XII NOTIONS PRÉLIMINAIRES
vêle, comme Dieu est l’être invisible que l’univers publie.
Considéré sous le triple point de vue de l’hygiène, de la morale et de la religion, l’homme a des besoins à satisfaire et des devoirs à remplir; aussi a-t-il reçu des organes sentants pour l’avertir de ses besoins, et une intelligence pour l’éclairer sur la manière dont il doit les satisfaire. Le savant auteur de la Législation primitive me paraît beaucoup trop flatter l’homme, en le définissant «une intelligence servie par des organes.» Peintre sublime, mais infidèle, il s’est complu à représenter l’homme tel qu’il devrait être, et non tel qu’il est. L’histoire de tous les temps ne nous montre, en effet, l’intelligence que comme une reine détrônée, et devenue l’esclave des sens, quelle était appelée à gouverner en souveraine.
Pour tous les moralistes de bonne foi, l’homme est une intelligence unie à des or ganes, un animal doué de la raison. Pour le philosophe chrétien , c’est une intelligence déchue , luttant contre des organes. Cette lutte presque continuelle entre les besoins et les devoirs, entre les organes et l’intelligence ,