PROFESSIONS DES ACCUSÉS
Report. . . .
Aubergistes, logeurs, hôteliers, limonadiers. . .
Domestiques attachés à la personne
Accoucheuses
Artistes (peintres, musiciens, comédiens, etc.) .
Clercs , écrivains , imprimeurs
Etudiants
Fonctionnaires publics, employés
Agents de la force publique, gardes forestiers. . .
Instituteurs , professeurs
Militaires et anciens militaires
Propriétaires vivant de leur revenu , rentiers. . .
Notaires , avocats , avoués , médecins , hommes
delettres, prêtres, huissiers, commissaires-pris.
Contrebandiers
Chiffonniers
Mendiants et vagabonds
Filles publiques
Sans moyens d’existence connus
Totaux. . . .
Total général. . . .
La première classe des professions, qui comprend les individus habituellement occupés aux travaux des champs, est toujours la plus nombreuse : elle forme plus du tiers du nombre total. La deuxième, celle des ouvriers chargés de mettre en œuvre les matières premières, le bois, la laine, le fer, le coton, etc., renferme un peu moins du tiers du nombre total. En troisième ligne vient la neuvième classe, celle des gens sans aveu, vagabonds, mendiants. Le reste des accusés se partage chaque année d’une manière assez uniforme entre les autres classes.
Sur les 23,546 accusés, 13,587 travaillaient pour le compte d’autrui, G, 672 pour leur propre compte, et 3,487 vivaient dans l’oisiveté.
En 1840 , sur 100 accusés appartenant aux professions libérales ( huitième classe), 56 sur 100 (plus du tiers) étaient poursuivis pour des crimes contre les personnes ; celte proportion est de 34 sur 100, pour les accusés de la première classe, ceux qui sont attachés à l’exploitation du sol; de 32 sur 100, pour les aubergistes, cabareliers, logeurs, etc.; de 23 sur 100, pour les artisans et ouvriers de toute espèce des deuxième, troisième et quatrième classes ; de 20 sur 100, pour les mariniers, voituriers, rouliers, etc.; de 15 sur 100, pour les accusés de la neuvième classe ou les gens sans aveu; de 13 sur 100, pour les accusés de la cinquième classe, marchands, commerçants, etc.; enfin de 12 sur 100, pour les domestiques attachés à la personne. Ces rapports ont peu varié en 1839 et en
Dans ce tableau, les femmes accusées qui n’avaient pas de professions ont été classées d’après celle de leurs maris.
Tableau comparatif des suicides et des crimes en France , dans leurs rapports avec les professions.
Suicidés. Accusés.
1" classe. Laboureurs, journaliers .... 30 sur 100. 36 sur 100.
2e classe. Arlisans 11 20
3' classe. Boulangers, bouchers , charcutiers. 2 3
4“ classe. Chapeliers , tailleurs , blancbiss. . 6 5
5° classe. Négociants 5 6
6" classe. Voituriers, hommes de peine 2 4
7e classe. Hôteliers, domestiques .... 7 9
8° classe. Professions libérales 21 5
9° classe. Gens sans aveu 16 12
Dans le Rapport au Roi pour l’année 1836, d’où j’ai extrait ce tableau , il est constaté que la proportion des accusés de crimes contre les personnes était plus élevée dans la 1" et dans la 8e classe , c’est-à-dire parmi les hommes adonnés aux travaux de la terre et parmi ceux qui ont embrassé des professions libérales. Par une coïncidence qui appelle la réflexion, c’est aussi dans ces deux classes que les suicides ont été le plus nombreux. Toutefois, pour porter ici un jugement rigoureux, il faudrait avoir le chiffre exact des individus qui composent chacune de ces neuf classes.
Quant à Y état civil des personnes, qui ne laisse pas que d’exercer aussi une notable influence sur le développement des passions , les documents statistiques démontrent que plus des trois cinquièmes des accusés et des suicides n’étaient pas engagés dans les liens du mariage. Voici, du reste, ce qu’on lit dans le Rapport de 1 840 : « Parmi les 8,226 accusés, 4,663 (0,57) étaient célibataires; 3,159 (0,39) étaient mariés; 356 (0,04) vivaient dans le veuvage. Parmi les accusés mariés, 2,599 (0,83) avaient des enfants; 560 (0,17) n’en avaient pas. Parmi les accusés vivant dans le veuvage, 275 (0,77) avaient des enfants, et 81 (0,23) n’en avaient pas.
