Digestions difficiles dues à un mauvais régime
Bien des gens souffrent de l'estomac parce qu'ils prennent trop d'aliments à la fois ; et qu'ils distendent cet organe outre mesure. Dans un tel cas, le moyen principal à employer est de diminuer les proportions de nourriture prises à chaque repas.
146. Gastralgie, vomissement, suite d'une alimentation insuffisante.
Beaucoup de gens, et particulièrement les femmes, souffrent de l'estomac et ont des digestions difficiles, parce qu'ils ne prennent pas chaque jour une proportion d'aliments suffisante. Très -généralement, des médecins même instruits ne tiennent pas assez compte de ce fait. Lors donc que l'on est atteint de gastralgie,
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ou de difficulté de digestion, et que Ton a contracté l'habitude de ne faire usage que d'une nourriture insuffisante ou de mauvaise qualité, il faut essayer de changer de régime, faire usage d'aliments réparateurs en proportion convenable, et dans les cas qui viennent d'être indiqués, la guérison suit de près cette modification dans la manière de vivre. J'ai vu un très-grand nombre de faits de ce genre, et actuellement j'ai sous les yeux une dame qui vomissait tout ce qu'elle prenait et que j'ai ramenée à la santé, en la forçant en quelque sorte à manger. Remarquons à cette occasion que des vomissements surviennent parfois à la suite de Fingestion première des aliments, et que ce n'est pas toujours là une raison suffisante pour que l'on renonce à l'alimentation. Très-fréquemment il arrive, dans des circonstances semblables (et alors qu'il n'existe pas de lésions organiques), que, si Ton fait prendre des potages, des bouillons concentrés, ou même du pain immédiatement api^ès le vomissement, ces substances sont conservées et se digèrent plus ou moins bien. Ailleurs, il y a des personnes qui vomissent les aliments liquides, tandis qu'ils conservent les solides, et d'autres rejettent tels mets et digèrent facilement tels autres ; l'estomac semble quelquefois être capricieux et préférer, pendant un certain temps, la nourriture qu'il ne supportait pas les jours suivants. Ce sont là de ces choses qu'il faut savoir, dont il est très-utile de tenir compte en pratique, et qui doivent éloigner des opinions systéma-
tiques et des préceptes trop généralisés. Mais ce qu'il ne faut jamais oublier, c'est qu'en maladie comme en santé, il faut des aliments pour vivre et que l'immense faute de soumettre longtemps les malades à une abstinence absolue, est, comme je l'ai prouvé en 1827, dans mon Mémoire sur V alimentation insuffisante et sur ses dangers, une pratique déplorable qui ferait périr le malade, alors que la maladie primitive viendrait à l'épargner (i).
D'autres (et ceux-ci sont en très-grand nombre), se conformant plutôt aux usages et à leurs goûts qu'à l'hygiène et à la raison, n'attendent pas qu'une digestion soit finie avant d'en commencer une autre; le retour de l'appétit n'est pas pour eux l'indication de manger ; mais c'est l'habitude et l'heure qui les engagent à prendre de nouveau des aliments. Le remède à ceci est bien simple : c'est de ne se mettre à table qu'alors que l'on a faim.
147. Absence des dents, cause de gastropathie. Nécessité de les faire remplacer.
Il en est dont les dents détériorées ne permettent pas de triturer suffisamment les aliments dont ils font usage, et d'autres encore qui avalent sans se donner le temps de mâcher la nourriture.
On peut dire aux premiers : Faites-vous placer des dents artificielles parfaitement disposées, et telles que
(1) Procédé opératoire de la percussion médiate, Traité de médecine pratique.
M. Préterre ou tout autre dentiste très-habile les disposent, et vous pourrez triturer davantage la nourriture dont vous faites usage ; ce qui fait que la digestion, s'accomplissant mieux dans la bouche, s'effectuera complètement dans Festomac.
148» Boire peu pendant le repas favorise quelquefois la digestion.
