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l'usage « spécialistes de l'infanterie », tandis que d’autres plus favorisés parce que peul-être moins résistants pouvaient dans d’excellentes conditions se perfectionner dans la chirurgie, la radiographie ou la physiothérapie. Les mêmes médecins ont donc assuré le même service dans les régiments après un stage aux ambulances plus ou moins long, plus ou moins haché par des remplacements de toute sorte.
Pour ne parler que des régiments d'infanterie, il fant reconnaître que dans certains d’entre eux on s’est efforcé d’adoucir la tâche des médecins en fusionnant les postes de secours de bataillon dans . un poste de secours de régiment unique plus confortable et mieux aménagé. Blessés et médecins ont tout eu à y gagner. Malheureusement cétte mesure n’a pu être généralisée.
En juin 1918, on tendait également à diminuer (peut-être transitoirement en raison des pertes du Service de santé) le nombre des médecins d'’infanterie. Un seul médecin par bataillon assurait les soins urgents et la police des évacuations, les pansements étant faits à un poste de secours central un peu plus confortable. Nous ne sommes pas en mesure d'affirmer que cette disposition soit applicable dans toutes les circonstances mais elle a donné au. moment des grandes offensives d'assez bons résultats.
Dans ces conditions on pourrait comprendre un Service de santé d'infanterie réduit à un médecin de bataillon, à un médecin-chef, à un médecin-adjoint
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et un pharmacien ‘par régiment, ces derniers occupant un poste de secours central ayant vraiment du poste de secours autre chose que le nom.
Si l’on objecte à cette diminution du personnel, la difficulté qui en surviendrait pour assurer le service auprès des unités détachées dans un canlonnement de repos, on peut répondre que si l’onremplacait par un modeste side-car, un seul des chevaux affectés aux médecins, le service y gagnerait en rapidité et les malades n’y perdraient rien du tout.
Certains médecins divisionnaires se sont aussi montrés hostiles à la présence des jeunes aidesmajors dans les bataillons à cause du rôle prépondérant que doit remplir le médecin dans les unités au repos. Si les déplacements sont ainsi facilités et deviennent rapides, le médecin-chef ou son adjoint peuvent de temps en temps parer aux inconvénients de la je: nesse et du manque d'expérience des aidesmajors encore étudiants.
Dans un secteur organisé le poste central n’est pas éloigné en général de celui du bataillon et pour un cas douteux les jeunes médecins ont toujours su avoir recours aux conseils de leurs anciens.
Cette réduction du personnel permet dès lors un roulement efficace entre les différentes unités d’une division. Mais dans le Service de santé d’une armée ce roulement peut s'étendre aux éléments non endivisionnés et c’est ainsi que les risques de la guerre deviennent non seulement plus équitablement répartis, mais qu’un plus grand nombre de médecins peut
bénéficier de stages dans les centres de traitement ou d’enseignement, pour le plus grand bien de l’intérêt général. |
Cette disposition qui aurait été réalisable dans
une guerre de longue durée comme celle qui vient de s’écouler pourrait également trouver son application en ce qui concerne l'instruction et le roulement des médecins auxiliaires et des étudiants en médecine pendant la durée du service militaire en temps de paix.
Si celui-ci se maintient à trois ans il menacera en effet fortement l'avenir de ceux de nos camarades qui auront l'honneur d’être reconnus aptes au service armé.
Une visite médicale régimentaire est rapide, l’étudiant qui la suit avec attention n’y perd pas tout à fait son temps ear il y voit des hommes sains, il y observe des affections bénignes, des débuts d’affections graves, des simulateurs, toutes choses qui étaient pour lui des raretés pendant ses stages hospitaliers. Souvent, il est employé aux pansements, aux massages, aux exercices extérieurs de tirs et de marches, à des travaux d'écritures. Plus tard le médecin auxiliaire risque d’être détaché dans les foris et c’est alors l’isolement complet, peut-être plus pénible que la vie de campagne.
La bienveillante mesure prise en décembre 1918 en faveur des étudiants en médecine ayant un long séjour sous les drapeaux ou dans l'infanterie et les GB. D./et qui les a rappelés dans leurs Facultés
pour une durée de six mois devrait pouvoir retrouver une application restreinte, pendant la durée du service militaire en temps de paix.
Dix mois de service après le P. GC. N. étaient un bien léger tribut à payer en comparaison de celui de vingt-trois mois qui nous a été demandé par la loi de 1905, à celui {de trente-cinq mois imposé à. ceux qui nous ont suivis en 1913.
A la mobilisation beaucoup de médecins n'ayant jamais fait de service militaire ont acquis rapidement l'entraînement indispensable à la vie de soldat, ils ont rempli merveilleusement leur devoir. Il ne semble donc pas qu’un stage de plusieurs semaines par année à la Faculté puisse nuire à-la valeur et à la discipline militaire de ceux qui devront faire, peut-être encore, comme tous les Français, trois années de service, pour conserver à la France la place glorieuse qu’elle s’est une fois de plus donnée dans le monde en triomphant des dures épreuves qu’elle vient de traverser.