‹ La médecine des passions, ou les passions considérées dans leurs rapports avec les maladies, les lois et la religionChapitre 17 sur 128 · chapitre y · texte numérisé non relu

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Séméiologie des Passions, ou Exposé des signes physiognomoniques et phrénologiques au moyen desquels on prétend pouvoir les caractériser.

C’est une chose certaine, que le corps s’altère et se change quand l’âme s’émeut, et que celle-ci ne fait presque pas d’action qu’elle ne lui en imprime les marques.

De La Chambre, les Caract. des Passions.

Deux systèmes , qui remontent à nne très-baute antiquité, se présentent ici avec d’égales prétentions à signaler les penchants et les aplitudes des hommes. La pliysiognomonieet la phrénologie veulent toutes deux que notre extérieur ne soit que la manifestation de ce qui se passe habituellement au-dedans de nous; mais, ce principe admis, elles se séparent aussitôt, et procèdent d’une manière tout à fait opposée : la première , jugeant le plus souvent a posteriori, la seconde, a priori: l’une, reconnaissant le caractère par la configuration des traits qu’il a déterminés; l’autre, à la seule inspection des éminences cérébrales, traduites en relief sur le crâne, annonçant les instincts, les sentiments , les facultés qui prédominent, et qui n’attendent que l’occasion favorable pour s’exercer.

Essayons, dans une rapide analyse, de présenter les signes caractéristiques des passions , d’après ces deux sciences, ou plutôt ces deux systèmes.

Scion les physiognomonistes, les diverses émotions de joie, de tristesse, de jalousie, de colère , etc. , se peignent aussitôt sur la figure, et impriment à nos traits certaines modifications qu’on retrouve absolument semblables chez tous les peuples. La même émotion se reproduit-elle fréquemment, les traces d’abord légères qu’elle laissait sur le visage deviennent chaque jour de plus en plus profondes, et finissent par lui communiquer une expression habituelle, connue sous le nom de physionomie , et qui n’est autre chose que le reflet du caractère, c’est-à-dire de l’étal le plus ordinaire de lame.

Mais le visage n’est pas le seul livre dans lequel nous puissions étudier les passions humaines lia constitution, la forme de la (etc, sa capacité, les habitudes extérieures, le geste surtout et le timbre de la voix, sont des indices précieux qui ne méritent pas moins de fixer notre attention. Aussi

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n’esl-ce sur aucun de ces signes, considérés isolément, mais sur leur ensemble et sur leur accord , qu'on peut parvenir à asseoir un diagnostic certain.

Constitutions. — En traitant des causes des passions , j’ai fait connaître les signes auxquels on peut distinguer les différentes constitutions, et l’influence quelles exercent sur le caractère. Comme il serait superflu d’y revenir ici, je me hâte de passer en revue les diverses parties du corps , qui ont toutes leur signification.

Tête. Trop grosse et trop charnue , la tête annonce au physiogno-

moniste une intelligence lourde et paresseuse ; trop petite, ou mal conformée, elle est à ses yeux l’indice de la faiblesse et de l’ineptie.

Face. — Un visage dont la hauteur excède la largeur d’environ un tiers dénote, en général, autant de noblesse de sentiments que de finesse d’esprit ; trop allongé ou trop arrondi , il indique une certaine roideur de caractère et une âme peu élevée. On doit toutefois distinguer dans la face trois parties essentielles : la première, qui s étend de la racine des cheveux aux sourcils, caractérise le degré des facultés intellectuelles; la seconde, qui descend des sourcils au bas du nez , a plus de rapport avec les sentiments moraux ; la troisième, qui comprend le reste du visage, est plus intimement liée aux besoins animaux , notamment à la gourmandise et à la volupté. Du reste, quand on étudie une figure, il vaut beaucoup mieux la considérer de profil que de face , parce que le profil offre des traits plus prononcés , des lignes plus pures, et qu’en outre il se prête beaucoup moins à la dissimulation.

Coloration de la face dans les passions. — La coloration de la face ofl're, jusque dans ses diverses nuances, des signes auxquels nul physionomiste ne saurait se méprendre. C’est ainsi qu’on distingue facilement la rougeur de la colère de celle de la pudeur. La première, déterminée par la stase du sang, effet immédiat de la gène de la respiration, présente une teinte sombre et livide; tandis que la seconde , par suite de l’augmentation légère des mouvements du cœur, revêt une couleur brillante et vermeille. De même , on reconnaît la pâleur de la frayeur à une simple décoloration du visage, au lieu qu’une teinte terne, cuivreuse ou plombée, annonce la présence de quelque passion sombre et farouche, telles que le jalousie, la haine ou l’envie.

Poussant plus loin les recherches sur la coloration considérée comme moyen diagnostique, de La Chambre a remarqué que la rougeur produite par la colère commence par les yeux , celle de l’amour, par le front, et celle de la honte, par les joues et les extrémités des oreilles.

Cheveux. — La diversité du poil et du plumage des animaux prouve assez combien celle des cheveux doit être prise en considération chez l’homme. Leur élasticité, en effet, peut faire juger de celle du caractère :

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