Migraine ophthalmique(névropallie prosasique de l'iris
Il est une affection de l'appareil de la vision et trèsprobablement de l'iris qui constitue l'espèce de migraine la plus fréquente ; j e veux parler d'une névropathie ou névropallie (vibration morbide de nerf), ayant Fœil pour siège et dans laquelle la personne qui en est atteinte voit, au début, une espèce de tache dans l'espace, tache bientôt entourée d'un demi-cercle phosphorescent en zigzag, dont la teinte est bleuâtre ou de coloration irisée, et qui , assez analogue à la lumière électrique, pâlit à mesure que ce demi-cercle qu'elle forme devient plus large. D'abord celui-ci n'a guère qu'un très-petit diamètre, et alors son éclat est plus vif, puis il s'élargit sensiblement, et après un quart d'heure ou une demi -heure, il disparaît complètement. Alors la vue reprend toute la netteté qu'elle avait perdue. Ce qu'il y a de plus remarquable dans cette image que Ton voit tout aussi bien dans les ténèbres qu'au grand jour, c'est qu'elle suit les mouvements du globe de l'œil. Cette même image se borne dans les cas légers à des lueurs scintillantes. Ce sont des oscillations, des vibrations continuelles, qui ont lieu et qui persistent depuis le début jusqu'au plus fort de ce trouble de la vision. Deux ou trois minutes après que le cercle lumineux a disparu, se prononce, dans le globe de l'œil malade, à l'angle interne de l'orbite et sur le point qui correspond à la branche frontale du pentanèvre (nerf de la cinquième paire), une douleur
interne, des élancements semblables à la souffrance que produiraient des coups de marteau et se manifestant à des intervalles rapprochés avec une grande intensité. Quelques instants après, le malade éprouve des nausées souvent portées jusqu'aux vomissements, et des douleurs de tête, des éructations, des accidents variés du côté de l'estomac, accidents qui se succèdent ainsi pendant vingt-quatre ou trente-six heures et se dissipent fréquemment alors que survient un sommeil profond et pénible.
Pendant toute la durée de ces phénomènes, il n'y a pas de fièvre.
On a donné parfois à telle ou telle maladie le nom de celui qui, le premier, Ta décrite; ainsi en a-t-il été pour le mal de Pott, de Bright, etc.
Grammaticalement , n'en déplaise à un ancien professeur de rhétorique , cette appellation (maladie de X...) semblerait faire croire que ces auteurs avaient été atteints eux-mêmes des symptômes qu'ils avaient décrits.
Malheureusement, je suis assez victime de l'affection dont il vient d'être parlé, et que fax le premier signalée pour qu'on pût la désigner par mon nom, si n'était qu'il est absurde de se servir d'un nom d'homme pour désigner des lésions qui ne doivent être rappelées à l'esprit que par des termes en rapport avec les causes, le siège et la nature du mal.
DES PETITS MOYENS
47. Aliments excitants guérissant au début la migraine ophthalmique.
Cette maladie, cette migraine ophthalmique dont rétude sur moi-même m'a été d'une si grande utilité pour l'appréciation de la cause organique des névroses et peut-être de Faction névrique (i), cette affection, qui résiste à Faction des narcotiques, efc que la belladone elle-même calme fort rarement, est brusquement arrêtée dans sa marche par la médication la plus simple et, en quelque sorte, la plus vulgaire possible. Il s'agit de prendre, dès le début du mal, aussitôt que les premiers troubles de la vision surviennent, et dès que Ton aperçoit une sorte de brouillard ou le yAm petit arc lumineux et oscillant, une demi-verrée de vin vieux de Bordeaux ou autre, et un aliment très-léger, tel qu'un biscuit. Sous l'influence de ce moyen purement hygiénique et qui substitue le travail de la huitième paire de nerfs et du grand sympathique nécessaires pour la digestion, à l'action pathologique de l'œil et de la cinquième paire; il suffit, dis-je, de ce moyen pour faire que les accidents s'arrêtent à l'œil (ou plu-
(1) C'est cette étude qui m'a conduit non-seulement à rapporter à des oscillations dans les nerfs ou névropallies (à l'état nor mal, névropallisme) la plupart des affections dites névroses, telles que le tintouin, les crampes, les aura hysterica et epilcptica, l'hystérie et l'épilepsie elles-mêmes, l'angine de poitrine, le tétanos, la rage, les accès fébriles et plusieurs variétés de l'aliénation mentale, mais encore à prévenir ou à guérir plusieurs de ces affections, nos 11543, 11630, etc., Traité de médecine pratique, du professeur Piorry.
tôt aux nerfs irisiens), ne les dépassent pas, et pour que la torture ordinaire de la migraine ophthalmique (irisalgie ou mieux encore névropallie prosasique de Tiris) ne se déclare pas.