Traitement du catarrhe de la vessie
Sous le nom de catarrhe de la vessie on a réuni des lésions variées, telles que des écoulements muqueux ou puriformes et chroniques; de véritables sécrétions purulentes dues à des ulcères eux-mêmes entretenus par la présence de graviers (urolithes)
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et des cysturrhées (écoulement par la vessie), résultant de la souffrance du réservoir urinai re par suite de la rétention fréquente de l'urine, suite elle-même du rétrécissement du col prostatique ou de l'urètre. Ici, comme ailleurs, c'est avant tout la cause organique (calcul ou urolithe, rétrécissement du col vésical, sténosie du canal d'excrétion) qu'il faut combattre. Ces médications fondamentales ne sont remplies que par des moyens physiques dits chirurgicaux ou par des médications plus ou moins compliquées, dont je n'ai pas à parler. Lorsque Ton a satisfait à ces soins si utiles, il faut évidemment remédier à l'état de la membrane vésicale qui donne lieu à Fécoulement; pour y parvenir, ce n'est guère sur les médicaments qu'il faut compter, et la térébenthine, les baumes de toutes sortes, le poivre cubèbe et le baume de copahu lui-même (que, dans des cas pareils, j'ai inutilement employés) ne réussissent pas plus que le goudron, les bourgeons de sapin, et la plupart de ces médicaments qui, donnés avec assurance, font bien prendre patience aux malheureux atteints de ce que l'on appelle catarrhe vésical, mais qui, en général, ne soulagent guère et qui ne guérissent pas beaucoup plus. Dans des cas pareils, les vésicatoires sont dangereux, et les cautères, les moxas, ne remédient pas au mal.
EN MÉBRGJJPS ET EN T H Ê R À rE Ù T 1 Q Q E . 299
225. Moyens aussi rationnels qu'utiles à employer dans les ras de catarrhe de la vessie.
Dans le catarrhe de la vessie, disons mieux, dans la cysturie chronique avec écoulement muqueux ou pu ri forme (cysturrhéc, cysturopyorrhée), qu'il y ait ou non état dit inflammatoire, les indications sont exactement les mêmes que dans la cysturite aiguë (p. 295). C'est dans l'usage de tous les moyens capables de rendre l'urine moins abondante et moins chargée d'acide urique, de sels, etc., qu*il faut établir les bases principales du traitement. On aura recours à cette médication en même temps que l'on remédiera, autant que possible, aux divers états patholo-. giques qui coexisteront, tels que le défaut de sang, les maladies des reins, les affections du tube digestif, si fréquemment observées dans les* cas de catarrhe vésical des auteurs.
226. Observations remarquables de guérison du catarrhe de la vessie.
Les deux observations suivantes, choisies entre un assez grand nombre d'autres, serviront à prouver la justesse des considérations précédentes.
M. B..., sexagénaire, était atteint, depuis deux ans, de tous les symptômes attribués au catarrhe de la vessie porté au plus haut degré. Urines infectes, troubles à leur sortie, et laissant déposer, par le refroidissement^ des mucosités puriformes, épaisses, qui
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s'élevaient à un tiers de la hauteur du liquide; douleurs habituelles et parfois excessives dans le lieu où la vessie (cysture) a son siège ; gêne dans rémission du liquide urinaire; en même temps, état fébrile continu avec paroxysmes parfois réguliers, et, de plus, émaciation considérable; teinte jaune de la peau, qui était ridée et comme tannée, etc., etc.; tels étaient les principaux symptômes qu'éprouvait ce malade, qui paraissait devoir promptement périr. Me fondant sur les considérations précédentes, je soumis M. B...: à l'usage d'abondantes boissons aqueuses, et données par petites doses; aux injections, fréquemment réitérées, d'eau pure dans le rectum; à des bains tiôdes longtemps continués ; à un régime réparateur, mais médiocrement animalisé, et je fis proportionner les quantités de liquide ingéré au degré de densité, d'épaississement de l'urine et à sa composition. En peu de jours, le sédiment devint moins abondant et peu épais, les douleurs se calmèrent, puis cessèrent; tous les symptômes s'amendèrent; Fappétit reparut; les aliments rétablirent le corps émacié, et le malade vécut quinze années dans un état de santé presque parfaite; seulement, quelques rares rechutes survinrent; mais sous Fintluence des mêmes moyens, aucunes suites fâcheuses n'eurent lieu. Tous les médicaments généralement usités dans des cas pareils avaient échoué, et les narcotiques n'avaient en rien calmé les douleurs.
M. L. S..., banquier américain et l'un de mes ex-
cellents amis, fut exactement dans le cas de M. B..., avec cette différence qu'il était atteint, en outre, d'un rétrécissement de l'urètre, et qu'il ne pouvait, en conséquence, se passer de l'usage des bougies. Inutilement avait-il eu recours à des hommes de premier ordre comme chirurgiens; et, probablement, s'ils n'avaient pas réussi à guérir cette urétro-sténosic, c'était à cause du caractère assez difficile du malade. Les symptômes du catarrhe vésical chez M. L. S... ne déféraient en rien de ceux que présentait M. B... Le même traitement fut suivi de résultats aussi heureux chez l'un que chez l'autre ; ce n'est qu'il y a peu de temps, et vingt ans après mes premiers soins, que M. L. S... succomba, mais non pas à la maladie de la vessie, qui, cependant, venait de reparaître; ce fut un érysipèle de la face, suivi d'abcès de l'orbite, et qui avait fait proéminer énormément l'œil gauche (exophthalmie), qui détermina la mort (i),
(1) Cette complication ne méritait pas plus à l'crvsipcle (dermite periasique) l'épilhète d'oplithalmique, que le goitre ne doit être ainsi désigné alors qu'il est suivi de la saillie du globe ocufaire.