A. Corlieu : L’Ancienne Faculté de médecine de Paris
2. Henri IV eut plusieurs médecins normands : Marc le Barbey, né à Bayeux ; Michel Marescot, né à Lisieux en 1539, mort à Paris en 1605 ; Guillaume Lusson, né à Lisieux vers 1520, mort à Paris en 1610 ; Jean Héroard, né en 1551 à Hauteville-la- Guichard, et Jean Renou, né à Coutances en 1558, mort à Paris vers 1620. Il eut aussi un chirurgien né à Alençon, François Martel, qui mourut à Paris en 1612.
» Verrennes, Chevalier des deux Ordres de Sa Majesté, l’an 1573; » mis en lumière par Maistre Pierre de Grousset, appel iquaire de » Monseigneur le Prince, selon les effets qu'il en a recogneu, depuis » dix ans en ça, pour y avoir pensé et médicamenté de plusieurs » sortes de maladies depuis le dit temps. Avec l’adresse du chemin s de Paris audit Forges '. » Ce recueil n’est que la réponse de l’apothicaire de Forges à l’ouvrage de Du Val, qui considérait les eaux minérales de Rouen comme équivalentes à celles de Forges.
Quant aux travaux « aux réparations et entretenements », on n’en fit pas à Rouen, et à Forges ils ne furent commencés qu’en 1632. 11 fallut le « discours du Roy, touchant la nature, vertus, » effets et usages de l’eau minérale de Forges », par Jacques Cousinot, docteur régent de la Faculté de médecine de Paris, conseiller et médecin ordinaire du roi Louis XIll, et son professeur en médecine, pour décider le Roi à envoyer « des fontainiers pour en nettoyer » les sources ; ce fut dans ce temps-là qu’elles furent distinguées et » que leurs eaux sortirent de la terre en des endroits différents, » comme elles font encore présentement. Enfin, ce fut alors qu’elles » prirent toutes trois les noms qu’elles ont à présent et qu’elles » conserveront apparemment toujours^ ». Ce n’est qu’en 1632 qu’on connut « le vray cours et assiette » des eaux de Forges; avant, « les » eaux minérales, bien qu’elles soient toutes trois différentes, .se » confondoient à leur sortie de terre, c’est-à-dire qu’elles venoient » mesler leurs eaux dans un seul trou qui en faisoit tout le bassin’». La Rivière, qui pratiquait l’astrologie, avait tiré, à la prière de Henri IV, l'horoscope du Dauphin, qui fut, plus tard, Louis XIII; il avait prédit la vie politique du futur roi et sa prédiction se réalisa dans la suite ; mais il n’avait pas parlé du rôle de Louis XIII dans le développement des eaux de Forges. Ce fut ce Roi qui les mit à la mode, et de son règne date le succès considérable dont jouirent les eaux minérales au xvii'-’ siècle, celles de Forges, en particulier, succès peut-être dû davantage aux plaisirs, aux jeux et aux distractions qu’aux guérisons obtenues. Telle est l’opinion d’un médecin de cette époque, le mordant Gui Patin, qui écrit en 1665 à son
1 . Cet ouvrage vient d’être réédité par la Société rouennaise de Bibliophiles, d’après l’exemplaire de la collection de M. Ed. Pelay, avec introduction et notes par le D’ G. Panel.
2. B. Linaud : Nouveau traité des eauœ minérales de Forges, 1697.