‹ La Médecine du Thalmud, ou tous les passages concernant la médecine extraits des 21 traités du Thalmud de Babylone, par le Dr Israel-Michel RabbinowiczChapitre 19 sur 23 · TRAITÉ JEBAMOTH · texte numérisé non relu

TRAITÉ JEBAMOTH

Fol. 9). — Rabbi dit, en plaisantant, de Lévi : Il me semble qu’il n’a pas de cerveau dans sa tête (1).

Fol- 34). — On admet qu’une femme ne peut pas devenir enceinte parla première cohabitation, si elle était vierge.

Fol. 35). — On parle ici (fol. 35, recto) des deux moyens que les femmes pouvaient employer pour ne pas devenir enceintes. Savoir : l’introduction d’un corps mou ( moukh) dans le vagin pour empêcher le sperme d’entrer dans l’utérus, ou bien le renversement.

MISCHNAH.

Fol. 49). — Une femme veuve ou divorcée doit attendre trois mois avant de se remarier (2).

(1) Il résulte de ce passage, que les docteurs savaient bien que le cerveau était le siège de l’intelligence. Si donc la beraïtha dit (V. plus haut, p. 131) que c’est le cœur qui comprend et qui raisonne, elle exprime l’opinion populaire; car le peuple met encore de nos jours les sensations dans le cœur.

(2) On admettait qu’une grossesse est facile à être reconnue au bout de trois mois par le volume du ventre. Si donc au bout de trois mois du divorce ou de la mort du mari la femme ne paraît pas enceinte, c’est qu’elle ne l’est pas. Avant trois mois elle peut être enceinte sans qu’on s’en aperçoive, ei si elle avait un enfant sept mois après le deuxième mariage, on ne saurait pas, si l’enfant est le Ûls du premier mari ou du deuxième.

JEBAMOTH

GHEMARA.

Fol. 59). — On dit ici qu’une bagroth a moins de bethoulim (elle perd moins de sang à la première cohabitation) qu’une naarah de 12 ans (1).

Fol. 60). — Rab Khahana fjparle d’un mode antique pour reconnaître les vierges par l’odeur du vin (2).

Fol. 64). — On parle ici (fol. 64, verso) de plusieurs individus devenus stériles par l’abstinence de la miction. On admettait l’existence d’une cloison très mince dans le canal de l’urèthre qui le diviserait en canal urinaire et canal spermatique (v. plus haut p. 74); on admettait que , le sperme qui sort en bavant sans force ne peut pas féconder. Üroyait-on, que l’abstinence delà miction déterminant une pression sur la cloison et la déchirant de maniéré ,à produire une fistule, qu’on pourrait appeler spermatico-urinaire, et faire ainsi sortir le sperme en bavant à travers la fistule, l’homme ne peut plus féconder une femme? Plus bas (p. 150) on parle d’un homme dont le canal spermatique s’était bouché ét le sperme sortait par le canal urinaire^ qu’on à considéré comme stérile.

(1) Une bagroth a au moins l’âge de 20 ans, car on ne peut pas le dire d’une enfant de 12 ans et 6 mois. D’une fille de 20 ans on peut dire que, si l’hymen ne se^développe pas en rapport avec lès parties ambiantes,- sa déchirure est moins grande. On n’admet donc pas l’idée attribuée à Samuel, qu’une fille devient, bagroth à l’âge de 12 ans et 6 mois (V. mon 5 e tome dé la Législation p. 379) (2 )Voici ce qu’on trouve dans la collection hippocratique: Quand une femme n’a pas conçu, et que vous voulez savoir si elle peut devenir- féconde, enveloppez-la dans un manteau et faites-lui dès fumigations par en bas. Si l’odeur vous paraît arriver à travers son corps jusqu’à ses narines et à sa bouche, sachez que cé n’üst -pas d’elle que dépend la stérilité (5° section, aphorisme 59). « Chez les anciens ces,épreuves -étaient employées juridiquement (dans les procès ou le mari attribuait la stérilité à la femme, et la femme l’attribuait au main) pour savoir, si la femme était stérile ou non» (Note de Daremberg, p. 549). Le récit thalmudique est analogue à ce qu’a dit le célèbre Hippocrate.

