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PREFACE

Très honoré Confrère,

On a dit que la Chine était « l’envers de l’Europe ». Cette boutade a un grand fond de vérité : la demande, si aimable et si flatteuse, que vous avez bien voulu me faire, d’écrire une introduction pour votre Médecine en Chine au XXe siècle semble lui donner raison.

N’y a-t-il pas, en effet, quelque chose d’un peu paradoxal de voir un des Maîtres éminents et écoutés de la grande Université lyonnaise, demander à un simple praticien, que les hasards d’une existence nomade ont fait séjourner en Chine, de présenter son œuvre au public ?

En lisant votre livre, j’ai revécu avec joie les dix années que j’ai passées au « Pays du Dragon », évoquant des souvenirs éteints, ravivant des anecdotes en train de se fondre dans ce Grand Tout qui a nom l’oubli.

Avec une patience, qui n’a d’égale que votre esprit de méthode, vous venez d’élever un beau monument à la médecine chinoise. Ce monument est même double : une partie est consacrée à la médecine des Chinois, véritable histoire rétrospective de Fart de

guérir, les idées actuelles s’étant conservées immuables depuis des milliers d’années. L’antre est un traité de pathologie médico-chirurgicale delà Chine, d’après les auteurs occiden taux qui ont pratiqué dans ces lointaines contrées.

Votre œuvre sera également utile au médecin, au voyageur et à tous ceux qui pourront séjourner en Chine, désireux de connaître les mœurs de ce singulier peuple et de se prémunir contre les maladies régnantes. Votre Médecine en Chine au XXe siècle tient à la fois de l’histoire et de la géographie médicales, de la biologie sociale et du vade mecum médical.

La médecine — et c’est là un des singuliers avantages de notre art — touche à tout. Guidé par cet esprit d’observation pénétrant et méthodique, qui est la caractéristique du bon sens clinique, vous avez regardé, fouillé, compulsé, disséqué les sources d’informations les plus rébarbatives, les travaux les plus arides, pour en tirer ce monument de documentation précise, si riche en informations de toutes sortes, que vous nous présentez aujourd’hui. En nous faisant connaître les idées des Chinois sur les maladies et l’art de guérir, vous nous ouvrez de singulières et instructives perspectives sur la psychologie de ce monde jaune, si vaste et si mal connu. Et, à propos de l’hygiène, delà médecine légale, des maladies épidémiques ou des superstitions médicales, quelles « tranches de vie », pour parler comme nos modernes disséqueurs d’âmes, vous étalez sous nos yeux: infanticide et avortement, eunuques,

folie, prostitution, etc., toutes choses que seul le médecin peut librement affronter, qui touchent si intimement à la vie d’un peuple et que le voyageur ou le diplomate ne soupçonnent pas le plus souvent. Et pourtant, c’est la connaissance de ces « à-côtés psychologiques » qui nous permet de bien pénétrer l’âme de la nation, de comprendre certains paradoxes, certaines oppositions qui existent entre la mentalité asiatique et la nôtre, et de l’apprécier, sinon avec plus de justice, au moins avec plus d’indulgence.

Dans nos contrées occidentales, la médecine synthétise le progrès. Celle que vous nous faites connaître résume Yimmobilisme chinois. Lorsque j’étais à Pékin, il y a une quinzaine d’années, on disait que « la Chine vivait les pieds dans le présent et la tête dans le passé » : c’était dire qu’il n’y avait pas de Chine moderne. Depuis cinquante siècles, rien n’avait changé, ni les idées morales, ni les idées politiques et sociales, ni les idées médicales. Le Céleste -Empire était un spécimen unique de paléontologie sociale. Depuis cinq mille ans, la Chine ne pensait plus: elle répétait, ànonnaitce qu’avaient pensé des générations contemporaines d’ Abraham. L’esprit nouveau de la Révolution a soufflé et va, paraît-il, balayer ce passé formidable et prestigieux. Les « Jeune-Chine » ont décrété que les idées importées d’Occident remplaceraient brusquement celles sur lesquelles tant de générations avaient vécu. Il sera peut-être difficile de passer de la décision à l’application de ce nouveau principe de la « table rase » en matière d’idées morales. Une mentalité ne se peut exprimer de ses conceptions, comme on le fait d’une éponge imbibée d’eau. Et quel-

ques générations sont nécessaires pour permettre aux cellules cérébrales de se bien adapter à des idées, totalement différentes de celles pour lesquelles elles avaient toujours vibré.

