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Moyens extérieurs de ramener les règles

Il est un certain nombre de pratiques généralement employées pour rétablir l'évacuation périodique et sur lesquelles il faut peu compter. On en peut dire ainsi des lavements et des bains de siège pris à une température élevée. Bien rarement ces moyens ont de l'utilité. Il m'a semblé, dans quelques cas, que l'emploi combiné : 1° d'une position du corps telle que le bassin soit situé plus bas que le tronc et les membres; 2° de lavements et d'injections avec l'eau chaude; 3° de frictions sur le bas-ventre et sur la partie interne des cuisses ; 4° de promenades fréquentes dans une voiture un peu rude; 5° de ventouses sèches appliquées sur la région périnéale ont eu quelque efficacité pour rétabli r Yutérhémisme .

Ces moyens peuvent surtout réussir quand on les met en pratique tous les 28 jours, c'est-à-dire aux

époques où les règles ont ordinairement lieu; mais, quoi qu'il en soit, ces médications ne doivent jamais être tentées qu'après s'être bien assuré qu'il ne s'agit pas d'un retard causé par la gestation.

243. Indispositions fréquentes des femmes avant et après l'évacuation menstruelle.

Ce serait bien mal connaître la constitution et la santé générale de la femme , en un mot être pour elle un" bien détestable médecin, que d'ignorer qu'à l'époque voisine des périodes menstruelles, et que dans les jours qui suivent immédiatement ces périodes, il se manifeste une foule d'indispositions qui sont les conséquences, soit des modifications organiques qui se produisent alors dans les ovaires et l'utérus, soit des troubles névriques qui résultent de ces modifications.

Parmi ces troubles, il faut noter : 1° les douleurs qui se manifestent vers le bas- ventre et la région du siège ou des reins, et cela, d'une façon non pas continue, mais avec une sorte d'intermittence qui rappelle les intervalles qui, lors de l'accouchement, ont lieu entre les souffrances si pénibles que la femme éprouve; 2° les gastralgies, les nausées, les vomissements, les lassitudes spontanées; 3° les inquiétudes sans cause réelle, la susceptibilité extrême, les inégalités de caractère, etc. — Or, tous ces accidents ne cèdent en rien aux médicaments dits calmants ou antispasmodiques, tout au plus Téther sous forme de pefles ou

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de gouttes administrées en potion ou sur du sucre, endort pour quelques instants les états névropathiques dont il s'agit; mais ce qui réussit le mieux, ce sont les bains, les applications émollientes, quelquefois les distractions et l'ensemble des moyens hygiéniques propres à améliorer la manière dont la menstruation s'accomplit.

244. Règles trop abondantes. — Pertes utérines (uterrhémîêsN; moyens de les modérer ou de les arrêter.

Certains médicaments , tels que le perchlorure de fer, le sang-dragon et l'alun (pilules d'Helvétius) modèrent souvent les pertes utérines. Le seigle ergoté, en faisant contracter l'utérus, les arrête parfois d'une manière très-prompte; mais ces médicaments, et particulièrement l'ergotine, ont de grands inconvénients. On ne doit y avoir recours qu'après avoir bien déterminé quelles sont les lésions qui donnent lieu à l'écoulement du sang. Là, comme ailleurs, c'est toujours la connaissance exacte de l'état anatomique, cause d'un phénomène, qui conduit à diriger le traitement exigé par celui-ci.

Une dame de cinquante-cinq ans éprouvait continuellement, depuis trois ans, une perte journalière de sang qui la rendait presque anémique. On avait essayé, à l'intérieur et à l'extérieur, d'un très-grand nombre de médicaments dits hémostatiques ; le toucher avait été pratiqué et l'on n'avait rien reconnu d'anormal. Il y a lieu de croire que l'on ne s'était pas

servi du spéculum, car tout aussitôt que je l'eus introduit, je reconnus l'existence d'un polype gros comme un pois, reposant sur un tissu très-sain. Ce polype laissait abondamment couler le liquide sanglant qui était rendu chaque jour, et il me suffît de toucher trois fois avec Fazotate d'argent cette petite production anormale pour faire cesser la perte, et pour rendre cette dame, que, plus de cinq ans après, j'ai revue bien portante, à. la plus parfaite santé.

Dans un grand nombre d'autres cas où existaient des hémorrhagies utérines et d'ancienne date, il s'agissait seulement d'ulcérations légères et granuleuses du col de Putérus. Il en suintait du sang avec abondance; l'écoulement sanguin cessait lorsque je remédiais au mal par de légères cautérisations et par l'emploi d'injections avec le sulfate de zinc étendu de 50 à 100 parties d'eau.

Ailleurs encore les causes de ces uterrhémies sont incurables et l'on ne peut que les pallier; telles sont celles qui résultent de la présence dtins la matrice de polypes, de productions cancéreuses, ou de corps fibreux développés sur la surface interne de l'organe. Or, dans ces cas, lorsque l'on ne peut utilement employer des moyens chirurgicaux, les médicaments dits hémostatiques administrés à l'intérieur arrêtent tout au plus momentanément la perte de sang et peuvent quelquefois altérer la santé des malades.

