MISCHNA.H
Fol. 46. — Si une femme a eu deux enfants dont le premier est né non viable et le second est viable, celui-ci a dans l’héritage les droits d’un premier né (2)..
Fol. 55. — Rab Khahana dit : Le foie est une source du sang (3).
(1) Raschi l’interprète autrement, comme si chez l’homme il y avait des organes charnus sans os, et chez la femme ils renfermaient des os. Or, la femme n’a pas plus d’os que l’homme.
(2) On peut admettre qu’il s’agit ici de deux accouchements successifs. Raschi dit qu’il s’agit de jumeaux dont l’un a été conçu après l’autre. Il admet donc la superfétation. La ghemara dit plus bas (fol, 46, verso) que l’enfant non viable a sorti la plus grande moitié de son corps, et d’après Raschi il faudrait penser qu’il est rentré pour laisser naître son frère. Eshce possible ?
( 3 j Dans le foie il y a des artères et deux systèmes veineux.
NIDAH
GHEMARA.
Fol. 5. — Quand apparaissent d’ordinaire les menstrues pour la première fois ? Quand la fille arrive à la première majorité (jemé haneourim ). Raschi interprète la gfiemara dans ce sens, que les menstrues apparaissent avec l’apparition des deux poils, ou quand la fille arrive à l’âge de 12 ans accomplis quand même les poils n’auraient pas encore apparu (fol. 5, recto, Raschi, article en hoscheschin loti).
MISCHNAH.
Fol. 7. — Rabbi Eliezer dit que, si une femme enceinte ou une nourrice ou une femme âgée (la ghemara l'explique, v. fol. 9) a constaté l’apparition des menstrues, elle n’est impure ( pour les choses sacrées) qu’à partir du moment de cette constatation. Rabbi Josué n’est pas d’accord avec rabbi Eliezer. Cependant, la lialakhah est d’accord avec rabbi Eliezer. (Il faut donc adopter son opinion et non pas celle de rabbi Josué.)
GHEMARA.
Rab Joudah dit axi nom de Samuel : Il faut adopter l’opinion de rabbi Eliezer.
NID AH
Question .— Samuel n’avait pas besoin de nous l’apprendre, puisque la misclmab dit elle-même qu’il faut adopter l’opinion de rabbi Eliezer.
Réponse. — Samuel a voulu nous apprendre ein lemedin ha~ lakhah mithokh mischnah, il ne faut pas adopter les halakhoth de la mischnah (ou de la beraïtha) comme loi établie définitivement (1).
(1) Le texte dit ici mipi ghemara , mais le Rasehbam avait une variante : mithokh mischnah-(y. traité Baba bathra, fol. 130, verso, Rasehbam, article ad schejomar lo).
J’ai expliqué le motif de cette idée dans ma Législation criminelle, du Thalmud, p. 218. La variante mipi ghemara n’a pas de sens ici, puisque c’est dans la mischnah qu’on trouve halakhah Khe-rabbi Eliezer , et non pas dans la ghemara.
Raschi adopte ici la variante mipi ghemara, et il dit qu’à l’époque des thanaim on donnait le nom dè mischnah seulement aux sentences que chaque docteur a apprises de son maître, mais on appelait ghemara les arguments et les discussions qui se trouvaient ajoutés à ces sentences. Si notre mischnah, rédigée par rabbi Joudah le Nassie, ajoute aux sentences les mots « halakhah comme tel docteur », par exemple, comme rabbi Eliezer, cette halakhah était le résultat des discussions et des arguments de rabbi Eliezer ou de ceux de ses collègues, les autres thanaim ; c’était donc ce qu’on appelait à leur époque ghemara , et il ne faut pas attacher de l’importance à cette ghemara des thanaim, ni à la halakhah h laquelle cette ghemara est arrivée. Pourquoi la ghemara des thanaim a-t-elle moins d’importance que la ghemara actuelle, celle des amordim? C’est que, dit Raschi, les amoraïm ont bien approfondi (dikdekôü) les motifs des thanaim, et ils ont établi la halakhah solidement; tandis que les thanaim n’ont pas approfondi les sentences de leurs collègues , chacun enseignait la sentence qu’il avait apprise, et ils cherchaient chacun à l’appuyer par le raisonnement^. Raschi, article ha Kamaschma làn).
Il est impossible d’admettre une interprétation pareille. D’abord c’est très-peu respectueux pour les thanaim de dire, qu’ils n’ont pas approfondi les sentences de leurs collègues et que leur ghemara a moins d’importance que celle des amoraïm. Ensuite, les sentences des thanaim n’étaient pas toujours traditionnelles, il y en avait beaucoup qui étaient le résultat du raisonnement, comme d’autre part, la halakhah, mentionnée dans les mischnajoth, était bien le plus souvent traditionnelle et non pas le résultat des discussions ; comme ici, où rabbi Josué dit : « Je n’ai pas entendu la sentence (de rabbi Eliezer), mais la halakhah est d’accord avec
NIDAH.
Fol. 8. — Un lit dans une beraïtha : Rabbi Hiya dit : Comme le levain est bon pour la pâte, ainsi les menstrues sont bonnes pour la femme. Une autre beraïtha dit au nom de rabbi Meyer : La femme qui a beaucoup de menstrues a beaucoup d’enfants.
Fol. 9. — On lit dans une beraïtha : Les nourrices n’ont pas de menstrues, parce que le sang se transforme en lait ; c’est l’opinion de rabbi Meyer. Rabbi Jossé en donne un autre motif. Les organes ( ebarim) de la femme, dit-il, se disloquent (par suite de l’accouchement, dit Raschi), et le sang ne revient qu’au bout de vingt-quatre mois après l’accouchement.
MISCHNAH.
Fol. 17. — Il y a dans les régions génito-urinaires de la femme un heder , chambre interne (l’utérus et le vagin), un prozdor (1), avant-cour (la vulve) et une aliyah , étage supérieur (la vessie qui est supérieure aux organes génitaux quand la femme est couchée Sur le dos). Le sang qui vient du heder est impur (d’après la loi mosaïque) ; le sang qui vient de l ’aliyah (de la vessie) est pur. Le sang qu’on
rabbi Eüezer. » Ce n’est pas par le raisonnement que rabbi Josué est arrivé à dire que la halakhah s’accorde avec rabbi Eliezer, puisque rabbi Josué est l’adversaire de cette opinion, et que Samuel était obligé de dire, qu’il faut suivre l’opinion de rabbi Eliezer malgré l’opposition de rabbi Josué.
Le fait est qu’on n’attâchait pas grande importance au moihalahhah qui se trouye dans la mischnah, parce qu’à l’époque des thanaim ce mot ne signifiait pas : loi établie, mais opinion générale; ce n’est qu’à l’époque des derniers amoraïm que ce mot a reçu la signification, de loi établie (v. mon 4 e tome de la Législation civile, traité Babba bathra, foLISO).
(1) Les Thossephoth donnent l’étymologie de ce mot, en le considérant comme composé de pros, qui signifie en langue javan (grecque) avant, et de dor, habitation (voir Thossephoth, article prozdor),
trouve dans le prozdor (la vulve) est impur (quoiqu’il ait pu venir de la vessie), car il est presque certain (hazakah) qu’il vient du makor , la source (l’utérus).
GHEMARA.
Ramé fils de Samuel et rab Isaac fils de rab Joudah disent: Le heder (l’utérus et le vagin) est en dedans, le prosdor (la vulve) est en dehors, une aliyah, étage supérieur (la vessie avec rürèthre) est formée au-dessus (quand la femme est couchée sur le dos) de ces deux organes ; il y a un loul , tube (l’urèthre) qui vient de la vessie et qui s’ouvre dans la vulve.
Si la femme trouve le sang en dedans de l’urèthre, on doit supposer qu'il vient de Futérus ; si elle le trouve en dehors de l’urèthre, il y a doute, si le sang vient de la vessie, ou si le sang provenant de l’utérus, au lieu de s’écouler au dehors par la vulve, s’est répandu en avant par suite des mouvements de la femme.
Remarque. — La mischnah (fol. 19) parle des colorations diverses que peut prendre le sang des menstrues.
La ghemara parle des diverses colorations du sang qui font reconnaître son origine. Raschi dit que le sang d’un homme marié est plus rouge que celui d’un célibataire (fol. 20, recto, article bekilour ).
La mère du roi de Perse avait fait présenter GO espèces de sang à Rabba et celui-ci en reconnut la provenance (fol. 20).
Fol. 21. — La mischnah et la ghemara parlent des avor- .tons qui ressemblent à des animaux des différentes espèces (v. fol. 21-24). Ce sont de ces ressemblances comme les médecins les avaient imaginées plusieurs siècles après l’époque thalmudique, et que les anatomistes ont conservées encore de nos jours. Aussi trouve-t-on dans les livres de médecine, que l’homme a dans la tête un os qui ressemble à une charrue, un autre qui ressemble à un étrier, que tous les hommes, même les juifs et les musulmans, ont dans le cœur une valvule qui
NIDAH.
s’appelle mitrale, parce qu’elle ressemble à la mitre d’un évêque, etc.
D’après une beraïtlia rabbi Josué dit qu’il n’y a pas d’avortement sans écoulement du sang,, d’autres docteurs n’étaient pas aussi certains qu’il n’y ait jamais d’exception à cette règle (fol. 21) (1).
Fol. 24. — Raba dit : On sait qu’une femme peut accoucher d’un enfant viable à neuf mois ou à sept mois. La femelle du gros bétail peut accoucher à neuf mois : mais je ne sais pas si le petit est viable à sept mois.
Fol. 25. — Il y est question de l’examen d’un fœtus avorté, pour savoir si c’est un fœtus et quel est son sexe et son âge. C’était surtout Samuel qui était très-habile dans ces examens.
Fol. 26.— Rab dit : Si une femme enceinte a avorté d’abord d’un fœtus, et plus tard d’une schilja (l’arrière-faix, v. Deutéronome, XXVIII, 57), on doit supposer que la schilja appartient au fœtus qui est sorti auparavant; cependant si la schilja n’est sortie que le quatrième jour après l’avortement, on doit soupçonner l’existence des deux fœtus. Si la femme est accouchée d’un enfant viable et si la schilja est sortie plus tard, même le dixième jour, on doit admettre qu’il n’y a eu qu’un seul fœtus.
Fol. 27. — Rabbah fils de Schela raconte que rab Mathana a dit au nom de Samuel : Il s’est présenté un fait où la schilja est sortie dix jours après l’accouchement du fœtus, et on a
(1) Une beraïtha raconte qu’un fait s’est présenté où une femme a perdu des membranes rouges dont on ne connaissait pas la provenance. On est allé dans la ville de Jàbneh où on s’est adressé à rabbi Tzadok,qui l’a demandé aux docteurs, lesquels se sont adressés aux médecins . Les médecins ont dit qu’il fallait mettre ces membranes dans de l’eau; si elles s’y dissolvent, elles ne sont que du sang coagulé; sinon, elles proviennent d’une lésion viscérale. Un autre fait analogue s’est présenté où des grumeaux perdus par la femme avaient l’apparence de poils (ou de filaments), on s'est encore adressé aux médecins qui ont donné une réponse analogue. Risch Lakescb dit, que l’eau doit être tiède (v. fol. 22, verso).
NIDAH.
dit que cétte schilja appartient à ce foetus. Gela s’applique au cas où la schilja est sortie après le fœtus (car si elle est sortie avant ce fœtus, il faut supposer qu’il y en avait un autre qui est sorti avant cette schilja ).
Rabbah fils de Bar Hana dit au nom de rabbi Johanan : Il s’est présenté un cas où la ,schilja est sortie23 jours après l’accbuchement du fœtus, et on dit que cette schilja appartenait à ce fœtus ; rab Joseph dit qu’il y avait 24 jours.
Rab Aha fils de rab Avira raconte au nom de rab Isaae un fait, où une femme fut accouchée d’un deuxième enfant 33 jours après l’accouchement du premier enfant; rab Joseph dit qu’il y avait 34 jours. Rab Abin fils de rab Ada dit au nom de rab Menabem de la ville de Schearim : Une femme est accouchée d’un deuxième enfant 3 mois après l’accouchement .du premier, et ces enfants sont ici devant nous, dans le beth ha-medres, ce sont Joudah et Ezekias, les fils de rabbi Hiya. — Gomment était-ce possible? N’as-tu pas dit qu’une femme ne peut pas concevoir pendant la grossesse? — Abayé répondit qu’il n’y avait pas de superfétation, mais que le sperme s’était divisé en deux parties, dont l’une a produit l’enfant qui a fini son développement au commencement du septième mois, et dont l’autre a produit l’enfant qui n’a fini le sien qu’à la fin du neuvième mois.
MISCHNAH.
Fol. 28. — Si le fœtus est sorti mesouras, renversé (présentation despieds ou des fesses), il est considéré comme né àla sortie de la plus grande moitié. Si le fœtus est sorti comme c’est l’habitude, il est considéré comme né aussitôt que la plus grande moitié (le rob)
NIDAH.
de la tête est sortie, c’est-à-dire quand le front est sorti (1).
