PROFESSIONS
Nombre
d’indi-
vidus.
Armuriers
Instituteurs
Bijoutiers
Jardiniers
Bonnetiers
Layetiers
Bouchers
Libraires
Boulangers
Limonadiers. .
Bourreliers
Machinistes
Boutonniers
Maçons
Brocanteurs
Manouvriers
Carriers
Marbriers
Chapeliers
Marchands
Charcutiers
Marchands de vin .....
Charpentiers
Maréchaux
Charretiers
Menuisiers
Charrons
Militaires
Ciseleurs
Musiciens
Cochers
Orfèvres
Commissionnaires
Ouvriers
Cordiers
Passementiers
Cordonniers
Paveurs
Corroyeurs
Peintres en bâtiments. . .
Couteliers
Perruquiers
Couvreurs
Plaqueurs
Cuisiniers
Pompiers
Domestiques
Porteurs d’eau
Doreurs
Relieurs
Ebénistes
Selliers
Employés
Serruriers
Epiciers
Tabletiers
Ferblantiers.
Taillandiers
Fondeurs
Tailleurs
Forts de la halle
Tailleurs de pierre ....
Fumistes
Tisserands
Gaîniers
Tonneliers
Gantiers
Tourneurs
Garçons marchands de vin.
Vanniers
Garçons restaurateurs. . .
Vernisseurs
Graveurs
Vinaigriers
Horlogers ]
Vitriers
Imprimeurs J
0) n a présenté clans ce tableau que les professions qui ont offert au moins quatre ou cinq malades dans une année.
Causes de la prostitution. — La prostitution n est ordinairement qu’un état secondaire, que de malheureuses filies embrassent, étourdies d’une première faute et rebutées aiors par leurs parents , ou délaissées par leurs amants infidèles. Souvent aussi de jeunes personnes honnêtes , mais sans expérience, sont entraînées par les infâmes démarches des maîtresses de maisons tolérées, ou par celles de leurs commis , qui les exploitent comme une marchandise. Il faut aussi reconnaître qu’il existe certaines constitutions exceptionnelles capables de pousser les femmes aux derniers excès du dévergondage.
Le tableau suivant, emprunté à M. Parent-Duchâtelet, présente le relevé des causes déterminantes
de la prostitution sur 5,183 filles :
Excès de misère, dénument absolu par suite de
paresse ou par d’autres motifs 1441
Concubines délaissées 1425
Perte de parents, expulsion de la maison paternelle, abandon complet 1265
Amenées à Paris, et abandonnées parleurs amants,
militaires, étudiants ou commis 404
Domestiques séduites et chassées par leurs maîtres. 289 Venues de province à Paris pour s’y cacher et y
trouver des ressources 280
Pour soutenir des parents pauvres ou infirmes
(toutes nées à Paris) 37
Aînées de famille, pour soutenir leurs frères et
sœurs, neveux et nièces (toutes nées à Paris). . . 29
Femmes veuves, pour soutenir leur famille (toutes
nées à Paris) 23
Total 6.183
Sur ce nombre 1,988 sont nées à Paris , 1,389 dans les chefs-lieux de departement , 652 dans les sous-préfectures , 936 dans les campagnes, enfin 218 dans les pays étrangers.
Ce même relevé donne 164 fois les deux soeurs inscrites sur les registres, 4 fois Ses trois soeuis, et
3 fois les quatre sœurs, 16 fois la mère et la fiile ,
4 fois la tante et la nièce , 22 fois les deux cousines germaines, en tout 436 personnes réunies par les liens de la parenté la plus proche.
Examinons maintenant les professions exercées par les prostituées au moment de leur enregistrement. Sur 3,120 individus , M. Parent a trouvé :
Couturières, lingères, modistes, et autres états
analogues * •
Marchandes de légumes, de fleurs et de fruits.. . .
Tisseuses et états analogues
Ghapelières et états analogues
Bijoutières et états analogues
Artistes
Établies en boutique -
Sages-femmes.
