Odeurs de la bouche. — Mauvaise haleine
La mauvaise haleine peut dépendre :
1° D'ulcérations du nez ou de la carie de ses os, etc., d'abcès, de maladies des sinus, etc.;
2° D'affections variées du conduit aérien, de cavernes et gangrènes pulmonaires ;
3° Des enduits de la langue, de la bouche, ou enfin de la carie dentaire.
Nous n'avons ici à nous occuper que des vapeurs fétides dont la bouche est la source.
DES PETITS MOYENS
En enlevant les enduits, comme il vient d'être dit, et surtout en aurifiant et, au besoin, en faisant pratiquer l'extraction des dents cariées, on détruit complètement la cause la plus ordinaire de la fétidité de l'haleine, c'est-à-dire les états de la bouche qui y donnent lieu.
139. Inflammation des glandes salaires, par suite de la lésion des orifices de leurs conduits excréteurs.
Les dents cariées et inégales, les enduits salivaires putrides ou desséchés déposés et indurés sur les dents et sur la surface interne des joues, causent parfois des ulcérations ou des inflammations dangereuses, situées dans la bouche et au niveau des orifices des conduits salivaires excréteurs des glandes (parotides maxillaires et sublinguales). Ces inflammations se propagent vers la profondeur des canaux salivaires, jusqu'aux acini eux-mêmes; les produits phlegmasiques exhalés de ces vaisseaux bouchent ceux-ci ; la salive ne s'écoule plus en dehors, les acini se remplissent de liquide, la circulation s'y trouble, l'organe sécréteur se distend, le mal s'étend au tissu conjonctif périphérique des glandules; du pus se forme ; il sort alors en très-petite proportion par les conduits excréteurs; la glande n'est plus bientôt qu'un vaste abcès ; la pyémie par résorption se déclare, et très-souvent elle est suivie de la mort.
140. Observations remarquables à l'appui des propositions qui précédènt.
Une femme de mon service, salle Sainte-Anne (1864), était atteinte d'une parotidite considérable. Je fis remarquer aux élèves ce fait important, qu'une goutte de pus s'écoulait par l'orifice du conduit parotidien, et que des frictions pratiquées avec le doigt sur le trajet de ce canal, ainsi que des pressions exécutées sur la glande, en faisaient sortir davantage. Quelques jours après, un second cas de parotidite se présenta encore. Un élève externe du service, à la fois studieux et intelligent, M. Garbonel , se ressouvint du cas précédent et de la leçon que je venais de faire sur ce sujet ; il examina Forifice du conduit salivaire de Stenon. Cet orifice contenait du pus que je fis écouler en abondance par des pressions et des frictions ; je cherchai, comme je l'avais fait pour la première malade, à faire pénétrer un stylet mince et boutonné dans le canal salivaire ; mais je ne pus mettre le temps nécessaire pour y parvenir. Je priai MM. Proust et Carbonel de réitérer ces tentatives, et ils firent pénétrer l'instrument dans le conduit. Cette opération ne réussit pas àarrêter le mal, et très-peu de pus s'écoula. La masse entière de la parotide, bientôt détruite, ne devint qu'un abcès multiloculaire. Une pyoïte secondaire eut lieu sous le muscle sterno-mastoïdien ; la fièvre et la pyémie se manifestèrent, et malgré les plus grands soins la malade succomba. Malheureuse-
DES PETITS MOYENS
ment, comme cela était arrivé pour la première, les corps de ces deux femmes furent enlevés sans qu'une nécroscopie suffisante pût être faite.