‹ La médecine et l'art en Normandie (volume 2)Chapitre 34 sur 45 · Légende dorée, saint Pierre, apôtre, 21 juin, page · texte numérisé non relu

Légende dorée, saint Pierre, apôtre, 21 juin, page

viirail ne paraît pas avoir conservé à cet endroit sa teinte normale; peut-être y a-t-il là une retouche malheureuse, ou tout au moins une altération du coloris, rendant l’interprétation difficile.

Le second personnage occupe la partie inférieure droite de la composition. 11 est appuyé sur un tertre de verdure ; le poing gauche est posé sur la hanche; la jambe gauche est repliée, comme si le sujet était assis sur ses talons. Il regarde le Saint et lui présente de la main droite sa jambe droite qui est d’une maigreur squelettique. La différence des teintes sur la verrière permet de constater l’arrêt de développement et l’atrophie de tout le membre. Le pied étendu sur la jambe est en varus equin très prononcé. Sommes-nous en présence d’une paralysie infantile ayant frappé dans sa totalité le membre inférieur droit? C’est possible. L’hypothèse d’une lésion traumatique datant de l’enfance, ou d’une ostéomyélite avec lésions très étendues, est encore admissible. L’intégrité du membre supérieur, le développement symétrique du tronc, font éliminer le diagnostic d’hémiplégie spasmodique infantile. En résumé, il s’agit d’une affection de l’enfance ou d’une lésion intra-utérine d’origine médullaire. Quelques taches sur la face externe de la jambe gauche semblent figurer des plaies superficielles.

Au second plan, deux autres personnages retiennent l’attention. L’un d’eux, placé en arrière, montre seulement la tête. L’expression angoissée du visage fait supposer que lui aussi est venu pour chercher un remède à un mal incurable. L’autre malade, placé devant lui, s’appuie sur un bâton. Le corps est fortement penché en avant. Sans aucun doute, celui-là a grand’peine à se tenir debout ; il doit marcher lentement et bien péniblement. L’avant-bras gauche, fléchi sur le bras, repose au niveau du poignet sur le bâton qui lui permet de garder l’équilibre. La main est fléchie sur le poignet, et les doigts sont fléchis dans la main. La main droite vient elle-même reposer sur l’avant-bras gauche, et donne ainsi à l’ensemble du personnage une position d’équilibre traitée avec une justesse et une précision remarquables. Deux hypothèses sont, à première vue, défendables. Le patient semble atteint soit d’une paralysie des extenseurs (paralysie radiale), soit d’une contracture des fléchisseurs. Il ne s’agit pas vraisemblablement d’un lépreux, car la lèpre porte son action principalement sur le nerf cubital. L’atrophie des petits muscles de la main, qui en est la conséquence, donne une griffe spéciale rappelant l’attitude de la main de prédicateur. Nombreux

sont les documents figurés du Moyen-Age dans lesquels cette diffor- S mité est fidèlement reproduite; ici, rien de semblable. Ayant à fl choisir entre le diagnostic de paralysie radiale et celui de contrac- fl ture des fléchisseurs, nos préférences iraient vers cette dernière fl affection. L’attitude générale du sujet, la flexion de l’avant-bras, la ■ flexion exagérée des doigts, nous semblent, en effet, favorables à ■ l’idée d'une contracture secondaire post-hémiplégique. fl

Telles sont quelques-unes des hypothèses que l’on peut émettre fl à propos des patients figurés dans la verrière de Saint-Vincent, fl Mais, nous tenons à le dire, il s’agit là de simples hypothèses; fl toute affirmaiion catégorique serait hasardée. fl

Avant de laisser ce sujet, nous voudrions faire remarquer l’éton- fl nante variété d’expressions que l’artiste a su donner à ses person- fl nages. fl

Le Saint, très compatissant, planant au-dessus des misères fl humaines, esquisse de la main droite un geste consolateur. Le fl visage porte l’empreinte d’une parfaite sérénité. I

Le malade, assis devant lui, les genoux pliés, les bras croisés, 1 dans l’attitude du repos, semble très calme. Il attend, il n'implore ' pas. C’est sans doute un résigné ; la tête légèrement inclinée sur- . l’épaule, la placidité du visage modifiée seulement par l’abaissement J du coin des lèvres, tout, dans cet ensemble, donne f’impression j d’une profonde tristesse. Croit-il à la guérison prochaine, celui-là? C’est possible ; mais on peut en douter. L’artiste n’a-t-il pas voulu, par un contraste, rendre la scène plus saisissante en opposant : l'image du Doute à la Foi ardente, personnifiée si vigoureusement ; par le groupe des autres malades? ;

Combien différente est leur attitude ! Prenons, par exemple, le personnage du premier plan. Voyez ce visage d'une maigreur ^ extrême, maigreur qui fait un étrange contraste avec le développe- j ment de la musculature générale. En effet, les pectoraux, les muscles 3 de l’abdomen, les biceps, dessinent sous la peau de puissantes saillies, j Abstraction faite de l’atrophie du membre inférieur gauche, ce serait 1 un corps d’athlète. Pourquoi donc ce visage émacié ? C'est que Par- J tiste a voulu symboliser ainsi la douleur d’un infortuné réduit à ; l’impuissance par une épouvantable infirmité. Ce n’est plus la i Résignation, l’Indiflérence que nous lisons sur ce visage, c’est la Foi profonde, c’est l’àpre volonté de guérir. Et nous songeons aux

pèlerins se portant en foule vers les sanctuaires lointains, implorant, suppliant d’abord, et bientôt réclamant impérieusement la guérison comme prix de leurs elTorts et de leur Foi :

« Seigneur, guérisses nos malades.

y>'Seigneur, Jlls de Daoid, guérisses nos malades.

A. HALIPRÉ.

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UN DOCUMENT POUR SERVIR A L’HISTOIRE DE LA MÉDECINE Obligation pour les Médecins d'avertir les malades de se' confesser .

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