La médecine en caricature
FAUT-IL tenter une définition de la caricature, après toutes celles qui ont été données? Essayons toujours. Disons^ donc que la caricature est comme la revanche des opprimés contre les oppresseurs, quelle soit politique ou sociale. C’est l’arme dont se servent les miséreux contre ceux qui possèdent ; de ceux qui souffrent, contre ceux qui n’ont pas réussi à les soulager, et qui ne pardonnent pas a ces derniers de n’avoir pas su réaliser un miracle.
On peut dire que si la caricature est un mot relativement récent, la chose qu'elle représente est aussi vieille que le monde.
En ce qui concerne la caricature médicale, on conçoit que, de bonne heure, notre profession ait pu exciter la verve railleuse des artistes. L’homme en santé se rit volontiers de celui auquel il compte ne jamais recourir, jusqu’au jour où, humble et soumis, il viendra se traîner à ses pieds. Le médecin, d'ailleurs, n'abusera pas de sa victoire ; il accueillera le patient repentant, sans lui tenir rigueur des injures qu’il aura reçues.
Notre profession a, de tous temps, prêté le flanc à la satire ; les écrivains, à différentes époques, l'ont dénigrée à qui mieux mieux ; mais, nuis plus que les caricaturistes, n'ont exercé leur art à nos dépens. Aucune corporation n'a été plus maltraitée que la nôtre, elle ne s'en porte pas plus mal, du reste.
D autre part, la pléiade de maladies de tout genre devait inspirer les caricaturistes, comme si le spectacle des misères humaines ne pouvait qu'exciter la pitié railleuse de ceux qui se portent bien.
S'il est un sentiment très humain, c'est que l'homme s'empresse de tourner le dos à son bienfaiteur, quand il croit n'avoir plus besoin de lui. Tant que durent ses alarmes, il implore son secours ; dès que le danger est conjuré, le médecin n'est plus le sauveur auquel on a voué une reconnaissance éternelle, mais l'importun créancier dont on discute les honoraires, qu'au besoin on oubliera d'acquitter ; pour un peu on l'accuserait d'avoir introduit lui-même la maladie au logis !
Cet état d'esprit expbque les innombrables caricatures qui, depuis les époques les plus lointaines, font la joie de la galerie, et dont les disciples d'Esculape sont les premiers à rire.
On ne s avance pas beaucoup, en disant que les origines de la caricature se perdent dans la nuit des temps ; il paraît avéré qu'elle n'a pas été ignorée des Assyriens, des Egyptiens, des Grecs et des Romains.
Cicéron, dans son traité De Oratore , parie déjà d'images qui tellement exagèrent certaines difformités du corps, qu elles provoquent le rire chez ceux qui les considèrent. « Ces images sont très amusantes, ecrit-il, parce qu elles consistent ordinairement à comparer une difformité, un défaut corporel à quelque autre objet plus difforme encore. »
Un acte physiologique, qui a été un des premiers tourné en dérision, est celui qui consiste — employons une périphrase honnête
— à évacuer le trop plein de la digestion. Nous en donnons ci-après deux curieux spécimens (fig. 2 et 3).
Comme l’a justement fait observer l'auteur d'un excellent ouvrage sur les Jfîœurd et Coutumes ded anciens Egyptiens, sir Gardner Wilkinson, les premiers artistes égyptiens n'ont pas toujours caché leur penchant naturel à la plaisanterie ; on le voit percer dans une multitude de
Fig. 2.
circonstances : c’est ainsi que, dans une série de compositions historiques, peintes sur un grand monument de Thèbes, où figure une réunion de convives des deux sexes, nous rencontrons la preuve manifeste que les dames, même du plus haut rang, n’étaient pas toujours modérées dans l'usage qu elles faisaient du jus de la treille. Notre fig. 3 représente un des effets habituels de cette intempérance, qui est plus rarement observée chez la femme que chez l’homme.