“Le nombre proportionnel des femmes était de 17 sur 100 parmi les accuses célibataires; de 0,15 parmi les accusés mariés; et de 0,38 parmi les accusés vivant dans le veuvage.
a été constaté pour 170° accusés qu'ils étaient enfants naturelspour 159, qu lis appartenaient à des familles dont quelques membres avaient etc précédemment l’objet de poursuites judiciaires ; et pour 419 enfin ,
qu ils vivaient dans le concubinage ou qu’ils étaient d’une immoralité notoire. »
Les rapports n’ont presque pas varié en 1841.
CAUSES DES PASSIONS
Me l’Étlucatloii , de l’nabltutle et de l’Exemple.
Si les réglés de 1 hygiène, habilement appliquées à l’éducation physique des enfants, leur donnent une santé florissante et des membres agiles et vigoureux , une culture sagement progressive de leur esprit ne contribuera pas moins à régulariser , à mettre en harmonie leurs besoins animaux , moraux et intellectuels. En quoi doit consister cette triple éducation? Dans un ensemble de bonnes habitudes, qui, contractées dès le premier âge, conserveront chez les enfants l’heureux naturel qu’ils tiennent de leurs parents, ou modifieront les tendances vicieuses qui leur auraient été transmises. Sans doute, on a eu raison d’appeler l’habitude une seconde nature; mais, pour qu’elle puisse, dans certains cas, opérer une utile métamorphose , il faut , comme nous le verrons plus loin , qu’elle attaque le mal dès sa première apparition , ou bien ses efforts risqueront d’être infructueux, et sembleront justifier cet adage, aussi désolant qu’exagéré ; « Chassez le naturel , il revient au galop. »
Oui, certainement, il reviendra , le mauvais naturel, corroboré par la puissance de l’habitude ; mais ce naturel , arrêté , modifié , entièrement changé, ne reviendra guère, surtout s’il en est empêché par la vue continuelle du bon exemple que copiera l’enfant ainsi que l’homme, ce grand enfant si éminemment né imitateur. Je livre cet aperçu rapide aux dépositaires du pouvoir , qui ne paraissent pas attacher assez d’importance à l’éducation physique, morale et intellectuelle de la jeunesse, et qui s’imaginent avoir élevé un homme quand ils ont exercé deux ou trois de scs facultés au détriment des autres.
Ainsi, l’habitude, ce penchant contracté par la fréquente réitération des mêmes actes , et l 'exemple , cette morale en action , dont les leçons parlent plus haut et plus éloquemment que tous les préceptes , voilà les deux mobiles que l’on devrait constamment employer dans l’éducation. Devant m’arrêter sur leur influence dans le chapitre consacré au traitement des passions, je me borne à signaler ici un faitgrave, c’est que l’importance trop exclusive attachée de nos jours à l’instruction scientifique et littéraire ne forme guère que des hommes énervés et vicieux, c’est-à-dire de fort mauvais citoyens. Chose déplorable, en effet! les relevés statistiques des hôpitaux et des prisons d’Europe démontrent que les infirmités, l’aliénation mentale, le suicide, et les autres crimes, augmentent avec l’instruction et le prétendu progrès des lumières (1). Les gouvernements obtiendraient, je pense, un
(t) Voyez ci-après, chapitre II, le Tableau comparatif des crimes , de V alienation mentale et des suicides en France, depuis le V janvier 1827 jusqu’au janvier 1842. et la note F, à la lin du volume.
CAUSES DES PASSIONS
résultat diamétralement opposé, s’ils s’attachaient à faire cultiver d’une manière harmonique tous les besoins , toutes les facultés de l’homme ; si , tout en lui donnant des membres robustes, ils développaient graduellement ses sentiments avec son intelligence , en prenant pour point d’appui l’élément religieux, seule sanction de la morale, et unique base d’une solide éducation.
■ nOuencc dn Graud Monde, de la Solitude et de la Vie clinmpiUre.