Il résulte des faits et des remarques notés par Magendie, que l'action de l'estomac devient fort difficile, alors que pendant le repas on prend une proportion considérable de boissons aqueuses. Ce grand physiologiste, qui n'a eu que le tort de ne pas appliquer à l'hygiène et la thérapie les importantes recherches auxquelles il s'est livré, a remarqué que la plupart des animaux ne boivent jamais à l'époque où ils prennent de la nourriture. Eh bien! on voit aussi que l'homme qui prend pendant ses repas beaucoup de boissons aqueuses, perd l'appétit ; il digère fort mal ; souvent, au contraire, les aliments secs ou presque secs se chymifient parfaitement et ne sont pas vomis, tandis que des bouillons ou toute autre substance liquide ne peuvent être supportés; de là le conseil, dans certains cas de dyspepsie, de se priver de boissons, et d'obtenir ainsi les avantages que j'ai souvent tirés, dans de tels cas, d'une alimentation fournie par des substances solides ou demi-solides.
149. Vomissements provoqués par des boissons aqueuses abondantes, et par l'excitation du pharynx lors de l'extrême réplétion de l'estomac par les aliments, et lors encore de la présence dans ce viscère de substances vénéneuses.
Un homme, après avoir mangé copieusement, éprouve une gastralgie extrême : la percussion médiate et plessimétrique (1) prouve que l'estomac contient une grande quantité de matières demi-solides ou liquides. Le premier moyen à employer pour obtenir du soulagement, ou même la disparition de la douleur, est de solliciter le vomissement en introduisant un doigt ou une plume dans le pharynx, et en secondant ce moyen si simple par l'administration à haute dose d'eau tiède ou d'un thé léger.
Ce remède, qui est entre les mains de tous, est applicable aux cas dans lesquels une substance vénéneuse, telle qu'un poison métallique (arsenic, oxyde de cuivre, etc.), ou végétal (narcotiques de toutes sortes, champignon, alcool, etc.), est introduite dans l'estomac et y cause de la douleur : cest même là, il faut bien se le rappeler , la médication principale dans tout empoisonnement produit par des substances délétères ingérées dans la partie supérieure du tube digestif.
t Le lait, l'huile, pris à haute doses et de manière à faire vomir, peuvent remplacer l'eau; mais la chose principale, ici,, est de laisser le doigt ou la
(1) Traité de la percussion médiate^ 1826 et 1827^ etc.
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plume longtemps introduits dans le pharynx, même pendant que Ton vomit, pour que l'on force de cette façon Festomac à se débarrasser de toutes les matières qu'il contient, et Fon doit ainsi continuer jusqu'à ce qu'après des vomissements répétés, le piessimétrisme apprenne que Forgane dont il s'agit est vide, ou ne contient que de Fair.
Î50. Présence des gaz ou de l'air dans l'estomac, cause de gastralgie (gazo et aéro-gastralgie).
Il est une dyspepsie (ainsi que le disent tant de médecins) qui est le résultat fréquent du dégagement et de la présence habituelle de beaucoup de gaz dans Festomac. Il est souvent possible de remédier à. cet accident lié à des circonstances légères ou graves de régime ou d'organisation, en combattant celles-ci. L'accumulation de gaz dans l'estomac, facile à reconnaître par le plessimétrisme, cause la douleur par la distension qu'elle produit, par la contraction des fibres musculaires gastriques , contraction que cette accumulation provoque et qui est souvent sentie par la main portée sur l'épigastre. Les causes de cette lésion sont variées et leur connaissance conduit à employer des moyens simples et utiles pour porter remède à leur présence.