Puisqu'il en est encore temps, en vous prenant comme guide, nous allons jeter un dernier coup d’œil sur ce passé médical qui ne manque pas de gloire, ne fut-ce que par sa prodigieuse antiquité.

Il sera, je le crains, difficile aux novateurs de déraciner rapidement tous les vieux principes que vous mettez si bien en évidence et qui correspondent, si bien aussi, aux besoins, non pas des maladies, mais de la mentalité chinoise.

Les idées directrices de la médecine actuelle en Chine ne datent pas d’hier. Les théories n’y ont pas eu ces floraisons rapides, multiples et éphémères que nous connaissons. Les idées régnantes étaient déjà très vieilles quand, quelques milliers d’années avant notre ère, un Empereur les fit codifier. Elles ne reposaient — et ne reposent aujourd’hui — sur aucun substratum solide d’anatomie ou de physiologie. Ce ne sont guère, en effet, que spéculations et fantaisies, verbiage métaphysique. Et, pour quelques vérités, combien d’erreurs !

Dans ce pays que j’ai jadis surnommé le Paradis de la routine et de la superstition, la médecine est donc restée immuable depuis des millénaires. Les génies, les démons sont les grands facteurs des maladies : des mots sonores, une phraséologie ampoulée et obscure

mais

masquent l’ignorance en matière d’étiologie, donnent néanmoins satisfaction à l’esprit chinois qui n’est pas très féru de précision. Ces conceptions pathogéniques d’ordre surnaturel légitiment l’utilité du prêtre pour exorciser, chasser les esprits malfaisants, contre lesquels on emploie ou la force ou la ruse, qu’on achète comme de simples mortels, qu’on essaye même de tromper, ainsi que la chose est courante en matière commerciale. Un Chinois verse io sous à une souscription, faite pour calmer le génie de l’épidémie de choléra, par exemple, mais colle sur sa porte un faux reçu de 5 francs, espérant que l’esprit du mal, victime de la supercherie, n’osera pas franchir le seuil d’un homme aussi généreux, pour venir l’inquiéter lui et les siens, et cette ruse enfantine lui donne toute sécurité. Ces méthodes de ruse sont même du domaine de l’hygiène officielle. Durant la grande épidémie de peste de Canton, en 1890, les autorités, affolées devant les progrès du mal, ne trouvèrent rien de mieux que de changer la date du ier janvier qu’ils reportèrent de trois mois en arrière. Le génie de l’épidémie, en s’apercevant qu'il est arrivé à Canton avec une telle avance, ne manquerait pas de quitter la place et de laisser le pauvre monde tranquille !

On s’est beaucoup emballé, surtout au xvmc siècle — et nous avons trop continué à marcher sur la vitesse acquise — sur le savoir des Lettrés, des « docteurs » chinois, et les médecins bénéficièrent par ricochet et de l'enthousiasme et de la confusion qui se fit sur ce qualificatif de « docteurs ». Parce que des principes sont différents des nôtres, 011 ne doit pas a priori , les considérer comme faux, niais ou ridicules. Pourtant,

