Liv. I, chap. VI
2. Chroniques et Annales de France, par Nicolle Gilles, jusqu’à Charles VIII, revues par F. de Belleforest, Rouen, 1621, t. I, p. 104.
3. Brief Recueil des Antiquités et Fondation de V Abbaye de Jumièges en Normandie.
4. P. Mézeray écrit : « Elle les avait énervez en leur bridant les Jarrets avec de l’eau bouillante »; abrégé chronologique de l’IIistoire de France, t. I., p. 287.
De plus, il rapporte qu’aux abbayes de Chelles et de Corbies, fondées par Baltilde, on voit des tapisseries, peintures et écrits, faisant mention de l’histoire des Enervés.
Enfin, tous les ans, était célébré très anciennement un obit annuel où il est dit ceci : « Pro filius Clodoveï regis Francorum pater abbas celebrabit anniversarium*. »
Le savant Mabillon^ considère comme fausse l’histoire des fils de Clovis II, mais il cherche à trouver les Enervés chez des personnages du viP siècle. Il rapporte que Tassilon, duc de Bavière, avait soulevé les Huns contre Charlemagne; il fut condamné comme coupable de lèse majesté. La peine ayant été commuée, il fut tondu avec son fils Théodore (d’autres disent l’hcodeberl) et confiné dans un monastère que certains pensent être .liimièges.
Comme le fait remarquer H. Langlois dans une monographie très importante sur laquelle nous reviendrons, il n’est parlé dans cette histoire que de clémence et nullement de supplice.
Duplessis® ne croit pas non plus à la réalité de l’histoire des fils de Clovis; il ajoute ceci : « La tradition populaire porte que ce sont deux fils aînés de Clovis II, qui, pour s’être révoltés contre leur père, eurent les nerfs des pieds et des jarrets coupés ou brûlés, d’oü ils ont tiré le nom 6.' Enervés qu’on leur a donné dans les siècles postérieurs. » Il décrit leur tombeau et termine ainsi : « On y a joint ces quatre vers qui paraissent à plusieurs savants n’être que l’abrégé du roman :
Ilic in honore Dei rcqiiiescit stirps Cloclovei,
Patris bcllica gens, bella salutis agens.
Ad votum matris Bathildis poeniterc Scelere pro proprio, proque labore pains.
Il y rapporte même ces trois vers d’après Yepez'* :
Conjiigis est unus probriim ; nam in vincula triidit,
Crudcles natos, pins impietate ; simulqiic Et durus pater, o Clodovee, pins que maritus.
1. Deshayes {Histoire de l'Abbaye Royale de Jumièges, 7S29), dit que l’anniversaire des Enervés était célébré le 18 mai. 11 ajoute que dans le cloître qui fut reconstruit en 1502, avant la destruction de .lumièges, on voyait plusieurs fresques d’une époque antérieure, i-eprésentant l’histoire de ces enfants. Chaque tableau portait une inscription qui en donnait l’explication. Sur la porte du cloître on lisaît ces deux vers latins :
Gemegia ex natis Clodovei dicta geinellis Aucta refulgebat non gentis fratribus olim.