Un officier de gendarmerie de Rambouillet avait habituellement Festomac extrêmement distendu par des gaz qu'il avalait en abondance sans qu'il s'en aperçût. Il les rendait ensuite à chaque instant avec
un bruit désagréable et à lui et aux assistants. Des hommes d'une haute capacité et d'une instruction solide avaient appelé tympanite nerveuse cet état pathologique. La percussion et l'auscultation de l'œsophage en arrière me firent reconnaître la nature du mal, et il me suffit de faire comprimer le larynx au moyen d'une pression exercée sur le cou pour rendre impossible la déglutition de l'air et pour guérir.
L'accident éprouvé par M. X... est plus fréquent qu'on ne le pense, ce qui conduit à dire que, lorsqu'il s'agit de souffrances gastriques, il faut que le malade fasse attention à ne pas avaler de l'air. Mais dans des cas bien plus nombreux, alors que l'on a constaté que l'estomac contient abondamment des gaz, on peut en favoriser l'évacuation : 1° en faisant placer le patient dans une position assise, la tête étant inclinée en avant; 2° en faisant pratiquer des frictions sur le creux de l'estomac , %oit avec la main nue , soit avec des linges cbauds, etc., etc.
151. Gastralgie, dyspepsie, suite de la compression de l'estomac par les vêtements, les corsets, etc.; corset hygiénique.
Il est une sorte de gastralgie qui résulte de la compression de l'estomac par une ceinture ou par un corps quelconque. C'est particulièrement chez la femme que cet accident est fréquent ; un corset trop serré et surtout un buse qui forment, au devant du viscère rempli d'aliments ou de gaz, une plaque inextensible, gênent infiniment l'accomplissement du tra-
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vail digestif et présente d'extrêmes inconvénients. Malheureusement, les conseils du médecin, dictés par l'expérience, la raison et les faits, sont ici d'un bien faible poids, lorsqu'ils ont à combattre le caprice et la mode.
Certes, dans des cas pareils, où les organes respiratoires ne souffrent pas moins que le tube digestif, alors que le diaphragme ne peut facilement s'abaisser, la plus simple prudence exige de ne pas porter de corset, et surtout d'éviter l'usage d'un buse quel qu'il soit; mais si cette déplorable habitude ne peut pas être surmontée, si un sentiment de coquetterie mal entendue ne fait pas justice de ce vêtement dangereux, il est possible d'en atténuer les inconvénients, en faisant porter un corset spécial que j'ai proposé, et dont le buse est tellement disposé qu'il forme une large ouverture à la hauteur de Pépigastre, de telle sorte que l'estomac vient s'y loger lors de sa dilatation, et que les viscères y trouvent place, alors que le diaphragme s'abaisse. Avec ce corset, que j'appellerai hygiénique, la femme ne sera plus exposée à ces étouffements, à ces évanouissements qui surviennent fréquemment à la suite du repas ou de son séjour dans un lieu échauffé et où l'air est impur : elle ne sera plus dans la nécessité de faire desserrer les liens qui Yemmaillottent, alors que le mal est porté si loin que la syncope complète est à craindre.
152, Acides dans l'estomac (pyrosis, oxygastrie) causant la gastralgie, la dyspepsie, le ramollissement de cet organe, exaspérant le cancer gastrique, etc.
Dans un nombre très-considérable de cas, les douleurs gastriques et la dyspepsie qui s'y joint, sont dus aux acides que contient l'estomac. La vieille médecine désignait de tels états pathologiques sous les noms absurdes de fer chaud, de pyrosis, et l'on voulait exprimer par ces mots que les malades qui sont sujets à ces accidents éprouvent une sensation brûlante, soit à l'épigastre, soit au pharynx ou dans la bouche.
Il en arrive principalement ainsi alors qu'au moment de l'éructation, des liquides acides remontent de l'estomac vers l'ouverture supérieure du conduit alimentaire.
Dans l'état sain, ce même estomac contient toujours des acidités dont la sécrétion muqueuse, la salive acidifiée ou d'autres substances sécrétées sont les sources.