Rentières *
Totai
On voit par ce tableau, dit M. Parent, que la plupart des prostituées sortent des ateliers, ces foyers de corruption dont on doit déplorer les funestes effets, tout en admirant les produits qu ils fournissent.
Professions des parents Il résulte des recher»
ches faites a ce sujet que ce ne sont pas les classes les plus infimes de la société qui fournissent le plus de prostituées , que ce ne sont pas non plus les classes élevées, mais celle des ouvriers en boutique , surtout des ouvriers travaillant a la journée, et n’ayant pas de demeure fixe.
4ge. — Sur 3,248 prostituées, 34 se sont fait t inscrire de dix a quinze ans; 912 de quinze à* vingt; 1,386 de vingt à vingt-cinq; 556 de vingtcinq a trente; 198 de trente à trente-cinq; 88 de» trente -cinq à quarante; 38 de quarante a quarante-cinq; 27 de quarante-cinq à cinquante; 5 de» cinquante à cinquante-cinq; 3 de cinquante-cinq a soixante, et 1 de soixante à soixante-cinq.
État civil. — Sur 1,183 filles nées à Paris, 237 étaient enfants naturelles; sur 3,667 nées dans les départements, 385 étaient enfants naturelles. Ces résultats prouvent suffisamment l’hérédité du libertinage.
Instruction . — Sur 4,470 filles nées à Paris et élevées dans cette ville, 2,332 ne savaient pas signer; 1,780 signaient fort mal; 110 avaient une belle écriture. On n’a pas pu constater la capacité de 248. Quant aux filles venues des départements, la proportion de celles qui avaient quelque instruction à celles qui en étaient privées est à peu près la même. Je ferai remarquer à ce sujet que l’ignorance des prostituées élevées à la campagne s’est trouvée moindre que celle des prostituées élevées à Paris ou dans les villes.
Accroissement des prostituées inscrites à Paris , de
1830 à 1841. Avant 1830, on comptait à Paris 2,800 filles publiques y exerçant leur métier, et dont la présence était constatée. Au 31 décembre
1831 , il y en avait 3,517, dont 931 de Paris, 2,170 des départements, 134 des pays etrangers , et ^82 sans acte de naissance. Depuis 1832 jusqu en 1836, leur nombre s’est éleve à 3,800 5 au 1er janvier 1841,
il était d’environ 4,000 (1).
Causes de la masturbation. — -Les causes inhérentes à l’espèce humaine sont l’éveil prématuré des organes génitaux, leur aptitude à entrer en action à des époques indéterminées, et réglées plutôt par l’imagination que par les lois de 1 organisme, la configuration des membres supérieurs , celle des organes sexuels, divers genres de dartres, certaines inflammations érysipélateuses, l’accumulation de la matière sébacée, le phimosis , le paraphimosis , le développement des ascarides dans le rectum, le satyriasis, la nymphomanie, 1 irritation du cervelet et delà moelle épinière, la phthisie pulmonaire, les mauvaises positions pendant la veille et le sommeil , les états qui exigent que l’on reste longtemps assis, l’usage du rouet, la flagellation et la suspension par les mains chez certains sujets, 1 ad~
(1) Par un arrêté de M. le préfet de police, en date du 28 août 1841, les filles et femmes qui déclareront ne se faire inscrire parmi les prostituées que par excès de misère seront, à 1 avenir, envoyées au couvent des Dames de Saint-Micliel, où elles pourront vivre de leur travail. C’est une amélioration dont on est u devablc au zèle de M. l’abbé Anjalvin, l’un des aumôniers de cet établissement trop peu connu.
iïi'l DU LIBERTIN ÂGE.
mini s tra lion des purgatifs aloétiques , l’usage de substances aphrodisiaques , comme ie poisson, les épices, les liqueurs alcooliques , et surtout la bière. Voilà pour les causes physiques ; passons aux causes morales.
