‹ La médecine et l'art en NormandieChapitre 10 sur 98 · SON PREMIER CHIRURGIEN · texte numérisé non relu

SON PREMIER CHIRURGIEN

i-AU D E- N ICO LAS LE CAT, Ecuyer , Docteur tn Médectne , & Ckirurguri en Chef de / Hôtel- D leit de Rouen , Lithoiomifle P enfionnatre de La même Ville, Correfpondant de l'Académie Royale des Sciences de Pans , Afocié de celle de Chirurgie , de la Société Royale de Londres , de P Académie Royale de Madrid , de celle dé H erlin S de Lyon , de l Ihjlitut de Bologne * des Acddémies Impériales des Curieux de la Nature , de celle de S P etersbourg , & Secrétaire petpétueL de celle de Rouen , Profeffeur & Démonflraieur Royal en Anatonué & Chirurgie , fera les Leçons Sx Démonftrahons concernant ta connoiflance & le traitement des Maladies chirurgicales , qui ne font point comprifes dans le Cours d’Opérahons. Ce Cours fera fuivi , fans interruption , de celui des MEDICA- MEMS , de celui d’OSTEOLOGIE & des MALADIES DES OS.

11 ouvrira ces Cours le Lundi lo Septembre lyéi , & continuera tous les Lundis , Mardis, Jeudis & Vendredis , a trois heures précifes, dans l’Amphitheatre confiruitfur la Porte Bouvreuil.

carrefours de la ville, et il envoyait cette même affiche au domicile de ses confrères. C’est une de ces affiches que nous possédons qui est reproduite ici en réduction ; elle mesure 21 centimètres sur 27. Elle fut adressée à Pillort, demeurant rue de la Prison ; le nom de ce chirurgien est écrit au dos, de la main de Le Cat. C’est à la suite de la lecture d’une affiche semblable, dans laquelle Le Cat prenait le titre de docteur et de professeur, qu'un procès lui fut intenté par

Voyage de A. N. Duchesne au Havre et ea Haute-Normandie, 1162, publié avec notice par l’Abbé P. Bernier. (Société d’histoire de Normandie.)

le Collège des Médecins devant le Bailliage de Rouen. Il est curieux de constater, sur ce placard, qu’après avoir invoqué l’aide de Dieu et du Roi, Le Cat so met, par respect pour le premier chirurgien du Roi, sous sa protection ; or, aujourd’hui, par l’effet des années, le nom du protecteur est moins considérable que celui du protégé. Dans cette affiche, Le Cat, après avoir énuméré ses titres nombreux, annonce qu’il fera ses leçons les lundis, mardis, jeudis et vendredis à 3 heures. Il continue à employer le mot « leçons », nonobstant l’opposition qui lui a été signifiée en 1746 par le sieur Limar, huissier, au nom du Collège des Médecins, de ne plus employer le terme de leçons dans ses affiches'.

Le quartier Bouvreuil possédait déjà un établissement peu agréable pour ses habitants : la morgue. Depuis 1610, époque à laquelle fut construit le grand escalier qui conduit de la rue Faucon à la rue du Bailliage, on avait placé sous l’escalier le dépôt des cadavres non reconnus. La création de l’amphithéâtre d’anatomie fut peu agréable aux habitants du quartier, qui trouvaient fréquemment dans la rue des morceaux de cadavres. Après s’être plaints sans succès au professeur, les désagréments augmentant de plus en plus, en 1739 les habitants du quartier assignèrent Le Cat devant le lieutenant général de police ^ Un tonnelier, Jean Cavelier, qui habitait la maison la plus voisine de la porte ^ et David Le Prince, se plaignent des mauvaises odeurs qui proviennent de la quantité de cadavres que le sieur Le Cat fait apporter dans l’amphithéâtre. Une maîtresse boulangère du faubourg Bouvreuil, la veuve Chaussart, perd ses clients, qui ont été effrayés à la vue des cadavres que l’on déchargeait. Une autre femme, la veuve Duverger, se plaint de la « puanteur horrible ». Tous ces plaignants sont des locataires de la ville, mais beaucoup d’autres habitants du quartier sont disposés à signer une requête Le 30 décembre 1739, Le Cat plaide lui -même sa cause : il reconnaît le fondement des plaintes des habitants du quartier; mais si quelqu’un est en faute, c’est la ^dlle, propriétaire de l’amphithéâtre, qui n’a pas fait griller les fenêtres; si ce travail était fait, les chats ne pourraient plus venir emporter les morceaux

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