Chez certaines personnes, et cela très-communément, les liquides acides dont il s'agit exercent sur la membrane muqueuse et sur les aliments une influence très-fâcheuse ; tout porte même à croire que le ramollissement de ce viscère à la partie la plus basse, ramollissement que l'on voit, sur le cadavre, être séparé des portions saines par une ligne de niveau, est dû à cette même action. Une telle explication estde celles que l'on est conduit à admettre de prime
abord (1). Et je suis surpris qu'elle n'ait pas été mentionnée dans la plupart des livres classiques. Cela est d'autant plus fâcheux que le traitement simple, qui dans ces circonstances soulage ou même guérit, est la conséquence de cette manière de voir.
Il y a même tout lieu de penser que la formation abondante d'acides dans l'estomac réagit sur les aliments et fait chimiquement dégager à ceux-ci une proportion considérable de fluides élastiques dont la présence provoque les contractions des fibres musculaires gastriques et les douleurs dont il vient d'être parlé; j'ai, de plus, l'intime conviction que la présence dans l'estomac d'acidités en excès est une des circonstances principales qui augmentent la gravité des lésions propres aux cancers de cet organe. Il n'est même pas impossible que chez certains individus , d'ailleurs prédisposés, les acides gastriques n'en puissent devenir les causes déterminantes. Ce qu'il y a de certain, c'est que j'ai vu sur un assez grand nombre de personnes, et notamment chez un de nos plus spirituels critiques, se dissiper complètement et d'une manière assez prompte, les symptômes de l'ulcère stomacal et de la gastrocarcinie , alors qu'ils étaient portés à ce point qu'une émaciation extrême, que le vomissement de toutes les substances alimentaires et que des évacuations par le haut d'un sang très-noir étaient survenues ; or, je n'ai eu recours dans tous ces cas qu'à des moyens propres à
jl) Traité de médecine pratique, nos 72G5, 7654.
rendre inoffensifs les acides que l'estomac contenait en abondance.
453. Influence des acides gastriques en excès sur l'état du sang dans la goutte (oxurémie).
De fortes raisons me conduisent encore à croire que les acides gastriques plus abondants et plus actifs qu'ils ne devraient l'être, sont pour quelque chose dans le développement de l'oxurémie , c'est-à-dire de l'état du sang qui donne lieu à la goutte.
On sait en effet que Yoxygastrie (py rosis) est trèsfréquente chez les goutteux et détermine souvent les doujeurs d'estomac dont ils sont atteints.
Souvent les personnes qui souffrent de cette oxygastrie sont nées de parents goutteux, et le remède qui réussit le mieux dans les cas de pyrosis est précisément celui qui compte le plus de succès alors qu'il s'agit de combattre la goutte.
154. Utilité du bicarbonate de soude administré à hautes doses dans les cas d'accidents gastriques.
C'est dans l'emploi des alcalins, tels que le bicarbonate de soude, la magnésie, le bitartrate de potasse et de soude (Galtier-Boissière) qu'on trouve les moyens neutralisants des acides contenus dans l'estomac. On doit surtout à l'illustre Darcet la connaissance de ce fait que l'on avait d'abord entrevu , mais qui n'avait pas été suffisamment constaté. De là l'usage de l'eau et des pastilles de Vichy qui, très-utiles contre l'oxy-
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gastrie et contre la goutte, le sont bien peu dans les cas de maladies du foie, de la rate et des autres viscères ; c'est une chose étrange, en effet , que cette mode ridicule d'envoyer à Yichy tous les malades qui souffrent de l'épigastre, et cela sans que l'on ait d'abord recherché et reconnu le lésions dont ils sont atteints.
Il est pas de semaines, en été, où je ne sois consulté par des gens qui se sont trouvés fort mal des eaux de Vichy, parce que leurs maladies n'étaient pas des oxygastries, mais bien des affections de toute autre nature.
155. Signes physiques d'auscultation et de plessimétrisme propres à faire constater la présence d'acides dans l'estomac et le dégagement d'acide carbonique qui s'opère à la suite de l'ingestion du bicarbonate de soude.
