‹ La médecine du Thalmud; ou, Tous le passages concernant la médecine extraits des 21 traités du Thalmud de BabyloneChapitre 12 sur 26 · XXXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVIII INTRODUCTION

font probablement partie de l'encéphale. Mais audessous de ces tubercules commenco la moelle épinière (v. p. 12).

La colonne vertébrale et la moelle ëpinière.

La privation d'une vertèbre est mortelle (p. 7 et 8), probablement à cause de la moelle épinière qui est lésée on qui est restée sans protection.

La solution de continuité de la moelle épinière est mortelle (p. 5) et détermine la paraplégie, la paralysie des pattes de derrière des animaux quadrupèdes (v. p. 37 et 38), ou des membres inférieurs des hommes. Cela veut dire, d'après la ghemara, qu'il y a solution de continuité déplus delà moitié de la circonférence des méninges rachidiennes, car la lésion des méninges aura des suites dangereuses pour la moelle entière, qui ne sera plus protégée (v. p. 14). Les docteurs ne sont pas d'accord entre^eux, si la solution do continuité de la moelle épinière est mortelle, quand ses méninges sont intactes (ibidem). Le ramollissement général de la moelle épinière est mortel, mais non pas le ramollissement partiel (v. p. 14 et 15).

La moelle épinière finit où elle commence à se diviser en ses branches nerveuses (v. p. 15-17).

Le cœur.

La perforation complète du cœur est mortelle et rend l'animal terephah (p. 5).

La trachée et les poumons.

La division transversale de la trachée est un cas mortel (p. 5); mais sa division longitudinale n'est

pas un cas mortel, quand même elle s'étendrait sur toute la longueur, pourvu qu'il en reste une partie intacte en haut et une partie en bas (p. 11). Les docteurs ne sont pas d'accord entre eux dans le cas où la trachée présente une perte de substance de certaines dimensions (p. 42).

La perforation ou la perte de substance du poumon (et des plèvres, v. p. 19, note et p. 25) est un cas mortel (p. 5). Si la plèvre costale est perforée tandis que la plèvre pulmonaire est intacte, l'animal n'est pas terephah. Il en est de même, si celle-ci est perforée, tandis que la plèvre costale reste intacte (p. 18 et 19, note).

Rabba pensait, que la congestion générale du poumon, manifestée par la rougeur, devrait être mortelle et rendre l'animal terephah, mais la ghemara rejette cette idée (p. 19).

Si le poumon est en partie desséché, l'animal est terephah (ibidem).

Si la plèvre présente de fausses membranes ayant l'aspect de croûtes ou de taches noires, ou d'autres colorations, l'animal n'est pas terephah (p. 20).

Certaines colorations du poumon rendent l'anima! terephah, de même que certains aspects ^p. 24).

L'abcès du poumon n'est pas nécessairement mortel et ne rend pas l'animal terephah ; mais l'obstruction d'une (grande) partie du poumon par suite d'une autre maladie rend l'animal terephah (p. 24 et 25).

Si la perforation pulmonaire se trouve bouchée

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par des adhérences qui attachent le poumon à la paroi costale, l'animal n'est pas terephah (p. 29). La sclérose du poumon est un cas mortel (p. 48).

L'œsophage et le tube digestif.

La perforation de l'œsophage est un cas mortel (p. 5), mais il faut que la membrane musculeuse et la muqueuse soientperforées toutes les deux; si l'une d'elles est perforée et que l'autre soit intacte, l'animal n'est pas terephah. Il en est de même du gésier d'un oiseau, qui est terephah, si les deux membranes (la musculeuse et la muqueuse) sont perforées ; mais il n'est pas terephah, si l'une d'elles reste intacte (p. 10).

Cependant il y a une différence entre l'œsophage et le gésier dans le cas où les 2 membranes sont perforées, mais où la perforation de la muqueuse ne correspond pas à celle de la membrane externe. Un docteur dit que, si ces lésions se présentent dans l'œsophage, le cas n'est pas mortel, car les matières alimentaires ne peuvent pas sortir de l'organe à travers les perforations qui no se correspondent pas ; il n'en est pas ainsi dans l'estomac des oiseaux, où les mouvements péristaltiques peuvent amener la perforation à se correspondre. Un autre docteur dit, au contraire, que c'est dans l'œsophage que les perforations peuvent être amenées à se correspondre par suite des mouvements de la trachée qu'elle exécute pendant les cris de l'animal, mouvements qui se communiquent à l'œsophage (p. 10 et 11).

