‹ La médecine des passions, ou les passions considérées dans leurs rapports avec les maladies, les lois et la religionChapitre 85 sur 128 · DE 1 AMBITION · texte numérisé non relu

DE 1 AMBITION

•à juger 144 affaires criminelles reconnaissant. pour cause la cupidité; savoii .

Incendies

Empoisonnements . . .

Assassinats ......

Meurtres

Homicide involontaire. .

En 1841 , le chiffre des affaires criminelles ayant aussi pour cause la cupidité, s’est élevé à 154(0,19 du nombre total des crimes).

Dans les 144 affaires de l’année 1840 , et les 154 de l’année 1841 , ne sont pas compris les crimes nombreux résultant de discussions d'intérêts entre parents , crimes que l’on trouve classés sous une autre catégorie dans les Comptes généraux de l’ administration de la justice criminelle en France.

Truitement.

Moyens hygiéniques. — La vie champêtre , les promenades prolongées , la chasse surtout , si les forces du malade le permettent , peuvent être d’une grande utilité dans le traitement de la maladie qui nous occupe.

En général , l’alimentation devra être légère et rafraîchissante , puisque l’un des premiers effets de cette passion et d’altérer les digestions.

Il faudra lâcher de prolonger le sommeil du malade.

Les bains tièdes et des frictions appropriées pourront aussi être prescrits avec avantage.

On devra surtout conseiller des lectures variées , intéressantes , et engager les malades à se livrer , sans fatigue toutefois, à la composition de quelque ouvrage analogue à leurs connaissances.

Moyens moraux. — Hâtez-vous de combattre cette passion dès sa naissance, si vous voulez le faire avec quelque succès. Pour cela, fatiguez l’ambitieux par des obstacles sans cesse renaissants; humiliez à propos son orgueil ; montrez-lui le néant des objets qui le séduisent , et l’incertitude des récompenses qu’il attend; mettez ensuite habilement sous ses yeux des individus dont la position soit beaucoup moins heureuse que la sienne ; éloignez-le des grandes villes, de la cour surtout et des parvenus ; tâchez qu’il se lie d’amitié avec des hommes contents de leur sort , portés à l’enjouement, à la bienfaisance , et ne voulant pas , par modestie ou par circonspection, s’élever à un état supérieur. Par leur fréquentation habituelle (l’exemple est si puissant sur l’homme), il finira par se convaincre que gloire et bonheur ne sauraient s’allier ici-bas, et que la plupart des ambitieux ne sont que de malheureux esclaves (1) qui ont péniblement gravi la

(1) « L’esclave n’a qu’un maître; l’ambitieux en a autant qu’il y a de sens utiles à sa fortune. » (La Bruyère )

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