Fol. 30. — Avant 40 jours aucun fœtus n’est formé; au commencement du 41 e jour le fœtus, mâle ou femelle, est déjà formé; d’après rabbi Ismael un garçon est formé le 41 e jour et une fille le 81 e (il se fondait sur le passage du Lévitique, XII, 4 et 5).
GHEMARA.
On lit dans une beraïtha : Rabbi Ismael dit qu’une fille n’est formée qu’au bout de 80 jours, et il se fondait sur l’Ecriture (Lévitique, XII, 5). Mais les autres docteurs lui opposèrent un fait d’observation; car, dirent-ils, la reine Cléopâtre ayant condamné à mort et fait exécuter ses esclaves, on les adisséquées et on a trouvé des fœtus des deux sexes qui ttaient tous les deux formés au bout de 40 jours (2). Rabbi Ismael répondit que la fille a pu être conçue 40 jours avant la conception du garçon. Les autres docteurs croient qu’on a donné aux esclaves des remèdes pour les faire avorter 40 j ours avant leur exécution, de sorte que le fœtus ne peut avoir que l’âge de 40 jours. Rabbi Ismael, au contraire, pense que les remèdes n’agissent pas toujours, il y a des constitutions qui sont réfractaires à cès xemèdes abortifs.
De son côté rabbi Ismael rapporte une observation d’une reine grecque, également Cléopâtre, qui a fait mourir ses esclaves, lesquelles esclaves ont été disséquées ; dans cette observation, dit rabbi Ismael, on a trouvé lés garçons formés à 40 jours et la fille seulement au bout de 80 jours. Mais ses
(1) On parle ici de là présentation du sommet, et on savait que c’était la présentation la plus habituelle du fœtus '; tandis que la présentation des pieds ou des fesses est considérée comme une position renversée ( messouras ) non habituelle.
(2) Nous avons ici un nouveau cas où on a disséqué le corps humain d’un individu supplicié (v. un autre cas plus haut, traité Bekhoroth, p. 340).
NIDAH.
collègues répondirent que les filles ont été conçues peut-être 40 jours plus tard que les garçons. Rabbi Ismael répliqua que les esclaves étaient bien gardées, mais ses collègues disent qu’on ne peut pas avoir pleine confiance dans la moralité des gardiens.
La gbemara fait une autre objection : On a trouvé la fille formée au bout de 80 jours. N’est-il pas possible qu’on l’aurait trouvée formée 40 jours plus tôt? Abayé répondit qu’il faut admettre, que la fille n’était pas plus développée au bout de 80 jours que le garçon ne l’était au bout de 40. Si donc la fille était formée au bout de 40 jours, elle aurait été plus développée au bout de 80.
Fol. 31. — Rabbi Elazar dit : Le fœtus dans les viscères [méé) de la mère est comme une noix dans un vase d’eau ; si on la presse avec le doigt, elle enfonce pour émerger de nouveau d’un côté ou de l’autre (ainsi le fœtus se meut dans l’eau de l’amnios). On lit dans une beraïtha : Les premiers trois mois le fœtus est dans la région inférieure (dans l’excavation du bassin), les autres trois mois, il se trouve dans la région moyenne (au-dessus du bassin), dans les derniers trois mois, il est dans la région supérieure. Quand le moment de l’accouchement arrive, il se renverse (la tête en bas) pour sortir, ce qui augmente les douleurs de l'accouchement. Un anonyme ajoute : c’est pourquoi une autre beraïtha dit que l’accouchement d’une fille est plus douloureux que celui d’un garçon (car le fœtus des deux sexes ayant dans le ventre le front tourné en arrière et l’occiput regardant les parois abdominales de la mère), la fille se tourne pour naître le front en avant, correspondant à la position de la femme pendant la cohabitation, et le garçon ne se tourne pas et sort le front en arrière (l’anonyme semble avoir compris le mot mithapekh, dans le sens de se tourner le front en avant).
On lit dans une beraïtha: Les premiers trois mois de la grossesse (l’enfant se trouvant dans la région inférieure) la cohabitation est mauvaise pour la mère et pour l’enfant ; les autres trois mois, la cohabitation est mauvaise pour la mère et bonne pour l’enfant ; les derniers trois mois elle est bonne
N1DAH.
pour la mère et pour l’enfant, car elle fortifie le foetus (qui devient melouben u-mezourez).
On lit dans une autre beraïtha : Trois êtres s’associent pour faire l’homme : le Saint, béni soit-il, le père de l’enfant et sa mère. Le père donne ce qui est blanc (le sperme), d’où viennent les os, le ghidirn (tendons, nerfs, etc.), les ongles, l’encéphale (1) et le blanc des yeux. La mère donne ce qui est rouge (le sang), d’où viennent la peau, la chair, les cheveux et le noir des yeux. Le Saint, béni soit-il, donne le rouah et la ne schamah (l’âme), le klaster panim (l’expression et la forme de la figure), la vision, l’audition, la parole, la marche et les mouvements, l’intelligence et les aptitudes intellectuelles. Quand le moment de la mort arrive, le Saint, béni soit-il, prend sa part et laisse aux parents les leurs.
Rabbi Hanina, fils de Papa, dit : Le sperme émis pendant la cohabitation n’est pas tout entier usé pour la production du fœtus, lequel n’en prend que la meilleure partie.
On lit dans une beraïtha : Si la femme donne sa semence (le sang) avant l’homme, le fœtus sera un garçon ; si c’est le mari qui donne d’abord sa semence (le sperme), le fœtus sera une fille. On peut donc, si on veut, avoir des garçons, l’homme peut, pour cet effet, retarder son émission de sperme pour laisser la femme donner sa semence avant lui. Rabba dit qu’on obtient des garçons en répétant le coït ; car, dit Raschi, la femme excitée par le premier coït, émettra son sperme avant l’homme pendant le second.
Rabbi Isaac dit, au nom de rabbi Amé : la femme ne devient enceinte que par l’acte le plus rapproché de son époque menstruelle. Rabbi Johanan dit, au contraire, que c’est par l’acte le plus rapproché de sa tebilah (immersion dans l'eau, que la femme faisait sept jours après la cessation des menstrues pour qu’il lui soit permis d’habiter avec son mari, lequel était séparé d’elle depuis le commencement de l’écoulement menstruel jusqu’à la lebiloh).
(i) Les docteurs savaient que l’encéphale constitue un organe à part comme siège de l’intelligence (v. mon 1 er tome, traité Jebamoth, fol. 9).
NIDAH.
Fol. 35. —Rab Houna dit : L’écoulement du zab (dont parle l’Ecriture, Lévitique, XY, 2) ressemble à l’eau de la pâte d’orge, il vient du membre relâché, tandis que le schikhbath zera est le sperme qui vient du membre en érection ; le premier n’est pas lié, il a l’aspect du blanc d’un œuf dont aucun petit ne peut sortir (1), tandis que le dernier est lié et présente l’aspect du blanc d’un œuf dont un petit doit éclore.
On sait que l’Ecriture a établi (Lévitique, XII, 2-5), pour l’accouchée, que le sang qu’elle perd la première semaine (si elle a un garçon) ou les premiers quatorze jours (si elle a une fille) doit être impur, et que le sang qu’elle perd après cette époque est pur. Lévi en conclut qu’il y a deux sources de sang, dont une est impure et l’autre est pure ; dans les premiers sept ou quatorze jours le sang coule de la source impure, après ce temps il coule de la source pure. Mais Rab n’admet pas cette idée. Il dit qu’il n’y a qu’une source unique, que l’Ecriture déclare impure dans les premiers sept ou quatorze jours, et qu’elle considère comme pure après ce temps.
Fol. 36. — La ghemara adopte l’idée de Rab, qu’il n’y a qu’une source unique.
MISCHNAH.
(D’après la loi mosaïque concernant une zabah , Lévitique* XV, 19, une femme qui perd du sang, il y a une distinction à faire entre le cas où l'écoulement est déterminé par l'accouchement ou non.) Si une femme a des pertes accompagnées de douleurs avant raccouchement, et s’il y a rémission"de ces douleurs pendant 24 heures entières avant l’accouchement, on doit admettre que la perte ne venait
(1) Le texte dit œuf mouzereth (v. traité Betzah, fol; 7, recto).
NID AH
pas de raccouchement (et que les douleurs n’étaient pas des douleurs d’enfantement), quoique la perte n’ait pas cessé. S'il n’y avait pas de rémission de douleur pendant 24 heures, les douleurs et la perte doivent etre considérées comme déterminées par 1 accouchement, quand même elles auraient commencé 40 ou 50 jours avant l’accouchement; c’est l’opinion de rabbi Meyer. Rabbi Joudah dit qu’on ne peut attribuer à l’accouchement que les douleurs et la perte qui arrivent le neuvième mois; rabbi Jossé et rabbi Simon réduisent le terme à deux semaines.
GHÉMARA.
Fol. 38. — Samuel dit que, depuis la cohabitation jusqu’à raccouchement, il y a 271 j ours (neuf mois à trente j oürs chacun) ou 272 (si le sperme est pris par l’organe le deuxième jour), ou 273 (s’il est pris le troisième jour) . (Raschî cite un passage du traité Schabath, fol. 86, d’où il résulte que le sperme ne peut pas féconder après le troisième jour.)
Mar Zoutra dit : Il y a divergence d’opinion sur la question de savoir si lé neuvième mois de la grossesse est toujours complet ou s’il peut être incomplet ; mais tout le monde est d’accord que, si la femme accouche dans sept mois, lé septième mois peut être incomplet. ’
Fol. 44. Le fœtus meurt toujours avant sa mère (il ne peut pas vivre après la mort de sa mère).
Question. — Comment peut-on dire que le fœtus meurt toujours avant sa mère? On a observé un cas où un fœtus a fait trois fois des mouvements après la mort de sa mère.
Réponse. — Mar, fils de rab Asché, répondit : Ces mouvements ne sont pas plus signe de vie que les mouvements de la
NIDAH.
queue d’un lézard (letaah), qui s’y manifestent après qu’on l’a coupée (1).
MISCHNAH.
La cohabitation d’une fille âgée de 3 ans accomplis entraîne tous les efiets légaux qu’un acte pareil comporte (2).
GHEMARA.
Fol. 4o. — Une beraïtha dit, qu’une femme peut devenir enceinte à l’âge de 12 ans accomplis. Une autre beraïtha dit que depuis l’âge de 11 ans accomplis jusqu’à l’âge de 12 ans accomplis la femme peut devenir enceinte, mais qu’elle en meurt; elle doit donc se mettre dans le vagin un moukh (certain objet mou qui empêcherait le sperme d’arriver dans l’utérus) ; on donne le même conseil à une femme enceinte (probablement les premiers six mois, voir plus haut, p. 359) et à une nourrice.
(4) C’est une observation remarquable, que des mouvements musculaires peuvent avoir lieu après la mort de l’animal.
(2) J’avoue mon incapacité d’expliquer une idée pareille. Maimonide n’était pas plus avancé, quand il dit que c’était une tradition. Je crois que c’était une tradition venue on ne sait de quelle source, et que bien des docteurs l’ont répétée l’acceptant sur parole sans y réfléchir, et sans soumettre la question au moindre examen, attendu que cette question n’avait aucune importance pratique, et que jamais il ne s’était présenté un acte pareil qui devrait entraîner les divers effets légaux mentionnés dans la mischnah. Dans les ouvrages des plus illustres médecins ou philosophes, ou trouve des idées qui étonnent au plus haut degré; on en trouve même dans Hippocrate, Descartes et autres.
NIDAH.
MISCHNAH.
La cohabitation d un garçon âgé de 9 ans accomplis entraîne tous les effets légaux qu’un acte pareil comporte.
MISCHNAH.
Fol. 47.—La femme ressemble à un fruit qui n’est d’abord pas mûr ( pagah ), puis il arrive à un état de maturité incomplète ( bohel ), enfin, il arrive à la maturité complète (i tzamal ), Ainsi, la femme est pagah, quand elle est mineure; elle est bohel, quand elle a l’âge d’une naarah (fille de la première majorité, majorité incomplète). Dans ces deux états (pendant la minorité et pendant la première majorité) ce qu’elle trouve et ce qu’elle gagne appartient à son père, et ses vœux ne sont pas valables si son père les annule. La femme est enfin tzamal, arrivée à la deuxième majorité (majorité complète), quand elle devient bagroth (la gbemara va l’expliquer) ; alors son père n’a aucun droit sur elle.
Quels sont les signes physiques de la majorité (de la deuxième d’après Raschi, de la première d’après les Thossephoth) de la femme? Rabbi Jossé, le Galiléen dit, quand il y a un pli sous la mamelle ; rabbi Akiba dit, quand les mamelles se penchent. Le fils d’Azaï dit, quand on constate l’apparition de l’aréole noire. Rabbi Jossé dit, quand on exerce une pression sur le mamelon, avec la main il s’enfonce et tarde à revenir après que la pression a cessé.
NID AH
GHEMARA.
Samuel dit que rabbi Jossé, le Galiléen, ne veut pas dire qu’il se forme un véritable pli sous la mamelle, mais qu’on y voit l’apparence d’un pli quand la femme a les mains (les bras) derrière le dos.
Samuel l’a examiné sur son esclave, et il lui a donné 4 denars comme dédommagement pour sa honte. Samuel a agi selon son propre principe;’car il a dit ailleurs, qu’on peut faire travailler les esclaves, mais qu’on n’a pas le droit de blesser leur dignité (1).
