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CHAPITRE VIII

MOYENS SIMPLES ET HYGIÉNIQUES APPLICABLES AUX MALADIES DE L'ESTOMAC ; GASTROPATHIES OU GASTRIES.

144. Généralités sur la gastrite, la gastralgie, la dyspepsie, etc.

Sous le nom de gastrite, Broussais comprenait la plupart des souffrances de Festomac, qu'il considérait aussi comme des inflammations. C'était là une grande erreur qui fit beaucoup de mal, mais qui reposait en partie sur ce fait positif, que dans un grand nombre de cas Festomac est malade, ce qui ne veut pas dire qu'il soit enflammé. La science et le temps ont fait justice des idées exagérées que Fécole du Val-de- Grâce se faisait de l'inflammation et de la gastrite : mais ils consacrèrent cette grande et utile vérité , que les symptômes collectionnés sous le nom de maladies, sont les résultats de lésions et de troubles fonctionnels des organes.

Il a fallu bien des années pour que la croyance à la gastrite fût abandonné par les médecins et par le public lui-même, qui avait largement adopté la théorie de Broussais. Actuellement encore, beaucoup

DES PETITS MOYENS

de gens dont les digestions sont laborieuses ou qui souffrent de l'estomac , admettent et affirment avec opiniâtreté qu'ils sont atteints de gastrite.

Certes, dix-neuf fois sur vingt, les douleurs dont l'estomac est le siège sont très-loin d'être des inflammations ; elles reconnaissent, en effet, des causes organiques très- variées dont chacune détermine des phénomènes divers et nécessite un traitement particulier.

Les médecins qui suivirent Broussais, tombèrent dans d'autres exagérations non moins déplorables que celles qu'ils reprochaient à ce grand homme. Oubliant que la douleur est, en effet, commune à des lésions très-diverses et qu'elle ne peut être heureusement et radicalement combattue que par des moyens dirigés contre ces mêmes lésions, ils considéraient le symptôme douleur comme une maladie à laquelle ils assignèrent une nature nerveuse. La gastralgie remplaça la gastrite, et les narcotiques, les antispasmodiques , etc. , employés dans des cas très-différents les uns des autres, ne réussirent pas mieux que ne l'avaient fait les sangsues, la diète, l'eau et les cataplasmes.

Plus récemment, voici que les souffrances de toutes sortes dont l'estomac peut être le siège, et dans lesquelles la digestion est laborieuse, ont été 'désignées « sous le nom commun de dyspepsie, terme construit d'après les principes de la nomenclature organopathologique et qui signifie difficulté de la digestion.

Or, il est une multitude d'affections dans lesquelles la digestion se fait laborieusement, lentement, avec douleur; et comme ces affections si variées réclament chacune un traitement différent, il est impossible d'assigné?* un mode de curation spécial à la dyspepsie^ ou mauvaise digestion.

Il résulte, de ce qui précède, qu'il est indispensable alors qu'il est question de prescrire ce qu'il convient de faire contre des douleurs d'estomac et des digestions difficiles dites dyspepsie, de déterminer les caractères principaux des diverses souffrances gastriques contre lesquelles tel ou tel traitement est indiqué.

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