Dans la caricature romaine, nous ne relevons guère, en ce qui touche à notre sujet, notamment dans les peintures d'ornementation des maisons d’Herculanum et de Pompéï, que des nains et des pygmées, dont les artistes se sont servis pour tourner en ridicule les différentes occupations de la vie, scènes de mœurs ou scènes d’intérieur, représentées sous une forme plus ou moins burlesque. Des combats de pygmées ornaient également les murs des tavernes et des boutiques, toujours en manière de satire ou de parodie.
Si, franchissant un espace multiséculaire, nous arrivons à l’ère moyen-âgeuse, nous aurons à relever un certain nombre de manifestations caricaturales, où notre art trouvera sa place. Il existe toute une iconographie urologique, où nous puiserons maints documents, ce qui ne surprendra pas ceux qui savent la place importante qu’a tenue l’urologie au moyen-âge, tant pour le diagnostic que pour le pronostic des maladies.
Il est difficile, en général, d'établir une ligne de démarcation bien nette entre les pièces strictement documentaires et celles qui ont un caractère satirique ; nous tenterons, néanmoins, de faire cette discrimination, toutes les fois qu’il nous sera possible.
Nous trouvons un spécimen de chacune de ces deux catégories dans deux médaillons du portail des Libraires, de la cathédrale de Rouen, dont notre érudit confrère, le Dr Nicolle, a donné la description, dans un savant travail sur les urologues normands. Nous ne saurions mieux faire que de lui emprunter son texte.
« Un premier médaillon, écrit le Dr Nicolle, nous montre un homme assis, la tête nue, ornée seulement d'une couronne de cheveux ; il tient, dans une de ses mains, un petit vase, de forme allongée, qu'il élève et qu’il regarde. Devant lui est un pupitre, portant un livre. »
Le vase, il est aisé de le reconnaître : c'est un urinai, « l'attribut caractéristique du médecin. » Là, point d’intention satirique ; celle-ci apparaîtra mieux dans le second médaillon (fig. q), montrant un personnage à cbeveux longs et bouclés, le chef coiffé du bonnet doctoral, et à cheval sur un oiseau, qui ressemble fortement à une oie ; à moins que ce ne soit, comme l’insinue M. C. Vieillard « un oiseau fantastique », comme sembleraient Fig, g l’indiquer « ses pattes munies de griffes,
analogues à celles du lion, et sa queue, dressée majestueusement en 1 air, et que termine une touffe de poils. » Quoi qu'il en, soit, il s'agit bien d'un médecin ; et à ce titre, cette image relève de notre juridiction.
C’est encore une satire divertissante des médecins, qui est exprimée dans ce psautier, du treizième siècle, de la Bibliothèque de Douai (fig. 6), où l’on voit Brun, l’ours, malade, couché dans un lit, au pied d’un arbre ; tandis qu’un autre animal, en costume de docteur, contemple, en faisant une grimace soucieuse, l’urine de l’égrotant. Ailleurs, c’est un singe (fig. 5), tenant à la main le vase intime d’une « demizele (demoiselle) de bien cour », qui vient au devant de lui, anxieuse de connaître son verdict. Cette miniature, du manuscrit de Cambrai, serait, paraît-il, actuellement conservée dans notre grand dépôt national ; nous en devons la révélation au très distingué conservateur du Musée des Beaux-Arts de Gand, M. L. Maeterlinck <»>.
Nous ne saurions omettre de signaler les manifestations caricaturales que les artisans du moyen-âge n’ont pas hésité à introduire jusque dans les édifices religieux, soit sous forme de gargouilles, placées a 1 extérieur d un monument, soit dans le chœur même de l’église : telle, cette miséricorde de St-Gervais, à Paris, qui représente un apothicaire, administrant un clystère
à une femme couchée, la cuisse droite fléchie sur la gauche.
(1) L’Urologie el lcd médecins urologue d dand la médecine ancienne (Paris, i9o5), 127.
(2) Cf. Le genre ealirique dand la peinture flamande, fig. 78 et 79.
Fig. 6.
Sur un vitrail de la même église, on pouvait voir, naguère encore, la scène de l’Annonciation, accompagnée de ce quatrain savoureux :
Un angei de Dieu Lui nonça (annonça)
Et pour vérité prononça Que de l'Esprit elle étoit pleine,
Par quoy fut son an hors de peine.
