CHAPITRE XII
MALADIES DES ORGANES GÉNITAUX DE l/llOMME (ANGIOSrERMIES).
Les prétendus médicaments aphrodisiaques sont inutiles et dangereux.
Un seul médicament exerce une action spécifique et incontestable sur les organes génitaux de l'homme, et cette substance est un affreux poison qui porte, sur l'appareil urinaire ou angiure, une déplorable influence; cet agent est le principe actif des cantharides ou la cantharidine, laquelle, pénétrant dans le sang par résorption cutanée, par ingestion stomacale ou rectale, détermine un état morbide des voies urinaires d'où résulte l'inflammation des reins (néphrite), de la vessie (eysturite), Talbuminurrhée, etc. C'est dire que le médecin consciencieux, l'homme honnête, ne doivent jamais avoir recours, alors qu'il s'agit des maladies de l'angiosperme (organes génitaux de l'homme), à un semblable moyen, et que les faibles avantages qui pourraient parfois résulter de son emploi ne seraient que momentanés et de trop peu d'importance pour compenser les énormes inconvé-
nients dont remploi de la cantharidine serait souvent la source.
Les prétendus médicaments que Ton dit agir en sens inverse de la cantharidine, et dont autrefois on louait si fort les vertus, tels .que le nénuphar, l'agnuscastus, sont à peu près d'une inefficacité absolue.
Tous les toniques du monde sont incapables de rendre les forces à des organes usés; et c'est ailleurs que dans la matière médicale qu'il faut chercher les moyens de remédier à l'inaction dont l'angiosperme est parfois atteint.
Les médications utiles dans les cas dont il vient d'être parlé se tirent de l'hygiène, du régime, de la manière de vivre, de la gymnastique, des mœurs et de l'influence du moral sur le physique.
228. C'est dans les ressources de l'hygiène qu'il faut rechercher les médications véritablement aphrodisiaques.
Les moyens capables de prévenir la faiblesse maladive et anticipée des organes génitaux est de ne pas abuser de ces organes et d'en user avec modération. Que la jeunesse ait ce précepte profondément gravé dans l'esprit; qu'elle se rappelle que les excès de tout genre auxquels elle se livre trop souvent, que les plaisirs solitaires ou prématurés, et surtout que la honteuse orgie et la volupté, avec absence de sentiments affectueux, détruisent l'homme au physique tout aussi bien qu'au moral. Les vieillards de vingt ans, que les plaisirs solitaires ou la débauche sans frein
DES PETITS MOYENS
et sans mesure ont condamné à une décrépitude anticipée, sont les plus malheureux de tous les vieillards !
Ce n'est pas assez que certains hommes qui se sont ainsi usés aient ainsi perdu la virilité; il en est d'autres qui , ayant excité au delà de toutes proportions le système nerveux, l'intelligence et leurs organes, deviennent nosomanes par excellence. Ils se persuadent être atteints d'affections graves alors qu'ils n'ont que des indispositions et de ces douleurs légères, de ces malaises auxquels presque tous sont sujets, et qui inquiètent fort peu un homme doué de quelque philosophie.
229. Cas d'impuissance causé par la préoccupation d'esprit , la distraction. — Guérisons remarquables,
Parmi les craintes habituelles des nosomanes dont il vient d'être parlé, il en est une qui les désespère et qui les jette dans une tristesse profonde, dans un découragement absolu : c'est celle d'avoir perdu complètement la virilité. Cette malheureuse appréhension les poursuit si bien, que leur imagination, fixée sur leur terreur perpétuelle, les détourne de toute autre pensée, et même de celle qui a rapport à l'acte qu'ils veulent exécuter. De là le défaut de toute disposition à ce même acte, et une absence complète d'aptitude à l'accomplir.
Après avoir interrogé avec soin un grand nombre de ces nosomanes qui se croyaient impuissants, j'ai constaté que, pour la plupart, au moment où ils de-
vaient accomplir la fonction qu'ils désiraient exécuter, ils en étaient détournés par cette idée fixe qu'ils ne pourraient y parvenir et qu'ils en seraient pour la honte de leur faiblesse. J'ai pensé, dès lors, que tant que leur appréhension continuerait d'avoir lieu, leur débilité persisterait. Je les engageai donc à avoir en eux toute confiance ; je leur affirmai que leur débilité n était que dans leur esprit ; f ajoutai qu'il ne fallait , en aucune façon, douter d'eux-mêmes ; que leur imagination devait être ramenée vers l'acte qu'ils voulaient accomplir, et que, sans se laisser entraîner par une crainte chimérique, il s'agissait de s'abandonner en quelque sorte, sans appréhension ridicule, aux sensations actuelles qu'ils éprouveraient. Mes conseils, l'influence d'une affirmation forte sur des esprits faibles, ma volonté franchement accentuée, domptèrent la pusillanimité de ces personnes, et j'ai été assez heureux pour ramener ainsi à la virilité bien des individus qui ne pouvaient se rendre maîtres d'une tristesse, je dirai môme d'un désespoir de tous les moments. Des consultations semblables sont des preuves de plus que le reproche fait aux organiciens, de ne pas assez tenir compte de l'influence du moral sur le physique, est aussi peu fondé que malveillant.