quelque indulgent qu’on soit, lorsqu’on a lu votre livre, on ne s’explique guère que pareil enthousiasme ait persisté. Les principes généraux diffèrent essentiellement des nôtres : ils sont, en outre, le plus souvent cocasses ou incohérents et ne peuvent vraiment pas recevoir l’épithète de scientifiques. Comment faire de la bonne médecine si on ne soupçonne pas l’anatomie ? Or, ce que vous nous faites connaître de celle des Chinois, n’est guère que divagation ou fantaisie. La physiologie, science éminemment positive, basée sur l’observation et l’expérience, fait place à une sorte de métaphysique vitaliste, à la base de laquelle se trouvent les deux grands principes le Yang et le Yn — le principe mâle et le principe femelle — dont l’équilibre des forces assure les fonctions organiques, lesquelles sont en « rapports harmoniques » avec les Cinq Eléments : eau, bois, terre, feu et métal. Et par là-dessus, plane une force mystérieuse, dont tout le monde parle, que personne ne connaît ou ne peut définir, le Fong Choué, le grand maître du monde physique et moral. (( Avoir un bon Fong Clioué », tout est là, pour se bien porter, pour réussir dans la vie, pour avoir beaucoup d’enfants, pour vivre longtemps et pour empêcher la foudre de tomber sur votre maison.

Est-ce à dire qu’il n’y a rien à glaner dans la médecine des Chinois ? Loin de moi cette pensée. Si les grandes lignes sont fausses, il y a des détails utiles à connaître. Dans tout système médical, il entre toujours une part d’observation et, depuis les temps les plus reculés, les Chinois ont observé les bons effets des simples et leur thérapeutique pratique renferme des médicaments dont l’Europe a bénéficié.

Dans le Canon jaune du Taoïsme , il y a d’excellents principes d’hygiène, cpii avaient comme but la purification du corps, nécessaire pour atteindre à l’immortalité.

Dans le Kong Fou des Bonzes taossé , nous trouvons tous les principes de cette gymnastique, qui fut mise en honneur par Ling au xvme siècle, et que nous pratiquons, comme une nouveauté, sous le nom de Gymnastique suédoise.

Le végétarisme le plus austère est exposé dans le Koué Fa Yao Ping , qui sert, aujourd'hui encore, de vade mecum aux praticiens et aux droguistes, malgré son antiquité de quelques milliers d’années.

Les Chinois ont été des novateurs; l’histoire leur doit justice. Trente siècles avant le Christ, ils ont pratiqué la variolisation. Ils ont inventé l’opothérapie et même l’opothérapie morale, si je puis dire; car de nos jours encore, il est courant de conseiller pour donner du « cœur au ventre » aux pusillanismes de leur faire ingérer de la bile d’un animal féroce et surtout d’un grand criminel : la vésicule biliaire esl considérée comme le centre du courage. De toute éternité, ils ont utilisé le mercure dans la syphilis et ils avaient remarqué les avantages de la photothérapie dans la guérison des pustules varioliques.

Ils ont encore inventé — et gardé pour eux du reste — l’acupuncture, qui est réglementée par des traités illustrés. Il existe 3o8 points d’acupuncture, ni un de plus ni un de moins : les candidats aux examens devaient, jadis, en connaître, à fond, la topographie exacte. Mis en présence de « l’IIomme de bronze » de l’Ecole de médecine de Pékin — mannequin en

bronze sur lequel étaient percés autant de trous qu’il existe de points d’acupuncture — recouvert d’une feuille de papier, il leur fallait, sans la moindre hésitation, enfoncer leur aiguille dans un orifice punctiforme, correspondant au lieu d’élection de l’acupuncture, chez le vivant, pour une affection déterminée.

Toute la chirurgie chinoise s’en est d’ailleurs tenue à l’acupuncture, aux moxas et aux emplâtres.

Bien que ne soupçonnant pas le mécanisme réel de la circulation du sang, ils connaissent néanmoins y 4 variétés de pouls, dont l'examen minutieux est le principal moyen d’investigation diagnostique. Ils avaient 26 types nosographiques de langue. Mais ils 11e pratiquaient ni l’auscultation, ni la percussion, ni la palpation.

Bien avant nous, les Chinois ont appliqué l’adage célèbre, similia similibus. La logique de leurs déductions les a conduits à des conclusions thérapeutiques au moins étranges : si la «partie supérieure du corps » est malade, le remède se trouve dans les fleurs et les fruits des plantes. Si la « partie moyenne du corps » souffre, on utilise les tiges et les feuilles. Enfin, s’il faut soulager la « partie inférieure » , les racines des plantes mettront à notre service leurs richesses thérapeutiques. C’est en partant de ce même principe des similitudes que le haricot est conseillé dans les affections des reins, que les affections des yeux sont soignées par des collyres faits avec des macérations de lucioles et que la viande de canard est préconisée comme aliment léger, le canard flottant sur l’eau.

