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Apparition première de la menstruation

Les moyens que le bon sens et l'hygiène conseillent pour provoquer chez la jeune fille impubère la première apparition de la menstruation, consistent exclusivement dans l'ensemble des circonstances propres à développer ses organes, à la bien nourrir et à lui donner les matériaux nécessaires pour former un sang riche, et dont les éléments constituants soient dans des proportions convenables. C'est donc une

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nourriture abondante, d'excellente qualité, composée en très-grande partie de substances animales de premier choix, de végétaux frais, de fécules vertes et de boissons salubres contenant peu d'alcool, qu'il faut surtout donner à cette enfant qui va bientôt devenir une femme. Seconder cette alimentation par Fexercice modéré au grand air et à la lumière, qui permette de mieux respirer et qui développe les muscles et les autres tissus; ne pas élever ces jeunes êtres dans une existence sédentaire et dans des lieux humides, froids ou encombrés ; ne pas exciter outre mesure et aux dépens de leur constitution leurs sens et leur intelligence, etc.; voilà quelles sont les véritables précautions à prendre'pour que la puberté s'établisse avec régularité et sans troubles dangereux.

Ne pensez pas que des médicaments, quels qu'ils soient, puissent en rien remplacer ce régime et ces bons soins. Sans doute le fer, sous quelque forme qu'il soit administré, peut rendre au sang des matériaux qui lui sont indispensables ; sans doute encore le phosphate de chaux, chez des sujets dont l'organisme est en retard, peut donner à ce même organisme des éléments matériels nécessaires pour le développement des os, mais ni le vin antiscorbutique, ni la rue, ni le seigle ergoté, ni toutes ces drogues dangereuses adoptées par de sots préjugés n'ont d'efficacité réelle. Les eaux minérales, les bains de mer, n'ont même ici d'autres avantages que de favoriser Faction des moyens de régime dont il vient d'être

parlé. Les bains de pieds, les demi-bains chauds, les frictions sur la région des reins et du bas-ventre, ont quelque utilité pour décider l'apparition de Févacuation périodique; mais il est plus que douteux qu'ils exercent une action assez énergique pour la provoquer, alors qu'elle ne doit pas se manifester.

237. Pâles couleurs, chloranémies (hydrémonévries des jeunes filles).

Les considérations qui précèdent sont entièrement applicables à Fensemble des symptômes que Fon a appelés pâles couleurs. Dans de tels cas, le sang est séreux, et fréquemment se prononcent des accidents névropathiques, ce qui me fait donner très-justement à cette collection phénoménale le nom d'hydrémonévrie; ici encore les médicaments échouent, et le régime réparateur précédent, aidé de Femploi du fer et peut-être des préparations d'écorce de quinquina, réussit. Mais il faut bien se rappeler qu'un très-grand nombre de jeunes filles, supposées atteintes seulement de pâles couleurs, de chlorose ou chloranémie, sont frappées d'une affection bien autrement grave, et que les médecins qui ne savent pas se servir habilement du plessimétrisme ne peuvent reconnaître : je veux parler de tubercules crus ou phymies existant au sommet des poumons. Sans doute il est utile d'étudier le cœur et les vaisseaux du cou par l'auscultation, à l'effet de savoir s'il n'y existe pas un bruit de souffle doux et plus ou moins saccadé, ce qui, pour

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la plupart des praticiens, est un signe de chloranémie ; mais il l'est encore plus de percuter plessimétriquement le sommet des poumons pour constater s'il ne s'y rencontre pas une obscurité de son et un léger défaut d'élasticité, phénomènes qui, alors qu'ils ne se dissipent pas par les respirations profondes, sont les indices trop positifs d'induration pulmonaire. Quand de tels caractères se prononcent chez une personne hydrémonévrique, on ne trouve que trop la raison de la décoloration du sang et de l'extrême faiblesse du pouls.

C'est encore au médecin habile dans l'art de constater, par le plessimétrisme et le crayon, le volume réel de la rate, qu'il appartiendra de distinguer l'une de l'autre Phydrémonévrie et la leucocythémie (dénomination due à M. Bennett, pour désigner la présence de globules blancs dans le sang). Ce dernier état pathologique est le plus souvent en rapport avec une splénopathie accompagnée d'accroissement de volume. Dans ces cas, il arrive assez fréquemment que les stades des fièvres intermittentes : frissons, chaleur, sueurs, ainsi que la céphalalgie sus-orbitaire (pentanévralgie frontale), sont mal dessinés; alors on méconnaîtrait le mal si l'on ne constatait pas l'augmentation survenue dans les dimensions de la rate. Il est ici d'une grande importance pratique de distinguer un tel cas de l'hydrémonévrie, car, dans celle-ci, le traitement par un régime réparateur est le principal moyen de curation (p. 317), tandis que, s'il s'agit

d'une splénomégalie (grosse rate) avec leucocythémie, c'est à la quinine solubilisée ou à l'extrait quinoïde qu'il convient d'avoir recours.

Des considérations du même genre, sous le rapport de la diagnose de l'état dit chlorotique, sont aussi applicables à toute autre lésion organique qui a pour conséquence l'hypémie ou l'hydrémie. Qu'il s'agisse de modifications dans la nutrition ou dans la configuration du cœur ou de ses orifices gênant la circulation, et, par suite, troublant l'hématose (hémogénisme) ; que des cancers de l'utérus ou de tout autre organe, que des fissures à Fanus ou des hémorrhoïdes fassen/ journellement perdre assez de sang pour donner lien à l'hypémie (p. 142) ; que des ulcérations de l'intestin causent une diarrhée ou entérorrhée continuelle qui entraîne une diminution dans les globules du sang ; qu'une néphropathie donne lieu à la déperdition de l'albumine ou du sucre par les voies urinaires, d'où résulte unediminution dans les principes constituants du liquide sanguin, etc., etc., il arrivera toujours que l'ensemble des caractères de l'hypémie ou de l'hydrémie se prononcera; qu'on pourra confondre de tels faits avec la chlorose des auteurs ; que la malade se trouvera fort mal d'une telle méprise, et qu'une grande habileté dans le diagnostic anatomique est le seul moyen d'éviter des erreurs déplorables.

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