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Curation de la diarrhée ou entérorrhée

Le principal moyen de remédier à l'entérorrhée (diarrhée), alors qu'elle n'est pas entretenue par des lésions organiques et persistantes, telles que des ulcérations intestinales, des cancers, etc., est, à coup sûr, de priver pendant vingt-quatre heures les malades de toute espèce d'âliments, et même de ne leur accorder des boissons aqueuses que dans de faibles proportions. Cependant, ces mêmes boissons aqueuses peuvent avoir quelquefois une certaine utilité. Une

(1) Voyez mon Mémoire sur l'alimentation insuffisante et sur ses dangers dans le procédé opératoire de la percussion médiate en 1827, et reproduit dans les articles iléospilosiejhypémie, etc., du Traité de médecine pratique.

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des plus convenables est la suivante : on fait bouillir pendant deux heures trente grammes de riz dans un litre d'eau, on passe le liquide à travers un linge dont le tissu est peu serré, puis on ajoute à froid le blanc de trois œufs et cent grammes de sirop de coing. Toutes les demi-heures, un quart de verre de cette préparation est avantageusement administré.

Lorsque la diarrhée a persisté pendant plusieurs jours, il faut se donner garde de continuer de soumettre le malade à l'abstinence, car c'est bien assez qu'il perde constamment des liquides par la sécrétion intestinale, sans l'affaiblir encore par le défaut d'aliments. Mais la nourriture que l'on donnera alors sera peu abondante, et surtout ingérée par petites proportions à la fois.

Les bouillons très-réduits, les jus de rôtis, les viandes peu cuites et très-tendres, le poisson, les œufs frais (s'ils se digèrent sans causer des éructations fétides ) seront, dans de tels cas, beaucoup plus convenables que les substances végétales. Ces dernières sont élaborées par les intestins, ce qui y cause une augmentation de circulation, tandis que les matières animales exigent surtout le travail de l'estomac.

Presque toujours, une entérorrhée qui persiste pendant plus de deux jours dépend de quelque circonstance matérielle qu'il importe de reconnaître et qui, en général, exige les consciencieuses investiga-

tions d'un médecin familiarisé avec l'étude et l'exercice du plessimétrisme et de la palpation. .

168. Entérorrhée suite de l'accumulation des matières dans les intestins.

Il est une entérorrhée que Sauvages désignait sous le nom de diarrhea a stercore.

La connaissance en est très-importante ; voici en quoi elle consiste : soit une personne qui éprouve depuis quelques jours de la lenteur, de la difficulté dans l'excrétion alvine, laquelle est devenue rare et insuffisante ; alors les matières (scories) séjournent dans le tube digestif ou angibrôme ; elles s'y endurcissent, deviennent des corps étrangers qui blessent la membrane interne de l'intestin avec laquelle elles sont en contact. Bientôt la souffrance de celle-ci provoque la formation de mucosités qui finissent par solliciter la contraction de l'organe. Cette contraction rejette au dehors, soit les matières accumulées et délayées, soit le liquide muqueux dont il vient d'être parlé, et ce liquide continue encore à être formé après l'excrétion des scories. En général, cette série d'accidents se dissipe spontanément. Les seuls moyens, d'ailleurs très-simples, que l'on doit y opposer, consistent dans la diminution de la nourriture, dans l'usage de boissons ou d'aliments légèrement purgatifs, tels que la purée de lentilles, la décoction de petits pruneaux , les viandes gélatineuses (par exemple, le jeune veau), ou dans l'emploi d'injections anales

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composées avec la décoction de guimauve, de graines de lin, etc.

169. Diverses espèces de constipations; ridicule de cette expression.

Le défaut d'évacuations alvines a reçu, en général, le nom de constipation. Cette expression se rapporte à des circonstances fort différentes les unes des autres, telles que :

1° L'absence de selles, due à la stase des matières ;

2° Le manque d'excrétions alvines résultant de ce que l'intestin n'en contient point, comme il arrive alors que 4es malades ne prennent pas d'aliments ;

3° La difficulté d'accomplir la défécation, comme cela a lieu consécutivement aux hémorrhoïdes ou aux écorchures à l'anus, à l'induration et à l'augmentation de volume des matières. Dans des cas semblables, les scories traversent avec peine un anus souvent sec, étroit et contracté (1).

(1) Le mot constipation est si mauvais et doit être si bien abandonné, qu'en Espagne il se rapporte au rhume des bronches et surtout du nez; tandis qu'en France, on l'applique à certaines souffrances de l'extrémité inférieure de l'intestin. De là peuvent résulter de très-ridicules méprises alors que Ton entend parler des dames espagnoles , qui disent , sans y attacher la moindre importance, qu'elles sont constipées (constipada) ; ce qui fait sourire les personnes françaises qni les écoutent.

