‹ La médecine de bataillon: Contribution à l'étude du rôle du médecin de bataillon d'infanterie pendant la guerre 1914-1918Chapitre 4 sur 15 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Au moment de terminer nos études médicales, nous devons nous excuser auprès de nos maîlres et de nos amis de leur présenter ce travail encore incomplet, bien que portant sur un sujet déjà plusieurs fois traité. e

Nous l’avons écrit à la période la plus agitée de la guerre, de juillet à novembre 1918, n’ayant comme aide que les conseils de nos camarades et de nos chefs, leurs souvenirs et les nôtres,

Depuis, il nous a été donné ne venir nous retremper pendant quelques semaines dans le sein de nos hôpitaux et de nos écoles, et c’est ainsi qu'à notre ‘arrivée à Paris nous avons pu constater que trois de nos camarades avaient eu également cette idée de traiter du rôle du Médecin d'infanterie ou de bataillon.

Nous avons néanmoins persisté dans notre projet parce que, depuis l'armistice, il est possible de tirer des conclusions plus précises de tous les faits que

Sp Een

nous avons observés pendant la durée de la campagne. à

Ce sera donc une observation de plus à ajouter à la liste de celles déjà parues à ce sujet. Ce sera, en outre, un nouvel hommage rendu à la mémoire de ceux de nos camarades qui ont succombé à cette tâche glorieuse. Ce sera enfin un autre témoignage de reconnaissance adressé à tous ceux, professeurs, hommes politiques, écrivains, officiers, qui pendant . la guerre, se sont intéressés à la vie des médecins auxiliaires et aides-majors, et à tous ceux, brancardiers el infirmiers qui les ont aidés dans leur tâche.

Qu'on veuille bien aussi nous pardonner la forme administrative d'instruction ou de circulaire que nous emprunterons quelquefois aux souvenirs de notre vie militaire qui date de plus de soixante-dixhuit mois, car c’est aussi à ce titre d’ancien soldat que nous nous permettons de traiter un sujet militaire dans lequel il sera souvent question de la vie de l'étudiant en médecine, médecin de complément.

Au cours de cette longue période passée sous les drapeaux nous avons vu le service militaire du temps de paix dans l'infanterie. Pendant la campagne nous avons suivi notre destinée dans les différentes armes combatlantes (infanterie, artillerie, cavalerie), dans un G. B. D., puis enfin dans une ambulance divisionnaire. Bien que le but poursuivi dans ces différentes formations ait toujours été le même : celui d'entretenir les hommes en bonne santé, de soulager les souffrances des blessés et des malades et de les

guérir, il n’en est pas moins exact que si le rôle de l'officier a dû s’exercer dans toutes les circonstances, le rôle du médecin n’a pu être dans certains cas qu’extrêmement réduit ; son devoir étant d’évacuer tous ceux qu'il ne pouvait traiter sur place.

Le fond de ce travailitraitera surtout du rôle du médecin de bataillon tel qu’il a été pendant laguerre, tel que nous l’avons vu remplir, tel que nous l'avons rempli. Nous n’avons nullement l'intention d’indiquer cette marche à suivre comme étant la meilleure, elle nous a donné de bons résultats, parce que la bonne entente n’a pas cessé de régner entre les médecins et les autres officiers dans les régiments auxquels nous avons été affecté.

Nous nous permettons aussi de passer rapidement sur ce qui a été fait pendant la guerre pour entretenir et compléter l'instruction des médecins de corps de troupe et pour en combler les lacunes.

En temps de paix comme en temps de guerre, cette question d’instruction nousintéressera toujours parce que nous en avons tous plus ou moins souffert et qu'il faudrait si possible éviter ces maux à ceux qui viendront après nous.

Nous manquerions enfin à tous nos devoirs si nous terminions cet avant-propos sans avoir exprimé à nos maitres de Paris et de Nantes toute notre respeclueuse reconnaissance pour l’enseignement qu’ils nous ont toujours prodigué avec tant de bienveillance et de dévouement.

Les circonstances militaires ne nous ont pas per-

mis de suivre leurs leçons aussi longtemps que nous l’'aurions désiré, et de terminer nos études en traitant un sujet qui soit plus en rapport avec les matières qui y ont été traitées ; notre éloignement ne saurait durer indéfiniment et c’est en toute simplicité qu'il nous faudra souvent recourir à leurs conseils et à leurs ouvrages pour rester digne de la confiance qu’ils nous ont toujours témoignée.

Que nos chefs et nos camarades des armées trouvent également ici l'expression de notre meilleur souvenir ; que nos remerciements aillent à ceux qui, par leurs conseils et leurs idées, ont contribué à l’élaboration de ce modeste travail et nous ont aidé dans son exécution.

Page 1