On lit dans une beraïtha : Voici les signes de la bograth (de la deuxième majorité, majorité complète); Rabbi Eliezer, fils de Tzadok, dit : quand les mamelles peuvent faire du bruit (c’est-à-dire, d’après l’interprétation de Raschi, quand les mamelles sont très-grandes). Rabbi Johanan, fils de Rerokah, dit (d’après la correction de rab Àsehé) : quand sur le mamelon (rosch ha-hotem ),il y a un trou (un enfoncement). Rabbi Jossé dit, quand le mamelon est entouré de l’aréole. Rabbi Simon dit, quand le mont de Vénus devient mou (se remplit de graisse). Rabbi Simon dit aussi : Les docteurs ont établi trois signes en bas, auxquels correspondent trois signes en haut (dans la région des mamelles). Si, dan s la région mammaire, il n’y a^aucun signe ( pagah , non mûr) , il est certain que la fille n’a pas encore les deux poils. Si la région mammaire présente les signes de la première majorité (bohel), il est certain que la fille a déjà les deux poils. Si la région mammaire présente les signes de la deuxième majorité (tzamal), il est certain que le mont de Vénus est mou (rempli de graisse).
Remarque. — Pour comprendre la misehnah qui suit, il faut se rappeler les idées thalmudiques suivantes :
(1) C’est un excellent principe de respecter la dignité de ses propres esclaves païens.
NID AH
1) Un saris (un homme stérile) ou une ajlonith (une femme stérile) présentent divers symptômes de stérilité, dont l’un est l’absence des poils sur le corps.
2) Le commandement mosaïque d’épouser la veuve d’un frère mort sans enfants, pour que « le premier-né qu’elle enfantera succède au frète mort et perpétue son nom » (Deutéronome, XXV, 6), ou de pratiquer la cérémonie du déchaussement (L. c.), ne s’applique pas à un homme stérile ni à la veuve stérile.
MISCHNAH.
Si la veuve d’un homme mort sans enfants est âgée de 20 ans et qu’elle n’ait pas encore les deux poils, elle doit apporter des preuves qu’elle est arrivée à l’âge de 20 ans et qu’elle est une ajlonith , pour que le frère de son défunt mari ne l’épouse pas et qu’elle ne soit pas obligée de pratiquer la cérémonie du déchaussement. Si c’est le jabam (le frère de celui qui est mort sans enfants) qui est âgé de 20 ans et qui n’a pas encore les deux poils, il (1) doit apporter des preuves qu’il est âgé de 20 ans et qu’il est un saris, pour ne pas épouser la veuve ni .subir la cérémonie du déchaussement. Ce sont les opinions de l’école de Hillel. L’école de Schamaï admet le nombre de 18 ans ou lieu de 20. Rabbi Eliezer adopte les 20 ans de l’école de Hillel pour un homme, tandis que pour une femme il adopte les 18 ans de l’école de Schamaï; car, dit-il, une femme se développe plus vite que l’homme.
(1) Le texte dit jabiou, ils apporteront, au pluriel, et Raschi dit que ce sont les parents de la veuve, car les femmes ne peuvent pas savoir les signes physiques d’un homme. Je crois qu’il y a ici une faute de copiste ; il faut lire jabie, au singulier, l’homme apportera.
NIDAH.
GHEMARA.
Question. — Notre misehnah semble admettre qu’à l'âge de 20 aDs l’absence des deux poils n’est plus un indice de minorité, mais de stérilité. Elle serait alors en désaccord avec une autre miscbnah (traité Jebamoth, fol. 98), qui dit qu’à l’âge de 20 ans l’absence des deux poils est une preuve que l’homme est mineur, comme s’il avait seulement 9 ans.
Réponse. — Rab Samuel, fils de rab Isaac, répondit au nom de Rab : que notre misehnah parle d’un cas où l’individu en question présente encore d’autres symptômes de stérilité.
Question. — Si l’individu n’a pas d’autres symptômes de stérilité, jusqu’à quel âge l’absence des poils est-elle une preuve de minorité?
Réponse .— Rabbi Hiya lit, dans une beraïtha, que l’absence des poils est une preuve de minorité jusqu’à l’âge de 36 ans. j(Le texte dit : La plus grande partie de la vie d’un homme, ce qui veut dire 36 ans.)
Quand on venait devant rabbi Hiya avec un individu qui n’avait pas encore de poils à l’âge où l’on en a d’ordinaire (Raschi dit à 20 ans), il conseillait de le fortifier pour qu’il y ait plus d’embonpoint s’il était trop maigre; il conseillait de le rendre maigre (comment?) s’il était trop gras. Car les poils apparaissent parfois par suite de l’amaigrissement, parfois, au contraire, quand l’individu engraisse.
MISCHNAH.
Fol 48. — (On a vn qu’il y a chez la femme deux genres de signes de la majorité, savoir, les signes de la région mammaire et les deux poils sur un endroit quelconque du corps.) D’après rabbi Mayer le signe mammaire peut apparaître avant les deux
NID AH
poils (d’après l'interprétation de la ghemara) ; d’après les autres docteurs les deux poils apparaissent toujours avant lesigne mammaire; il en résulte que, si la femme présente le signe mammaire, elle est majeure d’après ces docteurs, quoiqu’elle ne présente pas les deux poils (car on suppose alors que ces poils sont tombés après leur apparition). Si les poils ont apparu, la fille est majeure, quoique le signe mammaire manque encore.
GHEMARA.
On lit dans une beraïtlia : Rabbi Eliezer fils de Tzadoe dit : Dans la ville de Jabneh les docteurs ont dit que, quand on constate l’apparition des deux poils, il est inutile de chercher le signe mammaire.
On lit dans une beraïtha : Raban Simon fils de Gamaliel dit : Chez les femmes des grandes villes les deux poils apparaissent avant les signes mammaires, car elles sont habituées à prendre des bains (1). Chez les femmes des villages, le signe mammaire est plus précoce, carelles s’occupent à moudre dans le moulin (les mouvements continuels des bras, dit Raschi, accélèrent le développement des mamelles). Rabbi Simon fils d’Elazar dit : Chez les femmes riches la mamelle du côté droit se développe avant celle du côté gauche, à cause du frottement d’un certain vêtement porté à droite. Chez les pauvres, c’est la mamelle gauche qui est la plus précoce, car les villageoises portent les cruches d’eau sur le bras gauche, ou elles portent leurs petits frères sur le bras gauche.
(1) Dans tous ces passages le signe mammaire est appelé le signe supérieur et les deux poils sont désignés par l’expression signe inférieur. Cependant, l’apparition des poils dans un endroit quelconque du corps, par exemple sur les doigts ou sur-le dos (v. plus bas p. 376), était suffisante. Il paraît cependant que le plus souvent les poils apparaissaient d’abord dans la région inférieure.
NIDAH.
MISCHNAH.
Fol. 51. — Tous les poissons qui ont des écailles ont des nageoires; mais il y en a qui ont des nageoires et qui n’ont pas d’écailles. Tous les animaux qui ont des cornes ont le sabot divisé (comme les animaux purs).
Fol. 52. — Une fille ou un garçon qui a les deux poils (et l’âge voulu), sont obligés d’observer tous les commandements de la thorah. Un garçon qui a les deux poils (et qui est âgé de 13 ans accomplis), : peut être condamné à mort comme fils pervers et rebelle (Deutéronome, XXI, 18-21) si son père et sa mère l’exigent; mais s’il a déjà la barbe (et s’il est âgé de 20 ans), son père ne peut plus le faire condamner (1).
GHEMARÀ.
On lit dans une beraïtha : Les deux poils sont un signe de majorité n’importe dans quelle partie du corps où ils se trouvent, par exemple, s’ils se trouvent sur le ventre, sur le dos, .sur les doigts de la main, etc. (2).
(1) Car le garçon est alors arrivé à la deuxième majorité, où le père n’a aucune influence sur lui, pas plus que sur sa fille arrivée à la deuxième majorit ë (bagroth). Cette mischnah a une grande importance sous plusieurs rapports, savoir :
à) On apprend ici qu’il y avait deux majorités pour un garçon comme pour une fille. Or, une fille arrivée à la première majorité ( naarah ) était encore sous certains rapports sous l’influence de son père, mais arrivée à la deuxième majorité {bagroth), son père n’avait plus aucune influence sur elle. On apprend dans notre mischnah, qu’il en était de même pour le garçon; à la première ma -
NIDAH.
Fol. 55. — La ghemara cite ici la mischnah qui dit : Toutes les parties d’un cadavre sont impures, excepté les dents, les ongles (1) et les cheveux.
Rab dit : Celui qui veut s’exposer à perdre l’œil, qu’il se fasse mettre un collyre ( khehol ) dans l’œil par un païen (2) ; Lévi dit que de cette manière on s’expose même à mourir empoisonné. Rabbi Hiya, fils de Gourja, dit que, d’après Rab, le collyre en question ne pourrait que rendre aveugle, et non pas faire mourir l’individu, car cet individu pourrait faire sortir le poison par la bouche.
jorité son père pouvait le faire condamner, mais à la deuxième majorité son père n’avait plus aucune influence sur lui.
b) On a donné plus haut (p. 369), les signes physiques de la deuxième majorité delà fille; ici, dans notre mischnah, on donne les signes physiques de la deuxième niajorité d’un garçon.
c) On voit ici que la mischnah est très-ancienne, et qu’elle disait seulement barbe en donnant ce nom évidemment à la touffe de poils que tout le monde appelle barbe, et que plus tard on ,a intercalé dans la mischnah l’explication, en disant qu’il ne s’agit pas de la barbe de la figure, mais dé la touffe de poils des parties sexuelles que la mischnah aurait appelé barbe par euphémisme.
Je sais bien que d’après rabbi Khrouspedaï et autres (v. traité Synhedrin, fol. 69, recto), notre mischnah parlerait d’un garçon qui est arrivé à une époque où il est apte à devenir père à son tour, que c’est pour cela que son père ne peut pas le faire condamner, et que de l’époque de la majorité (que j’appelle première majorité) à l’époque où il peut devenir père, il n’y a que trois mois. Toutes ces idées ne sont pas admissibles, comme je chercherai aie prouver dans la préface du premier tome de ma Législation.
(2) Le célèbre docteur rabbenou Tham dit, dans l’ouvrage intitulé Sepher ha-jaschar, qu’il ne faut plus chercher les deux poils, et qu’il faut considérer la femme comme majeure quand elle arrive à l’âge voulu (v. Thossephoth, toi. 52, verso, article halahhàh).
Il en résulte qu’au moins depuis l’époque des Thossephoth (lu xn e siècle) les Juifs ne s’occupaient plus des deux poils, et qu’ils admettaient que l’âge seul suffit pour devenir majeur.
(t) Les docteurs de la mischnah ont donc reconnu que les dents et les ongles ne sont pas des parties organiques, et qu’ils ne comptent pas parmi les os.
(2) Il ne s’agit pas ici de tous les païens, mais de certains d’entre eux (v. plus haut, traité Abodah zarah, p. 107).
NIDAH.
MISCHNAH.
Dans le cas de doute, si une tache vient du sang ou d’une couleur, on l’examine avec sept substances (la mischnah énumère ces substances et la ghemara les commente et discute sur chacune d’elles.
Fol. 63. — Voici les prodromes des menstrues : La femme s’étire, elle perd des vents (par en bas), elle éprouve des douleurs au niveau du nombril et de la matrice, elle perd en blanc, elle éprouve des frissons ; il y a encore d’autres prodromes.
GHEMARA.
Quels sont les autres prodromes? —• Rabbah, fils d’Oula, dit : La femme éprouve de la pesanteur de la tète et des membres, rolkethelh (elle tremble), goussah, le ventre se gonfle (météorisme), ou elle a des nausées (v. Aroukh).
MISCHNAH.
Fol. 64. — Les femmes ressemblent aux vignes par rapport aux menstrues (1). Il y a des vignes qui ont le vin rouge, d’autres ont le vin noir; il y en a qui ont beaucoup de vin, d’autres en ont peu. Rabbi Joudah dit : Toute vigne a du vin (toute femme a des menstrues) ; s’il n’y en a pas, c’est un vice congénital (dor kelouah d’après la correction faite par la beraïtha).
(i) Le texte dit bethoulim , mot qui d’ordiraire désiene .le sang provenant de la déchirure de l’hymen, mais ici il désigne les menstrues.
nidah.
GHEMARA.
Rabbi Hiya lit dans une beraïtha : Le sang (des menstrues) est bon poür la femme, comme le levain pour la pâte. Une beraïtha dit, au nom de rabbi Meyer : La femme qui a beaucoup de sang (des menstrues) a beaucoup d’enfants.
Fol. 65. — Samuel dit qu’entre la première majorité d’une fille (naarouth) et la deuxième (bagrouth)iln’y a que six mois(l).
On lit dans une beraïtha : Rabbi Meyer dit qu’il y a une
(1) Cette opinion n’est pas exacte et elle n’est pas même conforme à l’idée que les docteurs du Thalmud attachaient au mot bagrouth.
