AVERTISSEMENT
arrondissement de Paris j trois mille environ à la classe riche, près de soixante mille à la classe moyenne , m’ont permis d'examiner l’influence de la fortune et de la maladie sur le développement des passions. En même temps, gens de toutes les professions; étrangers de tous les pays; maitres et domestiques ; hommes et femmes libres, détenus ou cloîtrés; catholiques et protestants; spiritualistes et matérialistes; élèves et professeurs; savants, littérateurs , artistes du premier mérite ; malheureux plongés dans 1 ignorance la plus grossière; enfin, gens raisonnables, fous enfermés ou dans le cas de l’être : tels sont les individus avec lesquels j'ai été fréquemment en relation , que j ai pu observer a loisir, et qui m’ont fourni les matériaux de cet ouvrage, plus scientifique que littéraire, et en grande partie copié d'après nature. Pour établir mes assertions, je ne me suis pas contenté d'invoquer ma longue expérience, soit comme praticien , soit comme médecin-légiste : j'en ai souvent appelé à celle de mes devanciers, et me suis en outre appuyé des laborieuses rechei elles de la statistique, science née d hier, il est vrai, mais destinée à jetei plus tard une grande lumière sur différentes questions relatives à la criminalité , ainsi qu'à l’amélioration physique et morale des masses.
Malgré ces puissants secours, malgré tant de soins consacrés pendant un grand nombre d'années à la composition de ce volume , je ne l'aurais pas encore livré à li’mpression, si les conseils de mes confrères , si les instances de l'amitié , ne m'eu avaient arraché la promesse. C’est aussi pour tenir ma parole envers deux hommes célèbres , ravis depuis peu à la science et au clergé, que je livre prématurément à la critique bienveillante un travail dont j’espère pouvoir un jour remplir les lacunes, et faire disparaître les imperfections.