‹ La Médecine du Thalmud, ou tous les passages concernant la médecine extraits des 21 traités du Thalmud de Babylone, par le Dr Israel-Michel RabbinowiczChapitre 10 sur 23 · COMPARAISON DE LA PATHOLOOIE DU THALMUD AVEC CELLE · texte numérisé non relu

COMPARAISON DE LA PATHOLOOIE DU THALMUD AVEC CELLE

d’hippocrate.

Quand on compare deux systèmes entre eux, comme rien n’est parfait dans ce monde, on trouve nécessairement qu’aucun d’eux ne se distingue uniquement ipâY des qualités exclusives, mais que chacun d’eux présente aussi des lacunes qu’on ne trouve pas dans l’autre. Tout le monde sait que la collection des livres hippocratiques, livres qu’Hippocrate lui-même et ses disciples ont écrit exclusivement pour la médecine, est remplie de notions médicales très-importantes qu’on ne trouve pas dans les sentences des docteurs du Thalmud, lesquels ne nous ont laissé aucun ouvrage exclusivement médical ; mais on 11 e sait pas qu’on trouve dans le Thalmud l’ostéologie très détaillée, tout un système de pathologie, et des notions diverses dans les diverses , branches de la science médicale, toutes choses qu’on ne trouve dans aucune des œuvres hippocratiques. On sait qu’on trouve dans le Thalmud parfois des sentences écrites dans un but médical, des conseils hygiéniques et des méthodes de traitement pour certaines maladies, ou plutôt pour combattre certains symptômes; mais les passages les plus nombreux et les plus importants sont ceux que le Thalmud a rédigés dans un but tout à fait extra-médical, comme ceux qui concernent les ierephoth , qui ont pour but, non pas d’apprendre à guérir un homme ou un animal d'une maladie quelconque, mais d’ob- 1

INTRODUCTION

server la loi traditionnelle qui défend de manger la viande d’un animal atteint d’une maladie incurable et rapidement mortelle, maladie qu’on appelle terephah. On comprend qu’en générai un livre, comme la collection hippocratique, écrit dans le but d’apprendre à soigner les malades, présente des avantages qu’on ne peut pas trouver dans un ouvrage écrit dans un but extra-médical et traitant principalement des maladies des animaux, quoique cellesci ressemblent assez à celles des hommes. 11 me semble cependant, quedansle sujet qui nous occupe, le but extra-médical que les docteurs ont poursuivi dans leurs études de la pathologie, a eu aussi ses grands avantages, comme on le verra tout à l’heure.

D’abord on sait que ni Hippocrate lui-même, ni l’école rivale de son époque n’ont connu les maladies mentionnées dans le Thalmud, ou plutôt ils ne connaissaient aucune maladie, ils ne connaissaient que les symptômes. Voici ce qu’a dit Daremberg dans son histoire des sciences médicales :

« La période ancienne nous donne la médecine « clinique, mais bornée à l’étude des symptômes, « Hippocrate et son école. » (Histoire des sciences médicales, par Daremberg, Paris, 1870, p. 22.) « Presque absolument privé des lumières fournies « par l’anatomie et la physiologie, Hippocrate con- « sidérait la maladie comme indépendante de l’or-

« gane qu’elle affecte. Quand un élève de l’école

« d’Hippocrate avait bien étudié l’urine, les selles, « les sueurs, les crachats, la respiration, la matière « des vomissements ou des déjections alvines, le « sommeil, les traits du visage, la manière de se

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