1) La première majorité (naarouth) arrive à l’âge de 12 ans; d’après gamuel, la fille serait bagroth à l’âge de 12 ans et 6 mois. Or, rabbi Josué, fils de Lévi, dit, au nom des habitants de Jérusalem : Si ta fille est devenue bagroth (marie-là coûte que coûte), affranchis ton esclave (s’il n’y a pas d’autre moyen pour la marier) et donne-le-lui pour mari (v. traité Persahim, fol. 113, recto). Peut-on raisonnablement donner un conseil pareil pour une fille de 12 ans et 6 mois?.,
2) La gbemara dit dans plusieurs endroits (par exemple traités Jemaboth, fol. 59, recto, et Khetouboth, fol. 97, verso), qu’une bagroth perd moins de sang par la première cohabitation qu’une jeune fille qui n’est pas encore bagroth ou qui n’est âgée que de 12 ans. Peut-on dire cela d’une fille de 12 ans et demi? Peut-on dire qu’en six mois le développement physique de la fille devient assez considérable pour qu’elle perde moins de sang par la déchirure de l’hvmen?
3) Le Thalmud a pour principe qu’une fille de 12 ans n’a qu’une majorité incomplète, puisque son père peut encore la marier et lui prendre ce qu’elle gagne, comme si elle était mineure. Mais devenue bagroth, le père n’a aucune influence sur elle (v. plus haut p. 89). Si donc la fille devenait bagroth à l’âge de 12 ans et demi, peut-on admettre un développement de l’intelligence si considérable dans six mois ?
Toutes ces objections disparaissent, si on admet qu’une fille ne devient Ibagroth qu’à l’âge de 20 ans.
En effet, toute majorité supposait un certain âge et un signe physique correspondant (signe physique qui pouvait souvent apparaître plus tôt ou plus tard, mais qui d’ordinaire apparaît à l’âge déterminé).
Ainsi, la première majorité d'une fille supposait l’âge de 12 ans, et
NID AH
différence entre le sang des menstrues et celui de la virginité, car le premier est plus rouge et plus mczouham (graisseux?) que le dernier. Mais les autres docteurs n’admettent pas ces différences.
Fol. 66. — Une beraïthà dit: Dans le cas de doute, si le sang qui s’écoule à la suite d’une cohabitation vient de la matrice ou (d’une partie malade) du vagin, on prend un tube, dans .lequel se trouve une longue sonde ( mikhehol ), laquelle sonde porte à son extrémité du moukh (ouate ou quelque chose analogue), on l’introduit dans le vagin assez profondément pour que la sonde arrive jusqu’à l’utérus, et puis on retire l’appareil. Si l’on trouve du sang sur le moukh, c’est un signe que l’écoulement venait de la matrice; sinon, il venait du vagin. — Ce tube ne peut-il pas blesser les parties et les faire saigner? — Samuel répondit : On prend un tube qui est fait en plomb (qui est lisse) et dont l’extrémité est courbée en dedans (de sorte que cette extrémité ne touche pas les organes).
Une femme perdait du sang toujours après les cohabitations/ Elle s’était présentée devant Rabbi qui conseilla de l’effrayer, et cette frayeur l’a guérie. A une autre occasion Samuel a employé le même moyen, mais il n’a pas réussi. Il a expliqué eet insuccès en disant que, chez cette femme, ce sont des congestions qui se vident par la cohabitation, et qu’un état pareil était incurable.
Rabba dit que les désirs vénériens peuvent déterminer l’écoulement des menstrues.
comme signe physique les deux poils et les signes mammaires (v; plus haut).
Deuxième majorité d'une fille : âge de 20 ans, et comme signes physiques les signes, mammaires (v. p. 94).
Première majorité d'un garçon : âge de 13 ans, et comme signe physique les deux poils.
Deuxième majorité d’un garçon : âge de 20 ans, et comme signe physique la barbe (v. plus haut p. 94).
NID AH
GHEMARA.
Rab dit : Si un mort doit, sous le rapport de certaines lois de l’impureté, être considéré comme un individu vivant, c’est pour éviter qu’on ne le considère pas comme un cadavre quand il n’y a qu’une mort apparente (1).
Fol. 71. — La peur arrête l’écoulement du sang; cependant une grande frayeur subite peut provoquer un écoulement en relâchant les tissus.
1) On savait que la mort peut n’être qu’apparente.
OHOLOTH
PEREK I.
Si on a coupé la tête à un animal, il est considéré comme mort, quoiqu’il se débatte; c’est comme la queue d’un lézard qui*se remue après avoir été détachée du corps (1).
L’homme a 248 ebarim, organes (2) externes (qui
(1) La mischnah a donc déjà observé, que les membres coupés peuvent présenter des mouvements pendant quelque temps.
(2) La mischnah parle ici de ces organes visibles à l’extérieur, qui représentent en petit l’animal tout entier, et auxquels par conséquent on applique les mêmes lois d’impureté qu’au cadavre entier. Les organes internes, comme les viscères (les poumons, le cœur, etc.) sont donc exclus ; les organes externes eux-mêmes ne représentent, d’après la mischnah, l’animal entier que s’il est composé d’un os ou d’un cartilage et de chair, car un os ou un cartilage sans chair ou la chair sans os et sans cartilage ne représente pas le cadayre entier (v. plus haut, traité Holin, p. 318;.
Il en résulte que d’après notre mischnah l’énumération des ebarim qui représentent en petit le cadavre entier, ne pouvait être que l’énumération de tous les os du corps humain et des cartilages externes (à l’exception des internes, comme la trachée) ; c’est ce qu’on trouve dans notre mischnah.
Il faut, du reste, admettre qu’on avait une tradition qu’il y a 248 organes dans l’homme, et que divers docteurs interprétaient différemment cette tradition. D’après } notre mischnah, il y a 248 organes qui représentent le cadavre entier au point de vue de l’impureté, par conséquent il y a 248‘ os (y compris les cartilages du nez et des oreilles). D’après rabbi Ismael, il n’y a dans tout le
OHOLOTH.
représentent en petit le cadavre entier au point de
vue de l’impureté).
Voici l’énumération de ces ebarim :
Il y a 40 os dans le pied et le tarse (I)......... 40
Il y a 2 os dans la jambe, savoir : le tibia et le
péroné... 2
Il y en a 5 dans le genou (2). ;.-. 5
la cuisse qui contient le fémur.. {
3 dans le bassin (l’iléon, l’ischion, le pubis). 3
corps de l’homme que 248 organes,- y compris ceux qui n’ont pas id’ôs, comme ' les viscères; c’est pourquoi il dit que la femme a quatre organes de plus que l’homme: (v. plus haut, traité Rekhoroth, p, -840). fl en résulte que, d'après rabbi Ismaei, il n’y a pas .248 os (ou qu’il y a de petits.os qui rie constituent pas des organes, si ce n’est peut-être sous le rapport de l’impureté). En effet, quoique l’énumération des os comme celle des autres organes, comme lés artères, lés nerfs, etc., soit un peu arbitraire, puisqu’on peut, par exemple, compter, le bassin pour un seul os ou pour trois-, il est certain que rabbi Ismaei, qui semble ne pas avoir admis le nombre ue 248 os, était beaucoup plus dans le vrai que notre mïschnah qui, comme bien dés médecins le font érieorè de nos jours; voulait faire plier l’observation' à sa théorie, et qui a dû se donner beaucoup de mal pour obtenir le nombre de 248 os, afin de conserver le nombre traditionnel q i’eîle croyait être le nombre des os. Il faut avouer cependant que la mischnah a assez bién réussi, comme
on le verra tout à l’heure dans l’énumération.
(1) Lé pied et le tarse ensemble ont 40 os, savoir :
7 os du tarse .................................... 7
5 du métatarse...... 5
14 phalanges dont chacune a 2 points d’ossificatiôri. . 28 Total; 1Ô
Il y a ici une intercalation schischah bekhol etzba , six pour chaque orteil. On a aussi mis 80 pour le pied par analogie avec la main.
(2) Les 5 os du genou sont :
la rotule...,.....• • ______ 1
l’épiphyse du fémur. l
le point d’ossification du fémur; ...... 1
les épiphyses du tiêia et du péroné. 2
Total,
OHOLOTH. -103
Il y a 11 côtes (1)...
Dans la main on trouve 30 os (2). 30
I/avant-bras a 2 os, le cubitus et le radius... 2
Il y a 2 os dans le coude (3).. ..... ,...
Le bras a 1 os, l’humérus.i
L’épaule a 4 os (4) .... ..... 4
Total..... 101
Gomme tous ces os sontpairs, il. faut compter 101 d’un côté et 101 de l’autre côté. Total...... 202
Il y a encore 18 vertèbres (5) dans la colonne
(i) La douzième côte étant très-petite et manquant des Caractères essentiels des autres côtes, n’était considérée que comme une apo¬
physe de la vertèbre correspondante.’
(■2) Le carpe a 8 os.... 8
il y à S métacarpiens.... . S
il y a 14 phalanges dont le développement est plus précoce que Celui des phalanges dès orteils ; c’est pourquoi on • ne prend pas ici en considération les deux points d’ossification.....;. -14
il y a aussi 3 os sésamoïdés:........... .............. 3
Total.....-. 30
Il y a ici également lïntercalation schischab bekhol etsba, six pour chaque doigt, ce qui n’est pas exact ; c’est donc une intercalation. (3) Les deux os sontl’olécrâne fqui se développe d’un point d’os¬
sification spécial) et la tête du radius.
(4) Ces 4 os sont : la clavicule.... 1
l’omoplate, l’acromion et l’apophyse caracoïde, dont chacun se développe par un point d’ossification spécial... 3
Total...... 4
(o) Ce sont : les 12 vertèbres dorsales.... 12
les 5 lombaires..-..... 5
et le sacrum................................. 1
Total...... 18
Quant au coccyx, on le comptera tout à l’heure parmi les os qui se trouvent dans les régions des ouvertures naturelles des hommes. La ghemâra parle du coccyx en l’appelant : la petite houlja de la colonne vertébrale (V. traité Berakhoth, fol. 28, verso).
Levysohn semblé avoir mal compris ces passages (v. Zoologie du Thalmud, par L. Levysohn, p. 18),
OHOLOTH.
vertébrale. 18
On trouve 9 os dans la tête (1), crâne et face.. 9
On compte 8 os (2) dans le cou. .. 8
Il y a 6 os dans la clef du cœur (3), le sternum . 6
Enfin f il y a 5 (os ou cartilages) autour des
ouvertures de l’homme (4). 5
Total. ~248
(4) Ces os sont : os maxillaire inférieur. 1
le frontal séparé des autres os par une fontanelle.. 1
les pariétaux. 2
l’os occipital. 1
Le reste de la tête, ne présentant pas d’articulations ni de dentelures, a été considéré comme un seul os, dont on a pu cependant en séparer 4. 4
Total. ‘9
(2) Ce sont les T vertèbres cervicales et l’os hyoïde.
(3) Le sternum s’appelle clef du cœur, car c’est à son niveau qu’on sent les battements du cœur et le choc de sa pointe. Maimonide et rab Obadjah Bartenorah expliquent mal cette expression clef du cœur. Le sternum se compose de 3 pièces, dont 2 se développent chacune d’un seul point d’ossification, et dont la troisième pièce se développe de 4 points d’ossification. Total: 6.
(4) Ce sont: les 2 cartilages des narines. 2
les 2 cartilages des oreilles.. 2
le coccyx. 1
Total. 5
Maimonide et rabbi Obadjah Bartenorah disent que l’expression de la mischnah, cinq près de ses ouvertures, veut dire les testicules et le pénis.
Je ne puis pas admettre cette interprétation ; en voici mes motifs :
1) Les testicules et le pénis n’ont pas d’os.
2) Les parties génitales ne pouvaient pas présenter, pour la mischnah, 5 ebarim ; ils n’en pouvaient présenter que 3, car on ne peut pas penser aux vaisseaux et nerfs, ni même aux épididymes, aux cordons spermatiques, ni à la composition du membre des corps caverneux et de l’urèthre.
3) Les testicules et le membre ne sont pas revêtus de chair, condition essentielle pour la mischnah, pour qu’ils soient impurs au même degré que le cadavre entier (v. perek 1, mischnah 8).
4) Si la mischnah considère tous les os, même les petits os sésa-
OHOLOTH.
PEREK VII.
Quand l’accouchement ne peut pas se taire, on coupe le fœtus dans le viscère (l’utérus) pour l’en extraire par morceaux, car la vie de la mère passe avant celle du fœtus. Mais si la plus grande partie (rob) du fœtus est déjà dehors (d’après une autre variante si la tête est sortie), il est défendu de le toucher (il est considéré comme né), car il ne faut pas tuer un individu pour en sauver un autre,
PEREK XI.
La mischnah dit que, si un chien a mangé de la chair d’un cadavre, la chair est digérée après 3 jours. Si un poisson ou un oiseau l’a mangée, elle est digérée, selon rabbi Joudah, fils de Rethera, au bout de 24 heures.
moïdes, comme des organes représentant le cadavre entier, on ne comprend pas pourquoi les oreilles et les cartilages du nez ne soient pas considérés comme des ebarim au même titre que les os sésamoïdes. On comprend pourquoi la mischnah ne parle pas du larynx et de la trachée, parce que ces organes ne sont pas revêtus de chair, et parce qu’ils se trouvent à l’intérieur comme les viscères (les poumons, le cœur, etc.). Mais on ne comprend pas pourquoi la mischnah ne parle pas des oreilles et des cartilages du nez qui sont revêtus de chair, et quisont visibles à l’extérieur.
