COMPARAISON AVEC LA MÉDECINE D'HIPPOCRATE. XLIX
« coucher, les mouvements des mains, l'état de « l'hypochondre, la température du corps, les dé- « pots critiques, peu lui importait de savoir préci- « sèment en quoi consistait la maladie et quel en « était le siège. » (Ibidem, p. 109.)
Ainsi l'école hippocratique ne connaissait aucune maladie (à l'exception des maladies extérieures, appelées chirurgicales, comme les fractures, les luxations, etc.). On a vu que l'école hippocratique se distinguait surtout par les notions médicales trèsimportantes concernant les soins à donner aux malades. Voici cependant ce que dit Daremberg : « Asclépiade a prétendu dans l'antiquité, et les « modernes ont répété après lui, que la médecine « d'Hippocrate était une méditation sur la mort, et « qu'il n'avait pas de thérapeutique. Cela est faux. « On trouve des traces manifestes d'une thérapeu- « tique. » (Ibidem, p. 116.) Voici ce qu'il dit pour le diagnostic : « Tout en recueillant ces précieuses « traces de diagnostic dans la collection (des œuvres « hippocratiques), il ne faut pas oublier que ce « diagnostic se rapporte surtout à des maladies ex- « térieures ou chirurgicales (y compris les maladies « des femmes), et que le diagnostic des maladies « internes reste une exception dans l'école d'Hip- « pocrate. » (Ibidem, p. 130 et p. 132.) En effet, le diagnostic est impossible, quand on ignore les maladies des organes.
Il y avait à l'époque hippocratique une école rivale, appelée école des Gnidiens. Voici ce qu'en dit Daremberg : « C'est dans les écrits des Gnidiens « qu'il faut chercher les organes et les maladies....
1 INTRODUCTION
« Ces maladies sont attribuées à des flux ordinaire- « ment do pituite, quelquefois de bile, plus rare- « ment de sang.... Les médecins de Cnide décrivent « sept maladies de la bile... trois tétanos, quatre « ictères » (Ibidem, p. 121 et 122.) « Les Cnidiens « parlent en général des maladies comme en pour- « raient parler les gens du monde; car, se bornant à « décrire minutieusement chaque symptôma, ils font « une maladie de presque chacun de ces symptômes, « tandis qu'ils ignorent ce que le médecin doit con- « naître en étudiant la maladie, » (Ibidem, p. 112.) Ainsi Hippocrate lui-même et ses disciples, ainsi que les autres médecins de son époque, ne savaient pas du tout ce que c'est qu'une maladie. Que faisaient-ils donc toute leur vie? Ils étudiaient les flux (comme les médecins de Gnide) et les autres symptômes. En effet, l'étude des symptômesest très-utile pour le /iro7iostic et pour le traitement. Qu'une toux soit due à une bronchite ou à la phthisie pulmonaire, on peut toujours la calmer par le même remède, le même moyen arrête le vomissement, n'importe de quelle maladie il est le symptôme, etc. Mais les docteurs du Thalmud, en s'occupant des animaux, ne pouvaientpas se contenter de l'étude des symptômes. Ce n'est pas une école de vétérinaires qu'ils voulaient fonder. Le traitement des animaux n'avait donc pas d'importance. Le pronostic n'avait pas d'importance non plus, car si un animal malade n'a pas de maladie organique, quoiqu'il présente des signes évidents d'une mort prochaine, ce que, le Thalmud appelle messoukheneth, il est permis de le tuer et d'en manger la viande (v. traité Holin, fol. 37,