PRINCIPES DE DA SCHEHITAH
ne sont pas suffisantes pour assurer la mort rapide de l’animal. 11 a devancé son époque de quinze siècles, et il a compris que l’animal ne meurt sûrement et promptement que par l’hémorrliagie, et il donna le précepte de couper les veridin , les vaisseaux sanguins^). Ces vaisseaux étaient évidemment les veines jugulaires, car les carotides sont- des artères, et on croyait à cette époque, et même onze à douze siècles plustard, que les artères ne renfermaient pas de sang du tout. L’idée de Rabbi J oudah ne fut pas acceptée, comme toutes les idées qui devancent leurs époques. Mais si les autres thalmudistes n’ont pas voulu prescrire formellement de couper les vaisseaux, leur méthode est telle que ces vaisseaux sont toujours coupés.
II. — Le deuxième but à atteindre, était de diminuer autant que possible les souffrances de l’animal. Cependant aucun des thalmudistes n’était membre d’une Société protectrice des animaux; mais ils étaient tous membres de cette grande et antique Société des fils de Jacob, protectrice de toutes les créatures vivantes. Lesthalmudistesétaientmembres de l’antique Société protectrice des étrangers, car, dit Moïse : « Souvenez-vous que vous étiez étrangers vous-mêmes en Egypte ; » protectrice des esclaves qu’on ne devait pas surmener, ni tromper, ni dénoncer à leurs maîtres, d’après Moïse, et qu’on devait respecter, en pensant, comme Job, qu’ils étaient formés dans le ventre d’une femme comme nous, et
(1) La ghemara interprète autrement les paroles de rabbi Joudah.
INTRODUCTION
qu’ils ont été créés par le même Dieu que nous ; protectrice des animaux qu’on ne devait pas surmener, ni tuer pour les besoins de la cuisine la mère et le petit dans les vingt-quatre heures, etc., etc. Rabbi Joudah, le rédacteur de la Mischnah, était également membre de cette grande et antique Société protectrice, et il ne pouvait jamais se pardonner le grand crime qu’il avait commis, d’avoir remis un veau fugitif entre les mains de son boucher.
Donc les membres de cette grande et antique So ciété protectrice des fils de Jacob ont imaginé jusqu’à six préceptes, qui n’ont d’autre effet que de diminuer les souffrances de l’animal.
Ces six préceptes sont les suivants :
1. — Tout le monde connaît les trois préceptes de la chirurgie moderne, d’opérer cito, tuto et jucundè , vite, d’une manière sûre, et de diminuer les souffrances.Tenons-nous pour le moment au premier de ces préceptes ; il faut opérer cito , vite. Or, il est expressément défendu aux Juifs de manger de la boucherie, où ce précepte n’a pas été observé. Ladéfense est connue sous le nom de schya , retard. L’opération doit se faire aussi vite que possible, sous peine d’avoir une viande défendue comme nebelah , ce qui est encore plus grave que de manger la terephah.
2. — L’opération doit se faire par un mouvement de va et vient, et non pas en pressant ou en piquant. C’est un des préceptes les plus heureux, car ce n’est que de cette façon d’agir, qu’on coupe sans le vouloir en même temps les vaisseaux sanguins, et que l’animal meurt plus sûrement et plus rapidement par l’hémorrhagie. La défense d’agir autrement est