‹ La médecine et l'art en Normandie (volume 2)Chapitre 33 sur 45 · IV. — La scène de Quo Vadis · texte numérisé non relu

IV. — La scène de Quo Vadis

L’étage inférieur montre de gauche à droite :

I et II. — La pêche miraculeuse et la vocation de saint Pierre et de son frère André.

III et IV. — La lutte entre saint Pierre et Simon le Magicien.

Ces derniers vitraux sont très remarquables. En effet, dit M. P. Baudry : « Les édifices d’un bleu transparent qui meublent les paysages de la verrière ont un aspect tout local qu’il est impossible de méconnaître, et nos églises de Saint-üuen et de Saint-Maclou sont, sans aucun doute, celles qu’on aperçoit au fond du tableau où Simon détruit ses livres de magie. »

Des quatre écussons placés primitivement au bas de la fenêtre, trois subsistent encore : ils portent les armes des Boyvin, seigneurs de Bonnetot, et du Vauroy, qui furent les donateurs de la verrière.

naissance; en Lydie, il agit de même h l’égard du paralytique Knée, perclus depuis huit ans. »

Cet épisode est relaté dans plusieui’s textes sacrés, principalement les Actes des Apôtres et la Légende dorée. Dans celle-ci, Jacques de Voragine s’exprime ainsi :

« Comme saint Pierre s’approchait d’Antioche, tous les

habitants vinrent au-devant de lui, revêtus de cilices, les pieds nus et la tête couverte de cendres, en signe de leur repentir, car ils avaient cru aux miracles de Simon le Magicien. El Pierre heureux de leur repentir fit placer devant lui tous les malades et les possédés, et dès qu’il eut invoqué sur eux le nom de Dieu, une immense lumière apparut et tous furent guéris'. »

Et dans un autre chapitre :

« L’apôtre Pierre surpassait en faveurs tous les autres apôtres. C’est lui qui, sur les flots, marcha vers Jésus. . , C’est lui qui reçut du Seigneur les clefs du royaume des deux. . ., qui guérit le paralytique Enée. . ., qui ressuscita Tabite, qui par l'ombre seule de son corps rendit la santé aux malades^. . . »

Quatre malades demandent au Saint la guérison de leurs maux. Derrière eux, une femme, la tête inclinée, les mains jointes, rappelant les Saintes Femmes par l'attitude et l’expression du visage, lève les yeux suppliants vers celui qui doit guérir; elle est. venue joindre ses prières à celles des malheureux qui sont k ses côtés.

Le malade placé devant le Saint, dans la position accroupie, porte des bandages autour des deux jambes et de la tête ; aucune déformation n’est visible. Les bandages recouvrent probablement des ulcérations. L’artiste a laissé deviner les lésions ; peut-être a-t-il reculé devant l’exhibition d’une plaie repoussante, peut-être aussi a-t-il été arrêté par une difficulté d’exécution. L’âge du sujet, la présence de bandes sur les deux jambes, l’absence d’atrophie et de déformations, font penser qu’il s’agit de plaies banales, ulcères variqueux ou lésions d’ecthyma.

La position du pied droit est difficile à comprendre. En étudiant la verrière directement, il semble que le pied repose sur son bord externe, la face supérieure regardant légèrement en dehors. Le

1. La Légende dorée de Jacques de Voragine, traduction Th. de Wyzewa.

La Chaire de saint Pierre à Antioche, 22 février, page 159.

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