Dans ces derniers cas et dans un grand nombre d'autres, les moyens hygiéniques les plus simples

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sont en général les plus utiles. Ces moyens sont surtout les suivants : 1° le repos au lit, et dans une telle position que le bassin soit placé, au moyen de coussins, sur un plan élevé de 8 à 10 centimètres au-dessus de la hauteur du tronc et des membres; 2° des ablutions et des douches froides (quelquefois même à 0 de température) sur le bas -ventre et sur la région du coccyx; 3° des lavements avec l'eau fraîche; 4° des soins de propreté minutieux; 5° l'exposition du basventre à un courant d'air froid ; 6° des injections avec la dissolution d'un centième ou même d'un cinquantième de sulfate de zinc dans 100 parties d'eau ; 7° sur beaucoup de femmes robustes et qui ont encore beaucoup de sang en circulation, un régime sévère et au besoin l'abstinence complète; 8° quand le repos au lit et la position élevée du bassin ne calment pas l'uterrhémie, quelquefois l'exercice musculaire, alternant avec le repos, agissant probablement parce qu'il fait porter le sang vers les muscles, a arrêté des uterrhagies qui avaient résisté à beaucoup d'autres moyens.

Que si la perte de sang rendu par une femme devient inquiétante , il ne faut pas que le médecin hésite à avoir recours au tamponnement du vagin , et quel que soit le procédé employé pour l'exécuter, il suffira, s'il est assez exactement pratiqué, pour que le liquide sanguin ne s'écoule plus au dehors.

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245. Tamponnement du vagin et compression du ventre pratiqués après l'accouchement.

Ces considérations générales sont tout aussi applicables aux cas de pertes après l'accouchement que pendant la grossesse ; mais dans les premiers de ces cas, le tamponnement vaginal ne peut, dit-on, réussir parce que la matrice se dilate au-dessus du tampon par le liquide qui s'écoule sans cesse. Or, j'emploie un moyen bien simple pour éviter cette dilatation : c'est de pratiquer une compression du côté du bas-ventre à l'aide de plusieurs serviettes molles pliées en huit ou en seize et soutenues par un bandage de corps. Ce tamponnement extérieur, combiné avec celui des parties, arrête presque à coup sûr l'hémorrhagie , surtout si, en môme temps, on place des ligatures au-dessus des mollets et des coudes, à l'effet de retenir le sang dans les membres, et si, pour faire que ce sang se porte plutôt vers le cerveau que vers l'endroit où le liquide s'écoule, on tient abaissée la tète de la malade.

246. Écoulements muqueux ctpyoïdes; llueurs blanches (élytrorrhées pyoïdiques).

Les écoulements blanchâtres,, muqueux et parfois puriformes des femmes, les flueurs blanches sont, comme les pertes de sang, les résultats d'états pathologiques très-nombreux et très-variables. «Le plus grand nombre de ces écoulements sont les résultats d'excoriations du col utérin. Celles-ci, lorsqu'elles sont

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anciennes et un peu étendues, réclament la cautérisation avec l'azotate d'argent ou d'autres traitements sur lesquels il n'entre pas dans le plan de ce livre d'insister. Je veux seulement établir ici quelques vues générales sur les moyens simples qui, lors des écoulements de nature grave, n'ont point de danger, et qui, dans les cas légers, ont une très-grande utilité. Ces moyens sont les suivants :

1° Une extrême propreté et des lotions avec l'eau fraîche répétées plusieurs fois par jour;

2° Éviter toutes les circonstances propres à exciter les organes qui sont le siège du mal ;

3° Des injections abondantes avec l'eau froide; mais il faut avoir soin de les pratiquer lentement, avec douceur, car, si on les poussait avec énergie, il serait possible, comme on en a vu des exemples, qu'elles traversassent la cavité de l'utérus, les trompes, et que le liquide injecté parvînt dans la cavité du ventre et y causât une péritonite partielle.

4° Immédiatement après ce lavage de la membrane interne du vagin et du col utérin, on injectera trois ou quatre cuillerées de la dissolution d'un gramme de sulfate de zinc dans lOOgram. ou même dans 50 gram. d'eau. Pour que ce médicament agisse (et bien administré, il a une très-grande efficacité) , il faut que le liquide dont il s'agit séjourne un certain temps dans la cavité où on l'a porté et, pour que cela soit, la malade doit être placée de telle façon, qu'étant couchée, l'ouverture extérieure du vagin soit située plus haut

que les parties profondes.il suffit souvent de quelques jours pour obtenir par ce procédé la disparition, ou, au moins, la diminution considérable de ces flueurs blanches qui font le tourment des femmes et qui altèrent considérablement leur santé.

On ne saurait croire combien les précautions précédentes relatives au lavage employé préalablement à l'injection médicamenteuse et au séjour de celle-ci dans les parties sont importantes; elles le sont à tel point que , faute de les mettre en pratique , la plupart des substances les plus actives introduites dans le vagin réussissent fort mal à guérir l'écoulement.

5° Un régime réparateur, de l'exercice au grand air et à la lumière, contribuent puissamment à faire cesser les écoulements muqueux des femmes.

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