ZAB1M
PEREK II.
Tout homme qui est zab (atteint de spermatorrhée) est impur (si l'écoulement est dû à un état morbide et non pas à une cause accidentelle, ce que le Thalmud appelle be-ones). Pour savoir si l'écoulement est dû à la maladie appelée spermatorrhée ou à une autre cause, on examine l'individu de sept manières, savoir: on s'informe de ce qu'il a mangé, de ce qu'il a bu, s'il a porté un fardeau, s'il a sauté, s'il est atteint d'une autre maladie, s'il a vu (une femme), s'il a pensé à une femme.
syncslchasi mallon » , les chairs ont plus do consistance ou sont plus l'ermcs.
Les commentaires disent que l'Ecriture parle ici de la Llennorrhagie, et ils traduisent : « si sa chair (son organe) laisse écouler le flux, ou si elle est engorgée par le flux» (Lévitique, XV, 3). Le mot hehethim est traduit dans le sens de fermer, le canal de l'urèthre est fermé par le mucus blennorrhagique. Je ne peux pas admettre cette interprétation par les motifs suivants :
■I) D'abord, il y a un motif qui pourrait me dispenser d'ajouter quelque autre preuve, c'est que cette interprétation n'a pas le sens commun. Quel est le médecin qui s'aviserait de l'aire une distinction si absurde? Que le mucus s'écoule spontanément, ou qu'on n'en observe rien à l'examen dumaladeet qu'on soitobligédelefaire sortir par une légère pression, il va sans dire que l'impureté doit être la même. Du reste, dans le dernier cas il n'y a guère qu'une goutte, et l'organe n'est pas engorgé et l'urèlhre n'est pas fermé. Si le canal de l'urèthre était fermé (rempli par le mucus blennorrhagique), alors il y aurait en même temps un écoulement spontané et abondant. D'après mon interprétation, au contraire, Moïse fait une distinction très-rationnelle qui est encore adoptée par tous les médecins modernes.
2) Si Moïse a parlé de la blennorrhagie de l'homme, pourquoi n'a-t-il pas parlé aussi de celle de la femme? On sait que la blennorrhagie de la femme (surtout de ces personnes qui en ont d'ordinaire) infecte beaucoup plus de monde que celle de l'homme.
3) La maladie que la Bible appelle ici zab, est mentionnée en di-
ZABIM 129
Si l'écoulement appelé zab ou zibàh (écoulement du sperme sans érections préalables) a été précédé du keri (écoulement précédé d'érections), l'individu n'est pas impur comme un zab, car la zibah peut bien être la conséquence du keri.
vers endroits de l'Ecriture comme une maladie très grave, comme la lèpre; or, la blennorrhagie n'a jamais été considérée comme ayant une gravité extraordinaire pour l'avenir du malade ; tandis que la spermatorrhée était encore, dans notre siècle, considérée comme pouvant déterminer les plus graves accidents. Joab fut maudit d'être, lui et ses enfants, des zab et des lépreux (II, Samuel, III 29), zab était donc une maladie très grave et considérée probablement comme héréditaire; ce qui ne peut s'appliquer qu'à la spermatorrhée et non pas à la blennorrhagie.
4) Le Thalmud a évidemment vu dans la Bible la spermatorrhée, car il fait ainsi la différence entre l'écoulement morbide du zab et la sortie normale du sperme; « l'écoulement du zab a lieu sans érection » (traité Nidah, fol, 35, verso). Si la Bible parle des pertes séminales qui ont lieu à la suite des érections, elle parle des pertes pendant le sommeil. Le Thalmud ne connaît comme zaôque la spermatorrhée sans érections. Quand il parle d'une perte séminale précédée d'érections, il l'appelle schikhbath zera, ou surtout keri.
TRAITÉ BEBAKHOTH
Fol. 61). — On lit dans une beraïtha : les reins donnent des conseils (V. Psaumes XVI, 7), le cœur comprend (V. I Rois, III, 9), la langue produit les articulations du son, la bouche les complète, l'œsophage reçoit et rejette les aliments (dans les vomissements ou on veut dire qu'il les laisse sortir pour qu'ils entrent dans l'estomac), la trachée donne la voix, les poumons absorbent tous les liquides, le foie est le siège de la colère, lu vésicule biliaire jette sur lui de la bile et le calme, la rate est le siège du rire (1), le gésier des oiseaux est destiné à moudre les aliments, le Kebah (V. plus haut p. 5) des ruminants est en repos, les narines sont éveillées. Si les organes qui doivent être en repos fonctionnent, ou si ceux qui doivent fonctionner cessent leurs fonctions, la vie s'en va (2). Une beraïtha dit que si les deux organes sont en repos, ou si ces deux organes fonctionnent, la mort arrive immédiatement.
(1) Il est à remarquer qu'en français le langage populaire met aussi le rire en rapport avec la rate, ainsi ait-on, se désopiler la rate, ce qui signifie rire beaucoup. Ea russe aussi nadsada signifie tour de reins, et smieyatsya do nadsady veut dire rire beaucoup.
(2) Je crois que la beraïtha exprime ici les idées populaires de l'époque, et non pas celle des docteurs thalmudiques, cbt les doc teurs du Thalmud savaient bien que l'intelligence est dans le cerveau et non pas dans le cœur (V. plus bas, p. 147) ; tandis que la beraïtha dit ici que c'est le cœur qui est le siège de la raison. Il doit en être de même des autres organes, auxquels la beraïtha attribue des fonctions selon les idées populaires, tandis que les docteurs du Thalmud leur attribuaient d'autres fonctions conformément à la science de leur époque.