La perforation de l'estomac ou de l'intestin est un cas mortel (p. 5 et 6). Cependant si une anse

intestinale s'ouvre dans une autre anse, l'animal n'est pas terephah (p. 31). Si la perforation d'une anse intestinale se trouve bouchée par la couche graisseuse qui la couvre, le cas n'est pas mortel, car il n'y aura pas d'épanchement (p. 32).

Si le rectum est perforé dans l'endroit où il adhère aux parties ambiantes, le cas n'est pas mortel, car, ditRaschi, les matières qui sortiraient dans cet endroit par la perforation ne pourraient pas tomber dans la cavité péritonéale (p. 33).

Si les anses intestinales sont sorties à travers une plaie du ventre, on peut les faire rentrer et faire la suture de la plaie; mais il faut faire attention à ce que les diverses anses ne changent pas de position, car ce changement est dangereux (p. 54).

Une beraïtha dit, à propos d'une plaie de l'estomac qui se couvre d'une croûte, que cette croûte ne pouvait se former que le quatrième jour après la production de la plaie (p. 5).

Les autres viscères.

L'extirpation du foie ou son atrophie est un cas mortel, à moins qu'il n'en reste une partie notable au niveau du hile et au niveau de la vésicule biliaire (p. 5 . 17 et!8).

Les hydatides du foie ne rendent pas l'animal terephah, car il peut vivre plus d'une année (p. 26).

La perforation de la vésicule biliaire est un cas mortel, car il y a épanchement; mais si cette perforation se trouve bouchée par le foie, l'animal n'est pas terephah (p. 9).

L'extirpation de la rate n'est pas mortelle (p. 43);

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cependant une perforation au niveau de l'attache de cet organe (où les vaisseaux spléniques sont lésés) est un cas mortel (p. 44).

La plaie d'un rein est un cas mortel, si elle atteint le hile (p. 44). L'abcès du rein est également un cas mortel, il en est de même d'une tuméfaction qui renferme de la sérosité trouble ou fétide; mais s'il n'y a que de la sérosité claire, le cas n'est pas mortel. Enfin l'atrophie notable du rein est aussi un cas mortel (p. 46).

La perforation de la vessie, disent les commentateurs des Thossephoth, rend l'animal terephah (p. 26).

L'amputation de la cuisse est un cas mortel (p. 61), et les docteurs considéraient la plaie du dos do la main et du pied (probablement la paume, c'est par erreur que le copiste a écrit le dos) comme pouvant entraîner la mort, si elle n'est pas soignée à temps (v. traité abodah zorah, fol. 28, recto).

Enfin on verra plus bas p. 147 - 155 (traité Iebamoth), qu'on parle de certaines maladies des parties génitales de l'homme, des polypes des fosses nasales (v. p. 161), etc.

11 me reste à parler de quelques maladies graves, dont la nature n'est pas certaine. Ce sont:

Askhavah, obstrution. maladie appelée e<sqùinancie (v, traitéThaanith, fol. 27), c'étaitune maladie de l'enfance, elle n'était pas toujours mortelle. Dans un autre endroit on dit que cette maladie commence par l'intestin (Jiene mayim) et finit par attaquer la bouche (v. traité Schabath, fol. 33, verso), ce qui semble indiquer le muguet.

Baalé rathan (écrit par les lettres rescli. aie/, thav, noim) semble indiquer l'entozoaire du corps vitré de Y œil [rathan de raah, vision); on place cependant [•entozoaire dans l'encéphale (v. traité Khethouboth, fol. 77, verso, et traité Ghitin, fol. 56 où un copiste ignorant en a fait un insecte dont il fallait soulever 4 pattes), et on parle de l'écoulement des narines , de salivation, de l'épiphora, etdes mouches qui viennent sucer ces liquides et porter la contagion de la maladie sur d'autres personnes, et on semble rapprocher la maladie de moukhê schehin (v. traité Khethouboth, fol. 77), ce qui semblerait indiquer la morve et moukhé schehin serait le farcin. On dit que le coït est nuisible à l'individu atteint de cette maladie(ibidem). Une légende sur Yiphthah, le juge, parle delà perte des phalanges, comme cela arrive chez les lépreux à une époque avancée. On le dit aussi de moukhé schehin. (Khethouboth, foh 20, verso).

Opérations chirurgicales).