JEBAMOTH

MISCHNAH.

Fol. 70). — D’après l’Écriture, un petzoua dakha et un khrouth schophkhah ne doivent pas se marier (Deutéronome, XXIII, 2), car ils sont stériles (ils ne peuvent pas féconder une femme). Qu’est-ce qu’un petzouad dakhaï G’est un homme qui a une plaie aux testicules, quand même la plaie n’aurait atteint qu’un seul testicule (l’autre restant intact). Qu’est-ce qu’un khrouth schophkhahl C’est un homme dont le pénis est coupé (au-dessus de la couronne). Mais si la coupe a eu lieu plus bas, de sorte qu’il est resté une partie de la couronne, quoique mince comme un cheveu, l’individu peut se marier.

GHEMARA.

Fol. 75). — On lit dans une beraïtha : Qü’est-ce que c’est (\xixmpelzoua -dakha? C’est un homme qui aune plaie aux testicules, quand même il n’aurait la plaie qu’à un seul testicule, quand même les testicules seraient seulement perforés ou fondus, ou absents. Rabbi Ismael, fils de rabbi Johanan, fils de Brokah, dit: J’ai entendu des docteurs qui siégeaient à Jabnah, que celui qui n’a qu’un testicule peut se marier (I).

Question. — On dit que la perforation des testicules empêche la fécondation. On connaît l’observation d’un homme qui est monté sur un dattier, où une épine lui a perforé les testicules, dont il s’est écoulé un liquide comme une traînée de pus, et cet homme a eu des enfants.

(1) Les Thossephoth disent (fol. 75, recto, article schéêin lo) qu’on peut féconder après l’ablation d’un testicule, et qu’on adopte l’opinion de rabbi Ismaël.

JEBAMOTH

Réponse. — Samuel a envoyé à Rab pour lui dire : Va t’informer d’où viennent ces enfants.

Rab Joudah dit au nom de Samuel : Si les lésions susmentionnées des testicules se sont développées spontanément, l’homme est khascher (il peut se marier, car il peut féconder).

Rabba dit : Les 3 lésions, savoir: petzoua (plaie contuse?), l’amincissement, le retranchement, rendent l’homme stérile et impropre au mariage, qu’ils atteignent les testicules ou l’épi— didyme (houté betzim) ou le pénis.

Si la perforation du pénis a un orifice au-dessous de la couronne, mais l’autre au-dessus, l’homme est stérile; car rabbi Josué, fils deLévi, a dit : Si une partie de la couronne est atteinte, l’homme est stérile.

Rab Houna dit : Si le pénis présente une excavation en forme de plume, l’homme est fécond; mais s’il y a une êxcacation en forme de gouttière, il n’est pas fécond. Gar dans le dernier cas l’air peut aggraver la maladie, dans le premier l’air ne peut pas y entrer. Rab Hisda pense autrement, mais Rabba adopte l’opinion de rab Houna. Rab Papa dit que l’homme peut féconder dans les deux cas, que l’excavation soit en forme de gouttière ou en forme de plume. Un fait s’est présenté dans la ville de Mehassiya (où le pénis présentait une excavation en forme de gouttière, qui avait empêché la fécondation), et Mar, fils de rab Asché, a fait une opération, pour la transformer en une excavation en forme de plume(1).

Un fait s’est présenté à Poumbeditha, où le canal spermatique s’était bouché, et le sperme sortait par le canal urinaire (2). Rab Bibé, fils d’Abayé, voulait lui permettre le mariage. Mais rab Papé lui dit :

(1) L’opération chirurgicale faite par Mar, fils de rab Asché, a dû se faire autrement' à mon avis que Raschi ne le dit.

(2) On se rappelle qu’on admettait l’existence d’une cloison du canal de l’urèthre, qui le diviserait en canal spermatique et en canal urinaire. L’homme qui fait le sujet de notre observation était probablement atteint de spermatorrhée et d’impuissance ; le coït n’amenait donc aucun écoulement de sperme, mais pendant la miction le sperme sortait avec l’urine.

