‹ La médecine et l'art en Normandie (volume 2)Chapitre 1 sur 45 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Le présent volume est formé de douze mémoires extraits de la Revue Médicale de Normandie, dont le premier bulletin porte la date du \0 janvier 1900. Un coup d' œil suffit pour reconnaître que, tout en se rattachant à la médecine et à la chirurgie, ils ne laissent pas de présenter un réel intérêt, en tant que documents historiques et archéologiques. C'est assurément une noble distraction, pour des hommes voués aux occupations les plus . sérieuses et les plus absorbantes, de consacrer une partie de leurs loisirs à rechercher ce qui, dans les œuvres artistiques et littéraires du passé, offiœ quelque rapport avec l'objet de leurs études professionnelles. Le public ne peut manquer de leur savoir gré de la communication qu'ils veulent bien lui faire du fruit de leurs recherches. Il lira, avec autant de plaisir que de profit, les statuts du métier de barberie de la ville de Rouen de 1407, 1412; — les mémoires de M. Derocque sur la fondation de l' Hospice-Général de cette ville; sur la saignée; sur un procès intenté, vers le milieu du XVI P siècle, à un « médecin aux urines »; — celui de M. Ilalipré sur un vitrail de l'église Saint- Patrice où l'on voit représenté saint Pierre guérissant un malade; — celui de M. René Ilélot, à propos de lettres de Henri IV qui nommaient Roch Le liaillif de la Rivière surintendant des eaux minérales de France; — ceux de M. C. Nicolle, sur les uro-

logues normands ; sur sainte ApoUonie, que l'on invoque pour le mal de dents, sujet dont le choix paraît avoir été déterminé par cette gracieuse statue d'un sculpteur anonyme employé, sous la, direction du regretté M. Barthélemy, à la décoration du portail aux Libraires de notre Cathédrale ; — le mémoire de M. Panel sur Jacques de Cohaignes ; — celui de M. P. Petit sur l'énervation et la légende des énervés de Jumièges; — ceux de M. Poussier sur la corporation des apothicaires, épiciers, ciriers de Rouen, et sur les jetons de cette corporation; — enfin, celui de M. Trénel, sur le Lai d'Aristote. On aime à retrouver dans ces divers travaux le style simple et précis qui distingue, en général, la littérature médicale dont Bichat fut un des plus illustres représentants \ Des photocollographies, exécutées avec le plus grand soin, ont été jointes au texte; elles répondent au goût de notre époque et ajoutent à l'intérêt de la publication.

Les savants rédacteurs de la Revue Médicale ne s'en tiendront pas à ce premier essai. La biographie et la bibliographie médicales, limitées à la Normandie, comme le litre l'indique, leur ofjrent un champ fort étendu où bien des découvertes leur sont 7-ései'vées. Si plusieurs des médecins du XVIIP siècle, tels que ceux qui furent les principaux fondateurs de l' Académie de Rouen, nous sont à présent connus, combien d'autres mériteraient de voir leurs noms tirés de l'oubli? Il y a peu de temps, celui de Ménard n'éveillait chez nous aucun souvenir. C'est M. I^auel qui a remis en lumière le mérite de cet habile chirw^gien. C'est au même auteur qu'est due une excellente biographie de Cahaignes, que l' Académie des Sciences, Belles- Lettres et Arts de Caen, a couronnée, avec les plus grands éloges. Le chanoine [jC Pigny, qui fonda pour les médecins de notre ville la confrérie de Saint-Luc, n'avait point non plus échappé à l'oubli. M. Brunon a remis son nom en honneur et a fait reproduire sa médaille. Plus récemment, M. Léon Duval, d'Alençon, nous foumiissait des renseignements sui‘ Hei'vé Fierabras dont la vogue fut assez grande vers le inilieu du XVP siècle, et qui est l'auteur d'mi traité de chirurgie, devenu d'une grande rareté. Ces révélations nous en promettent beaucoup d'autres non moins cu7-ieuses. Ne peut-on pas espérer qu'un médecm érudit aura la

1. Voir i’Essai de littérature médicale, Paris, 1846, dédié par le D’ L.-H. Baratte au docteur Quesnel, médecin à Rouen.

bonne fortune de découvrir la date de la naissance de Guy De la Brosse, l'illustre fondateur du Jardin des Plantes de Paris, point qui reste encore obscur, au grand regret de M. Hamy, Membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres ?

A la suite des médecins qui se sont distingués par des écrits, il y aurait Heu, ce me semble, de réclamer une place pour des praticiens qui, par leurs services, ont bien mérité de l'humanité.

Dans cette pensée, à titre d'exemple et pour répondre à l'aimable et trop flatteuse invitation de M. le D' Derocque, je consigne, aux dernières pages de ce recueil, quelques notes relatives à une famille de chirurgiens qui me paraît avoir quelque droit à la reconnaissance publique, à celle des médecins en particulier. Le sujet na pas d'incidents notables; il était simple et peu difficile à traiter. On me permettra de dire que c'est précisément pour cela que je m'y suis arrêté.

Ch. de BEAU BEP AIRE.

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