Les docteurs connaissaient l'emploi d'une sonde utérine, pour reconnaître si le sang vient de l'utérus ou du vagin (v. p. 98). Ils connaissaient la méthode de raviver les bords d'une plaie ancienne, pour les faire saigner et pour obtenir ainsi leur réunion (v. p. G6).

Ils connaissaient la suture des plaies, comme celle de la plaie de l'abdomen (v. p. 54), et la saignée pour le cas de congestion (v. p. 74).

Ils connaissaient des substances anesthésiques [sama deschintlia) qu'ils employaient pour diminuer la douleur d'une opération chirurgicale ou de l'exécution capitale (v. ma Législation criminelle p. 404).

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Ils connaissaient diverses prothèses, comme la prothèse pour combler la perte de substance de la trachée (v. p. 55), la prothèse pour combler la perte de substance des os du crâne (v. p. 57). Us connaissaient les dents artificielles (v. traité Schabath fol. 64, verso) et les jambes de bois, ainsi que divers appareils pour les malheureux privés de leurs membres inférieurs (ibidem, fol. 65-67).

Ils connaissaient les cas des enfants nouveaunés qui semblent privés de l'anus naturel, et la méthode d'inciser la peau qui le couvre (v. traité Schabath fol. 134, recto et plus bas, p. 134.).

Ils savaient aussi que les parties malades exposées à l'air guérissent plus difficilement que celles qui ne le sont pas (v. p. 20).

Enfin notons encore que les docteurs du Thalmuil voulaient que la circoncision se fît par un médecin. S'il n'y a pas de médecin juif, les pieux docteurs du Thalmud voulaient que la circoncision fût faite par un médecin païen, et non pas par un juif qui n'est pas médecin (v. traité Menahoth, fol. 42).

Observations des faits rares, difformités.

On trouve dans le traité Bekhorolh un grand nombre de difformités chez les hommes et chez les animaux. Ils ont observé chez les animaux, ce qu'on observe chez les hommes, que les testicules s'arrêtent parfois dans la cavité abdominale (v. p. 74). Ils parlent en divers endroits des hermaphrodites dans l'espèce humaine et chez les animaux, dont ils connaissaient deux classes, les andragi?ios, ceux qui

présentent les signes des deux sexes à la fois, el les toumtoum, ceux qui n'en présentent aucun.

On trouve dans un endroit (traité Jebamoth, fol. 80, verso), qu'un docteur admit la possibilité du séjour d'un fœtus dans l'utérus pendant plus de neuf mois, même jusqu'à douze mois. J'en ai trouvé l'analogue dernièrement dans un journal de médecine, intitulé le Praticien, journal hebdomadaire de médecine, Paris, 43, rue du Four-Saint-Germain. Voici ce qu'on lit dans ce journal dans le numéro 10, le 10 mars 1879, p. 123 dans l'article : Grossesse pro • longée. « Il s'agit d'une dame qui accoucha le 7 dé- « ccmbre dernier, d'un enfant mâle, fort et vigou « reux, d'une taille et d'un poids beaucoup au-dessus « de la moyenne. Le travail traînant en longueur, « on appela M. Duncan, qui termina l'accouche- « ment avec le forceps. Use rappela alors qu'envi rou « quatre mois auparavant, il avait vu la malade, et « qu'à en juger par le volume de son ventre, il la « croyait alors complètement à terme. Naturelle- « ment fort étonné, il interrogea la dame, et voici « ce qu'elle lui apprit : Ses règles avaient cessé « depuis le US janvier; elle avait senti remuer l'en- « fant dès le commencement ou le milieu de mai; « elle pensait accoucher du 15 au 21 octobre. Gepen- « dant, ainsi qu'on vient de le voir, elle n'accoucha « que le 7 décembre. Son ventre avait pris des di- « mensions énormes, qui auraient pu permettre de « conclure à une grossesse multiple. Elle avait « déjà eu trois enfants : elle avait porté le premier « pendant trois cents jours, le second et le troi- « sième environ deux cent quatre-vingt-cinq jours.

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« Quant à la quatrième grossesse, elle aurait eu « une durée précise de trois cent vingt-cinq jours, en « comptant à partir de la cessation des règles. »

« Ce fait est certainement l'un des plus extrait ordinaires qui aient été publiés jusqu'à ce jour. A « l'exception de la grossesse de trois cent vingt-deux « jours mentionnée par Leishmann, il n'existe pas « encore, à notre connaissance, d'observation ana- « logue » (Med. Times et Journ. deméd. de Bordeaux). Les faits que Le Praticien cite du Med. Times et du Journ. de méd. de Bordeaux, viennent donc confirmer l'observation du Tbalmud.