JEBAMOTH

Fol. 76). — Vous êtes dans l’erreur : le sperme arrive à la coction ( mebaschlah) nécessaire quand il se trouve à sa place, mais il n’arrive pas à la coction en dehors de sa place (1).

Rab Joudah dit au nom de Samuel : S’il y a dans le pénis une perforation qui est fermée (par une pellicule?), il faut examiner si lé sperme s’écoulant par suite d’une érection peut déchirer (la pellicule) pour sortir par la perforation, dans ce cas le malade ne doit pas se marier ; mais si (la pellicule) est assez solide pour résister à la pression du sperme (de sorte que le sperme ne sort que par sa voie naturelle), le malade peut se marier. La ghemara dit que cela s’applique au cas où la perforation se trouve dans la couronne (ou au-dessus), mais non pas au cas où elle se trouve au-dessous de la couronne ; car la partie qui est au-dessous de la couronne, peut être enlevée entièrement, sans qu’il en résulte d’incapacité d’avoir des enfants.

Question .—Comment fait-on pour savoir si le sperme sort par la perforation? (Comment fait-on pour amener |l’érection?).

Réponse. — Rab Joseph dit : On applique à l’anus du pain d’orge chaud. (La chaleur, dit Raschi, amènera l’érection), alors on verra si le sperme sort par la perforation ou par la voie naturelle.

On ht daus une beraïtha : S’il y a une perforation dans le pénis (si le sperme sort par la perforation), le mariage est défendu, car le sperme sort en bavant (sans force, et il ne peut pas alors féconder). Si la perforation est fermée (par une cicatrice), le mariage est permis ; car alors le sperme sort avec force par la voie naturelle et il peut féconder. C’est là un cas

(1) C’est un passage remarquable. Les docteurs du Thalmud ont toujours interprété les lois mosaïques selon l’esprit et non pas selon la lettre. Moïse a défendu le mariage aux hommes atteints d’une des deux lésions qu’il mentionne, et il ne parle pas du tout de l’obstruction du canal spermatique. Mais les docteurs pensaient que la défense mosaïque était motivée par l’incapacité d’avoir dès enfants, et ils en ont conclu, que toute maladie des organes sexuels qui détermine cette incapacité, doit motiver la défense du mariage.

152 JEBAMOTH

où un passoul (un ho mm e privé du droit de se 'marier) rede vient kkascher (il acquiert de nouveau ce droit).

Question. —• La beraïtha dit : C’est là un cas où un passoul devient khascher; elle semble dire que c’était là un cas unique et exceptionnel, et qu’il ne fallait pas en tirer des conclusions sur d’autres cas, où un passoul ou une terêphak ne devient pas khascher par suite d’une cicatrice. Quels sont donc ces cas, auxquels la beraïtha a pensé?

Réponse. ~ Elle a pensé au cas d’un animal terephah par suite d’une plaie ( makhah ) du poumon, qu’une cicatrice (kroum) ne rend pas khascher (1).

Autre question. — Comment fait-on pour fermer la perforation, afin que ('homme puisse se marier ?

Réponse. — Il faut aviver la partie (pour la faire saigner) avec un grain d’orge (pointu), fpuis on apporte de la graisse pour frotter la partie avivée ; puis on applique au trou une grande fourmi qui y mord et s’y attache, ensuite on coupe à cette fourmi la tête pour qu’elle y reste et bouche le trou. (A mesure, dit Raschi, que cette tête se décompose, la chair se développe et comble le trou).

On vient de dire qu’il faut aviver la partie avec un grain d’orge, mais il ne faut pas l’aviver avec un instrument de fer qui blesserait la partie. (Voir plus haut p. 66.)

Rabbàh, fils de rab Houna, dit : Si un individu urine de deux endroits (cela veut dire probablement que le jet d’urine se divise en deux), il ne doit pas se marier. Mais Rabba rejette cette idée.

