapitre 9 sur 15 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Le Service de santé du bataillon en guerre de position ou de tranchées.”

Nous allons étudier ici le fonctionnement du Service de santé du bataillon dans un secteur calme, bien organisé. L'arrêt momentané des opérations a permis d'y construire des abris solides à l’épreuve des projectiles moyens d'artillerie et d’y creuser des ‘ tranchées dans lesquelles on peut circuler de jour et de nuit des premières lignes jusqu’au poste de secours et ses relais d'évacuation. La disposition du terrain nécessile une organisation défensive contre les gaz, néanmoins l'arrière est calme, peu bombardé. et les premières maisons habitées se trouvent à huit kilomètres des lignes. Le front du bataillon s'étend sur une longeur de sept à huit cents mètres, les compagnies sont échelonnées en profondeur, le poste de secours lui-même est à cinq ou huit cents mètres de la première ligne non loin du poste de commandement du bataillon.

Le poste de secours est constitué par une série d’abris réums ou non entre eux et permettant de

loger en toute sécurité tout le personnel et une vingtaine de malades ou de.blessés. Il faut en effet pré- voir le cas d'une attaque localisée de l'ennemi, d’un «coup de main » ne portant que sur les premières lignes mais avec tir d’encagement explosif et toxique à l'arrière, rendant pendant un certain temps toute évacuation impossible. Il est donc indispensable d’avoir quelques abris libres pour éviter l’encombremeñt du poste de secours. ,

Le poste de secours proprement dit est ‘constitué par un abri dans lequel /on peut faire entrer un ou, plusieurs brancards et où il est possible d'examiner et de traiter les malades ou les blessés par projectiles et par gaz que ces malades ou blessés soient assis ou couchés. Cet abri peut être pourvu d’un matériel assez important de médicaments, de pansements et de matériel anti-gaz, il doit être étanche et pourvu de rideaux pouvant obstruer les entrées et neutraliser les gaz toxiques. Il peut être chauffé, on peut y préparer du thé et des boissons chaudes. Dans ces conditions il est facile de disposer de la meilleure partie du matériel lourd contenu dans la voiture médicale du bataillon et d’en doter le poste de secours surtout en ce qui concerne l'éclairage qui pourra y être installé d’une façon parfaite.

Cette question capitale de l’éclairage a été réalisée de la façon la pfus heureuse dans certains secteurs où des groupes électrogènes ont été montés dans les abris, dans certains aulies où l'électricité était apportée d’une source lointaine. Dans un ancien

poste de secours ennemi, il nous a même été donné de bénéficier d’une installation d’outre-Rhin consistant en une dynamo actionnée par un tandem. Nos brancardiers avaient malheureusement mieux à faire que de transformer leur énergie en énergie élecitrique.

En réalité, on aurait pu dans ces secteurs laisser un matériel fixe au poste de secours, matériel qui aurait été recomplété au fur et à mesure de son usage par celui du bataillon en ligne. Cette mesure ne s’est malheureusement pas généralisée, elle n’a existé que dans fort peu de secteurs, exception faite toulefois pour le matériel anti-gaz collectif qui était presque partout un matériel de secteur. |

Dans ces secteurs la répartition des brancardiers peut se faire à raison de deux brancardiers par compagnie, les autres restent au poste de secours. Si une compagnie (étant donnée la disposition du terrain ou des ouvrages défensifs) se trouve un peu éloignée on lui donnera ses quatre brancardiers et son infirmier. Ceux-ci s'installent dans un poste de secours de compagnie à proximité du commandant de compagnie. :

. Enfin dans certains secteurs, il peut arriver que le bataillon soit scindé en deux groupes, auquel cas le médecin auxiliaire assure le service avec six brancardiers et deux infirmiers par exemple dans un groupe, le reste du personnel étant avec le médecin aide-major dans l’autre groupe ; celui qui se trouve le plus rapproché de la voie d'évacuation normale.

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