La fréquentation habituelle delà société rend, sans aucun doute, l’homme plus gai, plus poli , plus aimable ; elle donne aussi à l’esprit et au corps plus de grâce et de souplesse; mais, malbeureusement , ce qu’elle ajoute en surface et en éclat ,-elle le retire presque toujours en profondeur et en solidité. D’un autre côté , continuellement mise en jeu , et prodiguée au milieu d’une multitude de soins , de peines et de plaisirs , notre sensibilité s’éparpille, en quelque sorte, sur nos organes extérieurs , et finit par laisser nos entrailles froides et impassibles. C’est ainsi que, dans le grand monde, la compassion et la bonté , si naturelles à l'homme, semblent avoir changé de place; on les trouve, en effet, bien plus dans le langage que dans le cœur.
Il en est de même pour les productions de l’esprit : l’écrivain peut bien acquérir dans la société la facilité et le brillant de l’expression , la grâce et l’élégance des tours; mais la justesse des aperçus, la profondeur des pensées et leur enchaînement, la chaleur et la vie du discours, sont le produit habituel de la retraite et de la méditation. Aussi les grands écrivains n’onl-ils guère enfanté leurs immortels chefs-d’œuvre que dans la paix de la solitude , si propice aux conceptions du génie.
Si de pieux anachorètes ont trouvé le calme de l’âme dans le silence du désert , souvent aussi la jalousie, 1 envie et la vengeance y ont été nourrir leurs fureurs et aiguiser leurs poignards : c’est qu’en nous faisant sans cesse replier sur nous-mêmes, la solitude absolue renforce presque toujours notre caractère; elle rend 1 homme bon , meilleur , et le méchant , plus farouche et plus dangereux. Il est constant, en outre, que la haine de la société, jointe à un goût extrême pour la solitude, favorise chez les mélancoliques Je funeste penchant qui les entraîne fréquemment au suicide.
Entre le silence du désert et le fracas du monde , s’offre à nous la vie champêtre, éminemment favorable au développement du corps et de l’esprit, à la sérénité de l’àme et à la durée de l’existence. Certes, si la plupart des mains occupées à écrire étaient employées aux nobles travaux de l’agriculture, vers laquelle notre intérêt devrait nous ramener davantage, les individus seraient bien plus heureux , la société beaucoup moins turbulente et moins malade.
1 “ CAUSES DES PASSIONS
Je ne parle pas ici de 1 influence de l’isolement sur les détenus; je m’en occuperai dans le chapitre consacré au traitement pénal des passions.
Influence «les Spectacles et «les Btomnns.
La surexcitation du système nerveux, si générale depuis quelques années, doit en partie être attribuée aux émotions violentes que les femmes et les enfants vont chercher au théâtre. Ces émotions, qui deviennent de véritables besoins, contribuent , plus qu’on ne le croit, à affaiblir les constitutions, en même temps quelles favorisent le développement des passions érotiques, développement déjà si précoce par suite de l’irritabilité morbide qui tourmente notre société. D’un autre côté, la scène, primitivement instituée pour 1 amusement et l’amélioration morale des masses , ne les amuse souvent que pour mieux les corrompre par les sales et ignobles tableaux qu’elle se complaît à reproduire. Un fait physiologique qu’on perd beaucoup trop de vnc, c’est que l’homme est essentiellement né imitateur. Présentez-lui des exemples moraux, donnez-lui des enseignements utiles, il s’en pénétrera, et sera disposé à les suivre. Mais si , par un déplorable abus du talent , vous lui dépeignez la vertu ridicule et le vice aimable, il sourira au vice, et ne lardera pas à délaisser la vertu. Il fut un temps où le théâtre pouvait au moins servir à former le goût; aujourd'hui la plupart des pièces ne sont propres qu’à perdre et le goût et les mœurs.
La lecture des romans n’exerce pas une influence moins triste sur le développement des passions, notamment sur celui de la paresse, de la peur, de l’amour, du libertinage, et du suicide, soit par imitation, soit par dégoût de la vie réelle. Pour une centaine de romans véritablement moraux, qu’on trouverait à grand’peinc dans toute notre littérature, il en est des milliers qui ne peuvent que fausser l’esprit et pervertir le cœur.
Cnflucncc «les «lifférciiles formes «le Gouvernement.
