Remarques sur les observatious précédentes
Ces deux faits ont été publiés dans la Gazette des hôpitaux (mars 1864). Ils doivent être ajoutés à des observations semblables dont j'ai fait mention dans le Traité de médecine pratique. En rapprochant ces cas les uns des autres, en les éclairant par des considérations anatomiques, physiologiques et pratiques, sur les glandes en général, sur leurs fonctions, leurs maladies, etc., il devient évident que les parotidites sont très-souvent, si ce n'est constamment, les résultats de l'obstruction par l'inflammation ou de la simple emphraxie de la partie de Pangiosiale ( appareil salivaire), qui s'étend des acini jusqu'à l'orifice d'excrétion.
De la même façon qu'une glandule de la peau dont l'orifice est bouché se distend par la sérosité (kyste aqueux), par la graisse (tanne), etc., de la même manière encore que la phlegmasie de l'urètre et des vésicules séminales est suivie de maladies aiguës du testicule, ou encore que la glande mammaire qui sécrète du lait et dont les conduits sont bouchés, se tuméfie et finit par s'abcéder au-dessus des vaisseaux oblitérés; ou qu'une hépatémie, une hépatite, se déclarent à la suite de la rétention de la bile causée par
une obstruction du canal cholédoque, la glande parotide s'enflamme et suppure, lorsque, l'angiosiale n'étant plus libre, la salive s'accumule au-dessus de l'obstacle et distend les conduits d'excrétion; les acini qui ne cessent de sécréter le liquide , deviennent le siège d'une inflammation pyogénique (génératrice du pus), qui est suivie de la destruction de la glande, d'abcès et de pyémie.
142. Les parotidites ne sont pas des phénomènes critiques ou des effets de l'action médiatrice de la nature.
On a longtemps émis, et beaucoup de médecins l'admettent encore, que les parotidites ou, comme ils le disent, les parotides sont des accidents utiles, critiques et que la bienveillante nature fait naître pour le salut des malades. Étrange et funeste manière de voir, qui fait ranger au nombre des symptômes avantageux des lésions trop souvent suivies de la mort! Il faut absolument que les hommes de science abandonnent des théories aussi ridicules, et qu'ils pensent plutôt aux moyens de prévenir de tels maux et d'y remédier que de se complaire dans des systèmes pareils, dont le progrès a fait justice.