Ce qui signifie que, débarrassée pendant un an de ses « ordinaires », elle fut délivrée (hors de peine) au bout de ce temps.
Une autre source de documentation pour la caricature médicale nous est fournie par la gravure sur bois. Il est un livre, peu commun, imprimé avec des caractères de bois, et qui porte pour titre : Ars nioriendi, ou « l'Art de mourir », avec ce sous-titre : De tentât ionib us mo rient mm ; « des tentations auxquelles sont exposés les mourants. »
La scène ici reproduite (fig. 7) représente un moribond, couché nu (comme ce fut l’usage pendant plusieurs siècles) ; son lit est entouré par trois démons, qui viennent le tenter, tandis que ses parents le considèrent en silence, ignorant la présence des esprits malins, invisibles à leurs yeux. Ces démons ont une figure grotesque, qui donne à la composition son caractère caricatural. Un des
démons, penché sur le mourant, tient à la main une banderole, sur laquelle sont écrits ces mots : Provideas amicis, « pense aux amis », tandis que le diablotin, placé à la gauche du moribond, lui suggère : Intende thesauro, « veille au trésor » : entre ces deux suggestions, le patient médite, perplexe.
L’allégorie a été de bonne heure employée dans l’imagerie ; nous signalerons seulement, dans cet ordre d’idées, une gravure en taille-douce, attribuée à un artiste d'Augsbourg, Daniel Hopfer, 011 un personnage, en robe et la tête coiffée du bonnet doctoral (il n’y a donc pas à se méprendre sur sa profession), cherche à extraire une
Fig. H.
paille de l'œil du patient, ne voyant pas l'énorme poutre qui lui tombe sur son propre organe visuel (fig. 8). Un groupe, comprenant deux femmes et un enfant, contemple la scène d'un air amusé, ou pour le moins étonné. On se remémore, à ce propos, en quels termes, dans le Sermon sur la montagne, que reproduit l'Evangile selon St-JVLatbieu, Jésus condamne les jugements précipités sur les actes d'autrui :
« Et pourquoi remarques-tu la paille qui est dans l'œil de ton frère, et ne fais-tu pas attention à la poutre que tu as dans le tien ? Comment vas-tu dire à ton frère : laisse-moi retirer la paille de ton œil, lorsque, toi, tu as une poutre dans le tien ? Hypocrite que tu es, commence par ôter la poutre, et alors tu y verras clair pour retirer la paille qui est dans l'œil de ton frère. »
Il est un autre mode satirique qui appartient au moyen-âge et dont nous devons dire quelques mots : ce sont les Danses de la mort, ou Danseo macabre d, qu'on représentait sur les murs des églises, sur les tapisseries même dont on tendait les appartements, et dont quelques très curieuses gravures nous ont conservé la figuration.
La Mort se partage, pourrait-on dire, avec la Folie, cette triste époque que fut le quinzième siècle. La folie « semblait être le principe qui régissait les actions de la plupart des hommes. »
Durant le seizième siècle, la Nef ded foud, qui a immortalisé le nom de Sébastien Brandt, et qui fut publiée, pour la première fois, en l'an 1^94' jouit d’une vogue immense. Ce livre se compose d'une série de gravures sur bois, et un texte en vers accompagne chaque gravure. Nous n'en retiendrons que la figure (fig. 9), qui forme le cinquanteneuvième chapitre de la Nef ded foud, où se voit un mendiant, coiffe d'un bonnet de folie, et dont une des jambes, fléchie, est appuyée, par le genou, à un pilon de bois.
Est-ce boiterie réelle ou simulée ? Il est assez difficile de le déterminer.
Au commencement du siècle suivant,
Erasme, le plus célèbre des humanistes de son temps, écrivait son Eloge de la folle, où il raille toutes les formes de la sottise humaine ; il n'a eu garde d'oublier la médecine et le médecin.
