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( Citrate de joude injectable) Hémorragies
PILULES du DR DEBOUZY
Opothérapie biliaire
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Affections de l’estomac, viscosité du sang 4 & 8 comprimés 3 fois par jour
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îo fois moins toxique que la strychnine
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les estampes, un peu trop libres, qu'il avait jusqu'alors conservées, et se mit à esquisser son Triomphe de Marat. En exaltant ainsi Y Ami du Peuple, il se créait une sauvegarde, qui le préserverait, au moins pendant quelque temps, des attaques plus ou moins sournoises, de ceux qui l'accusaient de tiédeur. Le Triomphe de Aîarat est une page d'histoire ; la plupart des personnages qui y figurent ont été croqués sur le vif ; cette peinture est remarquable de mouvement et de vérité.
A s'en rapporter à un de ses compatriotes, Boilly aurait été de nouveau l'objet de persécutions révolutionnaires, jeté en prison sans qu'on eût daigné lui faire connaître les causes de son arrestation ; il en avait éprouvé un tel saisissement, que ses cheveux auraient blanchi en 48 heures ! Or, dans tous les portraits qu'on a de lui, de 1791 a i832, il a les cheveux très noirs, et, du reste, il portait perruque. C'est ainsi que souvent on écrit l'histoire.
A nous en tenir aux sujets qui doivent de préférence fixer notre attention, nous en signalerons deux qui portent en eux-mêmes leur date : la Cranioiogie rappelle l'époque où florissait la doctrine de Gall ; La Vaccine ou le Préjugé vaincu est de 1807 ; bien que postérieure aux expériences de Jenner, cette estampe évoqué l’inoubliable découverte grâce à laquelle ont été préservées tant d'existences humaines.
Deux lithographies bien connues, composées en 1826, représentant La première dent et La dernière dent , sont de la manière qui a les prédilections de l'artiste, lequel a préludé ainsi à des compositions d'un genre tout nouveau, qui ont plus fait pour préserver son nom de l'oubli que ses toiles de plus grandes dimensions, ou ses tableaux d'une facture plus achevée.
L'effet du mélodrame est une lithographie de i83o. Elle ne comprend pas moins de 2 3 personnages : dans une loge une femme vient de se trouver mal ; un médecin lui fait respirer des sels. Les spectateurs qui les entourent attendent avec anxiété l'issue de ce menu drame qui se joue dans la salle, et les détourne un moment de la pièce qui se joue sur la scène. Seul, un gros monsieur continue a sommeiller, indifférent à ce qui se passe autour de lui.
Dans La vioite chez la nourrice, une jeune femme examine si la dentition de son enfant commence à s’opérer.
La petite précaution nous montre une belle dame écartant un peu de sa robe son garçonnet et l'invitant à satisfaire le “ petit besoin " qui le tourmente.
Boilly excelle dans ces scènes du foyer domestique, et l'on a pu dire, avec beaucoup’ de justesse, que “ nul parmi ses contemporains, non pas même le sentimental Greuze ou l'enjoué Frago —
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n'a rendu, comme Louis Boilly, la grâce mutine du gamin qui s'essaie à farder la joue de sa grande sœur, ou de la fillette qui lorgne sa poupée à travers les besicles de son aïeule ^
JVLais ce qui, pour nous, a un tout autre attrait, ce sont ces groupes de têtes, connus sous le nom de Grimaces, dont Boilly conçut la première idée en 1823, et où son humour s'est donné libre carrière.
La plupart, sinon toutes ces Grimaces, ont été lithographiées à la fois en noir et en couleur. Plus tard, on en a publié des épreuves très inférieures.
Il n'est aucun collectionneur qui n'ait vu de ces estampes, dont certaines réunissent plusieurs têtes,, d'une fantaisie plus ou moins outrée ; “ par exemple, des gourmands, qui hument, avec des expressions diverses, le fumet des victuailles ; dans un autre groupe, des savants ridochés, ou des avares soupçonneux ; ou des hommes et des femmes, affligés de nez camards, etc. (s) ”.
