‹ La médecine du bon sensChapitre 62 sur 117 · Inflammation de la vessie (cysturite · texte numérisé non relu

Inflammation de la vessie (cysturite

Les inflammations de la vessie sont, le plus ordinairement, causées, soit par la rétention de l'urine,

soit par la condensation des matériaux constituants de ce liquide (condensation qui le rend très-actif et très-irritant), soit parle contact d'urolithes avec la membrane interne de la cysture (vessie) ; soit par l'addition de certains agents toxiques qui , tels que la cantharidine, sont dissous dans Furine et altèrent alors les parois de la cavité dans laquelle ce liquide est contenu.

Ce n'est pas en général par des médications spéciales, par des substances à propriétés particulières, telles que les résines, les baumes, etc., que Ton remédie à la phlegmasie vésicale ; c'est bien, au contraire, par des moyens simples, rationnels et en grande partie hygiéniques, par ceux, enfin, que je vais indiquer, que Ton arrive à ce résultat.

222. L'indication principale à remplir dans la curation des inflammations de la vessie . est d'éviter les aliments excitants; et d'étendre l'urine de beaucoup d'eau.

Les indications fondamentales sont ici de faire en sorte que l'urine contienne le moins possible : d'acide urique, des autres sels qui s'y trouvent d'ordinaire en dissolution et de son principe colorant jaune, que j'ai expérimentalement démontré n'être autre que celui de la bile (1). ïl faut donc éviter les aliments dont l'usage est suivi de la formation de plusieurs de ces substances, c'est-à-dire de matières animales,

(1) Gazette des hôpitaux , 1862.

d'alcool., etc.; d'un autre côté, le liquide que renferme la vessie doit être étendu de la plus grande quantité d'eau possible, et cela dans l'intention que son contact blesse peu la membrane endocysturique. Pour cela, il faut, comme il a été dit pour la curation des inflammations des reins (page 268), porter de l'eau dans la circulation par toutes les voies où l'on ,peut en faire parvenir; c'est-à-dire par l'estomac, au moyen de boissons aqueuses; par le rectum et le vagin, en se servant d'injections; par la peau, en plongeant longtemps les malades dans des bains tièdes; enfin, par les voies de l'air, en faisant respirer des vapeurs aqueuses, etc.

En combinant ces diverses médications, on voit très-promptement l'urine devenir abondante, claire, et finir par différer fort peu par l'apparence et par le poids de l'eau elle-même. Alors, comme corps dit mitant, elle a peu d'action, mais elle pourrait encore par son abondance avoir une influence fâcheuse sous le rapport de la distension qu'elle causerait et des contractions fréquentes qu'elle provoquerait. C'est pour cela qu'il convient de ne donner des boissons, des lavements aqueux, etc. , qu'en petites proportions à la fois, mais d'en administrer d'une manière très-fréquente. On ne saurait croire combien on calme promptement les souffrances aiguës de la vessie ou cysture, en suivant les préceptes que je viens d'exposer, et combien la médication ici proposée est plus utile que les remèdes spéciaux

qui sont généralement recommandés dans de semblables cas.

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