« De tous les arts, écrit-il, on estime davantage ceux qui approchent le plus du sens commun, c’est-à-dire, selon moi, de la Folie ; mais de quel rapport sont-ils ? Les entrailles des théologiens crient
apres Abraham BOSSE. La mort du mauvais riche.
Holbein, qui a illustré XK Loge de La foLLe d’Erasme, s’est donné garde d’oublier le médecin, qu’il montre vêtu de sa robe et examinant, à travers un récipient de forme bizarre, les urines d’un malade (fig. 10).
Au seizième siècle, la caricature s’attaque encore aux sujets macabres : une caricature célèbre nous montre la Æorttnédecin h), allusion à l’enseignement de l’anatomie, donné sur le cadavre, à la Faculté de Bologne (fig. 11).
famine ; les physiciens se morfondent ; celui-là fait autant à lui seul que tous les autres ensemble. D’ailleurs, cette profession de médecin a un grand avantage : c'est que plus celui qui la pratique est ignorant, hardi, téméraire, plus il est estimé des grands. J'ajoute que la Médecine, principalement de la •manière qu’on l’exerce aujourd’hui, n’est qu’une portion de la flatterie, ce qui lui est assurément commun avec la Rhétorique. »
Mais nous voici au siècle de la Réforme ; les convulsions politico -religieuses commencent à ’ secouer l’Europe. Alors, la caricature et la gravure à tendances satiriques évoquent les troubles qui, du nord au sud de la France, et jusque par delà les frontières, ensanglantaient notre pays.
L'art flamand, sur lequel nous aurons à revenir, avait déjà montré toute sa puissance caricaturale, surtout avec Breughel-le-Vieux, dont l’influence se fera longtemps sentir sur nos imagiers.
A proprement parler, il n’y a, dans ces compositions de Breugbel et de ses disciples, rien de médical ; seuls, par leur anatomie grotesque, les diables et les démons méritent de retenir notre attention.
Ce goût pour la diablerie, un artiste l’a partagé au début de sa carrière, mais il sut s’en affranchir par la suite et acquérir un tempérament vraiment personnel. Il convient, toutefois, de dire que Jacques Callot, l'artiste auquel nous pensons, a traité à deux reprises le sujet de la Tentation de St- Antoine, qui est considéré comme une de ses
(1) Sciences, Lellree et Arle au moyen-age, par P. Lacroix, 171.
Fig. 11.
œuvres les plus remarquables. Cette quantité de personnages diaboliques qu'il a introduits dans sa composition, atteste une richesse extraordinaire d'imagination dans les formes, les postures, les physionomies, et jusque dans les accoutrements de ces Fig. 12. êtres chimériques, auxquels le génie du graveur a
su donner un relief particulier.
Le talent de Callot s'est manifesté, avec toute son originalité, dans une nouvelle série de dessins auxquels l'auteur a donné le nom de Caprices. Notre figure 12 reproduit un de ces dessins : il représente un estropié, se soutenant sur une petite béquille et ayant le bras droit en écharpe.
Les Gobbi , ou bossus, forment une série de vingt -et -une gravures. La série des Baroni, ou mendiants, comprend nombre d’infirmes, se servant de leur infirmité pour solliciter la charité publique, et le plus souvent exposant des blessures ou des ulcères factices pour apitoyer le passant.
Cependant, il ne faudrait pas ne voir dans l'œuvre de Callot que des simulateurs. Comme le remarque notre confrère L. Nass (d.
Fia. 13.
...« parmi les sujets de la dynastie Clopin-Trouillefou, régnant dans la Cour des Miracles, il se trouvait plus d’un infirme, plus d'un monstre même. » Et il énumère : « Janin cul-de-bois, absolument dépourvu de membres inférieurs, et qui repose son bassin dans une sorte d’écuelle, qu’il déplace lentement en s'aidant de ses mains ; Rolin Trapu, le roi des polissons, qui ne peut voyager qu’en carrosse, — ce
carrosse est une simple brouette, d’ailleurs ; Triboulet, un des seigneurs les mieux en cour auprès de Rolin Trapu, et dont l’appareil orthopédique est des plus curieux : les genoux emboîtés dans des écuelles de bois, les pieds ramenés sous les fesses à l’aide d’une courroie.
