‹ La Médecine du Thalmud, ou tous les passages concernant la médecine extraits des 21 traités du Thalmud de Babylone, par le Dr Israel-Michel RabbinowiczChapitre 6 sur 23 · LA MÉDECINE DD THALMÜD · texte numérisé non relu

LA MÉDECINE DD THALMÜD

la plupart sont mentionnés dans ce volume. Ils connaissaient les développements successifs des mamelles selon l’âge de la femme (v. pp. 89-90), etc.

La physiologie.

Les docteurs du Thalmud n’ayant pas laissé de traité de physiologie ex professo qui soit arrivé jusqu’à nous, il faut se borner à ces notions physiologiques qu’on trouve éparses dans le Thalmud. Il y a une beraïtha (v. traité Berakhoth, fol. 61 recto) qui énumère les fonctions de divers organes, en attribuant, comme la Bible, l’intelligence au cœur et aux reins, la colère au foie, le rire à la rate ; en français on dit aussi rire à se désopiler la rate\ en russe, do nadsadi , à attrapjer un tour de reins. Mais il est évident que cette beraïtha ne nous donne que les idées populaires que les docteurs n’admettaient nullement. Car les docteurs du Thalmud mettaient, comme nous, dans le cerveau le siège de Y intelligence, ce que Babbi, le rédacteur de la Mischnah, a très-clairement fait connaître (v. p. 147).

Rabba p'ensait que, d’après Babbi Simon, fils de Lakesch, aussitôt que le boucher en tuant l’animal coupe la trachée, les poumons meurent avant même que la mort générale arrive (traité Holin, fol. 32 verso). Bab Aba, fils de Jacob, dit que d’après cela les bené maaÿim (les intestins et l’estomac) meurent après que le boucher coupe l’œsophage (ibidem, fol. 33 recto) (1). Cette idée, n’est plus admise de

(1) Raschi dit ici, article Miderisch Lakesch , que l’expression bene màayim implique les poumons. Il pensait probablement'que,

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nos jours, mais l’étude de la mort de certains organes est remarquable.

Les docteurs savaient que les mouvements des membres dépendent delà moelle épinière. Rabbina dit que la paraplégie peut faire diagnostiquer la solution de continuité de la moelle épinière (v. p. 37 et 38).

11 est à remarquer que les docteurs savaient trèsbien que les herbivores n’ont pas les mêmes dents que les carnivores. On lit dans une beraïtha que presque tout quadrupède qui n’a pas les dents (des carnivores) est un ruminant et par conséquent pur (p. 60). La ghemara objecte que le chameau n’a pas non plus ces dents, et'il n’est pas pur. «La ghemara donne une réponse à cette objection. Le fait est que le chameau peut faire exception quant à la pureté, mais la règle n’en est pas moins, exacte, puisque le chameau lui-même est un ruminant, et le signe distinctif donné par la beraïtha est toujours utile dans les endroits où il n'y a pas de chameaux ou pour les personnes qui connaissent les chameaux.

Gela rappelle les paroles du célèbre Cuvier qui disait, qu’à l’examen d’une mâchoire il pourrait reconnaître à quel genre d’animaux elle appartenait.

On trouve aussi d’autrespassages, ou les docteurs du Thalmud ont étudié les rapports des organes

quand le boucher a coupé la trachée et l’œsophage, il y a mort générale de ranimai. Cecin’estpas exacte, il y a un intervalle entre le moment où ces deux organes sont coupés et celui de la mort générale : comme la beraïtha l’a dit, « il coupe un morceau après l’incision de la trachée et de l’œsophage, et il attend jusqu’à ce que l’animal meure» (ibidem). Les Thossephoth ont, du reste prouvé ailléurs que l’expression bené rnaayirn n’implique pas les poumons dans le langage des amoraïm (v. p. 41, e t 42, note)

LA médecine du thalmud. xïxy

avec leurs fonctions et les modifications organiques produites par des influences extérieures (v. pp. 172,

173 de mon 5® tome de ma Législation et plus bas P* 93).

Quant à la digestion, il paraît que d’après la mischnah, tant qu’on n’éprouve pas le besoin impérieux de prendre une nourriture, la digestion de ce qu’on a mangé n’est pas achevée (v. p. 105, où elle paraît admettre qu’un chien n’a besoin de manger que trois jours après son repas, et un poisson ou un oiseau vingt-quatre- heures).

Rabbi Meyer dit que le lait d’une femme vient du sang, c’est pourquoi les nourrices n’ont pas de menstrues (v. p. 77). Cette idée était susceptible de conduire à la théorie, que tous les liquides du corps humain viennent du sang.

Le sang est le principe vivifiant, le sang est l’âme, dit la Bible. C’est pourquoi un os dénudé se nécrose, car il ne peut vivre que quand il est entouré de graisse ou de muscles qui sont les réservoirs du sang, ou d’après certains docteurs quand il a conservé sa moelle (ou son tissu spongieux) à l’intérieur qui renferme également du sang (v. : pp. 20 et 71).

On savait que les muscles des membres coupés peuvent encore exécuter des mouvements pendant quelque temps (v. pp. 87-88 et 101).

On étudiait les prodromes des menstrues et la relation de celles-ci avec la fécondité de la femme (v. p. 96). On étudiait les diverses nuances de la couleur des menstrues, et on les comparait avec les colorations des diverses sortes de sang provenant

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d’autres sources. On connaissait certaines substances, au moyen desquelles on pouvait distinguer la tache provenant du sang de celle qui provient d’une matière colorante (v. p. 96).

On admettait qu’une peur ou le froid peut arrêter l’écoulement des menstrues, tandis qu’une frayeur subite peut, au contraire, provoquer l’écoulement en relâchant les tissus (v. p. 99).

Quant à la grossesse et à l’accouchement, on savait que la présentation du sommet est la règle, tandis que celle des pieds est l’exception (v. pp. 82 et 83). On savait à quel âge la femme peut devenir enceinte (v. p. 88), à quel âge le fœtus est complètement formé (v. p. 83), combien de jours le placenta peut retarder sa sortie après l’accouchement du fœtus (v. p. 81 et 82). Ils étudiaient la grossesse des divers animaux], ainsi que la production des fruits des arbres (v. traité Bekhoroth, fol. 8 recto).

La pathologie .

On trouve mentionnées dans divers traités thalmudiques certaines maladies générales, comme les diverses fièvres : la lèpre, la spermatorrhée (v. p. 127), etc.

Il est à remarquer que les docteurs du Thalmud connaissaient la mort apparente (catalepsie, syncope, etc.), et ils recommandaient d’examiner le mort les premiers trois jours pourvoir s’il est réellement mort ,(v. p. 99). ils connaissaient aussi le danger de la morsure d’un.chien enragé (v. p. 59) ou de celle d’un serpent (ibidem). Enfin, les docteurs du Thalmud ont reconnu le véritable caractère de

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