Boutons du front dus à des causes virulentes
Trop souvent les dermocélites du front sont liées à une altération de sang due à une cause virulente, et
alors, elles ne cèdent qu'à un traitement, spécifique dont l'exposition ne rentre pas dans le plan de cet ouvrage.
21. Maladies de la peau causées soit par les frottements des parties du tégument en contact, soit par l'action des poils récemment coupés.
N'oubliez jamais, quand il s'agit de remédier à quelques lésions existant entre deux parties en contact habituel (intertrigo des auteurs), de ne jamais couper ou raser les poils qui peuvent les couvrir, cela n'est utile que dans les cas où il faut y pratiquer quelque opération. Si l'on ne suit pas ce précepte, il arrive, lorsque les poils repoussent, qu'ils forment des pointes piquantes, dont l'ensemble constitue une sorte de brosse qui, non-seulement cause, lors des frottements qu'exécutent les parties juxtaposées, une sensation pénible, mais encore donne lieu à des inflammations assez vives.
Ces considérations sont applicables aux aisselles, aux environs du fondement, et à la partie interne et supérieure des cuisses.
Si ces accidents avaient lieu, on pourrait y remédier avec la pierre judéenne , avec des compresses de linge fin et demi-usé, ou encore avec du diachylum recouvert de poudre de lycopode, etc., et Ton devrait surtout recommander de laisser repousser les poils si maladroitement coupés. Nous noterons quelques applications de ces faits lors de l'étude des
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petits procédés thérapeutiques applicables aux orifices des organes des sens.
22. Maladies de la peau de l'ombilic. — Inconvénients des boutons de pantalon qui font saillie sur le nombril.
Plusieurs personnes m'ont consulté pour une douleur qu'elles éprouvaient dans la région ombilicale ; à la suite d'un développement assez considérable du ventre, Pombilic faisait une saillie assez prononcée, et Pon sentait une sorte de relâchement de la ligne blanche, sur un point où Pintestin venait se présenter ; une hernie se formait, dont Pinflammation et Pobstruction pouvaient devenir dangereuses au point de compromettre la vie. Je cherchai donc quel était le siège positif et la cause de la souffrance dont ces personnes se plaignaient; je constatai d'abord que cette douleur avait lieu au nombril, sur lequel venait à presser la ceinture du pantalon, et bientôt je m'aperçus avec quelque surprise que le bouton qui maintenait cette même ceinture avait été attaché en dedans par le tailleur, et qu'il formait un point de compression tranchant sur sa circonférence. Dans les mouvements d'allée et de venue qui avaient lieu, soit de haut en bas, soit d'un côté à l'autre, ce bouton devait nécessairement irriter les parties dont il vient d'être fait mention. Je fis placer en dehors le moyen d'attache dont il s'agit ; il cessa de correspondre au nombril et la douleur se dissipa complètement» Une ceinture trop serrée, les
cordons de robes ou de jupons,, peuvent avoir chez les femmes les mêmes inconvénients ; il est bon d'en être averti.
Dans des cas de ce genre, et alors que Ion veut éviter la compression de l'ombilic, il suffit de placer de chaque côté de cette partie et au-dessous de la ceinture une pelote mince et large, qui prévienne le contact du lien circulaire dont il s'agit avec Fombilic faisant saillie.
,23, Moyens très-simples de maintenir de petites hernies.
Un propriétaire de Reims, dont le ventre était trèsvolumineux, me consulta pour des accidents dont le tube digestif était le siège, et qui étaient suivis d'une névralgie intercostale s'élevant vers l'épaule gauche. Ce monsieur était atteint d'un éraillement de la ligne blanche, situé près de la dépression ombilicale, et de la sortie par cet éraillement d'une très-petite partie de l'intestin. Un bandage très-pénible à supporter servait à contenir cette hernie, tandis 1 qu'il suffisait d'une pression très- faible avec le doigt pour empêcher le viscère de sortir par la petite ouverture qui lui livrait 'passage. Or, je fis ramollir un fragment de diachylum en magdaléon, et je lui donnai la forme de la dépression ombilicale, et, lui conservant une hauteur un peu plus grande que celle-ci, je le consolidai dans la fossette dont il s'agit de la manière suivante : une couche de diachylum fut ap-
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pliquée à chaud sur la peau qui recouvrait la dépression offerte par le nombril ; par-dessus, je plaçai le fragment d'emplâtre que j'avais façonné, et je recouvris le tout avec une pièce de taffetas noir enduite aussi de diachylum très-agglutinatif et dépassant de trois centimètres le pourtour de l'ombilic. La ceinture du pantalon, pressant sur la partie saillante de ce petit appareil, suffit pour contenir admirablement la hernie, ainsi que me l'affirma deux jours après le malade, qui était ravi de n'avoir plus à porter un bandage très-incommode.
24. Excision d'un fragment de peau lâche et amincie, pour contenir une hernie,, pour remédier à une dilatation de veine et pour effacer des rides (1).
Il y a bien longtemps que j'ai soumis à l'un de mes honorables collègues une idée relative à la curation et surtout à la palliation des hernies inguinales et ombilicales, qui ne lui parut pas avoir de chances de succès. Cette opinion, d'un homme qui a si bien étudié l'histoire de ces affections, m'a empêché jusqu'à présent de mettre en pratique ce que des faits, d'ailleurs remarquables, m'avaient conduit à supposer possible.