170. Absence de selles due à l'abstinence ou à l'insuffisance de la nourriture.

Il est d'abord de toute évidence que le défaut d'excrétions alvines, dû à ce que Ton prend peu d'aliments, exige évidemment que Ton fasse usage d'une nourriture plus abondante.

171. Accumulation des matières dans l'intestin, qu'elles distendent (scorentémsie), causant de la gêne dans leur excrétion.

Si les matières ou scories s'accumulent dans l'intestin (scorentérasie), ainsi que le prouvent : soit le plessimétrisme, soit cette circonstance : que le malade, bien que continuant à s'alimenter, n'a pas d'évacuations alvines ou n'en obtient que d'insuffisantes; si le ventre grossit, devient douloureux avec ou sans formation de gaz, il devient utile de prendre un purgatif fort doux, tel que la rhubarbe en poudre, la limonade magnésienne, l'eau de Sedlitz ou de Pulna, etc.; mais, en général, on n'aura recours à ces moyens qu'après avoir bien constaté la présence, dans le tube digestif, des matières slercorales.

Les moyens qui font ici courir le moins de risques, et dont l'action est le plus souvent utile, sont : 1° le lavement onctueux suivant : huile d'amandes douces, 150 grammes; mucilage de graine de lin, 100 grammes; mélasse ou sucre brut, 50 grammes; 2° des injections dans le rectum, avec le mélange purgatif

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que voici, dont Faction est à peu près constante : follicules de séné, 15 grammes, que Ton fait infuser dans 300 grammes d'eau bouillante, en ajoutant à ce mélange 50 grammes de sirop de nerprun; 3° le plus ordinairement l'eau un peu chaude injectée dans le fondement, et que Ton y retient pendant quelques minutes, suffit pour provoquer les évacuations nécessaires.

172. Resserrement des sphincters; douleurs lors de l'excrétion des matières.

Si des matières dureset volumineuses sontlescauses du défaut d'excrétion, si la douleur qui résulte de leur passage par les sphincters fait resserrer encore ces anneaux musculaires ; si des tumeurs hémorrhoïdales, desécorchures, etc., rendent la défécation très-pénible (et il y a des gens qui souffrent horriblement par suite de ces circonstances diverses), voici ce qu'il convient de faire :

On injectera abondamment dans le fondement le liquide onctueux dont il vient d'être parlé (p. 237), et Ton introduira avec le doigt, très-profondément dans le rectum, soit avant de rendre ce liquide, soit au moment même de l'évacuation, une couche très-épaisse d'une mixture graisseuse très - consistante du même genre et semblable à celle dont il a été parlé (1) ; c'est bien au-dessus du rétrécissement que l'anus présente

(1) Graisse de -veau^ 30 grammes; beurre de cacao, 5 grammes.

naturellement et à 3 ou 4 centimètres au-dessus de son orifice extérieur que cette introduction doit être faite. Bien entendu qu'on aura le soin de tenir prêts, pour le lavage, de Feau et du savon.

La proportion du mélange graisseux introduit dans le rectum doit être considérable, et il faut, si Ton veut obtenir un bon résultat de ce moyen, que tout le pourtour de l'intestin, au-dessus du sphincter interne, en soit recouvert.

Pour pouvoir se servir du mélange graisseux dont il est ici question, il faut légèrement réchauffer à sa surface, en l'exposant à la flamme d'une bougie, ou le gratter superficiellement avec l'ongle. En été, par une température chaude, on y ajoute plus de beurre de cacao ou de la cire vierge. Si la mixture graisseuse ici recommandée n'était pas très-consistante, on n'en obtiendrait pas les résultats avantageux que l'on en attend.

Les effets de ce moyen sont : 1° de favoriser par glissement la sortie des scories ; 2° de protéger la membrane interne du rectum et de l'anus contre les inégalités que pourraient présenter les matières excrémentitiellles; 3° d'empêcher les humidités délétères contenues dans l'intestin de venir salir et infecter les gerçures, les déchirures, les surfaces excoriées de l'anus ; 4° de prévenir le contact des scories avec des parties enflammées ou tout ou moins malades.

Cette application de corps gras, chez les gens qui sont sujets aux accidents dont il vient d'êlre parlé,

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doit être réitérée le matin, le soir, avant et après les évacuations; et alors que celles-ci seront effectuées, on aura le soin de bien laver le fondement avec l'eau tiède, et de réduire, par une douce pression, l'intestin faisant saillie hors de l'anus.

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