5) On ne comprend pas, d’après Maimonide et Bartenorah, pourquoi la mischnah ne compte pas le coccyx? Est-ce qu’on le considérait comme faisant partie du sacrum ? Non, puisque la ghemara compte le coccyx comme os à part (v. traité Berakhoth, fol. 28, verso).
NEGAIM
Le traité Negaïm se rapporte aux lois mosaïques concernant la lèpre. Il est donc nécessaire d’expliquer d’abord les passages bibliques concernant cette maladie, avant d’exposer les lois thalmudiques.
Les passages bibliques, d’une clarté admirable, d’un style plutôt prolixe que trop concis, ne devraient prêter à aucun doute ; par exemple ce passage : « S’il survient sur le der- « rière ou sur le devant de la tète chauve une éruption morbide « blanc rougeâtre, c’est une lèpre qui a atteint le derrière ou « le devant de la tête cbauve. Si : donc le prêtre voit qu’il y a « un soulèvement de la peau morbide d’un blanc rougeâtre sur « le derrière ou sur le devant de la tête cbauve, comme la lèpre « de la peau du corps (des parties charnues), cet homme est un « lépreux, il est impur ; le prêtre le déclarera impur, car il a sa a lèpre à sa tête» (Lévitique, XIII, 42-44). On né peut certainement pas reprocher au style de ces passages d’être trop concis; ils sont plutôt trop prolixes, puisque la même chose y est répétée trois ou quatre fois. Il n’est donc pas nécessaire de recourir aux auteurs profanes qui jetteraient quelques lumières sur les passages de la Bible, attendu que Moïse lui-même explique très-bien de quoi il s’agit, et cela avec une clarté admirable, sans laisser le moindre doute.
D’où vient donc, que les commentateurs ne sont pas d’accord entre eux dans l’interprétation d’un texte si clair? C’est qu’il y a certains termes techniques dont la signification primitive est devenue douteuse. Je veux donc les examiner d’abord.
NEG-AÏM.
Le mot tzâraath, dit-on, signifiait, dans la langue des Egyptiens, insensibilité, car la partie atteinte de la lèpre perd avec le temps la sensibilité. Je ne peux pas admettre cette interprétation.
1) Rien ne prouve que ce mot avait pour Moïse et les Hébreux la même signification. L’étymologie est, en général, un guide très-infidèle sous ce rapport. Le mot apoplexie dérive du mot grec plessein , frapper, car l’individu atteint de cette maladie tombe d’ordinaire comme s’il était frappé par la foudre; cependant, pour nous ce mot signifie hémorrhagie ; c’est la convention du langage qui a donné à ce mot la signification qu’on y attache de nos jours, tandis que le sens primitif que l’étymologie lui donnait jadis, a complètement disparu.
2) Moïse indique les poils blancs comme signe diagnostique de la lèpre ; tandis que, d’après les descriptions modernes de cette maladie, l’insensibilité de la partie malade est un signe beaucoup plus constant et plus important que la blancheur des poils.
3) Les docteurs du Tbalmud disent, que la Bible parle d’une maladie qui détermine des douleurs (v. Siphra, Vienne, 1862, fol. 60, recto). Les plus célèbres médecins de l’antiquité et du moyen âge disent aussi, que la lèpre est douloureuse : a Lepra «aspera est ad'contactum et pruritum locorum inducit » (Ætii, tetrabiblii IV, sermo I, c. 134). « Lepra altius descen- «dit... cutis asperitus et pruritus » (Actuarii, de methodo medendi, liber II, c. 11).
Je crois donc qu’à l’époque biblique les Hébreux attachaient au mot tzaraath un sens qui correspondait à celui que les anciens Grecs attachaient au mot lepra, puisque les Septante, les plus anciens traducteurs de la Bible, traduisent tzaraath par lepra. Or, le mot grec lepra signifie, d’après l’étymologie, squame et il a conservé jusqu’à la fin du moyen âge cette signification. On comprenait par le mot lepra des croûtes qui se formaient sur la peau, et qui ressemblaient aux écailles de poissons. Voici ce que dit Æginela : «De lepra et scabie. « Utraque barum affectionum asperitas cutis est, cum pruritu « et eliquatione... Verum lepra per profunditatem corporum
NEGAÏM.
« cutem depascitur orbiculatiore modo, una cum hoc quod « squamas, piscium squamis similes, dimittit. Scabies autem « magis in superficie haeret, et varie figurata est, et furfura- « cea corpuscula remittit » (Æginetæ, de re medica, lib. IV, c. 2).
Voici ce que dit Ætius : « Cæterum a scabie differt lepra,
« quod in scabie quidem furfuracea quædam cuti inbærentia « apparent ; in lepra vero quædam velut magnorum piscium « squamæ» (Ætii, tetrabiblii IV, sermo I, c. 134).
Voici enfin, comment Actuarius définit la lèpre : « Lepra « altius descendit, et orbicularia exanthemata facit, et carnis « quasdam colliquationes, ac lepidas (boc est squamulas) re- «mittit, unde etiam nomen (lepra) adepta est. Non ita pro- «funde scabies (quæ psora græcis dicitur) pénétrât, et variis « figuris insignitur, nec furfuracea corpuscula rejicit » (Actuarii, de methodo medendi, liber II, c. 11).
D’après tout cela, il est évident qu’à l’époque biblique on attachait au mot tzaraath, lèpre, l’idée de croûtes cutanées qui affectaient certaines formes squameuses spéciales à cette maladie.
Il est certain cependant que les squames ne constituent pas toute la maladie. Ce n’est pas parce qu’un individu avait des squames dans une partie quelconque de la peau, une partie cachée par les vêtements, qu’on considérait sa maladie comme très-grave et qu’on l’éloignait de la société. Ce sont les symptômes consécutifs qui avaient rendula maladie si grave, et qui avaientinspiréàtout le monde tant d’horreur et de dégoût à la vue d’un lépreux, dont on craignait la contagion. Mais Moïse n’a pas eu l’intention de donner une description de la maladie, ni de faire connaître en quoi consiste sa gravité ; Moïse voulait seulement poser le diagnostic de la lèpre, surtout au début de la maladie. Quand le lépreux est arrivé à la période des graves symptômes, par exemple quand il perd les phalanges de ses doigts, tout le monde reconnaît facilement la maladie, mais au début, quand il n’y a que la manifestation cutanée ou les squames , on peut confondre la lèpre avec d autres affections qui n’ont aucune gravité, et chasser ainsi de la société
NEGAÏM.
un individu qui ne présente aucune maladie contagieuse. C’est ce que Moïse voulait éviter, en posant le diagnostic des symptômes cutanés delalèpre, Ain^i, tzaraath veut dire tantôt sçmomes plus ou moins analogues à celles de la lèpre, tan tôt par extension ce mot désigne la véritable maladie qu’on appelle la lèpre.
Seeth, sapahath, baheretk.
Pour connaître la signification de ces trois termes, nous pouvons encore avoir recours aux auteurs susmentionnés. Ægineta dit : «Impetigines generantur, quæ brevi inscabiemac lepram « transeunt» (Æginetæ, de re medica, lib. IV, c. 3). Oribasjus dit : « Impetigines briuntur, quæ facile in lepram et sca- « biem transeunt» (Oribasii, lib. IV, c. 49). Actuarius dit aussi : « Impetigines (quas Græci leichonas nominant) subo- « riuntur, quæ cellerime in scabiem ac lepram neglectæ commigrant » (Actuarii, de methodo medendi, liber II, c. 41). Actuarius ajoute : « Cæterum loukai (quas vitiligines quidam « vocant) eamaem ad alphous rationem obtinent quam lepra « ad scabiem » (Actuarii, ibidem).
Appuyé sur ces passages, je traduis seeth par soulèvement (de l’épiderme ou de la peau), pustule; sapahath signifie dépôt, et bahereth signifie peau blanche du vitiligo ou des al phi, ou de la lèpre. Je traduis donc le verset 2 du chapitre 13 : «S’il « apparaît sur la peau des parties charnues (par opposition au « cuir chevelu et à la peau du menton) d’un homme, une pus- « tule ou un dépôt, ou un vitiligo, etqueces affections se trans- « forment en une maladie squameuse (tzaraath), l’homme ira « chez le prêtre, pour que celui-ci décide si l’affection est la vé- « ritable lèpre ( tzaraath , versets 3 et 8) ou un simple dépôt sans « importance ( mispahath , verset 6). »
Miheyah et bassar hay. ,
Èeaucoup de commentateurs traduisent hay par vivant, sain, et font dériver miheyah de la même racine que hay. Je ne puis pas admettre une traduction pareille ; car il est absurde de traduire « du moment qu’il s’y manifeste une chair saine , elle est impure » (v. 14). «Quand le prêtre verra la chair sains, il
NEGAÏM.
« la déclarera impure, la chair saine est impure, c’est lalèpre» (v. lb). Il n’y a ici aucune analogie avec ce qu’on observe.dans les fièvres éruptives (rougeole, etc.) où la maladie s’aggrave si l’éruption ne sort pas bien, ni avec ce que Jaccoud rapporte de la lèpre elle-même, que le malade est souvent soulagé quand l’éruption se généralise.
J’admets donc une autre interprétation des mots en question. Hay veut dire primitivement, vivant , par opposition à un mort. Quand il s’agit de la viande d’un animal tué ou mort, hay veut dire viande crue (1 Samuel, II, 45) qui a encore conservé l’aspect et beaucoup de propriétés vitales qu’elle avait du vivant de l’animal, par opposition à la viande cuite qui a perdu toutes ses propriétés vitales. L’eau coulant de source, d’un cours continu, où il y a de la fraîcheur et un mouvement vital, comme dans tout ce qui vit, s’appelle hayim (pluriel de hay, Lévitique, XIY, 5), par opposition à l’eau stagnante. On dit en français aviver une partie, c’est-à-dire la rendre saignante, par exemple dans l’opération du bec-de-lièvre, où l’on dit qu’il faut au préalable rendre vifs les bords, c’est-à-dire en exciser une tranche pour les rendre saignants, afin qu’ils acquièrent l’activité vitale nécessaire pour qu’ils puissent naturellement se souder ensemble. Je crois donc que bassàr hay veut dire chair saignante, et cette locution indique ici la lèpre ulcéreuse (v. Histoire de la médecine de Spren gel).
Miheyah dérive d’ordinaire de hay, et signifie généralement nourriture, conservation de la vie, retour à la vie, amélioration d’une partie morbide, etc. Mais il peut, comme le mot hay , parfois indiquer une partie saignante, un ulcère saignant* Le mot miheyah peut aussi être synonyme de mehi, un coup, ce qui frappe (Ezekiel, XXVI, 9), comme schibeyah est synonyme de schebi, captivité, ou gedyah, de g edi, chevreau, hataak de hete , péché, helyah de holi , parure* etc. Par conséquent, miheyah signifie ici (XIII, 10), comme nega , maladie, ou plutôt ulcère, car tout le paragraphe, depuis le verset 9 jusqu’au verset 17, parle de la lèpre ulcéreuse.
NEGAÏM.
Bassar. *
Bassar veut dire dans ce chapitre partie charnue ; ainsi or habassâr indique la peau qui couvre une partie charnue (par opposition au cuir chevelu et à la peau du menton).
Après avoir déterminé le sens de certains termes douteux, je veux traduire le diagnostic de la lèpre établi par Moïse. Car le législateur n’a pas voulu établir une nouvelle loi, afin d’éloigner les lépreux de la société. Cette loi était connue et observée par tous les peuples de l’antiquité avant Moïse. Le législateur a voulu seulement poser le diagnostic de la maladie, pour qu’on ne prive pas de la société les malades qui ne sont pas lépreux, et dont les affections ne sont pas contagieuses. Aussi, le chapitre XIII du Lévitique peut-il être intitulé : Diagnostic de la lèpre , et le chapitre de ce diagnostic est divisé en 7 paragraphes séparés l’un de l’autre par les signes traditionnels : S initiale du mot sethoumah, ou P initial du mot pethouhah. Je conserverai ces signes dans ma traduction, et j’y ajouterai le signe moderne, §, des paragraphes.
Diagnostic de la lèpre.
§ 1. — Squames consécutives à l'impétigo ou au vitiligo.
« S’il apparaît sur la peau des parties charnues (1) un sou- « lèvement (impétigo) ou un dépôt ou un vitiligo, et que cette « affection se transforme en une maladie squameuse, il se « présentera au prêtre... Si le poil de la partie malade est de- « venu blanc (2), et que la figure (l’aspect, l’étendue de la « partie qui est le siège) de la maladie «oit plus profonde
(1) Le texte dit : or bassar, la peau qui couvre la chair, ou la peau des parties charnues, par opposition au cuir chevelu et à la peau du menton (dont l'Ecriture parle dans les versets 29-37) où il n’y a guère de chair.
