LA MÉDECINS DU THALMUD
morrhagie ne laisse jamais l’animal revenir à luimême ,
Je termine donc en proposant aux membres des Sociétés protectrices des animaux, d’apprendre chez les Juifs leurs rites et de les introduire dans les boucheries chrétiennes.
La médecine renfermée dans les traités thalmudiques sus-mentionnés est basée sur :
«) La tradition.
b ) Les idées médicales de l’époque thalmudique.
c) La dissection des cadavres humains faite par les docteurs du Thalmud et par d’autres.
a) L’observation des maladies.
è) Les expériences et les vivisections.
La dissection des cadavres humains se faisait par les docteurs thalmudiques eux-mêmes. Rab Joudah raconta, au nom de Samuel, que les disciples de rabbi Ismaël ont disséqué une femme qu’un roi païen a fait mourir sur l'échafaud, et ils ont cherché à vérifier les données anatomiques de la tradition (v. p. 75). Une reine païenne a fait mourir des esclaves enceintes, et rabbi Ismaël et ses collègues ont examiné les fœtus de ces femmes, pour connaître l’époque exacte du développement des fœtus humains (v. p. 83). Les docteurs faisaient des études sur les fœtus avortés, pour reconnaître leur âge, étude dans laquelle Samuel était très-h abilo (traité Nidah, fol* 25, verso). D’autres dissé-
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quaient les animaux pour étudier la structure de divers organes, comme rabbi Jérémie qui examinait les tubercules quadrijumeaux chez les oiseaux (v. p. 12); rabbi Josué, fils de Lévy, étudiait la structure des testicules (p. 12), etc.
Les docteurs acceptaient les idées médicales de leur époque, et ils consultaient les médecins dans les cas douteux (v. traité Nidah, fol. 22, verso, et plus bas p. 66 et 81).
L’observation des faits, comme pour les médecins modernes l’observation clinique, était pour les docteurs du Thalmud la base principale de leurs décisions médicales. Ces pieux docteurs croyaient à l’observation plus qu’à la tradition. Rabbi Abbi pensait qu’une plaie des reins n’était pas une maladie assez grave pour rendre un animai terephah, car cette maladie n’était pas mentionnée dans sa pathologie traditionnelle. On lui dit que cette plaie doit être mortelle, puisque les chasseurs tuent un animal en le frappant dans cet endroit. Rabbi Abba chercha à défendre la tradition, en disant que l’animal pourrait guérir, si au lieu de vouloir le tuer, on voulait le soigner (v. p. 42). Mais Rab dit que la plaie d’un seul rein rend un animal terephah, et la ghemara adopta l’idée de Rab (v. p. 44).
Rabbi Triphon pensait que l’extirpation de la matrice était une maladie assez grave pour rendre un animal terephah . Mais ses collègues lui communiquent 1 observation des vaches et des porcs de auxquelles les marchands qui les vendaient pour l’étranger, extirpaientla matrice, pour qu’elles ne pussent pas propager la race dans d’autres, pays
et ces vaches et ces porcs se portaient bien après l’opération. Rabbi Triphon se rendit à l'évidence, et il avoua qu’il s’était trompé (v. p. 75).
Le célèbre Rab, le plus grand docteur de son époque, trouva que sa pathologie traditionnelle n’était pas suffisante pour décider dans tous les cas demaladies et de difformités ( moum ), si elles sont curables (moum ober ), ou non {moum keboud). il se mit donc en pension chez un berger pour dix-huit mois, afin d’étudier les diverses difformités sur les animaux (v. traité Synhedrin, fol. 8, verso).
On invoqua l’observation pour ie cas d’une perte de substance de la trachée (v. p. 55). Laghemara connaissait le fait, qu’une personne enfermée hermétiquement dans une chambre meurt plus vite quand il y a dans cette chambre une chandelle allumée ou quelque chose qui brûle (v. traité Synhedrin fol. 77 et ma législation criminelle p. 429).
Enfin les expériences et les vivisections étaient faites par les docteurs du Thalmud, pour résoudre certains points douteux. C’est ainsi que rabbi Joudah croyant que la privation du duvet était pour les oiseaux assez grave pour les rendre terephah, rabbi Simon fils de Halaphtha fit une expérience en privant une poule de son duvet, et en la soignant ensuite par la chaleur, et il a réussi à la guérir, le duvet ayant repoussé (v. p. 56). Le même rabbi Simon a fait encore d’autres expériences, ce qui lui a valu le surnom askan bedebarim, cherchant à vérifier les théories (ibidem, et traité Holin fol. 57). Raba, fils de Routa, dit que l’albumine se coagule par la chaleur, et que c’est par ce moyen qu’on peut
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distinguer le blanc d’œuf d’un autre liquide qui lui ressemble parl’aspect(p. 167).