Nous avons eu nous-mêmes des idées aussi particulières. Nous nous en sommes lentement affranchis, à

mesure que le domaine de la médecine métaphysique voyait son champ progressivement réduit par les progrès de la clinique et de la physiologie expérimentale.

Les « Jeune-Chine » auront fort à faire, je le crains, pour débarrasser leurs contemporains de tout ce fatras de théories surannées, pour l’alfranchir de leur culte fétichiste du passé et des « loÿes reçues », de la routine en un mot, qui, ainsi que le disait Montaigne « est à la vérité une violente et traislresse maistresse a’eschole ».

A l’heure présente, médecine et médecins ne jouissent pas d'un gros crédit en Chine. Il n’en fut pas toujours ainsi. Les Célestes, reconnaissants d une bonne cure, offrent volontiers à leur médecin un « Pieu », panneau de bois laqué, recouvert de beaux caractères dorés, traduisant quelques-unes de ces phrases historiques et lapidaires, que tout le monde connait en Chine, et dont quelques-unes expriment les sentiments d'estime et de haute considération dans lesquels furent tenus jadis les bons médecins. « Qu’il est dommage que vous ne soyez pas ministre » est une des pensées que nous trouvons le plus souvent inscrites sur ces « Pien » de reconnaissance. L’histoire raconte qu’il y a très longtemps, l’Empire traversant une période critique, le Souverain, pour le tirer de ce mauvais pas, eut l’idée de confier à son médecin, qui avait déjà fait des cures merveilleuses, le soin de remettre à Ilot la vieille nef chinoise sur le point de sombrer. Le résultat dépassa les espérances de l'Empereur, et depuis, quand on veut reconnaître les mérites d’un médecin, on « regrette

qu'il ne soit pas ministre». Les Chinois ont maintenant le régime constitutionnel, ils auront des médecins députés, comme nous sans doute : je souhaite que le vieil adage ne perde rien de sa vérité et que la Chine n’ait pas à constater que les médecins font souvent des ministres d’Etat très ordinaires et même des présidents de Conseil médiocres !

L’art médical, vieux comme le monde, quia des traités contemporains de la guerre de Troie, n’est régi par aucune loi en Chine. Il n’y a plus d’Ecoles de Médecine. Est praticien qui veut. Aucun diplôme n'est exigé. J’ai eu, jadis, comme homme de peine, à Pékin, un jeune confrère à qui je donnais 12 francs par mois, sans la nourriture, et qui, à ce prix, trouvait plus avantageux de laver les assiettes que d'exercer notre profession.

La plupart de ces médicastres savent vaguement les notions contenues dans le Koué Fa Yao Ping. Leurs connaissances sont surtout empiriques, mais c’est un empirisme auquel font défaut la saine observation et l’interprétation logique des faits. Et cet empirisme, dans son imperfection, est encore supérieur aux théories livresques. Les malades semblent l’avoir compris, car ils accordent plus de confiance au fils d’un médecin, qui s’est formé à la pratique de son père, qu’à celui qui s'est fait par la lecture des traités.

Le médecin, aux yeux du Chinois, conserve toujours quelque chose du thaumaturge ou du sorcier. Le médecin européen est considéré moins comme un « lettré » que comme un sorcier des mers d’Occident. Notre façon d’examiner les malades, l’auscultation, la percussion, nos instruments, surtout le thermocautère ou

l’ophtalmoscope, nous donnent un prestige incontestable . Nos paroles ont des tournures d orades et notre écriture des propriétés de charmes et de talismans. Que de fois il m’est arrivé d’observer, à l’hôpital du NanTang de Pékin, ce petit détail, fort intéressant au point de vue psychologique. Je remettais à un patient un morceau de papier sur lequel était inscrite la prescription, que les religieuses préparaient aussitôt, dans la pièce voisine. Mon client avalait le remède que la sœur lui remettait. Mais souvent il avalait aussi l’ordonnance, croyant que les signes que j’avais tracés sur le papier devaient, eux aussi, jouir de propriétés curatives. Aux Célestes, mieux qu’à nous encore, s’applique bien cette pensée de Daudet sur le médecin : « Dernier prêtre, dernière croyance, invincible superstition! »