MISGHNAH.

Foi. 79). — Rabbi Eliezer dit : Un homme qui est stérile (saris) de naissance (si la stérilité doit être attribuée à une maladie ou à une infirmité eongé-

(1) V. plus haut (traité Hollin, p. 30), où j’ai fait une différence entre ce kroum et la sirkhah , que Raschi çonsidère comme syno- > nymes ici (fol. 76, recto, article limoutè kroum ).

JEBAMOTH

nitale) peut (souvent) guérir. Un homme devenu eunuque parla main des hommes ne peut pas guérir.

GHEMARA.

Fol. 80). — Abayé dit : Si un homme ne peut pas faire la miction en jet (si l’urine s’écoule sans force dans une direction verticale), c’est que cet homme est stérile depuis*sa naissance, il n’a jamais été capable de féconder. — N’est-il pas possible qu’il y ait eu chez cet homme un intervalle de bonne santé et de capacité de féconder? — On ne doit pas supposer l’intervalle de bonne santé et de fécondité, quand il s’agit d’une maladie constitutionnelle (Jchouléh goupha).

On cite ici un passage où rabbi Elieser dit, que les poils du corps apparaissent chez les femmes plutôt que chez les hommes. On lit dans une beraïtha : Rabbi Elieser dit qu’on guérit, en Alexandrie de l’Egypte, les hommes atteints de stérilité depuis la naissance.

Une beraïtha admet qu’un foetus de 8 mois n’est pas viable (mais un fœtus de 7 mois est viable. Voir plus haut, p. 135.

Une autre beraïtha dit : On admet que le fœtus est de 8 mois, quand (on sait qu’il) n’a pas fini ses (neuf) mois. Rabbi dit : On le reconnaît quand les cheveux et les ongles ne sont pas comme ils devraient être chez un fœtus à terme.

La ghemara en tire la conclusion que, si les cheveux et les onglés sont comme ils doivent être chez un fœtus à terme, on admet que l’enfant est viable, quoiqu’il n’ait que 8 mois, car dans ce cas Rabbi admet que l’enfant a dû finir son développement à 7 mois, mais qu’il a retardé sa naissance d’un mois.

Un fait s’est présenté d’une femme qui a eu un enfant douze mois après le départ de son mari, etRabba thosphaah dit qu’un enfant peut retarder sa naissance trois mois après son développement complet. (V. la préface, p. LI, où je cite des faits analogues de nos jours.)

On lit dans une beraïtha : Qu’est-ce qu’un homme stérile

JEBAMOTH

{saris) depuis sa naissance?'(Gomment le sait-on?). C’est un homme qui est arrivé à l’âge de vingt ans et qui n’a pas encore deux poils sur le corps; quand même il présenterait ces deux poils plus tard, il est considéré sous tous les rapports comme un homme stérile. Voici les signes d’un homme stérile (saris) : Il n’a pas de barbe, ses cheveux sont faibles et mous, sa chair est lisse. Rabban Simon, fils de Gamaliel, dit au nom de rabbi Joudah, fils de Jaïr : Ses eaux (l’urine?) ne font pas d’écume; d’autres disent : Quand il fait la miction, l’urine ne fait pas de jet (mais elle s’écoule sans force dans une direction verticale) ; d’autres disent : Son sperme n’est pas lié, mais il est clair comme dé l’eau (d’après l’interprétation de Raschi) ; d’autres disent : L’urine n’est pas acide (Raschi interprète que l’urine ne devient pas fétide) ; d’autres disent : Quand il prend un bain en hiver, son corps ne produit pas de vapeur. Rabbi Simon, fils d’Elazar, dit : Sa voix ne se distingue pas de celle d’une femme.