(2) Il est intéressant de savoir, que le diagnostic de Moïse a été posé aussi par des médecins célèbres qui ont vécu quinze à vingt siècles après lui, et qui probablement ne connaissaient pas la Bible. On comprendra ainsi mieux l’importance de la couleur blanche des poils. Yoici ce que dit Ægineta de l’affection blanche
NEGAÏM.
«que la peau (1), c’est alors une (véritable) maladie de la « lèpre... Mais si la figure (l’étendue) de la partie morbide «n’est pas plus profonde que la peau (si.l’affection n’at- « teint que les couches, superficielles de la peau) et si le « poil n’est pas devenu blanc, le prêtre enfermera... Si la maladie n’est pas grave (khehah, faible, peu intense) et qu’elle « ne se soit pas étendue sur la peau (en largeur), c’est un ?. simple dépôt (sans gravité)... il est pur (iln’est pas lépreux). «Mais si le dépôt s’étend plus tard... l’homme est impur; « c’est la (véritable) lèpre .» (versets 2-8).
P ( Pethouhah ).
qu’il appelle leuce : a Vitiliginum generatio ejusdem cum leucis a speciei est : verum illæ ad profundum usque corpus mutant, ut « etiam pili similes enascantur. Vitiliginès vero in cutis superficie « cpnsistunt, præterquam quod etiam ipsæ moram trahentes, ad « profundum usque procédant, ut etiam pilos alfa os producant «propter subjectum humorem» (Æginetæ, De re medica, lib. IV, c. 6). Oribasius dit : « Sangüis pituitosüs et glutinôsus...... vitili—
« ginem efficit. Alphofum similis est origo; non tamen caro tota
« affecta est, sed extrema solum cutis..sed humor qui lepram
«facit, ad imas usque partes pénétrât: scabies vero ipsa superfi- « ciem occupât » (Oribasii, synopseos, liber VII, c. 48, et Oribasii, de morborum curatione, liber III, c. 58). '
Actuarius dit : «Lepra altius descendit..:..... Vitiliginès ut plu- « rimum altius descendunt, pilosque inde ejusmodi emittunt; at « alphi in superficie hærent, licet ipsi quoque nonnunquam altius « radices agentes penitius recedant, ut eo loco pili eamdem coloris « speçiem referentés, existant » (Actuarii, de metbodo medendi, liber II, c. 11). Enfin, on lit dans Celse : «Louké habet quiddam « simile alpho, sed magis albida est et altius descendit, in easque « albi pili sunt» (Gélsi, Dere medica, liber V, c. 28, p. 116).
La lèpre se distinguait donc parce qu’elle attaquait les parties molles plus profondément que les affections analogues, et la profondeur se reconnaissait par la coloration Hanche des poils.
(i) Mareh veut dire apparition, aspect, figure (v. Exode, III, 3; Ezekiel, XI, 24 ; Daniel, X, 18). On a vu que, d’après le célèbre médecin Oribasius, l’atteinte de la lèpre est plus profonde que la peau, puisqu’elle envahit les muscles et les autres parties molles sous-cutanées.
NEGAÏM.
§ 2. — Lèpre ulcéreuse.
« Si un individu présente la maladie de la lèpre... et si le « prêtre voit qu’il y a à la peau une tuméfaction blanche qui « donne au poil (aussi) une couleur blanche, et (1) que dans la « tuméfaction il y a une partie morbide [miheyah) qui offre « l’aspect d’une chair saignante (il y a un ulcère saignant),
« c’est une lèpre invétérée... et l’individu est impur. Mais si les « squames ( tzaraath , squame) s'étendent et couvrent toute la « peau envahie par la maladie (l’ulcère s’est couvert de croûtes « squameuses), que le siège de la maladie soit à la tête ou (à « une partie quelconque du corps) jusqu’aux pieds, partout « (n’importe dans quelle partie du corps) où le prêtre le voit;
« si donc le prêtre voit que les squames ( tzaraath ) ont couvert « toute sa chair (la chair de la maladie, c’est-à-dire la partie « morbide) il décidera que la maladie ( nega ) est pure (ce n’est « pas alors la véritable lèpre) ; toute (la partie morbide)
« est redevenue blanche (l’ulcère saignant a disparu), elle est «donc pure (non contagieuse). Mais le jour où la chair sai- « gnante se montrera (de nouveau, l’ulcère se rouvrira), « l’homme deviendra impur. Quand le prêtre verra la chair « saignante (l’ulcère), il déclarera l’individu impur; là chair « vive (l’ulcère) est impure (contagieuse), c’est la (véritable) « lèpre. Si, au contraire, la chair vive se transforme de nou- « veau en (squame) blanche (si l’ulcère se couvre d’une croûte « squameuse), et si le prêtre voit que la maladie (nega t l’ul- « cère) s’est transformée en (squame) blanche, il dira que la «maladie est pure» (non contagieuse) (versets9-17).
P (Pethouhah).
(t) Vogue traduit : «ou que. » Mais s’il n’y a que les poils blancs, ce n’est pas une lèpre invétérée .
NEGAÏM.
§ 3. — Lèpre consécutive à un schehin 1).
« Si une partie charnue a eu (d’abord) la peau qui la couvre « atteinte d’un schehin, si ce schehin s’est guéri, et si à la place « du schehin il survient une tuméfaction blanche ou une bâti hereth blanc rougeâtre;... si le prêtre voit que la figure «(le siège) de la maladie est plus profonde que la peau « (qu'ffle a envahi les parties sous-cutanées), le poil de la parce tie étant devenu blanc (ce qui prouve que la maladie dépasse « la peau), le prêtre le déclarera impur ; c’est la maladie de la « lèpre qui s’est développée à la place de (l’ancien) schehin. « S’il n’y a pas de poils blancs, l’affection n’étant pas plus « profonde que la peau, et si elle est peu intense (khehah), le « prêtre enfermera l’individu pour sept jours ; si alors l’affec- « tion s’est étendue sur la peau (en largeur), le prêtre le dé- « clarera impur, c’est une maladie (lépreuse consécutive au «. schehin) ; mais si la bahereth (la partie morbide à la colora- « tion anormale susmentionnée) est restée stationnaire, et « qu’elle ne se soit pas étendue (ce n’estpas une nouvelle mala- « die), mais c’est la trace de (l’ancien) schehin, et le prêtre le « déclarera pur » (versets 18-23).
£ ( Sethoumah ).
§ 4. — Lèpre consécutive à une brûlure.
« Si une partie charnue a eu (d’abord) la peau qui la couvre « atteinte d’une brûlure, et si l’affection (2) delà brûlure s’est
(1) La mischnah dit : Qu’est-cs que c’est que le schehin? C’est une maladie de la peau qui survient à la suite d’un coup donné avec un morceau de bois ou avec une pierre, ou à 3a suite d’une irritation produite par un autre corps vulnérant, à l’exception du feu (dont la Bible parle dans le paragraphe 4, voir traité Negaïm, perek 9, mischnah 1).
(2) Il y a dans le texte miheyah , que j’ai traduit plus haut par le
NEGAÏM.
(' transformée en une bahereth blanc rougeâtre ou blanc ; si « le prêtre voit que la bahereth présente les poils devenus « blancs, sa figure (son étendue) étant plus profonde que la « peau (l’affection ayant envahi les parties sous-cutanées), « c’est la lèpre qui s’est développée sur la brûlure (ancienne), « le prêtre le déclarera impur, car c’est une maladie lépreuse. « S’il n’y a pas de poils blancs, l’affection n’étant pas plus « profonde que la peau, et si elle est peu intense, le prêtre en- « fermera l’individu pour sept jours ; s’il trouve le septième « jour que l’affection s’est étendue sur la peau, il le déclarera « impur, c’est la maladie de la lèpre. Mais si la bahereth est «restée stationnaire, et qu’elle ne se soit pas étendue sur la « peau, étant peu intense, c’est une (simple) tuméfaction (ré- « sultant) de la brûlure ; le prêtre le déclarera pur, car c’est « (simplement) la trace de la (ancienne) brûlure », (versets 24-28).
P ( Pethouhah ).
§ 5. — Lèpre du cuir chevelu ou du menton.
« Si un individu a une maladie à la tête ou au menton, si « le prêtre voit que la figure (l’étendue) de la partie morbide « est plus profonde que la peau, et qu’elle présente des chc- « veux ténus et de eouleur jaune, il le déclarera impur; c’est « un nethek (t), c’est-à-dire la lèpre de la tête ou du menton.
mot affection. M. Vogue le traduit par guérison ; il dit « labrûlure, en se guérissant, forme», etc. Nous avons vu plus haut que le mot mi-" heyah peut, selon le cas, signifier affection ou guérison ; cependant ma traduction me semble plus rationnelle que celle de M. Vogue, car s’il est dit que la guérison de labrûlure produit une bahereth, la question est jugée; cette baherethne constitue pas une nouvelle maladie, elle n’est que la trace de la brûlure. Or, l’Ecriture nous présente un cas douteux; on ne saura que plus tard si la bahereth n’est que le signe de la guérison de la brûlure, ou si elle constitue une nouvelle maladie. 11 aurait donc été rationnel de commencer par dire : Vaffection de la brûlure a abouti à une bahereth dont il faut examiner là nature.
(O h paraît que la lèpre du cuir chevelu et du menton s’appelait nethek, parce qu’elle fait tomber les cheveux de la partie ma-
negaïm.
« Mais si le prêtre voit que la maladie du nethek n’a pas la « figure (l’étendue) plus profonde que la peau, et que (d’autre « part) il n y trouve pas de cheveux noirs (des cheveux à l’état « normal), il enfermera la maladie (l’homme affecté de la maladie) du nethek pour sept jours; s’il voit dans le septième «jour que le nethek ne s’est pas étendu (sur la peau) et qu’il « ne présente pas de cheveux jaunes, et que la figure (l’éten- « due) du nethek n’est pas plus profonde que la peau, on ra- « sera (toute la tête) à l’exception de la partie envahie par le « nethek , et le prêtre enfermera le nethek (l’homme qui en est « affecté) de nouveau pour sept jours ; si le prêtre voit le sep- « tième jour que le nethek ne s’est pas étendu sur la, peau, et « que sa figure (son étendue) n’est pas plus profonde que la « peau, il le déclarera pur. Si, après cette déclaration de pu- « reté le nethek s’étend sur la peau,... il ne faut pas plus recher - « cher (s’il y a des) poils jaunes, l’individu est impur. Gepene dant si (plus tard) le nethek restant stationnaire, il y survient ï des poils noirs (poils à l’état normal), le nethek est guéri, « l’individu est donc devenu pur, et le prêtre le déclarera pur » (versets 29-37).
. S ( Sethoumah).
§ 6. Bohak , alphos (4).-
« Si un individu présente à ta peau dés parties charnues « plusieurs beharoth (pluriel de bahereth) blanches, et si le prê-
lade. Mais on né sait pas si toutes les maladies du cuir chevelu qui font tomber les cheveux s’appelaient aussi nethek; c’est pourquoi j’ai conservé ce mot.
(1) On a vu plus haut, qu’on cherchait à distinguer la lèpre des alphi et du vitiligo. La Septante traduit bohak par alphos , et on lit dans Celse : « De vitiliginis speciebus, id est alpho et melane et
« leuce. alpho vocatur ubi color albus est, fere suhasper, et non
« continuus, ut quædam quasi guttæ dispersse esse videantur, in- « terdum etiam iatius et cum quibusdam intermissionibus serpit,.. « Louké habet quiddam simile alpho, sed magis albida est, et al- « tius descendit, in eaque albi pili sunt et lanugini similes » (Celse, De re medica, liber Y, c. 28, p. 116). Ceci explique pour-
NEGAÏM.
«tre voit sur la peau les beharoth d’un blanc obscur, c’est un « bohak (alphos) qui s’est développé à la peau, il est pur » (versets 38 et 39).
S ( Sthoumah).
| 7. — Alopécie suivie ou non de la lèpre.
« Si un individu présente la tête dégarnie de cheveux (par « derrière), il est kereah, chauve par derrière, et il est pur;
« si sa tête est dégarnie du côté de la face (au niveau de l’os a frontal), il est ghibeah , chauve par devant, et il est pur. Mais « s’il survient sur la calvitie une éruption morbide d’un blanc «rougeâtre, c’est la lèpre qui s’est développée sur la calvitie;
« si donc le prêtre voit qu’il y a sur la calvitie une tuméfaction « morbide qui est d’un blanc rougeâtre, comme l’aspect de la « lèpre de la peau des parties charnues, c’est un lépreux, il « est impur ; le prêtre le déclarera impur, car il a sa maladie « sur sa tête » (versets 40-44) .
Tels sont les divers paragraphes du diagnostic selon les 'principes de la Bible.
Voyons maintenant comment les docteurs du Thalmud ont compris les lois bibliques sur la lèpre, et quels sont les nouvelles idées médicales qui découlent de leurs décisions concernant cette maladie. Ces idées sont :
1) La non-contagion de la lèpre. Tandis que tous les peuples de l’antiquité depuis le temps le plus reculé jusqu’à plusieurs siècles après l’époque thalmudieue, ont admis à l’unanimité la contagion de la lèpre, les docteurs du Thalmud seuls admettaient que cette maladie n’est pas contagieuse comme beaucoup de médecins l’admettent de nos jours; ce qui est très-glorieux pour les savants de la mischnah, car on y voit l’indépendance
quoi l’Ecriture dit beharoth au pluriel, comme Celse dit : «Quasi
« guttæ dispersæ- cum quibusdam intermissionibus serpit. »
Ceci explique aussi pourquoi la Bible dit beharoth khehoth, obscures; car Valphos n’est pas si blanc que l’autre espèce de vitiligo qu’on appelait leukê, dont Celse dit : « Magis albida est.»