En effet, lorsque chez les gens dont la peau est amincie, très -extensible et lâche, on en pince une
(1) Certes, il ne s'agit pas ici de petits moyens, mais bien d'opérations chirurgicales. Je ne mentionne ici ces opérations, que pour en faire connaître la possibilité et quelquefois l'utilité.
partie, plus ou moins grande, entre les doigts et sur Fun des côtés de l'ouverture par laquelle s'échappe Fintestin ; si Fon tend ainsi le tégument au devant de cette même ouverture, il arrive que la hernie qui, un moment auparavant, sortait avec une facilité extrême, se trouve maintenue pendant tout le temps que le pincement de la peau a lieu.
Une chose du même genre est observée dans les cas de dilatation de veines existant chez les gens dont la peau est relâchée. Les varices disparaissent également alors qu'une partie du tégument est assez pincée pour que la peau située au-dessus de la veine malade soit tendue ; des faits cent fois constatés dans mon hôpital, la rétraction du varicocèle lorsque la peau se refroidit, la manière dont on pourrait faire disparaître les rides en enlevant une petite portion de la peau des tempes, etc., etc., m'ont conduit à croire que Fon pourrait contenir plus facilement les hernies et les empêcher de sortir aussi facilement en excisant ou en cautérisant une portion assez large de peau, non pas sur les ouvertures oh, les hernies intestines s'échappent, mais aux dépens des téguments qui recouvrent les parties qui Fentourent. L'avenir seul permettra d'apprécier ce procédé à sa valeur réelle.
25. Dermopathies du siège; soins à leur donner, — Extrême importance de ceux-ci.
Les moyens hygiéniques ou d'une application trèssimple, dont il va être actuellement parlé^ ont une
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telle importance qu'ils sont, dans bien des cas, suffisants pour conserver la vie des malades. Je veux parler de ceux que l'on peut utilement employer dans cette partie de la peau qui recouvre les régions du corps en contact avec les lits, et qui sont plus ou moins souillées par Furine ou les fèces.
Longtemps on ne s'est guère occupé des dermopathies de la région sacrée (celle qui correspond à la partie postérieure du bassin) que d'une façon empirique, et pour s'opposer tant bien que mal aux ulcérations et à la gangrène de cette partie. Il y a vingt ans, je fis voir que ces affections constituent une série d'états pathologiques qui se succèdent et qui commencent par des rougeurs, des ramollissements, des boutons inflammatoires, des ulcérations, et finissent par des gangrènes qui, s'étendant, se propageant dans les tissus situés au-dessous de la peau, causent d'affreux abcès, bientôt suivis de la résorption de sanie purulente et putride, de pyosepticémie et de mort.
Plusieurs de mes élèves ont fait de mes travaux sur cet important sujet l'objet de leur dissertation inaugurale (1).
Dans plusieurs de mes ouvrages, je suis revenu sur ce point de pathologie pratique. Je me bornfe à indiquer ici les moyens très-simples à l'aide desquels on arrête presque toujours la marche de ces terribles dermopathies qui s'observent si fréquemment : soit
(1) M. le docteur Blanchet^ chirurgien actuel des sourds-muets, et d'autres.
dans les collections de symptômes dits fièvres typhoïdes ; soit dans les lésions de la moelle (myélopathies) suivies de paralysie des membres inférieurs ; soit encore chez certains vieillards affaiblis ; soit même dans tous les cas où les malades restent habituellement couchés sur le dos.
26. Moyens très-simples de faire que la région sacrée ne reste pas toujours en contact avec le lit.
Avant tout, on doit, autant que possible et tout en recommandant une extrême propreté, faire varier la position du malade. Pour y parvenir, on a proposé beaucoup d'appareils dispendieux ou difficiles à mettre en pratique. En voici un des plus simples que, dans mon service à l'hôpital de la Charité, j'emploie avec le plus grand succès. Un lien est attaché à l'un des poignets ; il doit être assez large pour ne pas blesser la peau. Ce lien se fixe à la barre du lit et maintient le corps couché sur le côté opposé au membre sur lequel la ligature est fixée. Dans cette position, le siège, loin de reposer sur les draps, est inévitablement relevé et ne reste en contact ni avec ces mêmes draps, ni avec les matières fétides dont ils sont salis ; alors encore la pesanteur, la compression, les frottements n'influent pas sur cette partie de façon à aggraver les dermopathies dont elle est le siège. Bien entendu qu'alternativement on fait placer le patient sur l'un et l'autre côté, et même quelquefois sur le ventre ; car, si l'on n'avait pas cette précaution il se déclare-
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rait à la hanche, devenue déclive, ce que Ton voulait éviter pour la région postérieure du corps.
27. Fissures longitudinales de la région sacrée. — Leurs causes et leurs dangers.
Il est une variété des dermopathies de la région sacrée dont la gravité est extrême : je veux parler d'une fente linéaire qui quelquefois est assez profonde pour parvenir jusqu'à Pos sacrum, et qui augmente à chaque mouvement de latéralité exécuté dans le lit par le bassin. Cette terrible lésion, dont la forme allongée est singulière, est, comme je Fai fait voir, le résultat d'une déchirure que des mains aussi inhabiles que bien intentionnées déterminent en tirant maladroitement sur les téguments des hanches, alors qu'il s'agit de retourner le malade. Dans ce cas, la peau, ramollie vers la région sacrée, cède à la traction exercée par l'aide inintelligent, qui à son insu blesse à mort le malheureux couché sur le lit de douleur.
Pour éviter un tel malheur, il faut, alors que l'on retourne le malade, avoir le soin de ramener en dedans la peau de la hanche et prendre un point d'appui, non pas sur cette enveloppe, mais bien sur les os du bassin. Cette *petite précaution , si utile pour prévenir la grave déchirure dont il vient d'être parlé, l'est encore pour empêcher son extension.