Qü’est-ce qu’une aïlonitM (une femme stérile de naissance). C’est une femme qui est arrivée à l’âge de vingt ans et qui n’a pas encore deux poils sur le corps ; quand même elle présenterait ces deux poils plus tard, elle est considérée sous tous les rapports comme une femme stérile. Voici les signes d’une femme stérile : Elle n’a pas de mamelles (comme une femme doit en avoir), la cohabitation lui est pénible. Rabban Simon, fils de Gamaliel, dit : Eile n’a pas le mont de Vénus, comme les femmes en ont. Rabbi Simon, fils d’Elazar, dit : Sa voix ne se distingue pas de celle d’un homme.

Rab Hoüna dit, qu’on n’êst considéré comme un homme stérile (Sâris), que si on présente tous les symptômes sus-mentionnés. Rabbi Johanan dit, qu’un seul de ces symptômes est suffisant pour diagnostiquer cette infirmité.

La divergence d’opinions de rab Houna et de rabbi Johanan porte sur le cas où l’homme n’a pas de poils au menton ; mais s’il les présente au menton, rabbi Johanan est d’accord avec rab Houna, qu’il n’est considéré comme stérile que s’il présente tous les autres symptômes.

Fol. 83). — D’après la ghemara un toumtoum (un individu,

JEBAMOTH

dont les organes qui distinguent les sexes d’entre eux ne sont pas visibles), peut subir une déchirure qui rendra visibles les organes masculins, s’il est un homme, ou les organes féminins si l’individu est une femme ; dans le premier cas il est, d’après certains docteurs, un homme stérile. Un androginos est un individu qui présente un pénis et une vulve. On parle aussi de toumtoum et d ’cmdroginos des animaux quadrupèdes et des oiseaux.

TRAITÉ KHIÎTHOUBOTfl

Fol. 10). —• La ghemara cite ici quelques faits des jeunes poux, qui sont allés se plaindre de ce qu’ils n’ont pas trouvé es signes de la virginité. Un docteur a apaisé le fiancé en lui disant, que la cohabitation peut avoir lieu de manière à ce que la membrane, appelée hymen , reste intacte, de sorte qu’il n’y a pas d’épancbement de sang. Un autre docteur a fait laver le drap, de manière-qu’après le lavage le sang est devenu visible. Un autre fait s’est présenté où le mari porta la plainte en question, mais où la femme se défendit en disant qu’elle était encore vierge. Le docteur a apaisé le mari, en lui faisant constater qu’une substance odoriférante,(le vin) placée sous elle, n’entre pas dans son corps pour que l’odeur se répande par elle, ce qui prouvait que l’bymen était encore intact. (C’est conforme aux idées d’Hippocrate, v. plus haut, p. 148, note). Un fait s’est présenté devant rabban Gamaliel l’ancien, où la femme se défendit, en disant que les femmes de sa famille n’avaient ni le sang de virginité (l’hymen était peu développé dans la famille), ni celui des menstrues; on a pris des informations et on a trouvé qu’elle a dit la vérité. La ghemara dit à ce propos, que l’absence ou la rareté des menstrues est un signe de mauvaise santé. Enfin, un fait s’est présenté devant Rabbi, où la femme dit qu’elle était encore vierge. Rabbi voyant que le jeune époux avait l’air d’un homme très affaibli parce qu’il n’avait pas de quoi manger, il l’a fortifié par une bonne nourriture, et le mari a fini par trouver le signe désiré.

Fol. 20). — Rabbi Hanina parle ici (fol. 20, verso) des mouklié schehin qui enterrent leurs membres. Ce sont donc

KHETHOUBOTH.

des lépreux qui, à une époque avancée de la maladie, perdent leurs phalanges.

Fol. 60). — Une femme divorcée qui n’a pas voulu nourrir son enfant, s’est présentée devant Samuel, qui dit à rab Dimé, fils de Joseph : Ya t’informer si l’enfant reconnaît sa mère. Celui-ci l’a donc placée entre beaucoup de femmes ; quand l’enfant est arrivé auprès de sa mère, il l’a regardée plus que les autres, quoiqu’elle eût baissé les yeux. Alors il lui dit : Lève tes yeux et va prendre ton enfant.