(1) Cui-ioaitéê médicoarliâliquM, 3e série.
Fig. 15.
voilà qui n’a pas dû coûter grand effort d'imagination au redresseur de tort, qui n'a rien redressé du tout de l’anatomie du malheureux Triboulet. »
La plupart de ces gueux, « ancêtres de nos mendigots », nous offrent les types les plus divers de déformation rachitique : genu mlgam, genu varum, simple et double, jambes en manches de veste, déformation du tarse : c'est, en un mot, un pandémonium, qui réunit toutes les misères humaines, et que nous a heureusement conservé le burin d'un artiste génial (fig. i3, 14, i5).
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Fig . 16.
Dans la première moitié du dix-septième siècle, la caricature médicale n'a pas attendu, pour se manifester, les satires de Molière.
Dans les œuvres des graveurs, on trouve des traits de mœurs, qui se rapportent soit à la maladie, soit au médecin ; mais la mort n'est plus, comme aux siècles précédents, la protagoniste de la scène. Elle figure, néanmoins, dans une des illustrations dont le recueil constitue les Proverbes de Laignet, justement estimés pour leur adroite composition et la facture du dessin.
Apre J La mort , Le médecin (fig. 16), tel est le libellé d un de ces proverbes. Le praticien a beau considérer les urines, sa
science ne va pas jusqu'à ressusciter un cadavre :
A quoi bon d* un corps mort consulter Les urines ; Cly stères ni sirops, onguents ni médecine*)
Ne peuvent à ce corps donner soulagement.
Fit). 17‘
Ce n'est pas la seule scène médicale, ou para-médicale, que nous relevons dans Laignet ; dans le proverbe : il refuse d’une main gui le voudroit tenir de l’autre (fig. 17), on voit le médecin (ou l'avocat) refuser, d'un geste indigné de la main gauche, la bourse du client cependant que la main droite, largement ouverte, s'apprête à la saisir : c'est le cas de répéter que la gauche doit toujours
ignorer ce que fait la droite. Le graveur a cru devoir ajouter à son dessin ces vers explicatifs :
Bien souvent L'on voudrait tenir Ce qu bonnestement on refuse ;
Æaie l’honnesteté noue abuse.
Car il le faut entretenir,
Le saigner, le purger et, s’il meurt, l'enterrer.
Le médecin, le confesseur et l'advocat Ne trompe pas, c'est-à-dire ne leur Celle (cèle) la vérité : cracher au bassin l
Voici, du même auteur , deux bossus (fig. 18), abominablement difformes, qui ont encore des prétentions à l'amour ; cette légende proverbiale accompagne l’illustration : chacun cherche son semblable ; il nest point de laides amours, ni de belles prisons. Suit le quatrain qui commente l'image :
Cette rencontre est admirable ;
IL n'est pae, en effet, commun ;
Si chacun cherche son semblable
Cee deux monte (bossue) n’en feront qu’un.
Qui ne connaît le dicton : Trop gratter cuit, trop parler nuit (fig. 19) ? Un malheureux, dont les bras et les jambes sont couverts de pustules, se gratte avec frénésie... tout commentaire serait oiseux.
Autre locution proverbiale, qui consacre un fait trop réel : Les maladies viennent à cheval et s’en retournent à pied. Hélas ! qui ne s'en aperçoit ? On a la ressource de recourir au médecin, trop tard, parfois ; et c'est alors qu'on s'en prend à eux... et aux vétérinaires : Æédecins et maréchaux font souvent mourir gens et chevaux.
Mais nous avons hâte de vous présenter un grand artiste, le peintre bourgeois des intérieurs de Louis XI II, qu'il a su rendre avec une fidélité surprenante : il s'agit d 'Abraham Bosse.
Pour peu qu'on ait feuilleté des estampes de cette époque, ou s'est arrêté devant ces jolies pièces, que les collectionneurs se disputent, et dont la rareté, autant que l'intérêt, fait le prix.
Fig 18 .
Fig. 19.