Les quatre principales formes de gouvernement sont le despotisme , la monarchie tempérée, le gouvernement constitutionnel, cl la republique. Les leçons de l’histoire prouvent que chacune de ces formes favorise plus particulièrement le développement de certaines passions : ainsi , le luxe , la mollesse , la paresse et le libertinage , sont les passions dominantes des gouvernements despotiques. La monarchie tempérée semble maintenir l’orgueil, l’avarice et la luxurcchcz lesclasses nobles et privilégiées. Le gouvernement constitutionnel, véritable balance politique, tend à jeter la corruption dans tous les rangs de la société, à y faire germer les passions turbulentes, égoïstes, ambitieuses , et à déconsidérer les divers pouvoirs, qui cherchent à se détruire, du moment où l’équilibre cesse d’être maintenu par Injustice.
CAUSES DES TASSIONS.
Enfin, l’amour de l’indcpendance et celui de la patrie, poussés jusqu’au fanatisme le plus sanguinaire, sont les deux principales passions propres nu gouvernement républicain , qui succède ordinairement aux monarchies affaiblies ou corrompues, cl retourne presque toujours au despotisme.
Quant aux révolutions qui sont amenées sur la scène politique par des minorités haineuses, hardies et cupides, elles donnent lieu à d’atroces vengeances, à d’odieuses ingratitudes, à de lâches apostasies; elles peuplent nos établissements consacrés aux aliénés d’ambitieux diçus, de malheureuses victimes du chagrin ou de la peur; enfin, elles jettent pour longtemps dans les esprits une fièvre de changement et de révolte insupportable surtout aux nouveaux parvenus qui ont su se créer une position brillante et commode.
Influence de l’Irréligton.
11 est un lien indissoluble , une chaîne mystérieuse qui unit le ciel et la terre, une voix céleste qui nous appelle vers un monde meilleur, et lève ainsi toutes les contradictions qui sont en nous et hors de nous : j’ai nomme la religion, dont le sentiment (1) a été profondément empreint dans le cœur de l'homme par la cause première de tout ce qui existe , c’est-à-dire par l’Etre infiniment puissant , intelligent. , bon et juste, que nous révérons comme notre créateur, notre législateur suprême, notre père, et notre juge. Qui pourrait nier l’influence salutaire des espérances cl des craintes que fait naître la religion , besoin de l’esprit et du cœur , aussi indispensable aux individus qu’à la société !
L’irréligion, au contraire, enfant de l’orgueil , aussi incapable d’encourager l’homme au bien que de le détourner du mal , l’irréligion ne fait qu’attiser le feu des passions , ces véritables ennemies de notre liberté. Inhabile à expliquer les merveilles et l’harmonie du monde physique , elle ne montre ni remède ni terme au désordre du monde moral. Aussi , ennemie des pauvres et des infortunés , dont elle rend l’existence plus triste encore ; ennemie de la société, dont elle ébranle les bases , elle ne saurait produire aucun avantage réel , et sème partout où elle passe la corruption et le désordre. D’où viennent, en effet, ces crimes monstrueux qui désolent , qui effraient si souvent nos cités, si ce n’est de l’irréligion ? N'est-ce pas elle encore qui produit ce sombre dégoût de la vie et ces transports passionnés qui poussent tant de malheureux au suicide? Si nous consultous les annales de la criminalité , ces statistiques effrayantes dressées par ordre des principaux gouvernements, nour voyons que l’instruction elle-même, loin d’ar-
(I) Le sentiment religieux est en quelque sorte l’âme de la religion; le culte en csi ic corps.
CAUSES des PASSIONS.
rotci les progrès du mal , semble plutôt le favoriser quand elle n’est pas appuyée sur l'élément religieux. Il faut donc reconnaître que sans relHon i n y a point de vraie morale, et que la meilleure semence se change alors en ivraie. L’impiété est un vent brûlant qui dessèche le cœur de l’homme ; le christianisme est une rosée bienfaisante qui le fertilise cl l’agrandit (1).
EuClucnce «le l’ImagisinUoti (a).
