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Trailement des pâles couleurs ou hydrémonévrics

Quelle que soit ma confiance dans Futilité des préparations ferrugineuses si largement annoncées à la quatrième page des journaux, il est, pour moi, bien plus positif encore qu'un régime réparateur composé de viandes d'excellente qualité, tendres, peu cuites, et de végétaux frais; que l'insolation et le séjour dans une atmosphère pure et salubre; que l'exercice, le travail corporel et modéré, et la gymnastique bien entendue; que les voyages, la distraction, l'habitation dans les montagnes et sur les bords de la mer, sont les circonstances les plus utiles pour remédier à riiydrémonévrie ou pâles couleurs. Ajoutez, si vous le voulez, à cette excellente médication hygiénique : du fer réduit, des pilules martiales ou du vin chalybé, de l'eau ferrée, des eaux de Forges, de Passy, de Chaville (1), etc., et même du vin de quinquina : rien de mieux ; mais il faut toujours se rappeler que ces médicaments, administrés seuls, ne réussiraient pas, et que les moyens hygiéniques dont je viens de tracer le tableau seront, dans presque tous les cas de chlorose simple, d'une immense utilité.

Quand l'usage de cette médication, continué pendant un temps assez long, ne produit pas les excellents effets que l'on est en droit d'en attendre, il y a

(i) 11 existe à Gbaville, près de l'étang et de la maison abandonnée du garde, une source abondante d'une eau ferrugineuse que j'ai souvent prescrite avec avantage.

tout lieu de craindre qu'il n'existe dans quelque organe, et surtout dans les poumons, des lésions organiques profondes qui entretiennent le mal. Alors, loin que la malade soit atteinte d'hydrémonévrie primitive, il s'agit presque toujours d'une altération du sang consécutive à des tubercules ou à toute autre affection profonde de l'organisme.

239. Irrégularité dans l'évacuation menstruelle. Retard dans cette évacuation.

Les principes qui viennent d'être exposés, relativement aux adolescentes et aux chlorotiques, sont, en très-grande partie, applicables à ces troubles de la menstruation qui consistent dans le retard ou dans l'insuffisance des règles. En général, on ne tient pas assez de compte, lorsqu'il s'agit de retard ou d'absence del'utérliémisme, des proportions de sang des femmes.

Avant de s'enquérir des circonstances matérielles qui font que les hémorrhagies ovarique et utérine ne se manifestent pas à l'époque ordinaire, on a recours empiriquement à tous les médicaments dits emménagogues. De toutes ces circonstances organiques, la plus fréquente est, à coup sûr, une diminution dans les proportions du sang en circulation (hypémie). C'est ce qui a lieu : à la suite de pertes abondantes ; lorsqu'une entérorrhée persistante a exténué la malade : quand elle a été astreinte pendant longtemps à une nourriture insuffisante; ou encore lorsqu'une lésion profonde a mis obstacle à l'hématogénisme

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(hématose). Tant que les proportions du sang ne seront pas assez considérables pour réparer les pertes et pour entretenir la nutrition, vous prodiguerez inutilement la rue, la sabine, l'aloès, etc. ; peut-être alors agirez-vous sur l'utérus, y déterminerez-vous des névropatin es et même un travail congestif incomplet; mais l'écoulement sanguin périodique n'aura pas lieu. ïl reparaîtra tout aussitôt qu'un certain degré de pléthore (panhypérémie) viendra à se déclarer. Il en arrivera ainsi, même lorsqu'existeront des altérations profondes dans des organes importants à la vie, et que le médecin sera parvenu, malgré la présence de ces lésions, à rendre à la circulation, par un bon régime, les liquides dont la diminution avait été la cause réelle du défaut d'évacuation menstruelle. Que de fois n'ai-je pas vu des jeunes filles atteintes de tubercules pulmonaires, et n'ayant pas eu leurs règles depuis six mois, être ramenées, par l'emploi de l'iode, de l'hyperpnéisme et d'une alimentation abondante, à un meilleur état de santé, et n'ai-je pas ainsi rétabli l'évacuation de chaque mois! Celle-ci disparaissait de nouveau tout aussitôt qu'un peu de diarrhée ou des sueurs abondantes ramenaient l'hypémie. Il résulte de ces réflexions et de ces faits que, pour un grand nombre de femmes, c'est une alimentation réparatrice et un régime semblable à celui qui a été indiqué pour le traitement de la chlorose (p. 319) qui, pour rendre aux femmes faibles et pâles l'écoulement menstruel, réussissent le mieux.

240, Avant de chercher à ramener les règles, il faut s'assurer

qu'il n'existe pas de grossesse ou de lésions organiques qui empêchent leur retour.

Pour que l'alimentation et le régime puissent réussir à ramener le flux menstruel (utérhémisme), il faut qu'il n'existe pas quelque état anatomique de l'utérus ou des ovaires qui s'oppose à sa réapparition. De ce nombre sont : le défaut de développement de ces organes et de leurs vaisseaux; la présence du produit de la conception; l'hypotrophie utérine, qui a lieu alors que la femme est parvenue à Page dit critique ; des lésions profondes du corps et du col de la matrice, telles que des corps fibreux, des carcinomes, etc. Avant de chercher à rétablir l'évacuation périodique, on doit donc constater, avec le plus grand soin, l'état des organes qui doivent en être le siège; il faut surtout, lorsqu'il s'agit d'une jeune fille chez laquelle les règles éprouvent un retard prolongé, songer à la possibilité d'une grossesse, et n'insister sur des médicaments dits emménagogues qu'après s'être bien assuré qu'il n'y a pas d'embryutérisme.

241. Mesure plessimétrique de la matrice examinée en arrière.

Tout récemment, le plessimétrisme m'a permis de constater en arrière, dans la région du sacrum, et de dessiner sur la peau qui la recouvre, le volume exact et la forme de1 la matrice (1).

(1) Cette investigation se fait avec une extrême facilité, n'exige qu'un peu d'habitude, et est en diagnostic d'une extrême importance. (Voir Gazette des Hôpitaux, année 1803.)

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Ainsi examiné et dessiné, cet organe présente, sur une femme saine, adulte, bien conformée, 4 centimètres et demi au plus dans ses deux diamètres. Dans rétat de grossesse et suivant l'époque de celle-ci, les dimensions de ces diamètres s'élèvent à 5, 6, 7, 8 centimètres et plus. On conçoit toute l'importance diagnostique de ces faits, dont l'exposition fera le sujet d'un prochain mémoire. Elle est telle que le médecin qui sait les constater, reconnaît par le plessimétrisme l'augmentation de volume de la matrice, et partant la grossesse dès les premiers temps de son existence.

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