Disons, tout de suite, que les médecins n'ont pas été trop maltraités par le doux satirique ; son malicieux crayon les a sinon épargnés, du moins à peine effleurés. Il y a, il est vrai, la Consultation , de 1760, qui rappelle un peu la manière de Hogarth. Considérez ces vieux médecins tout emperruqués, comme il était de mode en ce temps ; chacun a sa physionomie propre. A remarquer, surtout, le confrère que sa surdité oblige à se servir du cornet acoustique, et qui doit prendre à la discussion une part assez... lointaine.
Dans le groupe médical de 1823, l'artiste n'a voulu représenter que de jeunes praticiens, frais émoulus de l'Ecole, qui
paraissent plus soucieux de coquetterie, que du sort des malades
confiés à leurs soins. Pendant que l'un s'occupe à feuilleter un livre, nous n'oserions dire de médecine, un autre se cure les dents sans vergogne ; tandis qu'un troisième manie la loupe, si ce n'est un monocle, qui, tout à l’heure, lui donnera l’air de fatuité qu'il
recherche, pour faire la conquête d'une belle.
L’application de sang ducs, l'examen de la malade, la Vaccine n ont rien de positivement caricatural ; tout au plus, y verrions-nous des charges, d'où la méchanceté, sinon une pointe de malice, est exclue.
Les lithographies qui se réclament plus spécialement de notre art, sont au nombre d'une douzaine environ. Ce sont, outre les deux groupes de médecins consultants, dont nous avons parlé plus haut, le Baume d’acier, c’est-à-dire l'extraction dentaire avec un instrument
(1) Louis Vauxcelles ( L’Eclair , ai Juin 193.4), à propos de la rétrospective Boillj à l’Hôtel Charpentier, (a) Arsène Alexandre, L'Art du rire et de la caricature.
d’acier qui ne pouvait être encore le davier, pas encore inventé. Les Epoux assortis , où nous est montré un homme enlevant son œil artificiel, tandis que sa femme ôte son râtelier.
La grossesse est représentée par deux images qui comptent parmi les plus joliment venues de la série : le Deuxieme mois et le Neuvième mois. Citons, enfin, pour être à peu près complet, le Æapnétiome, les Booous, et nous croyons bien n’en pas oublier.
Il nous reste à dire quelques mots d'un Album de caricatures, se rapportant, pour la plupart, à des personnages qui appartiennent à notre corps, et que nous avons eu la bonne fortune de feuilleter jadis chez son heureux possesseur, JM. le Professeur Tulfier, dont nous n'avons pas à vanter la bonne grâce et la courtoisie, qui lui sont coutumières. Ce sont des aquarelles assez poussées, et dont quelques-unes appellent un commentaire, si laconique soit-il.
Voici un ancêtre qui a vu la fin du règne de Louis XVI, la Révolution, l'Empire, la Restauration, qui, après avoir été l'archiâtre de Louis XVIII et de Charles X, a fadli occuper le même poste auprès de Louis-Philippe. A l'âge de 90 ans, il sollicitait encore la succession du confrère qui détenait la place ; et comme le roi lui répondait : — “ Je n'ai aucune raison de me séparer d'un bon
serviteur ; Qu’à cela ne tienne, Sire, répondit Portai, je me contenterai de sa survivance. On aurait pu dire de l'insatiable Portai ce qu'on dit, plus tard, d'un illustre chimiste, quand il mourut : “ Ci-gît, à la seule place qu'il n'ait pas sollicitée ! " Boilly a représenté Portai la perruque tout de travers, dans un carrosse archaïque, avec la Mort comme valet de pied.
Une autre caricature, dûe au même pinceau, nous montre H allé, un des médecins de l'Empereur, s'entretenant avec Cassini, de la dynastie des astronomes portant ce nom glorieux.