Je ne terminerai pas ce chapitre sans dire quelques mots sur une faculté merveilleuse, qui souvent donne des ailes au génie, mais qui , bien plus souvent encore , déchaîne les passions, cl les exalte jusqu’au délire. L’imagination , en effet , dont je veux parler, ne se borne pas , comme la mémoire , à tenir registre des impressions reçues : elle les reproduit en les colorant , elles les combine à l’infini , et , pour peu que son développement soit hors de proportion avec celui des autres facultés intellectuelles , elle nous trompe sur la valeur réelle des choses, fausse tout à fait notre jugement, jette notre esprit dans le vague, et , nous abusant par des craintes ou des espérances chimériques,' nous pousse aux actes les plus déraisonnables : aussi un de nos vieux auteurs l'a-t-il surnommée la folle du logis.
C’est en grossissant , en dénaturant les objets, que l'imagination enfante ces terreurs paniques qui ont mis en fuite des armées nombreuses, ou qu elle fait apparaître ces fonlômes nocturnes , effroi des esprits faibles et
(t) Il est bien a regretter que, dans les Comptes rendus de la justice criminelle on n ait pas encore songe a rechercher la proportion des incrédules, des indifférents et des hommes religieux traduits devant les tribunaux. En l’absence totale ‘^documents officiels sur ce point important, je me bornerai à donner ici les résultats de mon expérience particulière comme médecin légiste. D’après les faits nombreux dont J ai ete témoin, et les renseignements qui m’ont été communiqués soit par les familles, soit par le ministère public, je crois pouvoir avancer, sans crainte d être démenti, que sur 100 individus accusés de crimes, 50 pouvaient e re ranges parmi les indifférents en matière de religion, 40 parmi les incrédules et 10 parmi les croyants.
D’un autre coté, sur une centaine de suicides, je n’en ai constaté que quatre commis par des personnes d’une piété reconnue : c’étaient trois femmes mélancoliques, dont deux se sont précipitées dans un puits, et dont l’autre s’est asphyxiée par la vapeur de charbon, après avoir placé un grand crucifix sur sa poitrine. De quatrième individu était le précepteur de l’infortuné Labédovcre, le \enerable abbe \ îard , que je connaissais depuis longtemps, et dont la raison était complètement dérangée par l’âge et le chagrin.
V,)ir,’ d^ns le tonie IX du Butlet'n de V Academie royale de Bruxelles, la Note do M. le chanoine de Ilam sur lhitililé d’une statistique criminelle dans ses rapports avec les principes religieux.
(2) Le mot imagination paraissant impliquer création, tandis que l’homme peut ■J peine saisir les phénomènes de la vie universelle, les phrénologistes ont cru devoir lui substituer celui d idéalité. Scion eux, l’idéalité est cette faculté primitive qui, s’appliquant à tout, cherche constamment le type idéal de toutes choses, c’est-à-dire le type artificiel qui réunit les qualités les plus frappantes de l’objet. Poussée à scs dernières conséquences, une telle tendance conduit l’homme a ne considérer le monde réel que comme une illusion, et à s’égarer dans l’immensité du vide. Voyez V Hygiène morale du docteur Casimir Broussais.
CAUSES DÉS PASSIONS. “5
crédules. Toutefois, si pendant la nuit elle augmente la peur et la crainte, elle ranime avec le jour le courage et l’espérance , qui les dissipent. Chez l’avare, l’imagination ne s’unit-elle pas à la circonspection qui le domine, pour lui montrer en perspective le monceau d’or qu’il possédera s’il a le triste courage de vivre longtemps de privations? N’est-elle pas encore l’un des plus puissants auxiliaires de l’amour? n’est-ce pas elle qui lui met son bandeau?
L’imagination pouvant déterminer une foule de maladies, et même la mort, on conçoit combien le fœtus doit souffrir des écarts et des dérèglements de l’imagination de la mère, non par le transport et l’empreinte de quelque figure, mais bien par le trouble communiqué à la circulation et à la nutrition de deux individus vivant de la même vie. Je dois enfin rappeler ici que l’imagination , et les passions quelle excite, dérangent sur-le-champ la sécrétion du lait , et allèrent tellement la nature de ce fluide , qu’on a vu des enfants être frappés de mort subite en prenant le sein immédiatement après que leur nourrice venait d 'éprouver une vive affection morale.
SÉMÉIOLOGIE DES PASSIONS.