‹ La médecine du bon sensChapitre 76 sur 117 · Moyen de préservation contre la fièvre dite puerpérale · texte numérisé non relu

Moyen de préservation contre la fièvre dite puerpérale

Contre d'aussi terribles affections, une foule de médicaments et de médications variés ont été proposés, et l'expérience clinique a successivement anéanti

les espérances que leur emploi avait fait naître tout d'abord.

Tout au contraire, la pratique est venue donner sa sanction aux préceptes suivants, qui sont exclusivement fondés sur des préceptes consacrés par le bon sens et par les faits :

1° La femme, dans les heures et dans les jours qui suivent la parturition, doit être placée dans un lieu spacieux où l'air se renouvelle ; c'est une détestable chose que de l'enfermer dans une salle ou d'autres accouchées se trouvent réunies, surtout alors que Ton n'a pas le soin de renouveler fréquemment Fair de ces salles en ouvrant les croisées soit le jour, soit la nuit. Les rideaux ne doivent même pas être tenus fermés autour du lit de la jeune mère. Si la pièce où elle couche est trop petite i il est infiniment moins dangereux de laisser pénétrer Vair froid extérieur que d'exposer la femme à la respiration d'une atmosphère infectée, tout aussi bien par une seule personne habitant un cabinet étroit que par une multitude de gens habitant des dortoirs peu spacieux.

2° Dans les deux heures qui suivent l'accouchement, dès que la putréfaction du sang et des caillots contenus dans la cavité utérine est à craindre, on aura recours à une injection abondante d'eau tiède, très-doucement portée dans les organes de la femme (page 332), et on la réitérera jusqu'au moment oh toute odeur fétide et putinde ne se manifestera plus. On renouvellera cette injection et ce lavage (la nuit

DES PETITS MOYENS

comme le jour) toutes les trois heures, et toutes les fois même qu'en soulevant tles draps, des exhalaisons méphitiques se feront sentir. On continuera ainsi pendant les quatre premiers jours qui suivront l'accouchement. La fièvre de lait ne devra pas empêcher d'y avoir recours.

3° Le corps de la femme doit être tenu dans un état d'extrême propreté.

Je suis autorisé par des faits concluants à conseiller, de la manière la plus formelle, l'emploi de cette méthode que, depuis longtemps, j'ai proposée. Pendant de nombreuses années où j'ai fait, comme médecin, le service à la Pitié et à la Charité, et bien que les prescriptions précédentes n'aient été souvent qu'incomplètement exécutées, à peine ai-je perdu quelques femmes atteintes de fièvres dites puerpérales.

Il en est arrivé ainsi, alors qu'en'mème temps, la mortalité était telle à la Maternité qu'à plusieurs reprises il fallut, pour remédier au mal, fermer cet hôpital et disséminer les accouchées,

253, Causes des abcès du sein chez les nouvelles accouchées.

On pense généralement que l'action du froid sur les seins , lors de la fièvre de lait , est la cause des abcès qui, à cette époque, se déclarent dans les parties. Il est possible, en effet, que le refroidissement soit suivi de la coagulation du lait dans les conduits galactophores que renferme la glande mammaire

et le mamelon lui-même; mais ce n'est pas d'une manière directe que rabaissement de température donne lieu à la formation de ces phlegmasies pyogéniques (inflammations formant du pus). Une cause bien plus fréquente produit chez les nouvelles accouchées les abcès du sein. C'est une stase survenant dans les vaisseaux excréteurs du lait par suite d'un obstacle survenu à sa sortie; comme conséquence de cette stase, le liquide dont il s'agit s'épaissit, se coagule et détermine ainsi le mal. En effet, il se passe ici des phénomènes analogues à ceux qui ont lieu dans la parotidite (page 200), dans la didymite, etc., etc., et le caillot lacté, devenu corps étranger, enflamme le conduit excréteur, qui se distend du côté de la glande; la phelgmasie gagne le tissu conjonctif extétérieur au vaisseau , et un abcès (pyo'ïte) se forme dans la glande mammaire. C'est ainsi que, dans la phlébite, se déclarent, à la suite de la maladie de la veine, des collections purulentes dans le tissu cellulaire qui entoure le vaisseau. Les écorchures et les dermites du mamelon, les morsures qu'y fait le nourrisson, toutes les circonstances enfin qui gênent ou empêchent l'excrétion du lait, sont les causes véritables des pyoïtes mammaires. Il est même possible qu'un grand nombre d'engorgements du sein à marche lente et susceptibles de dégénérescence cancéreuse, reconnaissent une semblable origine.

DES PETITS MOYENS

Page 1