Le cas cité par Vidal de Cassis dans sa pathologie chirurgicale, qu'un mâle a donné à téter à son petit, se trouve aussi dans le Thalmud (v. traité Schabbath, fol. 53, verso) (1).

Enfin nous mentionnerons que la science de la médecine était très-recherchée en Israël.

11 y avait à Jérusalem un médecin' nommé pour soigner les prêtres et le personnel du temple, et les docteurs disaient qu'il ne fallait pas demeurer dans un endroit où il n'y a pas de médecin.

(1) Une beraïtha rapporte ce fait comme un miracle, parce que la mère mourut après l'accouchement, et que le père n'avait pas de quoi payer une nourrice. Il c^t à remarquer que deux docteurs du Thalmud, Abayé et rab Joudah, l'ont de tristes réflexions sur ce prétendu miracle. Quel malheur, disent-ils, pour cet homme, pour lequel la nature a dévié de ses lois éternelles. 11 n'y a que rab Joseph qui félicite cet homme ; peut-être que ce docteur ayant été aveugle, ne voyait pas ce qu'il y ayait de choquant dans cotte anomalie.

Quand j'étais interne de médecine à l'hôpital de flicêlre, hôpital des vieillards de Paris, j'ai vu un vieillard qui avait des mamelles comme une femme ; elles étaient comme celles d'une femme très âarée.

comparaison de la pathologie du thalmud avec celle d'hippocrate.

Quand on compare deux systèmes entre eux, comme rien n'est parfait dans ce monde, on trouve nécessairement qu'aucun d'eux ne se distingue uniquement Tp&v des qualités exclusives, mais que chacun d'eux présente aussi des lacunes qu'on ne trouve pas dans l'autre. Tout le monde sait que la collection des livres hippocratiques, livres qu'Hippocrate lui-même et ses disciples ont écrit exclusivement pour la médecine, est remplie de notions médicales très-importantes qu'on ne trouve pas dans les sentences des docteurs du Thalmud, lesquels ne nous ont laissé aucun ouvrage exclusivement médical; mais on ne sait pas qu'on trouve dans le Thalmud l'ostéologie très détaillée, tout un système de pathologie, et des notions diverses dans les diverses branches de la science médicale, toutes choses qu'on ne trouve dans aucune des œuvres hippocratiques. On sait qu'on trouve dans le Thalmud parfois des sentences écrites dans un but médical, des conseils hygiéniques et des méthodes de traitement pour certaines maladies, ou plutôt pour combattre certains symptômes; mais les passages les plus nombreux et les plus importants sont ceux que le Thalmud a rédigés dans un but tout à fait extra-médical, comme ceux qui concernent les terephoth, qui ont pour but, non pas d'apprendre à guérir un homme ou un animal d'une maladie quelconque, mais d'ob-

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server la loi traditionnelle qui défend de manger la viande d'un animal atteint d'une maladie incurable et rapidement mortelle, maladie qu'on appelle terephak. On comprend qu'en générai un livre, comme la collection hippocratique, écrit dans le but d'apprendre à soigner les malades, présente des avantages qu'on ne peut pas trouver dans un ouvrage écrit dans un but extra-médical et traitant principalement des maladies des animaux, quoique cellesci ressemblent assez à celles des hommes. Il me semble cependant, quedans le sujet qui nous occupe, le but extra-médical que les docteurs ont poursuivi dans leurs études de la pathologie, a eu aussi ses grands avantages, comme on le verra tout à l'heure.

D'abord on sait que ni Hippocrate lui-même, ni l'école rivale de son époque n'ont connu les maladies mentionnées dans le Tholmud, ou plutôt ils ne connaissaient aucune maladie, ils ne connaissaient que les symptômes. Voici ce qu'a dit Daremberg dans son histoire des sciences médicales :

« La période ancienne nous donne la médecine « clinique, mais bornée à l'étude des symptômes, « Hippocrate et son école. » (Histoire des sciences médicales, par Daremberg, Paris, 1870, p. 22.) « Presque absolument privé des lumières fournies « par l'anatomie et la physiologie, Hippocrate con- « sidérait la maladie comme indépendante de l'or-

« gane qu'elle affecte Quand un élève de l'école

« d'Hippocrate avait bien étudié l'urine, les selles, « les sueurs, les crachats, la respiration, la matière « des vomissements ou des déjections alvines, le « sommeil, les traits du visage, la manière de se

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