‹ La médecine des passions, ou les passions considérées dans leurs rapports avec les maladies, les lois et la religion (volume 2)Chapitre 26 sur 96 · ET TERMINAISON DES TASSIONS · texte numérisé non relu

ET TERMINAISON DES TASSIONS

ments , les instincts favorables à ses désirs, et qui impose silence à ceux qui voudraient en entravei l’accomplissement.

Je n’admets pas plus de passion simple que de maladie simple : quand un viscère est profondément altéré, tout l’organisme souffre avec lui; quand une passion est enracinée dans le cœur de l’homme, tout son moral est altéré; dans ces deux cas , Famé et le corps partagent l’état morbide , parce que, dans nous , tout est un. Les moralistes, qui ont distribué les passions en simples et en composées, me paraissent donc avoir établi une division purement arbitraire. Toutes, d ailleurs , présentent à l’analyse deux, trois , souvent même un plus grand nombre d’éléments moraux appréciables. L’ambition, en effet, n est qu un mélange d’orgueil, d’opiniâtreté et de folle espérance; sans parler du besoin des sens, 1 amour se compose souvent autant de vanité , d’égoïsme et d’imagination que d’affection réelle; la jalousie et l’envie, tristes appréciatrices de leur faiblesse, ne sont qu’un composé de crainte, de haine et de douleur; l’avarice, enfin, si mal comprise par La Bruyère et Rousseau (1), est-elle autre chose qu’un assemblage de froid égoïsme , et de circonspection poussée à l’excès chez des êtres ordinairement affaiblis par l’âge ou les infirmités? Du reste, ces diverses complications, etudiees dans les deux sexes , présentent des différences notables sur les-

(1) Voyez ci-après l’article Avarice.

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