On ht dans une beraïtha : Une veuve qui a un enfant à la mamelle ne doit pas se fiancer ni se marier jusqu’à ce que l’enfant ait atteint l’âge de vingt-quatre mois (car, dit Raschi, elle peut devenir enceinte, ce qui l’obligerait de sevrer l’enfant, et son mari, étranger à l’enfant, ne voudra peut-être pas lui acheter des œufs et du lait). C’est l’opinion de rabbi Meyer. Rabbi Joudab fixe l’époque à dix-huit mois. Rabban Simon, fils de Gamaliel, dit : Je serais d’avis, que celui qui veut que l’enfant tète vingt-quatre mois (1), doit permettre à la mère de se marier à vingt-et-un mois, et celui qui veut faire téter l’enfant dix-huit mois, doit permettre le mariage à quinze, car dans le cas de grossesse le lait ne se gâte que trois mois après la conception.

On lit dans une beraïtha : Si elle a donné l’enfant à une nourrice, ou si elle l’a sevré, ou si l’enfant est mort, elle peut se marier. Cependant, la ghemara rend la décision que la femme ne se mariera pas si elle a sevré l’enfant. (Car, dit Raschi, elle pourrait le sevrer prématurément pour se marier).

On lit dans une beraïtha : Une nourrice ne doit pas nourrir en même temps un autre enfant, ni son propre enfant; si les parents ne donnent pas à la nourrice une nourriture suffisante, celle-ci doit acheter le reste à ses frais, (sauf à réclamer le remboursement des parents), afin de donner assez de lait à l’enfant qu’elle s’est engagée à nourrir. La nourrice ne doit pas

(1) C’est aussi l'opinion de Mahomet. (V. le Koran, soura II, appelé soura de la vache, verset 233).

KHETHOUBOTH.

manger les choses qui sont nuisibles au lait, ni celles qui en diminuent la quantité, ni celles qui en altèrent la qualité.

Fol. 61). — Rab Houna, fils de Hinena, dit à rab Houna : Si la femme veut nourrir son enfant, le mari ne peut pas l’en empêcher, car elle a besoin d’allaiter l’enfant pour que le lait ne lui fasse pas de mal. Si, au contraire, c’est la femme qui se refuse d’allaiter son enfant, en motivant son refus par l’habitude de sa famille de prendre des nourrices, le mari ne peut pas l’y forcer. Mais, si la famille de la femme a l’habitude d’allaiter les enfants, tandis que celle du mari prend des nourrices, la femme peut-elle s’y refuser ? Rab Houna a répondu : Nous avons une règle générale, que si les époux ne sont pas tous deux issus des familles de la même position sociale, la femme monte avec son mari et elle ne descend pas avec lui, c’està-dire si la position de famille du mari est plus élevée, la femme a le droit de s’élever avec lui; mais si, au contraire, la famille du mari est d’une extraction plus basse, le mari ne peut pas la forcer de déroger de ses habitudes en descendant avec lui.

M1SCHNAH.

Fol. 64. — Un individu qui donne à sa femme l’entretien par l’intermédiaire d’un tiers (c’est-à-dire, il lamet en pension et ils ne font pas ménage ensemble , ne lui donnera pas moins de 2 kabes (mesure ancienne) de froment par semaine ou de 4 kabes d’orge, un demi-kabede légumes, un demi-log d’huile, un kabe ou une manah de figues sèches. S’il n’a pas ces articles, il lui en donnera d’autres en proportion. Il lui donnera un lit et les accessoires. Ii lui donnera uncouvre-chef, une ceinture, des souliers pour chacune des trois fêtes, et des vêtements de la valeur de 50 zouses par an. Il lui donnera ces vêtements neufs dans chaque hiver, et elle aura ainsi des vête-

160 khethouboth.