Au fond, les bons Célestes pensent que tout ce que nous savons a déjà été connu de leurs Sages de l’antiquité et doit se trouver dans leurs Classiques. Ils ne peuvent cependant s’empêcher de voir en nous des hommes capables de moyens quasi surnaturels: de là un sentiment fait, peut-être, plus de crainte que d’admiration. Quand Yersin, en i8q5, vint à Canton faire ses premiers essais de sérum antipesteux, les résultats excellents qu’il obtint tout d’abord transportèrent à ce point le peuple d’enthousiasme, qu’on parla de placer son buste dans le Temple des Cinq Cents Génies. Et un journal, traduisant le sentiment populaire, s’écriait : «N’est-ce point là un art divin et ne dirait-on pas qu’IJao Ti lui même est redescendu sur la terre1? »

De bons médecins indigènes peuvent donc pré-

1 Ilao Ti, le dieu de la médecine.

tendre à conquérir en Chine situation, estime et honneurs. Par eux-mêmes, les Chinois, à l’heure présente, sont incapables de relever leur art médical.

La création d’Ecoles de Médecine européennes en Chine serait donc une œuvre humanitaire et de hau te politique. Ces Ecoles seraient un moyen puissant de propagande de notre influence. De bien timides essais tentés à Canton, à Tcheng Tou, à Tien Tsin, ont montré que nos élèves restent nos clients moraux et que par l’influence qu'ils prennent sur leurs nationaux, grâce à leur art, ils deviennent d’excellents agents de diffusion de l’idée française.

A l’heure présente, l'Amérique, l’Angleterre, l’Allemagne s’efforcent de créer, dans les grands centres chinois, des Ecoles de Médecine, des hôpitaux qui sont autant de foyers de propagande, destinés à assurer la suprématie morale de leur pays. L’argent est libéralement versé pour ces institutions, alors que nous donnons parcimonieusement quelques sous pour les nôtres.

Il faudrait qu’une véritable croisade fût entreprise en France, par la presse, par des conférences, pour récolter des fonds — véritable trésor de guerre — pour participer à cette lutte d'influences, en ce moment si vive, entre les nations civilisées. Tout le monde devrait donner pour cette œuvre éminemment patriotique. Et les jeunes Maîtres qui consentiront à aller faire rayonner le Génie français dans cette vieille Chine, qui semble s’arracher à sa torpeur millénaire, devront être animés d’un véritable esprit d’apostolat, ad majorera Francise gloriam...

Mais j’aborde là, un sujet qui vous est cher, sur

lequel vous avez déjà écrit et sur lequel vous allez, incessamment, faire paraître un travail d’ensemble. Je ne luis donc que poser la question pour en montrer l’importance.

Et voilà comment l’étude du passé, celle de systèmes médicaux dont les auteurs furent, peut-être, les contemporains de Machaon et de Podalyre, j’en arrive, poussé insensiblement par ce vent de révolution et de transformation qui souffle en tourmente sur la vieille Chine, à envisager un avenir dont la France, qui fut toujours la grande éducatrice des peuples, ne saurait se désintéresser. Le rayonnement du génie français en Chine doit être, à l’heure présente, notre grande préoccupation. Les Ecoles de Médecine françaises en seront un des modes les plus actifs : Caveant Consules !

Paris, 18 mars 1914.

J. -J. M ATIGNON,

Médecin consultant à Chûtcl-Guyon, Ex-attaché à la Légation de France à Pékin (i8q4-,9°1)> Chargé de missions en Extrême-Orient.

AU XXe SIÈCLE

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