Le bicarbonate de soude , dit sel de Vichy (bien qu'à peu de frais la chimie en obtienne de parfaitement analogue et en abondance), le bicarbonate de soude, dis-je, réussit d'une manière tout à fait remarquable dans les cas d'oxygastrie primitive et secondaire. Son effet est instantané. Dans les cas précédents, aussitôt qu'il est ingéré, — si l'on porte V oreille sur V estomac du malade, on entend le bruit de crépitation, résultat du dégagement de l'acide carbonique, dégagement dû à la décomposition du sel de soude, à laquelle donnent lieu les acidités gastriques. Si l'on percute alors, le plessimétrisme fait bientôt entendre un
son très-clair, et donne au doigt une sensation d'élasticité très-marquée.
Un moment après, des gaz semblables à ceux qui s'échappent du vin de Champagne sortent en abondance par l'œsophage, le pharynx et la bouche et presque subitement le malade cesse d'éprouver de la douleur au creux de l'estomac. Pour obtenir un tel résultat, il faut que la dose du bicarbonate de soude soit très-forte, et il est souvent indispensable de la porter à cinq, six, huit ou dix grammes en une seule fois.
La potion suivante est celle dont depuis dix ans je me sers pour moi-même avec un succès constant; je dois à son administration la conservation de ma santé, de mon énergie et peut-être de ma vie :
Bicarbonate de soude. 6 gram.
Eau 30
Sirop de fleurs d'oranger 30
Ajoutez une goutte d'huile essentielle d'anis.
66 gram.
Faites dissoudre lentement et triturez le sel dans le sirop et ajoutez l'eau peu à peu.
On prendra cette potion en une seule fois, et cela, dès que les douleurs produites par l'oxygastrie commenceront à se faire sentir.
Si le mal revient dans le même jour, on réitérera l'usage de cette même potion dont l'emploi n'est en
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rien dangereux, et que Ton peut continuer indéfiniment tant que les douleurs reparaissent.
Cette méthode m'appartient en très-grande partie, car l'eau de Vichy , souvent administrée, est tout à fait insuffisante, puisqu'il faut en prendre trois ou quatre verres pour obtenir les mêmes effets que ceux qui résultent de la potion précédente.
Il faudrait prendre d'un coup toute une boîte de pastilles de Vichy, si Ton voulait ingérer la dose de bicarbonate de soude indispensable pour faire disparaître les accidents.
1 56. Le bicarbonate de soucie peut être donné sans danger.
En vérité, je ne comprends pas comment beaucoup de médecins redoutent l'usage habituel du bicarbonate de soude, car jamais je ne lui ai vu produire de phénomènes fâcheux, alors même que je l'ai donné dans des proportions considérables. Cette assertion, si généralement émise : que ce sel détermine la dissolution du sang, doit être rangée au nombre des hypothèses les plus dénuées de toute espèce de fondement.
J'en ai pris pendant quinze ans plus de 10 grammes par jour, ce qui fait plus de 54 kilogrammes, et je ne crois pas avoir le sang en dissolution.
157. Prédisposition à la formation d'acides dans l'estomac ou oxygastrie. — 2 Moyens d'y remédier.
Malheureusement, le bicarbonate de soude, qui remédie instantanément à l'oxygastrie et à la gastr.al-
gie, laquelle en est la conséquence, ne guérit pas la disposition du malade à former des acides dans l'estomac, et ce n'est que par une hygiène bien entendue, par des aliments tirés du règne animal, par une grande sobriété et en évitant l'usage des farineux et quelquefois des boissons alcooliques , que Ton peut espérer de faire cesser cette prédisposition.