NEGAÏM. -j^g
de leurs théoi’ies médicales et l’originalité de leurs conceptions. En voici les preuves :
a) La mischnah dit que les païens lépreux et même les gher thoschab, prosélytes non naturalisés,(v. ma Législation criminelle du Thalmud, p. 117), atteints de la lèpre, ne sont pas impurs (traité Negaim, perek 3, mischnali 4). Les vêtements lépreux des païens (ibidem, perek 41, mischnah 1) et les maisons des païens (ibidem perek 42, mischnah 1), ne sont pas impurs. Les docteurs de la mischnah pensaient donc qu’à leur époque, les lois bibliques concernant la lèpre ne devaient être considérées que comme lois cérémonielles, et comme toutes les autres impuretés qui ne s’appliquent pas aux païens, et que même le gher thoschab n’est pas obligé de les observer. IL est évident que, si les docteurs considéraient la maladie comme contagieuse, le païen lépreux devrait être impur comme le Juif atteint de cette maladie.
b) Si on voit le fiancé au jour de son mariage atteint de la lèpre, on ne l’oblige pas d’aller tout de suite se faire examiner, mais on lui permet d’ajourner l’examen jusqu’à la fin du septième jour de la noce. De même, si un individu est atteint de cette maladie pendant une fête, il peut ajourner l’examen jusqu’à ce que les jours de la fête se soient écoulés (perek 3 mischnah 2). Il est certain que, si on considérait lalèpre comme contagieuse, on n’aurait pas permis au fiancé d’infecter ses parents, sa jeupé épouse (ibidem perek 44, mischnah 2) et tous les invités de la noce par le virus de sa maladie, tandis qu’on défendait jadis au lépreux la cohabitation avec sa femme (v. traité Holin, fol. 441, recto). On n’aurait pas permis non plus à un lépreux d’infecter tous les parents, amis et voisins pendant les sept ou huit jours de la fête de Pâques, et-pendànt les huit ou neuf jours de la fête des Tabernacles.
c) La mischnah dit que dans le cas de doute (à deux excep fions près) on doit considérer le malade comme pur (ibidem perek 5, mischnah 4). Il en résulte qu’elle n’a pas considéré la lèpre comme contagieuse. On sait que, dans bien des cas, où les docteurs permettaient dans le doute de s exposer à la
NEGAÏM.
transgression d’une loi cérémonielle, ils ne permettaient nullement de s’exposer à une sakhanah , danger (v. traité Holin, fol. 9, verso et fol. 40, recto).
d) Moïse a établi que, si le prêtre voit des poils blancs dans la partie envahie de la maladie lépreuse, il doit déclarer le malade impur, car ces poils sont un signe certain pour diagnostiquer la lèpre. Or, lamischnah dit que, si le malade a arraché ces poils avant que la déclaration officielle de l’impureté ait eu lieu, il est pur (traité Negaïm , perek 7, mischnah 4). L’impureté était donc, pour lamischnah, motivée par une loi cérémonielle et non pas par la crainte de la contagion.
2) La tradition thalmudique admettait quatre nuances principales de la couleur blanche pour tous les cas de la lèpre, excepté pour le nethek (Lévitique, XIII, 30). On lit dans la mischnah : bahereth indique la nuance forte, cellede la neige; la deuxième nuance qui s’en rapproche est celle de la chaux. Le mot biblique seeth veut dire blanc comme le blanc d’œuf; une deuxième nuance qui s’en rapproche est celle de la laine blanche; ce sont les paroles de rabbi Meyer. Les autre docteurs disaient : seeth indique -la nuance de la laine blanchie, et la deuxième nuance est celle du- blanc d’œuf (4). La mi-
(1) Il est certain qu’il n’y a aucun désaccord entre rabbi Meyer et les autres docteurs; c’est ici le cas de dire, comme la ghemara le dit en plusieurs endroits, mar umar hada on-mar amar hada vélo plighé, celui-ci s’exprime d’une façon et celui-là s’exprime d’une autre manière, et ils ne sont pas du tout en désaccord entre eux. Je ne puis pas admettre l’idée des commentaires qu’il y a désaccord. La tradition admettait que la squame blanche de la lèpre devait avoir au moins les dimensions d’un gheris, demi-grain d’un haricot ou de 9 lentilles (traité Negaïm, perek YI, mischnah 1). Les commentateurs admettent donc, comme la ghemara l’a dit dans une discussion du traité Schebouoth, fol. 5 et 6), que, si le gheris présente en partie une de ces quatre nuances et en partie certaine autre, on ne réunit pas ces deux nuances pour déclarer le lépreux impur, et que rabbi Meyer serait en désaccord avec les autres docteurs dans la question de savoir, quelles sont les nuances de la coloration blanche qu’on réunit entre elles, comme si toute la partie morbide ne présentait qu’une seule nuance, et quelles
NEGAÏM. 121
sehnah admét encore d’autres nuances intermédiaires, mais elle appelle bohak . (Lévitique, XIII, 39) tout ce qui est au-dessous des quatre nuances en question (pereckl, mischnahl-3).
Comme le Thalmud cherche presque toujours pour chaque tradition une attache biblique, il dit avoir trouvé ces quatre nuances dans les mots suivants: bahereth indique la nuance la plus forte, celle de la neige; seeth (Lévitique, XIII, v. 2) indique une nuance moins forte, car une partie qui est dans l’ombre paraît plus haute que celle qui est éclairée par le soleil, par conséquent, une partie moins blanche paraît plus haute que celle qui l’est davantage ; or, seeth vient du verbe naso , élever. Le mot sapahath (ibidem) veut dire primitivement, quelque chose d’ajouté, et il indique ici une troisième nuance qu’on peut ajouter à celle qui est indiquée par le mot seeth. Enfin, la quatrième nuance est indiquée par l’expression mareh amok (ibidem v. 3), apparence basse, c’est une nuance du blanc qui fait paraître la partie plus basse que la peau voisine (v. Siphra, fol. 60, recto). Toutes ces interprétations appartiennent à la catégorie qu’on appelle derasch ; la véritable interprétation que le Thalmud donnait à ces mots, était celle que j’ai adoptée plus haut dans la traduction des paragraphes de la Bible. Car bahereth n’indique pas toujours la nuance la plus forte, puisque ce mot peut s’appliquer aussi au bohak, qui est au-dessous de toutes les quatre nuances (voir Lévitique, XIII, 38). Ensuite, l’expression mareh amok, apparence basse, que la Bible mentionne dans le verset 3, ne peut pas indiquer une nouvelle nuance qui serait une autre que celles mentionnées dans le verset précédent, car le prêtre ne peut pas voir ce qui n’existe pas et la Bible n’aurait pas pu dire « si un homme a une seeth ou une sapahath ou une bahereth... et le prêtre verra
sont celles qu’on ne réunit pas. Les docteurs de la mischnah n’ont jamais fait aucune différence entre les quatre nuances, différence qui n’est pas admissible au point de vue médical. La mischnah dit, au contraire, expressément : « Les quatre nuances en question peuvent être réunies entre elles (ibidem, perek ï, mischnah 3), et le commentateur rabbi Obadyab de Bartenourah a tort de corriger cette mischnah.
NEGAÏM.
mareh amok » (ibidem), si la nuance indiquée pab marehamok ne se trouve passurlapeau dumaladequi en présente d’autres.
3) On a vu plus haut, que la Bible divise la maladie en lèpre blanche et lèpre ulcéreuse {mihey ah). La mischnah n’admet pas cette division. Elle divise la maladie en lèpre limitée qu’elle appelle bahereth ketanah (petite) et en lèpre généralisée ou très-étendue qu’elle appelle bahereth gdolah (v. traité negaïm perek VIII, mischnah. 9).
Pour mettre la Bible d’accord avec les idées de leur époque ou avec les opinions professées par eux, les docteurs du tkalmud appliquaient le deuxième paragraphe à la lèpre généralisée. D’après cette manière de voir la Bible parle dans le même paragraphe d’abord (dans les versets 9, 10 et 1.1) de la lèpre limitée , ce n’est qu’à partir du verset 12 qu’il est question de cette lèpre limitée qui s’est généralisée et qui est ainsi devenue pure.
On admettait donc que, si l’on observe la lèpre généralisée au début , on doit la traiter comme une lèpre limitée (v. traité negaïm, perek VIII, mischnah 7), et que la généralisation ne rend le lépreux pur, que quand elle survient après que la maladie a présenté les caractères d’une véritable lèpre (ibidem, mischnah 3). On ne considérait la lèpre comme généralisée que, si elle envahissait le visage (ibidem, perek X, mischnah 9), presque toutes les parties susceptibles d’ètre envahies de la lèpre ordinaire (ibidem, perek VI, mischnah 8 et perek VIII, mischnah 5), et si l’individu était chauve, le cuir chevelu et le menton (privé de la barbe) devaient également être envahis (ibidem). Si après que les squames lépreuses ont ainsi couvert presque tout le corps, on observe dans un en- , droit quelconque une miheyah, ulcère saignant et non couvert de squames, l’individu est impur. Il en est de même, si les squames, après avoir couvert presque tout le corps, se sont détachées d’une partie quelconque pour y laisser reparaître l’ancien ulcère saignant. C’est ce que la mischnah exprime par le mot hazenou (ibidem, [perek VIII, mischnah 3), les parties ont perdu les squames lépreuses qui avaient couvert les
NEGAÏM.
ulcères, et elles sont revenues à l’état ulcéré comme elles étaient avant l’apparition des squames (1).
Ün admettait, du reste, que la miheyah , l’ulcère saignant, devait avoir au moins les dimensions d’une lentille , t qu’il rend impur l’individu qui est atteint de la lèpre limitée (que la mischnak appelle bahereth ktanah, v. verset 10) ainsi que celui qui est affecté de la lèpre généralisée (v. verset 14). Seulement la mischnak dit que l’individu n’est pas impur, si l’ulcère ne se présente qu’aux extrémités des organes, tels que les doigts, les orteils, les oreilles, le nez, le pénis et les mamelles (ibidem, perek YI, mischnak 7). Cependant si les ulcères de ces extrémités s’étaient déjà couvertes de squames lépreuses, et s’ils se sont ouverts de nouveau (hazrou) après la chute des squames (ce qu’on n’observe guère que dans la
(1) Presque tous les traducteurs traduisent miheyah, partie saine. J’ài déjà cherché à démontrer que, dans la Bible, ce mot veut dire ulcère saignant. Ici, on voit que la miscbnah a employé ce mot dans le même sens. Les commentateurs delà miscbnah disent que ce mot vent, dire partie saine, et ils admettent cetce idée.incroyable que, d’après la mischnah, si la lèpre s’est généralisée tellement sur le corps qu’elle n’en a pas laissé une seule parcellëintacte, l’individu est pur, mais que si on trouve sur une région quelconque du corps (à l’exception du cuir chevelu et du menton) une parcelle des dimensions d’une seule lentille intacte et à l’état normal, l’individu est impur. Une telle interprétation ne se réfute pas, quoique le paitan (poète, auteur des poésies synagagales) l’admire. Si donc la mischnah dit que, dans la lèpre généralisée, la miheyah , grosse comme une lentille, rend l’individu impur, ce mot miheyah ne peut pas indiquer l’état normal, mais il indique l’ulcère saignant. Je peux aussi m’appuyer sur la mischnah, qui dit que la miheyah a quelque chose de plus grave que les deux autres signes de l’impureté, les poils blancs et l’extension ( pissyon ) de la lèpre, c’est qu’elle rend l’individu impur sous quelque couleur qu’elle se présente (ibidem, perek IV, mischDah 2 et 3). Ici, la mischnahveut dire évidemment : quelle que soit la couleur morbide que la miheyah présente, car il y a plusieurs couleurs anormales. Mais on ne peut pas admettre, avec les commentateurs, que la mischnah dit : quelle que soit la couleur normale de la miheyah; car, au point de vue médical, toutes les couleurs d’une partie saine, blonde ou brune ou la couleur noire d’un nègre, ne comptent que pour une seule couleur, la couleur normale.
NEGAÏM,
lèpre généralisée), l’individu est impur (ibidem, perek VIII, mischnah 1), à moins que les squames lépreuses qui restent ne se soient tellement diminuées qu’elles n’aient plus les dimensions d’un {gris) établiesparla loi (ibidem). Enfin la miheyah ne rend pas impur, si elle se présente dans une partie affectée antérieurement d’un schehin ou d’une brûlure, ou dans le cuir chevelu, ou dans le menton, ou dans les divers plis du corps (comme sous les mamelles, etc.), ou dans les cavités des yeux, des oreilles, du nez ou de la bouche (ibidem, perek VI, mischnah 8). Cependant si la miheyah se présente sur le cuir chevelu chauve, ou sur le menton, privé de la barbe, ou sur une partie du corps qui était d’abord atteinte d’un schehin, ou d’une brûlure qui a complètement guéri avant l’apparition de la lèpre, il faut distinguer deux cas, savoir : Si la miheyah n’était pas encore couverte de squames elle ne rend pas impur; mais si elle était couverte de squames et qu’elle soit revenue après la chute de ces squames (ce qui arrive d’ordinaire dans la lèpre généralisée), elle rend l’individu impur (ibidem).