ments neufs pour les hivers, et des vieux pour les étés. Les vieux qui peuvent encore servir, appartiendront à elle. Il lui donnera aussi une maah (monnaie ancienne) par semaine pour ses petites dépenses. Elle mangera en outre avec lui le vendredi soir. S’il ne lui donne pas la maah pour ses petites dépenses, il n’a pas de droit sur ce que la femme gagne par son travail (il s’agit, dit Raschi, du gain qui dépasse la somme ordinaire de ce que les femmes gagnent, car cette somme est due au mari en échange de la nourriture qu’il lui donne). La somme qu’elle doit gagner par semaine, est celle que les femmes gagnent si elles filent le poids de 5 sicles de la chaîne en Judée, qui font 10 en Galilée, ou le poids de 10 sicles de la trame en Judée, qui en font 20 en Galilée (1). Si elle allaite un enfant, on diminue son travail et on augmente sa nourriture; tout cela a été fixé pour les pauvres et les hommes ordinaires. Quant aux hommes notables, tout dépendra de leur position sociale.

GHEMÀRA.

Fol. 65). — La misehnah ne parle pas de vin. Gependant, si elle y est habituée, on lui en donne.

MISCHNAH

Fol. 77). Vo'ici ceux qu’on doit forcer de répudier leurs femmes (et leur donner la khethoubah, disent

(1) Le Thalmud dit : Scheihi et Ereb, ces mots se trouvent dans la Bible ( Lévitique , XIII, 58), où ondes traduit par chaîne et trame.

KHETHOUBOTH.

les Thossephoth) : s’il est lépreux, s’il a un polype (la gherama dit qu’il s’agit d'un polype putride des fosses nasales), s il travaille dans les choses d’une odeur infecte ; n importe que ce soient des choses nouvelles ou d’une date antérieure au mariage; car la femme peut dire qu’elle avait cru pouvoir les supporter, mais qu elle ne le peut pas. C’est l’opinion de rabbi Meyer, mais les autres docteurs disent :sila femme avait connu ces défauts avant le mariage, elle est obligée de les supporter, excepté la lèpre.

GHEMARA.

Samuel dit que le polype se manifeste par la mauvaise odeur du nez. Une beraïtha dit que l’odeur vient de la boucbe (1).

Dans tous les cas mentionnés dans la Mischnah, on ne force le mari de répudier sa femme que quand celle-ci le demande; si elle veut rester avec lui, elle peut rester ; il y a une exception pour la lèpre, car le commerce conjugal est nuisible à la santé de ces malades.

On lit dans une bereïtka : Rabbi Jossé dit : Un ancien de Jérusalem m’a dit qu’il y a vingt-quatre variétés de moukhé schehin; le coït est nuisible à tous, et surtout aux baalé raathan. (La première maladie me semble indiquer la lèpre, la seconde semble indiquer l’entozoaire dans le corps vitré de l’œil, d’où le mot Raathan de raah , vision; mais il paraît qu’on l’a confondue avec la lèpre). Une bereïtha dit : Si l’homme a subi une émission sanguine (saignée ou ventouses?) immédiatement avant le coït, l’enfant qui en naît est faible; si

(1) La beraïtha parle de la même maladie que Samuel; elle veut dire que le polype se trouve dans l’orifice nasal postérieur où il a envahi le pharynx, et que l’odeur vient de rarrière-bouche ou du pharynx.

KHETHOUBOTH.

l’homme et la femme ont subi tous les deux cette opération avant le coït, l’enfant sera baal raathan . Rab Papa dit que, si on prend après l’émission sanguine quelque nourriture avant le coït, les conséquences mentionnées ne sont pas à craindre. — Quels sont les symptômes qui peuvent faire reconnaître cette maladie? —Le malade présente l’épiphora, l’écoulement du nez et la salivation, et les mouches le couvrent (pour sucer les liquides morbides). Un anonyme rapporte l’opinion (vulgaire) que l’entozoaire a au moins quatre pattes et siège dans l’encéphale. Plusieurs docteurs regardent cette maladie comme contagieuse.

NAZIR

Fol. 52). — Un jour on a apporté un grand nombre d’os humains, et on a appelé Thodos,le médecin, qui est venu avec les autres médecins pour les examiner. Ces médecins ont reconnu que, dans ce nombre, il n’y avait pas un seul cadavre dont l’épine dorsale ait ici tous ses Os.

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