158. Douleurs nerveuses de l'estomac chez les femmes en général, et notamment chez les femmes enceintes.
Rien n'est plus difficile, je ne dirai pas à guérir, mais à soulager ou à faire momentanément cesser, que les douleurs d'estomac dont les femmes névropathiques sont si souvent atteintes. Contre ce genre de souffrance, auquel j'ai donné le nom de névrogastralgie, on a employé toutes sortes de moyens qui pour la plupart échouent. Ces douleurs gastriques, ces dyspepsies si rebelles, sont le plus souvent les résultats d'une irradiation nerveuse s'étendant vers l'estomac, et dont l'utérus et les ovaires sont les points de départ. A ces affections, il faut surtout rattacher les nausées, les vomissements éprouvés dans les premiers mois de la grossesse (embryutérisme). Ce n'est pas que chez les femmes en général, et chez la femme enceinte en particulier, il ne se développe pas fréquemment quelques-unes de ces gastropathies dont il vient d'être parlé, telles que des oxygastries, des dyspepsies dues à la présence de matières ou de gaz abondamment contenus dans les intestins, etc.;
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ces accidents n'exigent pas chez elles des moyens autres que ceux qui conviendraient chez tout autre individu ; mais, dans les affections dites nerveuses de Festomac qui sont propres à la femme, enceinte ou non, on est fort embarrassé pour diriger un traitement convenable. Perles d'éther, vins généreux par cuillerées, potions alcooliques légères administrées à petites doses au moment où surviennent les crampes d'estomac (crampes qui sont dues à la contraction des fibres musculaires de cet organe), vin de quinquina, amers de toute sorte, etc., etc., tout cela réussit parfois momentanément ; mais ne guérit presque jamais. Pour arriver à cette guérison, il faut chercher à remédier à Fétat de la matrice, des ovaires, etc., qui entretient le mal, ce que Fonne peut faire, soit chez la femme enceinte, soit alors que Févacuation périodique est sur le point d'avoir lieu.
Soulever Futérus abaissé, par le bandage utéro-périnéal que j'ai proposé (1), et qui a été si souvent utile à mes malades ; chercher à faire cicatriser les ulcérations du col; combattre les causes morales qui réagissent sur les organes angioviques, et avoir égard à l'ensemble de Forganisme qui influe d'une manière si puissante sur la régularité des menstrues, etc., tels sont les principaux moyens qui , dirigés vers les parties qui sont les points de départ des névrogastralgies de la femme, réussissent le mieux alors qu'il
(1) Traité de médecine pratique, n° 10042.
s'agit de porter remède à ces souffrances si fréquentes et si pénibles.
159. Moyens simples et hygiéniques applicables aux maladies des intestins.
Le plus grand nombre des douleurs passagères dont les intestins sont le siège et qui souvent sont accompagnées ou suivies de borborygmes, sont les résultats de la présence dans le tube digestif de matières ou de gaz. Ces substances, s'accumulant et séjournant dans les organes digestifs, ou y progressant avec difficulté, provoquent des contractions musculaires du conduit alimentaire accompagnées de souffrances plus ou moins vives. Il est donc utile, dans de semblables cas, d'avoir recours à de douces pressions sur les points douloureux avec la main, ou à des frictions faites avec une flanelle échauffée et imbibée d'huile d'amandes douces ou d'olives. Des cataplasmes, des bains tièdes contribuent aussi beaucoup à soulager ces souffrances momentanées; mais ce qui, dans de telles circonstances, est particulièrement indiqué, c'est d'évacuer par des purgatifs inoffensifs tels que la rhubarbe, la limonade magnésienne, etc., les matières ou les gaz contenus dans les intestins. Avant d'avoir recours à l'administration des évacuants, il est de règle pratique de s'assurer par le plessimétrisme de la présence , dans le tube digestif, des matières ou des gaz, de leurs proportions, et de déterminer au juste quelle est la partie de l'intestin où ils se sont accumulés.
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C'est au médecin habitué à se servir de la médiopercussion, de reconnaître de telles circonstances organiques, dont Fappréciation exacte est en thérapeutique d'une si grande importance.