4) A propos de la lèpre consécutive à un schehin ou à une brûlure (3 e et 4 e paragraphes de la Bible) la mischnah admet :
a) Si le schehin ou la brûlure n’a pas été guérie avant l’apparition de la squame lépreuse, l’individu est pur (ibidem, perek IX, mischnah 2).
b) Si ces affections ont été complètement guéries avant l’apparition de la lèpre, celle-ci est traitée comme une lèpre qui envahit une partie qui n’a jamais été malade. Ce n’est que quand la guérison de ces affections a été incomplète par exemple, si elles ont produit une cicatrice très-mince, que la lèpre qui est survenue avant leur guérison complète, est traitée de la façon spéciale que la Bible indique dans les 3 e et 4 e paragraphes (ibidem).
c) Enfin la lèpre consécutive h un schehin ou à une brûlure ne devient pas impure par la miheyah et ne peut faire enfermer le malade pour 7 jours qu’une seule fois, et non pas deux fois comme une lèpre ordinaire (ibidem, perek III, mischnah 4).
NEGAÏM.
5) A propos de la lèpre du cuir chevelu ou du menton (Se paragraphe de la Bible) lamischnah admet les idées suivantes:
a) Que la lèpre (c’est-à-dire les squames lépreuses) peut présenter ici toutes les couleurs morbides possibles, tandis que dans le$ autres parties du corps elle ne doit présenter qu’une des quatre nuances de la coloration blanche (4).
(1) Voici ce qu’on lit dans le Siphra : « On pourrait croire que le paragraphe de la lèpre du cuir chevelu et,du menton a été, dans la Bible, ajouté et attaché à la suite de. celui qui concerne la lèpre des autres parties du corps laquelle présente toujours une des quatre nuances de la coloration blanche, pour nous apprendre qu’elle aussi doit présenter une de ces quatre nuances, mais l’Ecriture lui donne un nom spécial ; elle l'appelle nethek, pour nous apprendre qu’elle est d’une nature spéciale (qu’elle peut présenter toutes les couleurs morbides possibles). On pourrait croire encore qu’en effet, le paragraphe de la lèpre du cuir chevelu et du menton n’a pas été ajouté au précédent pour nous apprendre qu’elle aussi, doit-présenter une des nuances blanches, car elle peut aussi être lépreuse en présentant une autre couleur morbide; mais que l’Ecriture a rapproché ces deux paragraphes pour nous apprendre qu’une autre couleur morbide peut rendre l’individu impur, en se présentant dans le siège de la bahereth ordinaire (c’est-à-dire dans une partie quelconque du corps), comme elle le fait au cuir chevelu. On ne peut pas admettre cette idée, par le même motif que l’Ecriture donne à la lèpre du cuir chevelu un nom spécial pour indiquer sa nature spéciale. On pourrait croire, qu’en effet, la couleur morbide du nethek, qui n’est pas une des quatre nuances blanches, ne rend pas l’individu impur si on l’observe au siège de là bahereth blanche ordinaire des autres parties du corps, mais que la bahereth (la lèpre blanche) peut rendre l’individu impur si elle occupe le cuir chevelu (en présentant la miheyah, etc., comme elle le fait en occupant une partie quelconque du corps). Cette idée n’est pas non plus admissible, car l’Ecriture répète : « C’est la lèpre de la tête ou du menton», pour nous apprendre que dans la tête il ne peut y avoir que les conditions de l’impureté d’un nethek et non pas celles de la lèpre blanche du corps » (Siphra, fol. 65, verso). J’ai traduit tout ce passage pour prouver que la lèpre du cuir chevelu et du menton peut rendre l’individu impur, en présentant une couleur morbide quelconque, et pour réfuter le commentaire du Raabad en cet endroit, d’après lequel la simple alopécie peut rendre l’individu impur, quoique la peau ait conservé la couleur normale. Du reste, le Raabad est réfuté par les paroles de la Bible, qui dit à propos du nethek (verset 30) : « marehou amok min haoz » la figure (l’étendue de l'altération) est plus profonde que la peau
NEGAIM.
b) On a vu que la miselinah admet une lèpre limitée et une lèpre généralisée. Elle admet aussi un nethek limité et un nethek généralisé (traité negaïm, perek X, mischnah 9),
c) Le nethek ne devient pas impur par la miheyak, seulement par les cheveux jaunes et déliés, et par le pissyon (extension de la maladie) (ibidem, mischnah I).
d) Enfin si le cuir chevelu est chauve de façon que les cheveux ne peuvent plus repousser, ou si le menton est chauve de cette manière-là, ces parties sont traitées comme les, parties du corps, et s’il survient là une lèpre, les squames doivent présenter une des quatre nuances blanches, et l’individu devient impur par la miheyah et le pissyon (extension de la maladie) (ibidem, mischnah 10).
Enfin certaines lois thalmudiques concernant la lèpre ne paraissent pas être motivées par une. idée médicale quelconque, mais par le respect de la parole biblique. On a vu que les lois bibliques de la lèpre n’avaient plus aucune raison d’ètre à l’époque thalmudique, car les docteurs n’admettaient pas la contagion.
La législation biblique sur la lèpre, comme celle qui concerne le fils pervers et rebelle (Deutéronome, XXI, 18), celle qui se rapporte à la ville idolâtre (Deutéronome, XIII, 13-18), était devenue à l’époque thalmudique un anachronisme , et on se contentait de commenter la parole biblique sans en tirer toutes les conséquences logiques. On disait comme Raba hidousch hou, etc. (v. ma préface de la Législation criminelle, p. III et IV).
é£ il est réfuté par le Siphraqui dit (même fol., perek VIII) que le nethek rend impur n’importe dans quelle couleur Use présente, ce qui se rapporte aux diverses couleurs morbides , et non pas comme le même Rasbad le dit dans cet endroit, que l’expression du Siphra : bekhol mâreh, veut dire toutes les couleurs normales ; car* au point de vue médical, les diverses colorations des blonds, des bruns ou. des nègres, ne comptent que pour une seule couleur normale.
ZABIM
Le traité zabim développe les lois mosaïques que concernel &zab dont parle l’Écriture, (Lévitique, XV, 2).
Qu’est-cé que c’est qu’un zab ? C'est à mon avis un homme atteint de spermatorrhée ou de pertes séminales. Les médecins modernes admettent deux cas de spermatorrhée, savoir le cas où le sperme sort sans érection préalable, et le cas où l’écoulement du sperme est précédé de l’érection de l’organe. Moïse a aussi distingué ces deux cas, en les mentionnant tous les deux. Voici comment je traduis le passage biblique qui parle de cette maladie : « Si un homme « sera un zab, atteint d’un écoulement (du sperme) « de son organe, son écoulement est impur. Ceci « sera son impureté par son écoulement (dans les « deux cas suivants soit) que l’organe laisse sortir « son écoulement à la manière*de la salive (qui « s’échappe de la bouche sans contraction préalable), « soit que l’organe se contracte à cause de son écoua lement (il y a érection préalable) c’est (dans ces « deux cas) son impureté » (Lévitique, XV, 2 et 3). La Bible ne parle pas du tout de la blennorrhagie (1).
(1) Le texte dit hehethim, qui vient de hathom, fermer* cacheter, contracter, et la Septante traduit ce mot par synistemi, qui veut dire contracter, resserrer, rendre compacte, épaissir, et le Dictionnaire grec de Planche cite un passage d’Aristote ; «.sarkes
ZABIM.
PEREK IL
Tout hommequi est zab (atteint de spermatorrhée) est impur (si l’écoulement est dû à un état morbide et non pas à une cause accidentelle, ce que le Thalmud appelle be-ones ). Pour savoir si l’écoulement est dû à la-maladie appelée spermatorrhée ou à une autre cause, on examine l’individu de sept manières, savoir : on s’informe de ce qu’il a mangé, de ce qu’il a bu, s’il a porté un fardeau, s’il a sauté, s’il est atteint d’une autre maladie, s’il a vu (une femme), s’il a pensé à une femme.
synestekasi mallon », les chairs ont plus de consistance ou sont plus fermes.
Les commentaires disent que l’Ecriture parle ici de la blennorrhagie. et ils traduisent : « si sa chair (son organe) .laisse écouler le flux, ou si elle est engorgée par le flux » (Lévitique, XV, 3). Le mot kehethim est traduit dans le sens de fermer, le canal de l’urèthre est fermé par le mucus blennorrhagiquë. Je ne peux pas admettre cette interprétation par les motifs suivants :
1) D’abord, il y a un motif qui pourrait me dispenser d’ajouter quelque autre preuve, c’est que cette interprétation n’a pas le sens commun. Quel est le médecin qui s’aviserait de faire une distinction si absurde? Que le mucus s’écoule spontanément, ou qu’onn’en observe rien à l'examen du malade et qu’on soitobligédele faire sortir par une légère pression, il va sans dire que l’impureté doit être la même. Du reste, dans le dernier cas il n’y a guère qu’une goutte, et l'organe n’est pas engorgé et l’urèthre n’est pas fermé. Si le canal de l’urèthre était fermé (rempli par le mucus blennorrhsgique), alors il y aurait en même temps nn écoulement spontané et abondant. D’après mon interprétation, au contraire, Moïse fait une distinction très-rationnelle qui est encore adoptée par tous les médecins modernes.
2) Si Moïse a parlé de la blennorrhagie de l’homme, pourquoi n’a-t-il pas parlé aussi de celle de la femme? On sait que la blennorrhagie de la femme (surtout de ces personnes qui en ont d’ordinaire) infecte beaucoup plus de monde que celle de l’homme.
3) La maladie que la Bible appelle ici zab , est mentionnée en di-
ZABIM
Si l’écoulement appelé zab ou zibàh (écoulement du sperme sans érections préalables) a été précédé du keri (écoulement précédé d’érections), l’individu n’est pas impur comme un zab, car la zibah peut bien être la conséquence du keri.
vers endroits de l'Ecriture comme une maladie très grave, comme la lèpre; or, la blennorrhagie n’a jamais été considérée comme ayant une gravité extraordinaire pour l’avenir du malade ; tandis que la spermatorrhée était encore, dans notre siècle, considérée comme pouvant déterminer les plus graves accidents. Joab fut maudit d’être, lui et ses enfants, des zab et des lépreux (II, Samuel, III 29), zab était donc une maladie très grave et considérée probablement comme héréditaire ; ce qui ne peut s’appliquer qu’à la spermatorrhée et non pas à la blennorrhagie.
4) Le Thalmud a évidemment vu dans la Bible la spermatorrhée, car il fait ainsi la différence entre l’écoulement morbide du zab et la sortie normale du sperme; « l’écoulement du zab a lieu sans érection » (traité Nidah, fol, 35, verso). Si la Bible parle des pertes séminales qui ont lieu à la suite des érections, elle parle des pertes pendant le sommeil. Le Thalmud ne connaît comme zab que la spermatorrhée sans érections. Quand il parle d’une perte séminale précédée d’érections, il l’appelle schühbath zera, ou surtout keri.
TRAITÉ BERAKHOTH
Fol. 61). — On lit dans une beraïtha : les reins donnent des conseils (V. Psaumes XVI, 7), le cœur comprend (V. I Rois, III, 9), la langue produit les articulations du son, la bouclie les complète, l'oesophage reçoit et rejette les aliments (dans les vomissements ou on veut dire qu’il les laisse sortir pour qu’ils entrent dans l’estomac), la trachée donne la voix, les poumons absorbent tous les liquides, le foie est le siège de la colère, la vésicule biliaire jette sur lui de la bile et le calme, la rate est le siège du rire (1), le gésier des oiseaux est destiné à moudre les aliments, le Kebcih (V. plus haut p. 5) des ruminants est en repos, les narines sont éveillées. Si les organes qui doivent être en repos fonctionnent, ou si ceux qui doivent fonctionner cessent leurs fonctions, la vie s’en va (2). Une beraïtha* dit que si les deux organes sont en repos, ou si ces deux organes fonctionnent, la mort arrive immédiatement.
(1) Il est à remarquer qu’en français le langage populaire met aussi le rire en rapport avec la rate, ainsi dit-on, se désopiler la rate, ce qui signifie rire beaucoup. Ea russe aussi nadsada signifie tour de reins, et smieyatsya do nadsady veut dire rire beaucoup.
(2) Je crois que la beraïtha exprime ici les idées populaires de l’époque, et non pas celle des docteurs thalmudiques, cer les doc teurs du Thalmud savaient bien que l’intelligence est dans le cerveau et non pas dans le cœur (V. plus bas, p. 147) ; tandis que la beraïtha dit ici que c’est le cœur qui est le siège de la raison. Il doit en être de même des autres organes, auxquels la beraïtha attribue des fonctions selon les idées populaires, tandis que les docteurs du Thalmud leur attribuaient d’autres fonctions conformément à la science de leur épdque.