Les parties les plus essentielles dont se compose la science de la médecine sont, comme on sait, l’anatomie et la physiologie pour la connaissance de Tétât normal, la pathologie et le diagnostic, sans lequel il n’y a pas de traitement rationnel, et qui seul donne à l’étiologie et à la séméiologie toute leur importance. Nous allons donc exposer ce qu’il y a dans le Thalmud de ces parties essentielles de la science médicale.
Vanatomie , fostéologie.
Vostéologie se trouve très-détaillée dans le traité Oholoth (v. p. 101-107), il n’y manque guère que les petits osselets des oreilles moyennes dont la mischnah ne parle pas, comme elle ne parle pas dans ce traité de la trachée qu’elle connaissait certainement, quoiqu’elle parle des cartilages des oreilles ; car la trachée et les osselets se trouvent à l’intérieur (v. les mêmes pages). On voit par la connaissance exacte des os du carpe, du tarse, des métacarpiens, des métatarsiens et même des petits osselets, appelés sésamoïdes, que les docteurs du Thalmud faisaient des dissections sur des cadavres humains , et ils ne se contentaient pas, comme Je célèbre Galien, des dissections des animaux. On sait que Galien, le célèbre médecin qui florissait au u* siècle, né disséquait jamais que certains animaux, croyant que ceux-ci sont exactement construits comme les hommes, et il a ainsi commis les grosses erreurs que Daremberg lui reproche dans son his-
toire des sciences médicales. Un jour on a trouvé un tas d’os humains, on a alors appelé Thodos le médecin et tous les autres médecins juifs, pour qu’ils examinent les os et qu’ils reconnaissent leur provenance (v. traitéNazir fol. 52 et plus bas, p. 163).
On voit en outre dans notre ostéologie, que les docteurs du Thalmud ne se contentaient pas de la dissection des personnes adultes, mais qu’ils disséquaient aussi (et même plus souvent encore) des fœtus avortés, puisqu’ils connaissaient les points d’ossification des phalanges, celui du fémur, les épiphyses du fémur, du tibia et du péroné, et les points d’ossification de l’olécrane, de la tête du radius, de l’acromion et de T apophyse coracoïde. Ils. connaissaient donc non-seulement tous les os du corps humain, mais ils savaient aussi comment ces os se développent. Enfin ils connaissaient la structure des os, puisqu’ils connaissaient la moelle des os longs (v. p. 71) et le tissu spongieux des os larges (v. p. 40), et qu’ils savaient que les dents et les ongles ne sont pas des os (v. p. 95).
La myologie .
Quand on voit la Bible et le Thalmud parlant trèssouvent du bassar, la chair, et n’en indiquant presque jamais une partie quelconque comme formant à elle seule un organe entier, l’organe appelé muscle , on pourrait croire que la myologie était complètement ignorée. Cependant, il faut se rappeler que le mot bassar peut indiquer l’animal entier et aussi une partie charnue qui constitue évidemment à el^e seule un organe entier ; le membre viril est très-
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souvent indiqué par ce mot. Il y a en outre un passage où le Thalmud parle évidemment des muscles de l’abdomen, dont il connaissait bien la direction des fibres (v. p.60et 61). RabHisda dit : Tout animal qui présente les fibres transversales et longitudinales (des muscles en question) est pur (il est de ceux qui sontruminants et qui ont le sabot divisé), à l’exception de Yaroud (ibidem). Rab Hisda a donc étudié la direction des fibres des muscles abdominaux chez tous les animaux qu’il connaissait. Gomme il est impossible d’admettre qu’il n’a étudié que ces muscles, ne pouvant pas savoir d’avance qu’il trouvera là un signe distinctif des animaux purs, il en résulte qu’il a fait la même étude pour les muscles du corps entier. Or,quand on examine la direction des fibres musculaires de tout le corps, on reconnaît nécessairement chaque muscle comme organe. Quant aux tendons, le Thalmud en parle très-souvent sous le nom de ghidin , etc.
Uangiologie et la nécrologie.
Le Thalmud connaissait les veines que Rabbi Joudah appella vridin (v. plus haut), que d’autres appelaient mizrakin (les grosses veines du cou), ou houtin (filets), ou houté hadam (filets renfermant du sang), etc. Sur les artères, les docteurs du Thalmud avaient évidemment les idées de tous les médecins qui ont vécu avant la découverte de la circulation faite par Havey. Quant aux nerfs, ils en connaissaient un certain nombre qu’on trouvera mentionné dans ce volume (v. p. 15).
Enfin, les docteurs connaissaient les viscères dont