C est quelquefois jusqu’au berceau de l’enfant qu’il faut remonter pour trouver la cause première de la masturbation. On a vu des nourrices assez libertines pour faire servir leurs nourrissons à la satisfaction de leurs infâmes désirs, et d’autres , plus stupides encore que coupables , exciter les organes génitaux des petits malheureux quelles allaitent, dans l’unique intention d’apaiser leurs cris quand elles les laissent seuls; enfin, chose déplorable ! des enfants ont été corrompus par ceux mêmes qui devaient être les gardiens de leur innocence. Si nous ajoutons les inconvénients de l’éducation publique, si favorable à la contagion du mauvais exemple , et l'absence de toute éducation religieuse, nous aurons réuni les causes nombreuses qui développent ou entretiennent l’un des plus grands fléaux de la société.
Caractères , effets et terminaison du libertinage.
Une démarche hardie , un regard lubrique, une bouche voluptueuse, un teint pâle ou couperosé, des manières et des paroles plus ou moins indécentes, une haleine impure qui dégoûte et repousse, tout fait reconnaître à l’observateur le moins exercé l’individu livré aux excès de la débauche.
On n’est pas toujours libertin par tempérament; on le devient le plus souvent par imitation, par vanité : c’est une mode que l’on suit de bonne heure , et que Ton quitte îe plus tard possible. On commence par des folies de jeunesse, que le monde pardonne aisément; mais peu à peu la passion prend racine , et les plus scandaleux désordres deviennent une habitude familière, un besoin impérieux. Alors, rien n’arrête: ni l’âge, ni les liens du sang, ni les engagements les plus sacrés, ni le déshonneur des familles , ni le tourment des victimes, ni la perte de la santé, ni la crainte de la mort, qui survient si souvent au milieu de la débauche.
— Mobile, turbulente et bavarde par complexion, paresseuse par état , ivrognesse et menteuse par intérêt, bienfaisante sans discernement, se venvrant froidement à tous les instants , mais ne se donnant qu’au misérable que son cœur a choisi, et dont elle se montre excessivement jalouse ; orgueil- Ieuse, envieuse, gourmande, voleuse, superstitieuse, colère, et surtout vindicative, telle est la femme dans les yeux et sur le front de laquelle on lit : prostituée.
On se tromperait étrangement si l’on s’imaginait que les filles de joie sont toujours gaies et insouciantes , comme elles affectent de le paraître devant les mauvais sujets qu’elles recherchent. Loin de là : bien convaincues de leur abjection , et redoutant par-dessus tout d’être reconnues, ce n’est pas sans éprouver bien des moments de tristesse qu’elles
Ü U L I B E n TINA G E.
portent le poids de leur ignominie, et il n’est pas rare de les sur prendre plongées dans une sor te d’abatteaient qui les a plus d’une fors conduites au désespoir ou à la folie. Dans ces instants , et surtout au lit de la souffrance ou de la mort , la voix de la religion n’est pas sans retentissement au fond de leur âme. Alors le bon pasteur ne craint pas de consoler et de recueillir ces autres Madeleines, tristes objets du mépris du inonde , mais purifiées par le repentir de tous les vices qui les souillaient.
— L’expression languissante du visage et son allongement, la pâleur des lèvres et des joues, la fixité du regard , le gonflement des paupières et leur lividité , l’inclinaison de la tête vers la terre , le développement excessif des organes génitaux, une croissance subite ou arrêtée, un appétit vorace, un amaigrissement rapide sans maladie apparente , une démarche mal assurée , la faiblesse des lombes , des sueurs nocturnes , une urine trouble ou sédimenteuse , un frisson presque continuel, une voix rauque , faible ou sourde, la manière de s asseoir, la position des mains dans le lit ou pendant la veille, l’amour de l’isolement, la paresse, 1 apathie pour le jeu , le peu d’élévation des sentiments, l’habitude du mensonge, l'affaiblissement de la mémoire et de l'intelligence portée jusqu'à l’hébétude: tels sont les divers signes dont l’ensemble ne saurait manquer de faire reconnaître le masturbateur.
— Les dangereux effets du libertinage tiennent moins à la déperdition de la liqueur séminale ,