Quel est cet autre personnage, plongé dans une méditation profonde, en contemplant la préparation qui " mijote " dans un creuset ? Sans doute est-ce " ce composé qui non seulement tend toujours â se décomposer lui-même, mais encore à détruire tous les corps qui s'en approchent de trop près.... ce corps mystérieux (qui) va jusqu'à détruire certains corps, comme pour le plaisir de les détruire, c'est-à-dire sans rien leur prendre et sans rien leur donner (l) ? " Vous avez deviné qu'il s'agit de l'eau oxygénée, et de son inventeur, le Baron Thénard.
N'essayez pas de reconnaître sous les traits d'une sirène, le naturaliste Lacépède, bien que le large cordon qui barre son thorax
(1) Eloge, de Thénard, par Dubois, d’Amiens.
désigne suffisamment le Grand Chancelier de la Légion d’Honneur de Napoléon.
On trouve encore, dans ce précieux album, les caricatures de Villemain (en singe) ; il était si laid ! Cuvier, Geoffroy- Saint-Hilaire, Thouin, le jardinier du JVLuséum ; mais nous sommes déjà bien loin de notre art !...
En dehors de ces portraits-charges, on doit à Boilly quelques portraits de praticiens célèbres de son temps. Citons seulement les effigies de Corvisart, d’Antoine Dubois, d’Heurteloup, et du chirurgien en chef des armées, le baron Percy.
Et maintenant, s’il nous faut conclure, nous dirons que l’œuvre de Boilly respire, dans son ensemble, la santé, la bonne humeur, la joie de vivre. Rien de conventionnel, de maniéré, de précieux : c est la nature sans artifice, dans toute sa simplicité. On ne saurait mieux caractériser Boilly qu’en disant qu’il fut, avant tout et surtout, un artiste consciencieux. Toujours animé par le scrupuleux souci de faire vrai, il n’eut pas d’autre objectif. Réaliste, si l’on veut ; mais son réalisme fut de bon aloi, et nous ne voudrions pas qu on vit un reproche là où nous ne prétendons qu’à louer. Alors qu’on ne parlera plus de peintres beaucoup plus fameux, on recherchera ces documents sur la vie et les mœurs d’une époque, déjà plus éloignée de la notre par l’esprit et les habitudes que par les années. Boilly comptera toujours des admirateurs parmi ceux qui aiment la saine gaieté française et qu’éloignent les doctrines, si contraires à notre race, d’un pessimisme desséchant.
Et, à ce propos, qu’il nous soit permis, en terminant, d’évoquer une anecdote, qui nous fut naguère contée par notre ami, le très distingué journaliste Georges Aiontorgueil.
Boilly, nous disait-il un jour, a, le croiriez- vous, un fanatique de ses œuvres en la personne d’un fonctionnaire qui semblait, pourtant, bien peu préparé par son emploi à goûter ce genre de talent : ce fonctionnaire' c'est .. . l’ancien greffier de la JVLorgue, l’excellent AI. Pierre !
— Combien je regrette, comptait-il à son interlocuteur, que Boilly ne soit plus de ce monde ! Que de beaux sujets il trouverait ici, à la Ai orgue ! Tenez, Aionsieur, je le mettrais dans un petit coin de la salle d’exposition ; il observerait, collées à la cloison vitrée, les têtes de ceux qui contemplent ces visages, figés pour l’éternité ; et il traduirait, par le crayon, l’horreur chez celui-ci, l’angoisse chez celui-là, la gouaillerie chez cet autre... Que d impressions il nous restituerait, et quelle nouvelle série de Grimaced en pourrait résulter !...
Et M. Pierre, ayant dit, fredonna un couplet de Désaugiers, dont il connaissait par cœur tout le répertoire.
Nous gagerions que les mânes de Boilly, l’intime ami du chansonnier, en ont tressailli d'aise.