‹ La médecine des passions, ou les passions considérées dans leurs rapports avec les maladies, les lois et la religion (volume 2)Chapitre 25 sur 96 · MARCHE, COMPLICATION · texte numérisé non relu

MARCHE, COMPLICATION

Ja nourriture, de l’hérédité, en un mot, de la double atmosphère physique et morale dont nous sommes environnés. Ainsi, généralement parlant, la colère est un délire aigu , et la haine une affecti°n chronique, dont la vengeance est la crise Ja plus ordinaire. Passions des êtres faibles, la jalousie et l’envie ont une marche primitivement chronique i ce sont deux fièvres consomptives qui rongent lentement les entrailles de leurs victimes. L amour, c est une hevre ardente qui a ses redoublements, ses transports , ses fureurs. L’ambition, c’est une fièvre tenace dont la marche insidieuse et les paroxysmes irréguliers donnent la mort au milieu de l’espérance. L’ivrognerie, enfin, le plus abrutissant de tous les vices, ressemble le plus souvent à ces fièvres nerveuses intermittentes . dont les retours périodiques constituent le principal caractère (1).

Les passions sont solidaires entre elles comme nos organes ; aucune ne saurait être vivement mise en jeu sans que les autres ne soient aussitôt en éveil. Mais la passion dominante est alors une reine despotique qui surexcite les facultés, les senti-

(1) Ayant eu à soigner un grand nombre d’individus adonnés à l’abus des boissons alcooliques ou de l’opium, j’ai presque constamment observé l’influence de la périodicité sur leur funeste penchant : les uns ne s enivraient que le dimanche, d’autres le lundi, plusieurs toutes les quinzaines pendant trois jours de suites quelques autres enfin tous les mois : cette dernière remarque m’a été fournie par des femmes dont la plupart avaient passé l’âge de retour.

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