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général que dans l'infanterie puisque l'accès des voitures est plus aisé de l'arrière vers les positions des batteries. |
Enfin le médecin d'artillerie de campagne est peu exposé aux coups de main ennemis et risque moins d’être fait prisonnier. I faut dire par contre qu'il ne bénéficie d’aucune relève pendant le séjour de sa division en ligne. ,
- Dans l'artillerie de tranchée et dans l'artillerie d'assaut le médecin peut partager au moment d’une ‘action les risques du médecin de bataillon, mais de longues périodes de repos lui permettent de se retremper plus facilement dans un milieu médical ou de travailler dans le calme des villages de l’arrière.
Dans l'artillerie lourde les conditions d’évacuation des blessés sont encore meilleures. Le Service de santé peut se déployer dans de bonnes conditions de confort. |
Dans l'aéronautique enfin l’infirmerie du camp peut être parfaitement montée et le médecin a dès lors à sa disposition toutes sortes de moyens pour faire de la vraie et utile médecine.
Dans les compagnies de génie le médecin a suivi longtemps le sort des médecins de bataillon qui. furent souvent ses camarades de misère dans les lignes des secteurs mouvementés, au moment des. aclions très limitées et où les sapeurs précédaient les vagues d'assaut, coupant les fils de fer avec des cisailles ou les faisant sauter avec des pétards.
Dans la cavalerie proprement dite et en guerre
de mouvement étendu, le médecin se trouve bien rarement en contact avec son groupe de deux esca- drons. Ceux-ci détachent des patrouilles en avant de l'infanterie à de grandes distances et il s'ensuit que le médecin soigne rarement ses propres blessés. Ce soin incombe aux médecins d'infanterie qui se trouvent alors beaucoup plus rapprochés des cavaliers. Son rôle au cantonnement est le même que celui des autres médecins de corps de troupe. En campagne, si nous en croyons les différents carnets de route que nous avons eus entre les mains, ce rôle se trouve très limité.
. Dans les régiments d'ouvriers et de travailleurs territoriaux le médecin suit son unité ; son rôle est délicat au milieu de tous ces hommes âgés auxquels il a été demandé souvent des efforts considérables dans des secteurs difficiles.
Dans les groupes de brancardiers divisionnaires le sort des médecins aides-majors et auxiliaires, des pharmaciens auxiliaires et des brancardiers est sou. vent lié à celui du Service de santé des armes combattantes. Placés à peu près à la hauteur des batteries d'artillerie, quelquefois plus en avant, ils jouissent bien rarement d’un plus grand confortable que leurs camarades des bataillons ou des groupes de campagne.
Mais l’inconfort matériel, n’atteint pas en général les médecins de corps de troupe et s'ils souffrent surtout c’est du sacrifice qu’ils doivent faire au point de vue professionnel. Leur rôle ingrat leur donne
bien peu de satisfactions et leur instruction ou même simplement l'entretien de leurs connaissances professionnelles peut difficilement se faire en campagne.
Ce n’est ni dans la bataille où le temps et les moyens intellectuels leur manquent, ni pendant les courts repos où ils ont peu de documents, peu d'aide, peu de direction que les médecins de bataillon en particulier peuvent se retremper, à moins d’une force de caractère peu commune, dans leurs livres difficiles à transporter ou dans des revues dont certains termes finissent par leur échapper.
Uu poste de secours, une infirmerie de bataillon ne ressemblent en rien à un cabinet d'examen de malade si modeste soit-il.
Jl faut un repos au médecin de bataillon, au médecin de régiment, repos moral surtout, car celui qui a fait une année d'infanterie a déjà donné des preuves de sa robusticité. Repos de trois mois par exemple pendant lequel l'étudiant et le jeune praticien se retrouvent dans des Facultés ou dans des centres de traitement ou d’enseignement en contact avec leurs maîtres ou avec ceux qui plus heureux qu'eux ont pu profiter de la guerre intellectuellement. Qu'ils se replongent ainsi dans un milieu de chaude sympathie où ils ne sont pas considérés comme des gêneurs, mais comme des médecins désirant seulement rester médecins, profiter des progrès de la science médi- | cale et réapprendre ce que l'éloignement de la. Faculté et les émotions fortes leur ont fait oublier.
Si cela devient nécessaire par la suite, car ils
Savent parfaitement que ni leurs titres, ni leur ancien-
neté, ni leur âge ne leur permettent d'accomplir une
tâche plus difficile, ils reprendront leur tâche auprès de leur chef de bataillon, dans un gourbi étroit,
. dans une sape profonde ou au coin d’une haie dans
es
un fossé, ne demandant qu’à continuer l’accomplissement de leur devoir.
Cette situation pénible a du reste été reconnue après la première année de campagne. Une majorité d’anciens praticiens a pu bénéficier d’une relève de trois mois à l’intérieur pendant laquelle il leur a été possible de faire un peu de vraie médecine et de vraie chirurgie. Les jeunes étudiants infirmiers aux armées ont été rappelés dans certaines Facultés où ils ont suivi des cours desquels ils sont sortis médecins auxiliaires. |
Les anciens médecins auxiliaires devenus aidesmajors ont pu bénéficier en très petite quantité de cours d’armée créés en arrière du front. Ils en sont revenus hâtivement rappelés par les mouvements de leurs unités et un peu déçus de l’enseignement trop particulier qu'ils avaient trouvé dans certains centres. Toutes ces choses qu’on leur avait
décrites et qui les auraient fort intéressés en pleine
scolarité pendant leur troisième ou quatrième année d’études, n'étaient plus en rapportavec leurs besoins courants en vue des cas qui les embarrassaient tous
les jours.
On a organisé enfin des relèves à l’intérieur des
divisions etles médecins les plus favorisés auraient bien été ceux qui auraient bénéficié d'un stage plus. ou moins long dans les ambulances. Mais ces relèves ont d’abord été organisées très tard (fin 1919); les ambulances ont été ensuite ramenées de deux à une par division (une seule ambulance médicale, mai r918); enfin ces ambulances divisionnaires quand elles ont fonctionné ont plutôt fait du triage que de l’hospitalisation et si l’on y a vu beaucoup de malades, si l’on y a assisté à quelques laparotomies, quelques trépanations, quelques amputalions dans les secteurs calmes, il a rarement été possible d'y suivre des malades et des blessés.
Du jour où cette relève a fonctionné les médecins d'ambulance ont du reste été détachés à toutmoment dans les régiments (peut-être à cause de la pénurie des médecins valides), et leur situation devenait de ce fait beaucoup plus difficile que celle du camarade remplacé momentanément, puisqu'ils n’y connaissaient ni le personnel, ni les hommes de l'unité.
Faut-il encore ajouter que certaines circulaires visant les étudiants en médecine et les favorisant au point de vue de leurs études ne leur ont pas toujours été communiquées et que lorsqu'il s'agissait de les faire appliquer on s’est quelquefois heurté à une mauvaise volonté que nous n’avons jamais pu expli- * quer puisqu'il s'agissait d’une mesure visant l'intérêt du soldat. |
C'est ainsi que malgré le roulement, malgré la relève, certains médecins se sont vus consacrés par